Marie Coulomb, dite Marie d'Abbadie d'Arrast, née à Paris le Archives en ligne de Paris, État civil reconstitué (XVIe-1859), cote V3E/N 560, vue 5/51 et morte le à Paris - Note. Dans l'acte de décès on mentionne qu'elle est née à Paris le 29 octobre 1837. est une femme de lettres, visiteuse de prison, militante des droits humains et féministe française.
Biographie
Enfance et vie personnelle Marie Augustine Émilie Henriette Coulomb, orpheline de père et mère dès l'âge de dix ans, vit une enfance sombre et solitaire. Elle est avide de s'instruire et étonne ses professeurs avec son intelligence. Son instruction religieuse est faite au temple protestant de l'Oratoire du Louvre.
Très indépendante, Marie Coulomb repousse les propositions de mariage arrangées par ses sœurs, puis elle rencontre Charles d'Abbadie d'Arrast, de seize ans son aîné, qui lui plaît et qu'elle épouse le . Charles d'Abbadie (1821-1901) est rentier, conseiller général des Basses-Pyrénées (1861-1870) et frère cadet d'Antoine d'Abbadie d'Arrast et Arnauld Michel d'Abbadie d'Arrast.
Le mariage de Charles d'Abbadie d'Arrast avec Marie Coulomb provoque une brouille, qui dure jusqu'à la mort avec son frère Antoine. Ce dernier, fervent catholique « irlandais », refuse que son frère épouse une protestante ; il n'admettra jamais leurs enfants dans la famille (le même se brouille, pour la même raison, avec leur frère Arnauld qui épouse une protestante anglaise en 1864.) Le jeune ménage s'installe au château d'Etchaux à Saint-Étienne-de-Baïgorry, que Charles a acheté en 1850.
De cette union naissent cinq enfants : Sophie Caroline Elisa (1859-1902) ; Arnauld Michel (1860-1918), dont le fils Harry d'Abbadie d'Arrast devient cinéaste à Hollywood ; Henriette Maider (1861-1941) ; Mayten Charlotte Jeanne (1865-1865) ; Jehan Augustin (1865-1865).
En 1871, pour l'éducation des enfants, la famille retrouve Paris, mais retourne occasionnellement à Saint-Étienne-de-Baïgory pour des vacances.
Charles d'Abbadie meurt le et est inhumé dans le caveau des Abbadie au cimetière du Père-Lachaise. Marie d'Abadie d'Arrast meurt le à Paris..
Parcours
L'éthique protestante et sa situation sociale aisée amènent Marie d'Abbadie d'Arrast naturellement vers la philanthropie sociale, d'abord au Pays basque pendant les douze premières années de son mariage, puis, à partir de 1871, à Paris. Progressivement, son activité sur le terrain se transforme vers une activité dans des groupes de pression, avec l'objet de changer des lois et à partir d'environ 1889 elle est très active dans plusieurs associations patronales.
Au Pays basque La vie au château d'Etchaux est organisé avec régularité. Charles d'Abbadie d'Arrast fait restaurer la demeure et embellit le parc. Il est aussi conseilleur général et tâche d'améliorer la vie des paysans. Marie d'Abbadie d'Arrast visite les malades et les pauvres. Elle consacre des années à transformer un îlot de taudis, que les villageois appellent « le quartier des lépreux » en logements propres. Elle est très intéressée par le Pays basque et recueille les récits de la vie des habitants, les coutumes et traditions. En particulier, tout qui concerne les femmes basquesLes femmes au pays basque occupent une place appart et sont vénérées (voir ). Le droit d'ainesse est étendu aux filles : lorsqu'une d'elle est l'aînée, elle devient seule maîtresse du domaine familial.. Ses observations sont publiées dans le livre Causeries sur le pays basque.
À Paris À la suite de la Commune en 1871, les habitants de certains faubourgs populaires meurent de faim. Ce qu'Élise de Pressensé a fait au quartier de Vaugirard, Marie d'Abbadie d'Arrast le réalise au quartier de la Glacière. Elle distribue des légumes, des étoffes, et organise des ateliers de couture où les femmes confectionnent des vêtements pour leurs familles.
Dans ce quartier se trouve le prison de Saint-Lazare, dédiée essentiellement à l'enfermement des prostituées, souvent avec leurs enfants. Marie d'Abbadie d'Arrast devient une membre très active de l'Association des femmes protestantes visiteuses de prison, dont elle décrit les activités dans son livre Cinquante années de visites à Saint-Lazare.
Les détenues sont relativement en sécurité, mais à leur libération de grandes difficultés les assaillent ; personne ne les aide. L'association Le Patronage des détenues, des libérées et des pupilles de l'administration pénitentiaire est fondée par Marguerite de Witt-Schlumberger (présidente) et Marie d'Abbadie d'Arrast (secrétaire générale). Un asile reçoit les femmes dans une atmosphère d'empathie et de bonté, sans jamais les repousser.
Patronages À force de réfléchir sur les causes des conditions de misère et de la prostitution de ces femmes, Marie d'Abbadie d'Arrast estime qu'elles sont en grande partie dues aux salaires insuffisants. Pour agir au niveau national, elle adhère au Congrès international des œuvres féminines en 1889, ainsi qu'au Conseil national des femmes françaises, dans la troisième section de Paris dont elle est présidente de la section Législation..
Marie d'Abbadie d'Arrast est aussi franc-maçonne et membre de la première loge mixte, l'ordre maçonnique mixte international « le Droit humain ».. Elle œuvre par ailleurs dans la Ligue contre la mortalité infantile. et la Ligue contre le crime d'avortement, où elle est bientôt rejointe par Marguerite de Witt-Schlumberger. Elle cherche à s'opposer aux malthusiens et critique l'inaction du gouvernement malgré l'engagement du garde des Sceaux. Le programme affiché de cette ligue est de et . L'association disparaît à la mort de Marie d'Abbadie d'Arrast.
Sélection d'écrits . . Marie d'Abbadie d'Arrast écrit régulièrement dans la presse parisienne, dont le journal :
. . . , une étude de législation comparée sur la situation légale de la femme et de l'enfant. ..
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Antoine d'Abbadie d'Arrast Arnauld Michel d'Abbadie d'Arrast Harry d'Abbadie d'Arrast
Liens externes
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