La bataille de Roncevaux se déroule le au col de Roncevaux, en Espagne, et oppose une armée impériale française aux ordres des généraux Bertrand Clauzel et Honoré Charles Reille à une force anglo-portugaise dirigée par le général Galbraith Lowry Cole. L'affrontement se solde par une victoire française.
Contexte Le , les troupes anglo-alliées du marquis de Wellington remportent une victoire décisive sur l'armée française commandée par le roi Joseph Bonaparte et le maréchal Jourdan à Vitoria. Les Alliés, au prix de dans leurs rangs, infligent une perte de aux Français et capturent toute leur artillerie à l'exception d'un obusier. Cet affrontement consacre la fin de l'Espagne napoléonienne et encourage les ennemis de Napoléon à poursuivre leur lutte contre la France au sein de la Sixième Coalition. Les Français n'occupent plus à cette période que deux forteresses d'importance, Saint-Sébastien et Pampelune. Wellington entreprend le siège de la première ville avec l'appui de ses équipements de siège. Simultanément, les forces espagnoles investissent Pampelune mais, dépourvues d'artillerie lourde, n'ont d'autre choix que d'affamer la garnison française pour la contraindre à la reddition.
Le maréchal Jean-de-Dieu Soult prend le commandement de l'armée française le . Napoléon l'a chargé de . Rapidement, le duc de Dalmatie abolit la précédente organisation et rassemble ses et ses dans une configuration totalement différente. La nouvelle armée d'Espagne se compose à présent d'une réserve et de trois « lieutenances » chacune équivalente à un corps d'armée. À Vitoria, les artilleurs français ont abandonné 151 canons mais ont pu entraîner les chevaux dans leur fuite, et il suffit à l'administration militaire d'utiliser les pièces stockées dans l'arsenal de Bayonne pour réarmer les batteries françaises. Les neuf divisions d'infanterie reçoivent 72 canons, les deux divisions de cavalerie 12, la réserve de l'armée 32 et l'artillerie de réserve 24, pour un total de .
vignette|upright|gauche|Le général de division Bertrand Clauzel.
Le général Jean-Baptiste Drouet d'Erlon est nommé commandant de la lieutenance du Centre, forte de , comprenant les divisions Darmagnac, Abbé et Maransin. Le général Honoré Charles Reille dirige la lieutenance de Droite alignant et composée des divisions Foy, Maucune et Lamartinière. Enfin, le général Bertrand Clauzel est placé à la tête de la lieutenance de Gauche, rassemblant , avec sous ses ordres les divisions Conroux, Vandermaesen et Taupin. Les composant la réserve sont placés sous le commandement du général Eugène Casimir Villatte. La cavalerie, forte de , est répartie en deux divisions respectivement aux ordres des généraux Anne-François-Charles Trelliard et Pierre-Benoît Soult.
Le , à l'aube, les Français évacuent le col de Maya., que le général anglais Rowland Hill s'empresse d'occuper avec deux brigades britanniques ; plus à l'est, les Portugais tiennent les cols d'Ispéguy et de Berderis. À la fin du mois de juillet, la anglo-portugaise assiège Saint-Sébastien pendant que la avec des unités espagnoles défend la ligne de la Bidassoa sur les côtes. La Light Division est à Bera, la à Etxalar et la au col de Maya. La division portugaise se trouve plus au sud et la est retournée à Doneztebe, alors que la occupe le col de Roncevaux Quant à la , elle est en réserve à Olague. La britannique et la division portugaise sont rattachées au corps de Hill. Rendu inquiet par la perspective d'avoir à mener le siège de deux forteresses en même temps, Wellington écrit : .
Afin de soulager la garnison de Pampelune, Soult dirige le général d'Erlon sur Maya tandis que Reille et Clauzel sont chargés d'attaquer le col de Roncevaux au sud-est. Pendant ce temps, Villatte a pour mission de distraire les Alliés le long de la côte. Après avoir forcé les différents points de passage, les colonnes françaises doivent converger sur Pampelune. Les troupes de Reille, positionnées sur la côte, reçoivent l'ordre de se diriger à l'intérieur des terres afin de se joindre aux forces de Clauzel. Cependant, de fortes pluies ont rendu l'un des ponts inutilisables, obligeant les Français à repousser leur offensive de 24 heures pour permettre à Reille de rattraper son retard et d'être disponible à temps pour la suite des opérations.
Déroulement de la bataille Le général Galbraith Lowry Cole occupe le col de Roncevaux avec sa division, la division espagnole de Pablo Morillo et la brigade Byng de la division britannique, soit hommes au total. Entre et du matin, la brigade Byng est attaquée en force par les troupes de Clauzel mais Cole lui envoie rapidement des renforts. Les défenseurs parviennent à contenir les assauts français jusqu'à lorsqu'un épais brouillard s'abat sur le champ de bataille.. Les troupes alliées perdent 350 hommes contre 530 tués ou blessés pour leurs adversaires. Troublé par une reconnaissance française sur son flanc droit et craignant d'être submergé par Français tapis dans la brume, Cole décide d'abandonner le col et se replie vers Pampelune malgré les ordres lui prescrivant de défendre sa position . Wellington lui reproche par la suite de ne pas avoir rendu compte de ses agissements en temps opportun. La division de Thomas Picton, forte de hommes, rejoint Cole peu après mais doit à son tour battre en retraite sur les instances de Cole.
Bilan et conséquences En raison du brouillard, les Français ne découvrent la fuite des Britanniques que le lendemain matin. Clauzel lance immédiatement la poursuite mais ne rattrape l'arrière-garde de Cole qu'en fin d'après-midi. Pendant ce temps, le corps de Reille se perd en essayant de se frayer un chemin à travers les montagnes. D'après Esdaile, une partie des troupes françaises commandée directement par Soult effectue une percée depuis le col de Roncevaux le et débouche à moins de de Pampelune.. Les unités anglo-portugaises de Picton réussissent toutefois à occuper à temps une excellente position défensive près du village de Sorauren, juste au nord de Pampelune.
Estimant à tort que la principale menace est celle du corps de Drouet d'Erlon, et toujours sans nouvelle de Cole, Wellington passe la journée du à organiser sa défense en direction du col de Maya. Après avoir confié à Hill le commandement de ce secteur, il se rend ensuite à Pampelune le pour évaluer la situation et ordonne à la division de Pack de se joindre à celles de Cole et de Picton. Wellington a plus tard admis que diviser ses forces pour assiéger simultanément Saint-Sébastien et Pampelune a été ..
Notes et références
Bibliographie
. . . Joseph Vidal de la Blache, L’évacuation de l’Espagne et l’invasion dans le Midi (juin 1813-avril 1814), t. 1, 1913, réed. P.R.N.G. Editions, 2019
Catégorie:Bataille de la guerre d'indépendance espagnole Catégorie:Bataille de 1813 Catégorie:Bataille des guerres de la Révolution et de l'Empire impliquant le Royaume-Uni Catégorie:1813 en Espagne Catégorie:Juillet 1813