vignette|upright=1.25|Un planeur des . Les planeurs militaires ou planeurs de débarquement sont des planeurs lourds qui ont été utilisés par les armées de divers pays pour l'acheminement et l'atterrissage de troupes aérotransportées spécialisées (en anglais ) et d'équipements lourds vers une zone de combat, en particulier au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Développés d'abord par l'Allemagne et l'Union soviétique dans les années 1930, puis par le Royaume-Uni et les États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, ces appareils peuvent transporter une dizaine de soldats ou plus d'une tonne de matériel mais sont le plus souvent à usage unique en raison des dégâts subis à l'atterrissage. Le planeur de débarquement a été abandonné dans les années 1950/1960, remplacé par les hélicoptères et les avions de transport plus flexibles, efficaces et fiables en opération.

Généralités Ces aéronefs sans moteur étaient remorqués au décollage et pendant la majeure partie de leur trajet par des avions de transport militaires, par exemple les Skytrain ou Dakota, ou des bombardiers relégués à des missions secondaires, comme le Short Stirling. Les planeurs militaires n'avaient pas pour vocation ni n'étaient conçus pour rester longtemps en vol. Une fois décrochés de l'avion remorqueur près du front, ils devaient trouver rapidement un moyen de se poser sur un terrain assez plat et dégagé, tout en étant près de la cible. Il était évidemment préférable de limiter les dégâts infligés au matériel ou aux soldats, mais les résultats lors des atterrissages étaient tributaires de la qualité des zones d'atterrissage (en , ou « LZ »), qui étaient généralement loin d'être idéales. La nature « à usage unique » de ces appareils et des missions qui nécessitaient leur emploi faisait qu'ils étaient considérés dans une certaine mesure comme des appareils « jetables ». Leur construction était donc faite à partir de matériaux communs et peu coûteux, généralement du bois et de la toile ou du tissu. Le prix par unité des planeur a toutefois conduit au développement d'une technique de récupération à l'« arraché », le Glider snatch pick-up, qui sera employé lors de l'Opération Neptune, avec succès lors de l'opération Market Garden.

Les troupes arrivant au sol par planeur étaient désignées « aérotransportées », par opposition aux parachutistes. Les parachutages causaient une dispersion importante des troupes au-dessus de la zone d'atterrissage, et celles-ci se retrouvaient généralement séparées d'autres équipements aéro-largués, comme les véhicules ou les canons antichars. À l'opposé, les planeurs pouvaient déposer les troupes et les membres de soutien dans des concentrations bien meilleures et théoriquement dans des zones très précises. En outre, une fois décroché de son avion-remorqueur à une distance correcte de sa cible, un planeur devenait très silencieux et extrêmement difficile à identifier par l'ennemi. De plus gros modèles furent développés pour déposer du matériel lourd, comme des canons antichars, des canons antiaériens, des véhicules légers , voire des chars légers, comme le Tetrarch. Cet équipement plus lourd procurait par ailleurs une force de frappe plus importante aux troupes parachutistes, habituellement assez peu armées. Les Soviétiques expérimentèrent également des techniques pour délivrer des chars aux troupes par voie aérienne, comme l'Antonov A-40, un char planant doté d'ailes détachables.

Les planeurs de transport troupe n'avaient pas l'aura des planeurs haute performance qui s'étaient développés dans les compétitions internationales. C'étaient souvent d'énormes remorques aériennes lourdement chargées destinées à réaliser ni plus ni moins que des vols planés et si possible des atterrissages sans douleurs. Toutefois leur filiation avec la famille des planeurs plutôt que celle des avions est indéniable. Le Waco était à ce titre une machine remarquable de laideur fonctionnelle et, entre les mains d'un bon pilote, il pouvait réellement réaliser des performances de vol à voile; Chester Decker, champion national américain de vol à voile en 1936 et 1939, pilotait un CG-4A remorqué pour l'armée, transportant dix membres de troupe aérotransportée entièrement équipés lors d'un vol à travers le pays à destination de Wright-Field en Ohio ; à , l'air était agité de thermiques, le ciel parsemé de bons cumulus ; le planeur secoué s'est accidentellement détaché du câble de remorquage alors qu'il restait encore à parcourir ; plutôt que de procéder à un atterrissage d'urgence. Decker a calmement recherché le thermique probable le plus proche, a grimpé jusqu'à la base des nuages, s'est dirigé vers le thermique suivant et s'est ainsi frayé un chemin vers sa destination, au grand étonnement des passagers.

Lorsque débuta la Guerre de Corée, les hélicoptères avaient déjà largement remplacé les planeurs. Les hélicoptères offraient la capacité d'extraire les soldats, en plus de pouvoir les déposer à peu-près n'importe où sur le champ de bataille avec une grande précision. En parallèle, de grandes avancées avaient été faites dans le domaine du transport aérien, au point que même des chars légers puissent directement être parachutés sur le champ de bataille. De nos jours, seules les forces spéciales utilisent encore des planeurs, lors de missions d'infiltration silencieuses à petite échelle.

Histoire Le développement de planeurs modernes fut stimulé par le Traité de Versailles qui suivit la Première Guerre mondiale, selon les termes duquel l'Allemagne avait interdiction de concevoir ou produire certains types d'avions à forte puissance. En conséquence, les concepteurs aéronautiques allemands portèrent leur attention vers le développement pratique d'avions non-motorisés, avec un pilote restant en l'air à l'intérieur d'un planeur pendant plus de vingt minutes et une compétition internationale de vol à voile émergeant en 1922.

Les premiers objectifs sportifs des planeurs furent rapidement éclipsés, en Allemagne et en Union soviétique, par des applications plus militaires, principalement l'entraînement des pilotes. En 1934, l'Union soviétique disposait de dix écoles de vol à voile et de planeurs ayant obtenu une licence ..

En 1932, les Soviétiques présentèrent le TsK Komsula, un planeur quadriplace conçu par G. F. Groschev pouvant aussi être utilisé pour le transport de matériel. Des modèles plus grands furent ensuite développés, culminant en un planeur à conçu à l'institut militaire de Leningrad en 1935. Le colonel de la Kurt Student visita Moscou, dans le cadre d'un programme de collaboration militaire avec l'Union soviétique. De retour à Berlin, il rapporta à ses supérieurs les détails d'un parachutage de et des gros planeurs de transport qu'il avait vu. En conséquence, la ouvrit une école de parachutisme en 1937. Des tests ultérieurs sur le terrain convinrent Student qu'un véhicule était nécessaire pour délivrer les armes lourdes pour les troupes parachutistes légèrement armées. L'idée fut délaissée jusqu'en , date à laquelle Student était passé au grade de major-général et fut désigné inspecteur des forces aériennes. Le développement d'un planeur transporteur de troupes fut attribué à Hans Jacobs, de l'institut allemand de recherche pour le vol à voile (en , ou DFS), pour le développement du DFS 230, qui pouvait embarquer de intégralement équipées ou de matériel.

Les planeurs militaires allemands vignette|upright=1.25|Un planeur DFS 230 allemand après son débarquement de troupes lors de l'opération , le . Les Allemands furent les premiers à utiliser des planeurs au combat, les faits d'armes les plus marquants étant l'attaque du fort d'Ében-Émael et la capture des ponts au-dessus du canal Albert a Veldwezelt, Vroenhoven et Kanne le , au cours de laquelle DFS 230 transportant dix soldats chacun furent amenés par des Junkers Ju 52. Dix planeurs atterrirent sur le toit en herbe de la forteresse. Seulement vingt minutes après l'atterrissage, la force avait neutralisé le bâtiment au prix de six morts et vingt blessés. Hitler était désireux d'obtenir le maximum de publicité et de nombreux attachés étrangers se virent offrir des visites guidées de la forteresse. Du coup, les Britanniques, les Américains et les Japonais devinrent rapidement conscients des méthodes qui avaient été employées pendant le raid. Sans surprise, dès le milieu de l'année 1940, les Japonais et les Britanniques avaient eux-aussi des programmes de planeurs en cours.

Le développement se porta même ensuite sur des appareils de taille encore plus importante, comme les Gotha Go 242 () ou l'énorme Messerschmitt Me 321 () pour le transport d'armements lourds, en prévision des opérations et Barbarossa.

Les planeurs furent aussi utilisés par les Allemands en Grèce, en 1941. le , les troupes de six capturèrent le pont au-dessus du canal de Corinthe, accompagnées par remplis de parachutistes allemands (par chance, les Britanniques firent sauter le pont seulement quelques heures plus tard). Ensuite, le général Student parvint à convaincre Hitler que la Crète pourrait être capturée en n'utilisant que des troupes aéroportées. Par conséquent, le , de transport allemands transportant des parachutistes et décollèrent de la Grèce. Pendant la capture de l'île, aéroportés allemands furent soit tués, soit blessés, sur les au combat. Parmi les allemands détruits dans l'opération, la moitié furent des , ce qui mit un sérieux coup aux ressources nécessaires pour l'invasion de l'Union soviétique qui devait se produire peu après. À la suite de cette opération, et au vu de ces résultats décevants, Hitler jura ne plus jamais ré-utiliser sa force aéroportée dans de telles proportions.

Quelques opérations avec des planeurs continuèrent plus tard dans la guerre, quelques exemples étant l'opération de sauvetage de Benito Mussolini dans le Gran Sasso et des opérations de ravitaillement d'urgence en Russie, Afrique du Nord et Europe occidentale vers la fin du conflit. Le fut le plus grand planeur jamais construit, mais il ne fut jamais utilisé opérationnellement. Les planeurs militaires n'étaient cependant pas uniquement destinés au transport ; Le Blohm & Voss BV 40 était par exemple un planeur de chasse conçu pour attaquer les formations de bombardiers, mais il ne fut jamais utilisé ..

Les planeurs militaires britanniques vignette|upright=1.25|Un aviateur de la RAF attache le câble de remorquage d'un planeur Horsa au crochet d'un remorqueur de planeurs Handley Page Halifax, en Tunisie, en préparation à l'opération Fustian, en . Le Royaume-Uni démarra le développement de planeurs au milieu des années 1940, fortement inspiré par les résultats de l'assaut allemand sur Ében-Émael de . Parmi les divers modèles conçus figurait l'Airspeed Horsa et sa capacité de , ainsi que le planeur cargo , avec sa capacité d'emport de sept tonnes de matériel. Le Hamilcar pouvait emporter des véhicules, des canons antichars et des chars légers directement sur le champ de bataille. Le Hotspur fut utilisé pour entraîner les pilotes de la qui formaient le . Le Slingsby Hengist était un concept de secours qui ne fut finalement pas nécessaire lorsque le Waco américain, de capacité similaire, devint disponible en grands nombres via le programme de prêt-bail mis en place par les États-Unis. En service au sein des troupes britanniques, le reçut le nom de « Hadrian ». 400 des produits furent fournis aux .