vignette|Des étudiants iraniens escaladant la clôture de l'ambassade américaine à Téhéran, le 4 novembre 1979. Les sanctions contre l'Iran sont une série d'embargos contre l'Iran, dont le principal a été mis en place par les États-Unis à partir de 1995, les autres consistant en des embargos sur les armes décidés par les Nations unies et l'Union européenne en 2006 et 2007Haidar, J.I., 2017."Sanctions and Exports Deflection: Evidence from Iran," Economic Policy (Oxford University Press), April 2017, Vol. 32(90), p. 319-355..

Histoire 1979 En 1979, à la suite de la prise d'otages à l'ambassade américaine, les États-Unis gèlent d'actifs financiers détenus par l'Iran.

En 1984, durant la guerre Iran-Irak, les États-Unis mettent en place un embargo sur les armes contre l'Iran, ainsi que l'interdiction d'émettre des crédits financiers en faveur de l'Iran. Les États-Unis justifient ces sanctions en invoquant notamment les liens de l'Iran avec le Hezbollah, accusé d'avoir pris part aux attentats de Beyrouth du 23 octobre 1983.

En , les États-Unis mettent en place un embargo sur le pétrole contre l'Iran, puis en , ils mettent en place un embargo économique interdisant tout commerce avec l'Iran. En 1996, la loi d'Amato-Kennedy interdit à toute entreprise étrangère d'effectuer un investissement supérieur de de dollars en Iran dans le secteur des hydrocarbures. La multinationale Total est contrainte de payer de dollars aux États-Unis après un accord « à l'amiable ».

2000 En , l'IEEE retire certains avantages à ses iraniens, comme l'utilisation du logo de l'institution pour promouvoir leurs activités, l'accès à ses publications en ligne, et l'accès aux demandes d'emploiScience/AAAS | Science: Sign In. Selon Fredun Hodjabri, président de l'Association de l'université de technologie de Sharif qui est une ONG représentant les étudiants, l'administration et les anciens élèves de l'université iranienne, le dossier débute lorsque des agents de l'IEEE déterminent qu'ils iraient à l'encontre de sanction de l'OFAC s'ils laissaient une conférence en Iran avoir lieu. Dans une lettre adressée aux membres de l'IEEE de l'université de Téhéran datée du , le président de l'IEEE, Joel Snyder, écrit que en Iran. L'IEEE bloque les comptes de messagerie électronique mis à disposition des membres iraniens par l'institution peu de temps après, d'après Hodjabri.

En 2004, des dispositions de l'administration américaine réduisent ou interdisent la coopération scientifique avec les chercheurs iraniens. En parallèle, des restrictions sur le commerce d'équipements aéronautiques sont également mises en place.

En , le département du Trésor des États-Unis décide que l'édition ou la publication de documents scientifiques provenant d'Iran viole désormais les sanctions que les États-Unis imposent à ce pays. Les éditeurs et associations scientifiques américains se divisent alors sur le chemin à prendre. L'IEEE, l'American Nuclear Society, l'American chemical society et la Société américaine de microbiologie décident de se conformer aux mesures préconisées par ces sanctions. Au cours d'une réunion à Washington le de la même année, David Mills, membre du département du Trésor chargé d'appliquer cette politique, déclare aux représentants de trente éditeurs que quiconque souhaitant publier des documents iraniens devrait demander un permis pour le faire auprès du département du Trésor. Il suggère également que les scientifiques américains collaborant avec des Iraniens puissent être poursuivis en justicePublishers split over response to US trade embargo ruling : Article : Nature. En parallèle, des restrictions sur le commerce d'équipements aéronautiques sont également mises en place.

En 2005, à la suite de la victoire des conservateurs et à l'élection de Mahmoud Ahmadinejad à l'élection présidentielle, l'Iran reprend sa recherche sur le nucléaire.

Plus de de l'université de technologie de Sharif, qui s'étaient vu remettre des visas pour assister spécifiquement à la réunion et conférence internationale de l'association de l'université, dont il était prévu qu'elle ait lieu à Santa Clara, se sont vu refuser l'entrée aux États-Unis.

En , les États-Unis durcissent les restrictions sur les services financiers que les banques américaines fournissent à l'Iran, en promulguant l'Iran Freedom Support Act.

En , les Nations unies mettent en place un embargo sur les armements au travers notamment de la résolution 1737.

En , l'Union européenne met en place à son tour un embargo sur les armes contre l'Iran. Cet embargo concerne également le matériel de surveillance de télécommunication, le matériel de maintien de l'ordre et le matériel nucléaire à destination militaire. Le commerce des armes, des munitions, des véhicules et équipements militaires et paramilitaires (ainsi que leurs pièces détachées), les services financiers liés à l'armement sont prohibés, ainsi que le matériel utilisé pour l'utilisation de réacteurs nucléaires à eau légère.

2010 En 2010, les États-Unis promulguent la Comprehensive Iran Sanctions Accountability and Divestment Act, qui met en place un embargo sur le pétrole venant d'Iran, et sanctionne les services financiers étrangers ayant des activités avec l'Iran. En 2011, l'ensemble du système financier iranien dont la banque centrale est inclus dans les sanctions liées à cette loi. En parallèle, l'Union européenne étend ses sanctions au secteur énergétique iranien.

L'Union européenne interdit également en 2012 l'importation d'hydrocarbures en provenance d'Iran, et l'exportation vers l'Iran de matériel miniers, de métaux précieux et d'équipements navals. L'Union européenne gèle également les actifs financiers de la république d'Iran, ainsi que des banques iraniennes, et supprime l'accès au réseau Swift au système financier. Enfin, l'Union européenne interdit l'accès à son sol aux transports aériens de frets venant d'Iran et interdit le commerce de pièces détachées et de services de maintenance pour l'aviation iranienne. Le transfert de technologies liées de près ou de loin à la fabrication des armes nucléaires, à des étudiants ou chercheurs iraniens, devient interdit dans l'ensemble du territoire européen.

En 2012, le National Defense Authorization Act permet de restreindre la possibilité pour la banque centrale d’Iran d'utiliser des services financiers étrangers pour l'exportation d'hydrocarbures. Toujours en 2012, via l'Iran Freedom and Counter-Proliferation Act, les États-Unis élargissent leurs sanctions au secteur de l'énergie, de l'industrie, la construction et du transport maritime.

En 2013, le congrès américain vote un renforcement des sanctions contre l'Iran.

En , le plan d'action conjoint, accord intermédiaire avant le Plan d’action global commun, allège temporairement les sanctions établies par l'Union européenne.

En , à la suite du Plan d’action global commun, l'embargo décrété par les Nations unies et l'Union européenne est allégé et remplacé par de nouvelles dispositions adoptées par la résolution 2231. Selon cette résolution, la fourniture d'armements lourds (chars, artillerie, avions de combat, navires de guerre) à l'Iran doit préalablement avoir l'accord du conseil de sécurité des Nations unies. De même, cette résolution interdit la fourniture de missiles balistiques. L'accord inclut l'autorisation du conseil de sécurité pour un certain nombre d'éléments du secteur nucléaire, alors que d'autres tels que les réacteurs à eau légère sont autorisés sans permissions préalables. Certains échanges dans les secteurs des logiciels et des métaux sont également toujours concernés par des restrictions. Le gel des actifs financiers est notamment levé, ainsi que celui du commerce d'hydrocarbures. Malgré cette décision des Nations unies, les États-Unis n'ont levé que peu de leurs sanctions contre l'Iran. Ils obligent les entreprises commerçant avec l'Iran de le signaler à l'Office of Foreign Assets Control. L'Union européenne a supprimé son embargo sur les produits pétroliers.

2018 En , Donald Trump annonce le retrait des États-Unis du Plan d’action global commun, rétablissant les sanctions américaines contre l'Iran, dans un délai de 90 à . Ces sanctions rétablies portent sur un embargo sur les produits pétroliers, sur le secteur aéronautique et minier, et une interdiction d'utiliser le dollar américain dans les transactions commerciales avec l'Iran.

Le , le Ministère des affaires étrangères d'Iran annonce que l’Iran a porté plainte contre les États-Unis à la Haye, siège de la Cour internationale de justice (CIJ).

Le but de cette plainte est de , déclare Mohammad Javad Zarif.

Le , Washington récuse sèchement la compétence de la CIJ, , explique la représentante américaine Jennifer Newstead.

Dans les audiences, l'Iran, se référant au traité américano-iranien de 1955 qui prévoit des entre les deux nations, affirme que les actions des États-Unis constituent des des dispositions du traité mentionné. Les États-Unis, en réponse, annoncent que , comme l’imposition de sanctions, afin de garantir sa , a ajouté Jennifer Newstead.

Le , quinze juges de la plus haute instance judiciaire des Nations unies (basée à La Haye), décident à l'unanimité que les sanctions imposées visant certains biens constituent une violation du traité d'amitié conclu en 1955 entre l'Iran et les États-Unis. Cette décision de la CIJ est un jugement incontestable parce que les décisions de la CIJ sont contraignantes, mais les deux parties ont déjà ignoré l'avis de la Cour dans le passé ; enfin, il faut ajouter que la CIJ ne dispose d'aucun moyen pour faire appliquer ses décisions.

Les importations de pétrole iranien par l'Inde chutent de 40 % entre 2018 et 2019. L'Inde retire également ses investissements du port de Tchabahar, compromettant l'avenir commercial de celui-ci. Ces sanctions ouvrent des opportunités à l'Arabie saoudite, dont les relations commerciales avec l'Inde ont doublé, passant de 14 à de dollars.

Réponse de l'Union européenne En réponse à l'attitude américaine, l'Union européenne décide, en , de réactiver une de 1996, afin de maintenir les relations commerciales entre l'Iran et l'UE par la . Cela a trois conséquences : la notification à la Commission européenne de toute sanction prise par une autorité étrangère contre une entreprise européenne, l'opposition aux effets de ces mesures sur le territoire européen sauf dérogation, et le lancement d'une procédure d'indemnisation.

En , la chef de la diplomatie de l'Union européenne Federica Mogherini, annonce l'intention de l'UE de mettre en place un mécanisme légal pour faciliter les transactions financières avec l'Iran. Ceci aboutit en à la création de la société de droit français INSTEX. L'objectif visé est de mettre en place un intermédiaire entre les sociétés européennes et iraniennes et ainsi d'éviter aux premières d'être exposées aux sanctions américaines. Au moment de l'annonce de sa création, de nombreux détails de mise en œuvre des transactions reste à définir et son périmètre est uniquement limité aux biens alimentaires et médicaments, ce qui conduit de nombreux observateurs européens et iraniens à être circonspects sur son impact.

2019 En , le gouvernement américain instaure de nouvelles sanctions visant notamment « la dernière source de revenus de la Banque centrale d'Iran », déjà sur la liste noire américaine, mais aussi le Fonds national de développement, du système bancaire américain, selon le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin. D'après Donald Trump, il s'agit des .

Fin 2019, en période de préparation du budget 2020, le gouvernement iranien reconnaît les impacts significatifs que ces sanctions ont sur son économie, Libération, 8 décembre 2019.

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