Le barrage de Bort-les-Orgues est un barrage en béton situé sur la Dordogne, sur les communes de Bort-les-Orgues (Corrèze) et de Lanobre (Cantal), retenant le lac homonyme. Il s'agit d'une des plus grandes retenues françaises pour un barrage en béton.

Géographie Le barrage de Bort-les-Orgues est situé en France, sur les communes de Bort-les-Orgues (Corrèze) et de Lanobre (Cantal), dans le Massif central.

Il retient les eaux de la Dordogne. Exploité par EDF, il est placé sous le contrôle de la DRIRE Limousin.

Histoire Le projet de barrage rencontre une opposition limitée, mais trouve son sens dans une volonté de la France de refuser la dépendance en charbon au Royaume-Uni et à l’Allemagne. Dès 1939, des experts fonciers démarchent les habitants des trois villages qui seront engloutis (Port-Dieu, Mialet et Valette), prédisant des offres d'achat très intéressantes et l'assurance d'exploiter les terres jusqu'à la mise en eau. Il est également prévu de submerger le château de Val, dont la propriétaire sera expropriée en 1948, mais une révision de la hauteur initialement envisagée permettra au château d'échapper à l'engloutissement.

En 1941, le conseil municipal de Bort-les-Orgues s’est opposé à la construction du barrage et, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, près de s’étaient mobilisées contre la suppression de la ligne de chemin de fer reliant Paris à Béziers, passant par la vallée de la Dordogne et s’arrêtant à la gare de Bort.

Les travaux débutent en , avec un chantier de qui évitent ainsi le STO. Les conditions sont particulièrement difficiles : le chantier sera plusieurs fois emporté par les crues de la Dordogne tandis que les avaries multiples feront . Au cours des travaux, on découvre que les conditions géologiques ne correspondent pas aux prévisions et complexifient encore la mise en œuvre du barrage. Des travaux supplémentaires sont nécessaires, en particulier la consolidation des fondations. En 1949, le nombre de travailleurs sur le chantier est porté à .

Les vannes du barrage sont fermées le et la retenue se remplit en quelques semaines. Les travaux sont achevés en 1952, ils auront duré dix ans.

L'importante quantité d'eau ainsi retenue submerge une partie de la ligne Bourges - Miécaze de la SNCF, plus précisément le tronçon Eygurande - Bort-les-Orgues, ainsi que les villages de Port-Dieu, Mallet et Vallette. Il était prévu que la ligne soit déviée à l'ouest, en utilisant le tronçon Eygurande - Ussel, puis une voie nouvellement construite devait continuer d'assurer la liaison ferroviaire Ussel - Bort-les-Orgues. Cette section a été mise en travaux, mais ceux-ci ont été rapidement abandonnés. Bort-les-Orgues a par la suite subi les fermetures de lignes ferroviaires vers Neussargues et Miécaze (près d'Aurillac), qui se dirigeaient vers le sud. La disparition et le non-remplacement de la seule ligne venant du nord est à l'origine de cet abandon ferroviaire, dans une gare qui fut autrefois un centre de correspondances assez important.

En , un joint de la conduite forcée de Granges, qui amène les eaux de la Rhue, se rompt. Cet incident a provoqué une inondation dans certaines rues de la ville, causant une belle frayeur aux habitants.

Le , la vidange décennale est précédée d'une exploration par la capsule du commandant Cousteau.

Description Le barrage a une hauteur de et possède une retenue longue de Plaquette de présentation du barrage de Bort-les-Orgues par la DRIRE Limousin permettant de nombreuses activités nautiques. C'est la troisième plus grande retenue française pour un barrage en béton (hors DROM-COM).

Il est équipé d'un évacuateur de crue, de type en raison de sa forme, capable d'assurer un débit de /s d'eau. Cet évacuateur n'a jamais servi en dehors de tests.

Chaque année, 45 à 50 % de l’eau sont livrés par le barrage de Vaussaire dans le Cantal via la Rhue.

Usine vignette|Vue du complexe hydroélectrique et d'une partie de la ville depuis le haut du barrage.

L'usine hydroélectrique possède trois turbines de type Francis : deux groupes principaux de puissance maximale pour un débit turbiné maximum de /s ; un groupe de restitution de puissance maximale pour un débit turbiné maximum de /s. deux groupes auxiliaires de .

La hauteur de chute nominale est de .

Le barrage de Bort-les-Orgues permet d'alimenter en électricité plus de .

Hydrologie À l'amont du barrage, le bassin versant de la Dordogne s'étend sur . Les débits augmentent fortement en période de crue : débit moyen : /s ; crue décennale : /s (estimation) ; crue mesurée en 1952 : /s ; crue centennale : /s (estimation) ; crue millénale : /s. (estimation).

Le barrage atténue les crues vers l'aval par une élévation du niveau d'eau de son bassin de retenue de , pour atteindre sa cote de plus hautes eaux (PHE) de NGF. Le barrage possède deux vannes, de par , qui permettent un débit à plus hautes eaux de /s, largement dimensionné par rapport aux débits de crue estimés. Le dernier essai en conditions réelles a été réalisé le .

Analyse des risques et conséquences L'exploitant du barrage, EDF, a réalisé une analyse des risques de rupture du barrage dans le cadre extrême d'une crue décamillennale (ayant une probabilité d'une chance sur de se produire chaque année). Les risques de tremblement de terre et de glissement de terrain dans le bassin de retenue n'ont pas été retenus.

La hauteur de la lame d'eau résultant de la rupture du barrage et le temps (t) d'arrivée ont été évalués en avalUn mur d'eau de à Bergerac, Journal Sud Ouest du : à Soursac () : de hauteur, t = 16 minutes ; à Chalvignac et Tourniac () : , t = 39 min ; à Beaulieu-sur-Dordogne : , t = 2 heures 36 min ; à Bretenoux () : , t = 2 heures 47 min ; à Souillac : , t = 5 heures 27 min ; à Cazoulès () : , t = 5 heures 43 min ; à Limeuil () : , t = 10 heures 23 min ; à Bergerac : , t = 14 heures 13 min ; à Saint-Pierre-d'Eyraud () : , t = 15 heures 55 min ; à Sainte-Foy-la-Grande : , t = 20 heures 33 min ; à Castillon-la-Bataille () : , t = 21 heures 20 min ; à Cubzac-les-Ponts () : , t = 26 heures 25 min.

Les temps d'arrivée sont à majorer de car l'exploitant doit avertir les autorités 24 heures avant le risque de rupture. Au passage de l'onde de crue, les barrages de Marèges, de l'Aigle, du Chastang et du Sablier à Argentat seraient également détruits.

Face à ces risques, un Plan Particulier d'Intervention (PPI) a été élaboré en .

Tourisme Depuis sa mise en service en 1952, le barrage de Bort-les-Orgues attire de nombreux visiteurs chaque année. Il existe, depuis , un espace de visite (appelé Espace EDF) situé au pied du barrage, à côté de l'usine hydroélectrique. Ouvert toute l'année, ce lieu pédagogique, ludique et interactif accueille les visiteurs qui peuvent découvrir les différents moyens de production d'électricité et leur fonctionnement. L'Espace EDF du barrage de Bort-les-Orgues est aussi un lieu de sensibilisation aux économies d'énergie et à la protection de la faune et de la flore. Par an entre viennent visiter cet Espace EDF.

Environnement , en régulant la DordogneOffice du Tourisme Bort-Artense.. Les ingénieurs à l’origine de la construction ont notamment anticipé le débit de la crue millénale, en installant un évacuateur de crue. Encore jamais utilisé, il a notamment fait l’objet de travaux de maintenance en 2012 Ministère de l'Environnement..

En 2015, le barrage aurait également joué un rôle déterminant dans la protection de l’environnement en empêchant des « tonnes de sédiments déversées dans la rivière Dordogne après l'ouverture d'une vanne à La Bourboule » de se propager plus en avalFrance 3 Limousin..

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Gérard Guérit, La France des villages engloutis, Éditions Sutton, , 240 pages.

Articles connexes

Liens externes

Barrage de Bort sur Carnet de Bort Billet de collection du chantier du barrage de Bort-les-Orgues

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