Les sont une ligne de chemin de fer française à écartement standard située à l'intérieur de l'agglomération de RouenFigurant avec le code-ligne 340 506 dans la nomenclature des lignes SNCF (voir SNCF Open data, lignes par statut).. Desservant une partie des quais et les établissements industriels de la rive droite du port de Rouen, elles ont subi les vicissitudes des guerres, des crises économiques ainsi que des aménagements portuaires et urbains. Bien que de moindre capacité que les lignes de la rive gauche du port, elles sont elles aussi largement sous-utilisées compte tenu à la fois de la disparition de certains trafics du port de Rouen, du déclin du transport ferroviaire et de la désindustrialisation de leur zone de chalandise.
Histoire En 1867, la Compagnie des chemins de fer du Nord établit à Rouen le terminus de sa ligne venant d'Amiens dans une gare située à l'est de la ville sur la rive droite de la Seine, dite de Rouen-Martainville puisque construite dans le quartier éponyme. Peu avant leur arrivée en gare, ses voies croisent sous un passage inférieur celles de la ligne Paris – Rouen de la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest franchissant en remblai les vallées de l'Aubette et du Robec. Par accord initial entre les deux concessionnaires Traité du 27 décembre 1862 ., il n'existe à cet endroit aucune communication entre leur réseau respectif.
Cette situation apparaît rapidement préjudiciable tant aux deux compagnies qu'à l'économie locale et, à l'issue de nombreuses démarches, la loi du déclare d'utilité publique, entre autres opérations, la création d'une liaison entre les deux lignesBulletin des lois de la République française, 1875, .. Ainsi, un peu plus de deux kilomètres après la gare de DarnétalAu point kilométrique (PK) 115,060. celle venant d'Amiens est séparée en deux branches à double voie, l'une restant à la Compagnie du Nord et suivant à droite le fond de vallée pour arriver directement en gare de Martainville plus loin, l'autre, concédée à la Compagnie de l'OuestConvention du 31 décembre 1875, partant à gauche et se hissant au niveau du remblai de la ligne Paris - Le Havre pour former un triangle en s'y raccordant dans ses deux sens, vers la gare de Rouen-Rive-Droite côté nord et vers Sotteville et Rouen Rive-Gauche côté sudDans une zone aujourd'hui encore couramment appelée « Bifurcation de Darnétal », bien que non située sur le territoire de cette commune, mais à Rouen dans le quartier du Mont-Gargan..
Entretemps, afin de développer son trafic des marchandises, la Compagnie du Nord, avec l'accord et le soutien des autorités administratives et économiques locales, notamment de la Chambre de commerce, pousse ses voies au-delà de sa gare de Martainville sur environ cinq cents mètres le long d'une voie nouvelleVoie nouvelle qui sera baptisée boulevard Gambetta. longeant les terrains vagues dits du Champ-de-Mars, jusqu'aux quais de la rive droite de la Seine. La jurisprudence administrative assimilant cette extension de fait à la création d'une ligne de tramway régie par la loi du Rapport à l'assemblée générale 1886 des actionnaires de la Compagnie du Nord., elle est entérinée par une concession accordée par décret du Le décret du approuve la Convention passée entre le Ministre des Travaux publics et la Compagnie du chemin de fer du Nord pour la concession des lignes de Rouen à la gare de Martainville, Bulletin des lois de la République française, juillet 1885, . légalisant les installations établies et concédant au Nord la desserte ferroviaire des quais de la rive droite du port de Rouen. Trois ans plus tard, sur réclamation de la Compagnie de l'Ouest revendiquant sa part de trafic, un décret du l'associe à la concession aux mêmes conditions que pour la ligne principale (2/3 Nord, 1/3 Ouest)Consulter., répartition reprise en 1909 lorsque l'Administration des chemins de fer de l'État se substitue à l'Ouest.
Ainsi se développe sur les quatre kilomètres de quais existant à l'époque un réseau de voies ferrées, aussi bien de circulation que de garage, desservant vers l'amont par le quartier d'EaupletQuartier en bord de Seine de la ville de Bonsecours. les quais du Pré-aux-Loups et Lescure jusqu'à Amfreville-la-Mi-Voie, et, vers l'aval, les quais de Paris, Pierre-Corneille, de la Bourse, du Havre et du Mont-Riboudet, jusqu'aux terrains dits des prairies Saint-Gervais situés au confluent de la Seine et du Cailly. vignette|left|Faisceau de La Madeleine sur la rive droite du port de Rouen en 1925. L'environnement urbain des quais de la rive droite multiplie les croisements à niveau entre circulations routière et ferroviaire en plein centre ville, les rendant toujours plus difficiles alors qu'elles se développent avec les activités portuaires, fluviales et maritimes et qu'a été inauguré en 1888, en aval du pont Corneille, un second pont moderne sur la SeinePont moderne baptisé pont Boieldieu, et remplaçant un fragile pont suspendu à arche mobile dit « pont fil de fer ».. Aussi, au début des années 1900, la réflexion entamée sur l'avenir des prairies Saint-Gervais, acquises par l'État en 1908 avec le concours financier de la Chambre de commerce et du département Conseil général de la Seine-Inférieure, Rapports et délibérations, session de 1908., est-elle l'occasion d'un certain nombre de propositions en faveur de l'abandon de la desserte ferroviaire par Martainville et le Champ-de-Mars au profit d'un nouveau tracé incluant une gare maritime et remontant le flanc est de la vallée du Cailly pour rejoindre la ligne Le Havre – Rouen à un point à déterminer entre Maromme et le tunnel Saint-Maur débouchant sur la gare Rive-Droite Le Port maritime et fluvial de Rouen – État actuel, J. De Coene, Projet de dégagement des voies ferrées. Garage des chalands. Outillage, Bulletin de la société industrielle de Rouen, 1908, .Extension du Port de Rouen et création d'une Gare maritime, G. Maréchal, Bulletin de la Société industrielle de Rouen, 1909, ..
La loi du « relative à l'acquisition des prairies Saint-Gervais pour l'extension du port de Rouen et à l'établissement de la plateforme d'un faisceau de voies ferrées de manœuvre »Loi du 16 avril 1910, JORF, 1910 . laisse ouverte cette option en se bornant à déclarer d'utilité publique l'acquisition de ces terrains d'une superficie de et les travaux d'établissement « de la plateforme d'un faisceau provisoire de voies de manœuvres destiné à faciliter l'exploitation des voies ferrées des quais du port de Rouen (rive droite) ». Cependant, trois ans plus tard, une loi du « relative à l'amélioration et l'extension du port de Rouen et de ses accès »JORF, 30 août 1913, . ruine les espoirs des partisans d'un tracé alternatif. En effet, autorisant la création sur les terrains en question de deux nouveaux bassins du port maritime, et l'allongement sur des quais rive droite jusqu'à CroissetCroisset, hameau de la commune de Canteleu, afin de permettre de faire face au surcroît de trafic découlant de ces aménagements, elle confirme le tracé initial, dont l'amélioration est attendue par doublement des voies et passage sous la culée du pont Boieldieu Le Journal des Chambres de commerce du 10 septembre 1912, ..
La guerre de 1914-1918 retarde le creusement des bassins, mais provoque l'augmentation du trafic du port de Rouen pour en faire le premier port français, contraignant à étendre ses emprises sur la rive droite jusqu'à une douzaine de kilomètres en aval du pont Boieldieu, en établissant en urgence de nouveaux quais et appontements à Dieppedalle, puis Biessard Dieppedalle et Biessard, deux autres hameaux de la commune de Canteleu., puis à Val-de-la-Haye« Le port de Rouen », Alfred Uhry, Annales de géographie, 1919, , notamment ., installations elles aussi rapidement complétées par le prolongement des voies ferrées existantes.
Après l'achèvement en 1924 des bassins Saint-Gervais, la vocation agroalimentaire de l'activité portuaire de la rive droite, déjà prépondérante de longue date avec le commerce des vins en foudres, s'affirme encore plus avec la construction d'installations de réception et de stockage destinées à l'importation des bananes des AntillesDes bananes des Antilles sont importées pour la première fois à Rouen en 1932 par la société de transit et transport Jules Roy.Histoire de DB Schenker en France. et des agrumes et primeurs d'Afrique du NordLes deux quais destinés à ce trafic seront baptisés des Antilles et d'Afrique., dont une grande partie est ensuite réexpédiée par fer vers le Nord et la région parisienne.
Afin d'assurer les opérations et manœuvres nécessaires à ce trafic s'effectuant majoritairement par wagon isolé, deux faisceaux sont établis sur le port à proximité du fleuve ou des bassins. Le premier, dit de la MadeleineFaisceau dit de la Madeleine car situé face à l'église Sainte-Madeleine., irriguant les quais situés à ses abords immédiats et également par rebroussement ceux d'amont jusqu'à Eauplet, sert à la réception, à la coupe et à la formation des rames. Le second, dit Saint-GervaisOu parfois aussi de la Barrière du Havre (voir notamment le plan figurant sur les p. 20 et 21 du numéro 920 de La Vie du Rail du 10 novembre 1963., comprend des voies de circulation et d'évitement. De la gare Martainville à Val-de-la Haye, l'ensemble est relié par une voie de circulation partiellement en site propre sur laquelle se greffent de nombreux embranchements particuliers.
L'exploitation de cet ensemble ferroviaire situé pour l'essentiel en milieu urbain et comportant de nombreuses traversées de chaussée exigeant un personnel d'accompagnement est d'autant moins commodeVoir par exemple R. Le Besnerais, « Le Port de Rouen », Revue Industrielle, janvier 1925, . notamment . que, sauf pour la faible part de trafic s'effectuant directement par la ligne d'Amiens, tous les autres trains doivent rebrousser par le raccordement de Martainville, manœuvre augmentant les coûts et les temps de transport des marchandisesLe Temps du 9 septembre 1923, : déjà, en 1923, une conférence avait réuni les principaux intéressés afin d'envisager les améliorations urgentes à apporter à la circulation des trains.. vignette|left|Emplacement de l'ancienne gare Martainville (direction Sotteville). Le bâtiment voyageurs était à gauche. vignette|Rampe vers le nouveau raccordement. vignette|Passage devant les immeubles du Champ-de-Mars Pourtant, après les importantes destructions de la Seconde Guerre mondiale, la reconstruction de la ligne desservant la rive droite du port reprend le même tracé. Ainsi, en , les rails venant de la gare Martainville sont rétablis le long du boulevard GambettaGuy Pessiot, Histoire de Rouen, T. 3 1939-1958 : la guerre 39-45 et la reconstruction, en 900 photographies, éd. du P'tit Normand, 1983, . et permettent à nouveau la jonction avec les quais.