La neuvième armée est une grande unité de l'armée impériale russe engagée sur le front de l'Est pendant la Première Guerre mondiale. Elle participe à plusieurs batailles contre les armées impériales austro-hongroise et allemande. Pendant la plus grande partie de son existence, elle a eu pour chef Platon Letchitski. Elle est dissoute en .
Historique
1914 vignette|280px|Lever du drapeau dans l'armée russe, août 1914. vignette|280px|Front de l'Est au 26 septembre 1914. droite|vignette|280px|Cosaques de l'Oural, vers 1900. La est créée en sous le commandement de Platon Letchitski. Elle est rattachée au front du Sud-Ouest qui est commandé par le général Nikolaï Ivanov. Elle est engagée dans le sud de la Pologne russe, autour d'Ivangorod (Dęblin) et Sandomierz, en appui de la , et fait face au groupe austro-hongrois du général Heinrich Kummer von Falkenfeld. Elle compte alors 8 divisions d'infanterie et 4 de cavalerie :
corps d'armée et divisions d'infanterie Corps de la Garde (rattaché à la fin août) et divisions de la Garde Groupe de réserve Delsalle , , , et divisions de réserve Corps de cavalerie et divisions de cavalerie
La première bataille de la Vistule tourne au désavantage des Russes qui n'arrivent plus à approvisionner leurs troupes. Le , le corps de la Garde est de nouveau transféré de la à la . Le , l'état-major ordonne aux et armées de battre en retraite au nord de la Vistule pour suivre le mouvement de recul de la . Cependant, Letchitski tente de maintenir une tête de pont au sud de la Vistule face à la austro-hongroise, avec la brigade de tirailleurs et la brigade de tirailleurs de la Garde. Le , la division, qui couvre l'aile gauche du corps Delsalle, se retire de Sandomierz, tandis que la division, à l'aile droite, évacue Ostrowiec, les tirailleurs restant en position défensive à Opatów. Le , ils sont attaqués par des forces ennemies très supérieures en nombre et, malgré le renfort de la brigade indépendante de cavalerie de la Garde, doivent se replier avec de lourdes pertes : 100 officiers, , 9 canons et 21 mitrailleusesAlfred Knox, With the Russian army, 1914-1921, Hutchinson, London, 1921, vol.1, p.140-141..
Le , le corps est transféré de la à la . La retraite russe se déroule dans des conditions très difficiles, sur des routes défoncées et sous des pluies continuelles. La bénéficie cependant de dépôts de provision à Kraśnik et Sandomierz alors que la est à bout de ressourcesAlfred Knox, With the Russian army, 1914-1921, Hutchinson, London, 1921, vol.1, p.142-143..
Le , la reçoit l'ordre de mener une contre-offensive au sud de la Vistule. Basée sur la forteresse d'Ivangorod et disposant de 6 corps au total (les , , et Garde renforcés par les corps caucasien et corps empruntés à la ), elle doit attaquer 3 corps austro-hongrois pour obliger les Allemands, plus au nord, à renoncer à leur offensive contre Varsovie. Les Russes reprennent Novo Aleksandriya le Alfred Knox, With the Russian army, 1914-1921, Hutchinson, London, 1921, vol.1, p.151-156. tandis que la austro-hongroise bat en retraite jusqu'à l'
En novembre, la participe à une offensive avortée en direction de Cracovie, forteresse de la Galicie austro-hongroise. La (16-) se termine sans résultat décisif. L'armée comprend alors les unités suivantes :
corps (Alexandre Ragoza) division de grenadiers division d'infanterie corps (Voïchine-Mourdas-Chilinski) et divisions d'infanterie brigade de tirailleurs Corps de la Garde () et divisions de la Garde corps (Nikolai Krusenstern) et divisions d'infanterie division de cavalerie Brigade des uhlans de la Garde Division des cosaques de l'Oural
À la fin de , la s'établit en position défensive au nord de la Vistule, sur une ligne Jędrzejów - Pińczów - Busko-Zdrój, face à la austro-hongroise.
1915 vignette|280px|Terebovlia (Trembowla), début du s. vignette|280px|Régiment de cavalerie tekké (turkmène), 1916. À la fin de , la est déplacée du sud-ouest de la Pologne vers le front du Dniestr pour couvrir le flanc sud-est de la dans la bataille des Carpates. Elle fait face à l'offensive du groupe Pflanzer-Baltin (devenu en la armée austro-hongroise) en direction de la Bucovine. La comprend alors les unités suivantes :
corps (Vladimir Sakharov) et divisions d'infanterie corps (Andreï Zaïontchkovski) et divisions de réserve corps (Ivan Fedotov) et divisions d'infanterie corps () et divisions corps de cavalerie () division de cavalerie caucasienne et divisions de cavalerie
Le , la opère une offensive de rupture entre les têtes de pont du Dniestr et du Prout contre le corps Marschall, partie de l'Armée du Sud allemande, et le corps austro-hongrois. Les Russes reprennent Zalichtchyky et, le , obligent la austro-hongroise à évacuer Stanislav (Ivano-Frankivsk) et Kalouch et à se replier sur une ligne Tchernivtsi-Kolomya-Nadvirna.
En , la Grande Retraite de l'armée russe en Pologne oblige la à interrompre son avance, se replier sur une ligne Zalichtchyky-Terebovlia et se cantonner à une guerre de position. vignette|280px|La armée au nord du front roumain, septembre 1916-janvier 1917 1916
vignette|170px|Soldats russes sur le front de Roumanie, 1918. Au printemps 1916, la est réorganisée pour accompagner le flanc sud de l'offensive Broussilov contre les Austro-Hongrois. Entre le 4 et le , le corps russe enfonce les lignes du corps austro-hongrois, suivi par les et corps qui traversent la ligne du Dniestr. La austro-hongroise doit se replier sur Sniatyn et Horodenka en perdant environ dans une retraite de 50 km. Le corps russe franchit le Prout et reprend Tchernivtsi le , le corps prend Horodenka et Kolomya le . Le corps de cavalerie atteint le sud de la Bucovine et les hauteurs de Vatra Dornei, suivi par les et corps. Au début d'août, les Austro-Hongrois se replient sur une ligne -Tysmenytsia, sur la Bystritsa. Le , les Russes prennent Stanislaw (Ivano-Frankivsk). Le front s'établit sur le cours supérieur du Siret entre Mariampil et Nadvirna.
L'entrée en guerre de la Roumanie dans la Première Guerre mondiale aux côtés de l'Entente, le , arrive trop tard pour se coordonner avec l'offensive russeTraian Sandu, « La Roumanie, une victoire à la Pyrrhus », Les cahiers Irice, vol. 1, no 13, 2015, p. 155-170.. Alors que les Austro-Hongrois n'ont plus qu'un mince rideau de troupes, Landwehr, gendarmes et douaniers, le long de la frontière roumaine, l'armée roumaine engagée dans la ne parvient pas à faire la jonction avec les forces russes en BucovineMichael B. Barrett, Prelude to Blitzkrieg: The 1916 Austro-German Campaign in Romania, Indiana University Press, 2013, p. 26-29..
La doit accomplir une marche difficile à travers les Carpates ukrainiennes pour se joindre à l'armée roumaine menacée d'écrasement par l'offensive austro-allemande. Le front roumain connaît de nombreuses péripéties sans qu'aucun camp ne remporte d'avantage décisif.
1917-1918 vignette|170px|Bataille de Mărăști, juillet-août 1917 : armée austro-hongroise (ouest), armée allemande (sud), armée roumaine (est) et armée russe (nord). Après la révolution de février-, le général Platon Letchitski n'accepte pas d'être soumis aux soviets de soldats. Il est placé en disponibilité le et remet sa démission trois semaines plus tard.
La ne joue qu'un rôle secondaire dans la bataille de Mărăști ( - ) qui oppose les Roumains aux Germano-Austro-Hongrois. En 1917, minée par les désertions et mutineries, elle comprend théoriquement les unités suivantes : corps corps corps corps corps corps corps de cavalerie
Commandants Platon Letchitski ( – ) ( - ) ( - ) ( ?) (septembre - ) G.P. Safronov ( - )
Sources et bibliographie dans sa version du . Alfred Knox, With the Russian army, 1914-1921, Hutchinson, London, 1921, vol.1
Notes et références
Catégorie:Armée impériale russe Catégorie:Unité militaire russe de la Première Guerre mondiale Catégorie:Unité ou formation militaire créée en 1914 Catégorie:Unité ou formation militaire dissoute en 1918