La bataille de San Millan-Osma se déroula le à San Millán de San Zadornil et Osma, dans le nord de l'Espagne, et opposa deux divisions britanniques de l'armée d'Arthur Wellesley de Wellington à deux divisions de l'armée impériale française commandée par Joseph Bonaparte. Ces deux engagements se déroulèrent dans le cadre de la guerre d'indépendance espagnole.

À San Millán, la division légère du général Charles Alten malmena la division française du général Antoine Louis Popon de Maucune, tandis qu'à Osma, à environ au nord-est, la division française du général Jacques Thomas Sarrut livra un combat décevant face à la division britannique de Kenneth Howard avant de se replier au sud-est.

Au cours de l'été 1813, Wellington quitta sa base du Portugal et pénétra en Espagne à la tête d'une puissante armée composée de soldats britanniques, portugais et espagnols. Le général britannique déjoua les intentions de ses adversaires et contraignit les Français à abandonner successivement Salamanque, Valladolid, Madrid et Burgos. Le roi Joseph et le maréchal Jean-Baptiste Jourdan estimèrent que leur armée était en sécurité derrière l'Èbre mais Wellington manœuvra pour déborder la ligne française par le nord. Alors que Sarrut se déplaçait dans cette direction, sa division se heurta aux soldats d'Howard pendant que la division Maucune, en position à San Millán, fut brusquement attaquée à l'ouest par les troupes d'Alten. Estimant la division Maucune trop affaiblie pour prendre part au combat, Joseph la chargea d'escorter un convoi en partance pour la France, lui faisant ainsi manquer la bataille de Vitoria qui eut lieu trois jours plus tard.

Contexte Après sa campagne de l'automne 1812 en Espagne, l'armée anglo-alliée du marquis Arthur Wellesley de Wellington se trouva dans un triste état, avec soldats hospitalisés. Les résultats stratégiques étaient cependant importants puisque les Français avaient été éjectés des villes de Ciudad Rodrigo, Badajoz, Astorga et Séville et des provinces d'Andalousie, d'Estrémadure et des Asturies. Un contingent de hommes venu de Grande-Bretagne était également arrivé pour renforcer le corps expéditionnaire.

L'hiver 1812 vit par ailleurs la destruction des troupes françaises de Napoléon lors de la campagne de Russie. Ce dernier, afin de rebâtir une nouvelle armée en Allemagne, ordonna le rappel de hommes qui se battaient alors en Espagne dans l'armée de son frère Joseph Bonaparte et de hommes des forces du maréchal Louis-Gabriel Suchet qui opéraient à l'est de la péninsule Ibérique. À la satisfaction de Joseph, le maréchal Jean-de-Dieu Soult, avec qui il ne s'entendait pas, fut également rappelé par l'Empereur et remplacé par le maréchal Jean-Baptiste Jourdan. Ces diverses ponctions réduisirent les effectifs dont disposait Joseph à hommes, répartis en trois armées : l'armée du Portugal ( hommes) sous les ordres du général Honoré Charles Reille, l'armée du Sud ( hommes) sous le commandement du général Honoré Théodore Maxime Gazan et l'armée du Centre ( hommes) dirigée par le général Jean-Baptiste Drouet d'Erlon.

Dans le même temps, les troupes françaises parvinrent à reprendre le contrôle des régions centrale et septentrionale de la péninsule. Toutefois, le conflit qui opposait les occupants à la guérilla dans le nord de l'Espagne dégénéra rapidement et Napoléon remplaça le général Marie François Auguste de Caffarelli du Falga par le général Bertrand Clauzel au commandement de l'armée du Nord.. Voulant par-dessus tout protéger les lignes de communication avec la France des attaques récurrentes des partisans espagnols, l'Empereur ordonna de mettre les six divisions de l'armée du Portugal à la disposition de Clauzel afin de lutter contre la guérilla. Avec ce renfort considérable, Clauzel entreprit la suppression des bandes irrégulières en Navarre. Le , il essuya un premier revers lorsque le chef d'une de ces bandes, Francisco Espoz y Mina, tendit une embuscade à une colonne française. Deux bataillons occupés à piller la ville de Lerín furent surpris par l'arrivée de Mina avec un corps de guérilleros parmi lesquels 200 lanciers. Sur soldats français, seule une poignée échappa au désastre et 663 furent faits prisonniers. Le général Marie Étienne de Barbot, commandant la division de l'armée du Portugal, ne bougea pas alors qu'il se trouvait à proximité du lieu du combat avec six bataillons.

Le , Clauzel repéra et détruisit le campement de Mina dans la vallée de Roncal, infligeant pertes aux guérilleros. Le même jour, le général Maximilien Sébastien Foy reprit la ville de Castro Urdiales dans le golfe de Gascogne. Foy commandait à cette période, en plus de sa division, la division du général Jacques Thomas Sarrut, appartenant l'une et l'autre à l'armée du Portugal, ainsi que la division italienne du général Giuseppe Federico Palombini rattachée à l'armée du Centre. Les troupes franco-italiennes, fortes de hommes et de 18 canons de siège, perdirent dans ce combat 150 tués ou blessés alors que les défenseurs espagnols du colonel Pedro Alvarez laissèrent 160 hommes sur le terrain. Ces derniers, après avoir fait sauter la réserve de poudre et jeté leurs canons dans la baie, furent évacués par la Royal Navy. Pendant que Foy et Clauzel s'employaient activement à faire la chasse aux guérilleros, des événements majeurs se produisirent à la même période dans le reste de l'Espagne.

L'offensive alliée vignette|gauche|upright|Le marquis de Wellington, commandant en chef les armées alliées.

Après les nouvelles ponctions effectuées sur ses forces, Joseph n'opposait désormais à Wellington que fantassins, cavaliers et 100 canons. Napoléon cherchait à rassurer son frère en l'assurant que le général britannique était bien trop prudent pour tenter de profiter de la situation et qu'il ne disposait dans tous les cas que de soldats britanniques et de Portugais. En réalité, Wellington menait l'offensive avec soldats britanniques, Portugais et Espagnols. L'aile droite commandée par le général Rowland Hill, forte de trois divisions, se dirigeait par le nord-est en direction de Salamanque pendant que les six divisions de l'aile gauche conduite par Thomas Graham, encore au Portugal, s'étaient établies sur la rive nord du Douro..

Joseph et Jourdan déployèrent l'armée du Sud commandée par Gazan et celle du Centre aux ordres de Drouet d'Erlon en avant de Valladolid et Ségovie, alors que Reille, avec hommes de l'armée du Portugal, fut envoyé au nord afin d'aider à la répression de la guérilla. À cette période, les soldats de Clauzel se trouvaient très à l'est, à proximité de Pampelune. Le corps de Hill fit son entrée à Salamanque le après avoir chassé les troupes françaises du général Eugène Casimir Villatte et fait 200 prisonniers. Simultanément, les forces de Graham traversèrent la rivière Esla en crue au gué d'Almendra le , perdant quelques noyés et une grande quantité de matériel. Le général Augustin Darricau, dont la division stationnait à Zamora, envoya une reconnaissance de cavalerie vers l'ouest le mais ces soldats ne décelèrent aucun mouvement de l'ennemi, manquant de peu les troupes de Graham qui traversèrent le Douro peu après. Finalement alerté de l'approche d'une armée de hommes en provenance du nord-ouest, Darricau recula vers l'est et la ville de Zamora fut occupée par Graham dans la matinée du ..

vignette|upright|Joseph Bonaparte, commandant en chef les armées françaises.

Le même jour, la brigade de cavalerie du général , composée des , et régiments de hussards, mit en déroute une force de cavalerie française à Morales de Toro.. Cette dernière, commandée par le général Pierre-Benoît Soult, comprenait les et régiments de dragons, montés sur des chevaux en très mauvais état. Le dragons fut quasiment anéanti, perdant deux officiers et 308 cavaliers faits prisonniers par les Anglais, parmi lesquels une centaine de blessés. Les pertes britanniques lors de ce combat ne s'élevèrent qu'à 16 tués ou blessés. Le , le corps de Hill fit sa jonction avec Graham à Toro, sur la rive nord du fleuve Douro. À ce moment, Wellington pouvait concentrer soldats contre les hommes de l'armée française. Devant la gravité de la situation, Joseph et Jourdan envoyèrent un message désespéré à Clauzel pour lui demander du secours et se replièrent sur Burgos.

Alors que Joseph et Jourdan s'attendaient à ce que Wellington emprunte la grande route allant de Valladolid à Burgos, le général britannique ordonna à l'aile droite commandée par Hill d'avancer juste au nord de la route tandis que l'aile gauche sous Graham progressa encore plus au nord. Celui-ci fut renforcé sur sa gauche par le corps espagnol de Pedro Agustín Girón, fort de hommes. Les Français avaient repassé entre-temps la rivière Pisuerga et se dirigeaient maintenant sur Burgos, mais ils constatèrent avec étonnement qu'ils n'étaient poursuivis que par une petite troupe de cavalerie espagnole. La grande marche de flanc opérée par Wellington se poursuivit et les Français durent abandonner Burgos le , non sans avoir fait exploser le château ayant constitué le point central de la résistance lors du siège de l'automne précédent. À l'insu de ses adversaires, Wellington commença également à prendre des dispositions pour faire de la ville de Santander, sur les bords du golfe de Gascogne, sa base arrière pour la suite des opérations.

Au cours de la retraite française, Reille rejoignit le corps principal avec trois divisions de l'armée du Portugal, augmentant de hommes les effectifs de l'armée de Joseph. Les soldats de Clauzel n'étaient pas très loin mais Joseph n'avait aucune idée de l'endroit où ils se trouvaient. Clauzel ne reçut les messages du roi qu'à partir du , date à laquelle il rassembla quatre divisions et se mit en marche pour rejoindre le gros de l'armée. De son côté, Joseph regroupa ses forces derrière l'Èbre, estimant impossible d'être débordé au nord par les troupes de Wellington. Le , le corps de Hill franchit l'Èbre à Puente Arenas pendant que celui de Graham opéra de même à San Martin de Lines. Entre le 13 et le , les Français n'eurent plus aucun contact avec leurs adversaires..

Déroulement de la bataille

Osma vignette|Officiers et soldats des et bataillons légers de la King's German Legion. Illustration de Richard Knötel.

Le , informé de la progression de la colonne de Girón contre Bilbao, Joseph ordonna à Reille de se diriger au nord avec trois divisions. Le général français se heurta rapidement aux troupes de Graham, composées des et divisions britanniques, de la brigade de dragons légers de George Anson et de la brigade portugaise indépendante de .. Ce jour-là, la division de l'armée du Portugal, sous les ordres du général Sarrut, qui s'avançait en direction du défilé d'Osma précédée de la cavalerie du général Curto, eut un engagement avec la division britannique du général Kenneth Howard à Osma. Sarrut déploya le léger, le léger et le de ligne à deux bataillons chacun, pour un total de hommes. Face à eux se tenaient les hommes de la brigade de Colin Halkett, constituée des et bataillons légers de la King's German Legion.

Graham engagea les hostilités peu avant midi avec les deux bataillons de Halkett, soutenu par le feu de la batterie du capitaine Ramsay. Très vite, ces troupes furent rejointes par la division de Cole qui déboucha sur la droite par les montagnes. Reille, qui avait reçu le renfort de la division Lamartinière, se jugea trop faible pour résister et ordonna la retraite sur Espejo. La manœuvre s'effectua en bon ordre et le général français s'arrêta au nord d'Espejo pour y attendre l'arrivée de la division Maucune. Au cours de cet affrontement, les Français perdirent 107 hommes hors de combat, dont deux officiers blessés, contre seulement une cinquantaine pour les Britanniques. Digby Smith donne le chiffre de 120 tués ou blessés du côté français et de 50 à 60 victimes du côté britannique. Reille se replia finalement au sud pour se joindre à l'armée de Joseph à Miranda de Ebro.