La littérature serbe désigne la littérature en serbe, ou en Serbie, ou par les diasporas.

Tradition orale Onomastique Tradition orale : Contes, légendes, mythes

Historique vignette|droite|upright=1.4|Les deux premières pages de l'Évangile de Miroslav. La musique traditionnelle serbe ancienne, témoigne, dans ses chants, de la vitalité de la langue : chant choral serbe.

Moyen Âge

, Chronique du prêtre de Dioclée

Bugarchtitsa, Beloslava Gusle, instrument monocorde d'accompagnement des bardes serbes

Liste des souverains serbes

Débuts de la littérature serbe Le début de la littérature serbe (serbe) correspond à l'introduction de l'alphabet glagolitique en Grande-Moravie puis en Dalmatie par les saints Cyrille et Méthode au ... Après la mort de Méthode en 885, les successeurs des deux saints ont été expulsés de Moravie et se sont dispersés dans les pays du sud slave où ils ont diffusé la pensée et l'œuvre de leurs maîtres ; grâce à saint Clément et saint Naum, les disciples les plus éminents de Cyrille et de Méthode, de nouveaux centres de diffusion des lettres slaves et de la pensée chrétienne ont vu le jour à Ohrid (aujourd'hui en Macédoine du Nord) et à Preslav (aujourd'hui en Bulgarie). L'activité de Cyrille et Méthode et de leurs disciples, quels que soient le lieu et le pays où elle s'est développée, avait un caractère slave général, aboutissant à la création de la première langue littéraire slave, appelée « vieux-slave » (ou parfois appelé slavon) et de la littérature qui en est issue ; l'héritage de Cyrille et Méthode est ainsi devenu la base commune de toute la littérature des pays slaves orthodoxes, dont la littérature serbe. À ce propos, l'historien Jovan Deretić écrit : .

vignette|Le monastère de Hilandar (ou de Chilandar), un des grands centre littéraire de la littérature serbe médiévale.

La période de formation de l'État serbe indépendant sous les premiers Nemanjić correspond aussi à l'élaboration et à la normalisation de la version rascienne de la vieille langue slave ; à cette époque les transcriptions et les traductions à partir de la langue grecque se sont multipliées et le a vu le développement de deux genres majeurs de la littérature médiévale serbe : la biographie et l'« office » (en serbe : )..

Parmi les textes médiévaux, un texte écrit en alphabet glagolitique datant , traite des Soins aux blessures. Un texte politique et religieux du , lÉvangile de Miroslav (en serbe cyrillique : ; en serbe latin : ), évoque Miroslav de Hum, prince de Zachlumie (Hum) et frère de Stefan Nemanja.. Ce manuscrit, qui date de 1180 et qui est conservé au Musée national de Serbie à Belgrade, a été inscrit en 2005 sur la liste Mémoire du monde de l'UNESCO... ; dans son Abrégé d'histoire de la littérature serbe (en serbe : ) - Texte intégral en serbe sur le site du Projet Rastko, Jovan Deretić le décrit comme le et précise qu'.

vignette|droite|upright=1.4|Saint Sava (au centre à gauche) et Saint Siméon (au centre à droite), fresque du monastère de Studenica.

En 1186, le grand župan de la principauté serbe de Rascie Stefan Nemanja (vers 1113 ou 1114-1199) renonce au pouvoir et devient moine sous le nom de Siméon ; en 1198, il fait bâtir avec son plus jeune fils, le moine Sava (vers 1175-1235)Avant de devenir moine, Sava portait le nom de Rastko Nemanjić ; il a permis à l'Église orthodoxe serbe de devenir autocéphale. Sava et son père Siméon ont été canonisés., le monastère de Hilandar, sur le mont Athos, qui allait devenir un des principaux centres littéraires serbes du Moyen Âge et l'époque ottomane. À cette occasion, Siméon promulgue la (), qui contient une partie autobiographique - Pour lire la charte en ligne. Dans ce texte, qui inclut la proclamation d'abdication du souverain, Siméon-Nemanja se présente à la fois comme un guerrier au service du peuple serbe, de Dieu et de l'Église et, à travers une sorte de confession, comme un homme animé de préoccupations morales et spirituelles ; cette unité entre les deux aspects a façonné l'image du dirigeant et inaugure ainsi le genre hagio-biographique qui va connaître une grande fortune dans la suite de la littérature médiévale. Chacun à leur manière, les fils de Siméon-Nemanja Sava et Stefan, qui ont tous deux été ses biographes, ont tenté d'.

vignette| Sava apparaît comme . Ses premiers travaux sont d'une nature purement ecclésiastique et non littéraire : il s'agit du Typikon de Karyès () - Pour lire le typikon en ligne et du Typikon de Hilandar () - Pour lire le typikon en ligne. Dans le Typikon de Hilandar est intégrée une courte biographie de Siméon-Nemanja, qui se contente de raconter l'arrivée de Siméon au mont Athos et fait un compte rendu concis de sa mort ; cette biographie a été écrite peu de temps après la mort de Siméon, en 1199 ou en 1200 et apparaît comme une courte note biographique servant à fixer le jour de célébration du saint. En 1208, dans l'introduction du (), Sava insère la La Vie de saint Siméon Nemanja () - Pour lire la Vita en ligne ; il y présente son père comme et . ; ce texte apparaît comme . La description de la mort de Siméon est parfois considérée comme l'une .

vignette|Code de saint Sava (1219) Entre 1208 et 1216, Stefan Nemanjić (vers 1165-1228), surnommé Stefan Prvovenčani (en français : Étienne le Premier-Couronné), le fils cadet de Siméon-Nemanja, a écrit à son tour une Vie de Saint Siméon ()La Bibliothèque nationale de France conserve la seule copie intégrale de ce texte (Parisinus, Slav. 10).., nettement plus étendue que celle de saint Sava. En tant que souverain et successeur de Stefan Nemanja, Stefan Prvovenčani s'est hâté de proclamer son père « saint » pour obtenir une reconnaissance au-delà de son pays et recevoir la couronne royale. Conçue comme une hagiographie de type byzantin. Ce texte est aujourd'hui apprécié pour la rigueur de sa construction, pour la différenciation des caractères et des points de vue des personnages et pour la richesse et la valeur poétique de son vocabulaire - Pour lire la Vita en ligne.

En 1254, le hiéromoine et ascète athonite Domentijan (vers 1210-après 1264) écrit une Vie de Saint Sava (), considérée comme l' ; l'œuvre se distingue par . Se considérant lui-même comme , Domentijan raconte la vie de son maître en présentant des faits qui lui sont contemporains et il apporte ainsi de nombreuses informations historiques ; son hagiographie témoigne parallèlement d'.. Dans La Vie de Saint Sava, Domentijan réunit trois genres fondamentaux : la poésie sous forme de prière, qui sert de moteur à l'action, la prose, factuelle et fictive, qui est la base de tout le récit, et l'éloge rhétorique, qui permet l'interprétation héroïque des événements et des personnes. En 1264, à la demande du roi Uroš le Grand (1243-1276), petit-fils de Stefan Nemanja, Domentijan écrit à son tour une Vie de Saint Siméon (), qui, plus courte que celle de saint Sava, apparaît comme une compilation de celles du fondateur de l'Église orthodoxe serbe et d'Étienne le Premier-Couronné.

Un autre moine serbe de Hilandar, Teodosije (1246-1326), disciple de Domentijan, est considéré comme ; son œuvre abondante compte des hymnes et des éloges mais surtout deux vies de saints : La Vie de Saint Sava () - Pour lire la Vita en ligne et La Vie de Saint Pierre de Koriša () - Pour lire la Vita en ligne. L'historien Boško Bojović décrit Teodosije comme un qui .. En ce qui concerne La Vie de Saint Sava, l'historienne Radmila Marinković souligne que Teodosije reprend la structure et le contenu de l'œuvre de Domentijan et que son originalité consiste en , tout en précisant qu', ce qui en fait . Bojović considère que l'aspect romanesque de cette Vie, riche en rebondissements, en fait un véritable où .. La Vie de Pierre de Saint Pierre de Koriša, quant à elle, écrite en 1310, est ; elle présente notamment une riche description du monde céleste évoquée dans les visions de l'ermite et vise à plonger dans sa vie intérieure, ce qui en fait un véritable .

vignette|droite|Danilo II, fresque du monastère patriarcal de Peć.

L'archevêque de l'Église orthodoxe serbe Danilo II (vers 1270-1337) est considéré comme l'un des écrivains les plus talentueux du Moyen Âge serbe avec son prédécesseur Teodosije de Hilandar.. Son œuvre littéraire majeure est son imposant recueil intitulé Les Vies des rois et archevêques serbes (), rédigé pour l'essentiel en 1324 et 1337. et complété par ses continuateurs (deuxième partie du –début du ). Ces biographies d’historiographie dynastique offrent de précieuses informations sur les activités politiques, ecclésiastiques et culturelles en Serbie à cette époque et lui donnent sa place dans l’historiographie serbe moderne. Ces Vies constituent un ensemble formé de six vies de souverains et de dix vies d'archevêques. Dans cet ensemble, Danilo a écrit La Vie de la reine Jelena (1317), La Vie du roi Dragutin (1320/1330), La Vie du roi Milutin (1324), La Vie de l'archevêque Arsène, La Vie de l'archevêque Joannice et La Vie de l'archevêque Eustathe (tous trois entre 1324 et 1327) ; par ailleurs, il est l'auteur de deux « offices » (en serbe : .

Période ottomane Pendant la période turque, du au , la littérature serbe se caractérise par son lyrisme épique. Mythe du Kosovo Mauro Orbini, Le Royaume des Slaves (1601)

(1519-1564)

Đurađ Branković (1645-1711)

Dès le , l'écrivain Dositej Obradović (~1739-1811) renonce au slavon, la « langue savante », et choisit d'utiliser le serbe comme langue littéraire. Les Serbes le considèrent comme le premier grand auteur ayant écrit dans la langue de leur pays.

Le vient de loin, il est particulièrement puissant durant l'occupation de la Serbie par les Habsbourg (1788-1791), la (1804-1813), la principauté de Serbie (1815-1882), la voïvodine de Serbie (1848-1849), jusqu'aux . (1670-1749) (1709-1766) (1726-1785) Jovan Rajić (1726-1801) (1728-1790) (1730-1785) Dositej Obradović (1739/1742-1811)

Au , l'écrivain et le linguiste Vuk Stefanović Karadžić modernise la langue serbe et pose ainsi les fondations de la littérature moderne ; il est l'auteur du slogan : « Écris comme tu parles » (en serbe « »).

Les Serbes sont particulièrement amateurs de théâtre. Joakim Vujić est le réformateur du théâtre serbe contemporain. En 1835, il rénove le style Knjažesko-srbski teatar à Kragujevac. Joakim Vujić (1772-1847), dramaturge Vuk Stefanović Karadžić (1787-1864), poète, linguiste Jovan Sterija Popović (1806-1856), dramaturge, le père du drame serbe Petar II Petrović-Njegoš (1813-1851), poète, philosophe Branko Radičević (1824-1853), poète Đuro Daničić (1825-1882), philologue, linguiste, traducteur Đura Jakšić (1832-1878), poète, nouvelliste, romancier, drmaturge Jovan Jovanović Zmaj (1833-1904), poète Milovan Glišić (1847-1908), dramaturge Branislav Nušić (1864-1938), dramaturge Radoje Domanović (1873-1908), nouvelliste

Parmi les auteurs du : Ivo Andrić, Miloš Crnjanski, Meša Selimović, Dobrica Ćosić, Danilo Kiš et Milorad Pavić (1929-), aujourd'hui Milan Rakić, Jovan Dučić, Desanka Maksimović, Miodrag Pavlović et Vasko Popa (1922-1991).

Depuis 1967, se tient à Belgrade le festival du BITEF. Parmi les théâtres les plus importants du pays, on peut signaler le Théâtre national, Théâtre dramatique yougoslave ou encore l'Atelier 212, tous trois situés à Belgrade. Novi Sad possède également une scène de premier plan, le Théâtre national serbe. Parmi les hommes et femmes de théâtre serbe, on peut citer Bojan Stupica (1910-1970), le fondateur du Théâtre dramatique yougoslave ; en tant qu'architecte, il a dessiné la nouvelle salle de l'Atelier 212. Mira Trailović (1924-1989) et Jovan Ćirilov (1931-2014), tous deux dramaturges et metteurs en scène, sont les fondateurs du BITEF. Parmi les auteurs dramatiques contemporains, on peut signaler Dušan Kovačević (1948-) et Biljana Srbljanović (1970-). Mouvements : : Oskar Davičo, Dušan Matić, Rastko Petrović, Koča Popović, Marko Ristić (1920c-) (1920c-) Signalisme (1960c-)

Synthèses