La marche du retour de 2018-2019, aussi appelée la Grande marche du retour, est originellement l'édition annuelle d'une manifestation organisée par les Palestiniens pour commémorer la Nakba, l'exode palestinien de 1948 lors de la première guerre israélo-arabe.. La date annuelle en est le , lendemain de la date anniversaire de la proclamation de l'État d'Israël. En 2018, année du anniversaire de cet exode, les organisateurs ont annoncé que la marche, se déroulerait du au . La date correspond également à celle prévue pour le déménagement officiel de l'ambassade des États-Unis en Israël à Jérusalem. Le , premier jour de cette marche du retour, est aussi la Journée de la Terre, journée de commémoration rappelant que le , six manifestants qui s’opposaient à la décision d’Israël d’exproprier des terres appartenant à des Arabes israéliens en Galilée avaient été tués lors de confrontations avec les forces de sécurité israéliennes.... La Grande marche du retour prend la forme d'une série de manifestations et de confrontations initiée le dans la bande de Gaza, le long de la frontière avec Israël. La mobilisation des manifestants, dans sa dimension populaire, est inspirée par « le droit au retour ».

Ces manifestations décrites comme ont eu une large couverture médiatique et suscité de nombreuses critiques envers Israël du fait des nombreux morts et blessés par balles parmi les manifestants : le , on comptabilise depuis le début du cycle de manifestations au moins . et environ palestiniens, selon Le Monde. Aucun Israélien n'a été blessé lors des manifestations.

Après le , les manifestations du vendredi se poursuivent de juin à et même si elles diminuent d'intensité, le bilan continue à s'alourdir, tandis que les lâchers de ballons incendiaires à partir de la bande de Gaza détruisent forêts et champs israéliens. Ainsi, au , le bilan provisoire fait état d'au moins 235 Palestiniens tués par des tirs ou des bombardements israéliens, et de deux soldats israéliens tués. Les autorités sanitaires gazaouies dénombrent 5 866 atteints par balles dont la grande majorité souffrent de fractures ouvertes et de graves dommages aux tissus.

En , la commission d’enquête des Nations unies conclut que les violences commises par Israël lors des manifestations pouvaient « constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité ».

Contexte La situation dans la bande de Gaza approche dans cette première partie de 2018 d'un point critique en raison du blocus israélien, de l'arrêt du financement de l'UNRWA par les États-Unis et de l'absence de réconciliation entre le Fatah et le Hamas.

Plus de la moitié de la population de la bande de Gaza vit sous le seuil de pauvreté, le chômage affectant 53 % des habitants. Plus des deux tiers des deux millions de Gazaouis sont confrontés aux pénuries d'eau et d'électricité et dépendent de l'aide étrangère pour survivre. Une épidémie de suicides frapperait une jeunesse gazaouie sans perspective de changement.

Le long de la barrière de séparation israélienne, la tension reste vive avec la construction de tunnels sous la frontière par le Hamas permettant des infiltrations en Israël, dont plus d'une trentaine ont été localisés et détruits depuis 2014. Le 2018, l’armée israélienne annonce avoir neutralisé . Dans le même temps, elle construit une barrière ..

Les manifestations pacifiques palestiniennes organisées près de la barrière de séparation israélienne sont fréquemment réprimées dans le sang par Tsahal. En , huit manifestants palestiniens ont été abattus par les forces israéliennes. Des meurtres similaires ont eu lieu lors des manifestations de l'été 2017 contre la décision d'Israël d'installer des détecteurs de métaux aux portes de la mosquée al-Aqsa à Jérusalem-Est. Pour l'armée israélienne, affronter des manifestants non armés avec des armes de guerre plutôt qu'avec des équipements antiémeutes est une pratique courante depuis la fondation de l'État israélien.

En février, un engin explosif disposé le long de la frontière blesse quatre soldats israéliens et entraînent des représailles aériennes israéliennes sur six cibles attribuées au Hamas, puis un tir « probablement de roquette » est parti de Gaza vers le sud d'Israël : des incidents « les plus graves depuis l'opération Bordure protectrice » de 2014.. Dans la semaine qui précède la manifestation, le Hamas organise un grand exercice militaire rassemblant selon le Hamas .

Le mouvement est d'abord apolitique. L'initiative de cette grande marche revient à un journaliste de 33 ans sur Facebook qui réagissait à la décision des États-Unis de transférer leur ambassade à Jérusalem. Cette initiative est ensuite amplifiée par des associations. Par la suite, les partis politiques palestiniens se rassemblent au sein d'un comité d'organisation qui comprend le Fatah, le Hamas, le Jihad islamique palestinien, ou encore le Front populaire de libération de la Palestine.

La « marche du retour » est prévue pour durer six semaines, du , jour de la Terre, jusqu'au , jour de la Nakba, et également date de l'installation de l’ambassade américaine à Jérusalem. Elle vise à réclamer le droit au retour des réfugiés palestiniens qui ont fui ou ont été chassés de leurs terres pendant la guerre civile de 1947-1948 en Palestine mandataire et la Guerre israélo-arabe de 1948-1949.

Cette marche est dénoncée par Israël qui met en garde les Palestiniens s'ils menacent la frontière.. Israel interdit aux manifestants de s'approcher à moins de 300 mètres du mur de séparation israélien. Le chef d'État-Major de l'armée israélienne, Gadi Eizenkot rappelle que ses troupes ont l'autorisation de tirer et ne permettront pas .

Dès le premier jour de manifestations, le , le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, se rend sur le lieu des manifestations et y annonce que des manifestations similaires se dérouleront chaque vendredi .. Le , il annonce être prêt à mourir avec d'autres chefs du Hamas pour mettre fin au blocage de la frontière déclare le lendemain : . Quant au chef du Hamas en exil, Ismaël Haniyeh, il annonce vouloir « transformer la commémoration de la Nakba palestinienne en nakba du projet sioniste ». Le Hamas donne l'ordre à ses forces de sécurité de veiller à ce qu'aucun manifestant ne soit armé.

Chronologie 30 mars 2018 - Journée de la Terre Avant-même le début des manifestations, le gouvernement israélien lance une campagne pour tenir le Hamas responsable de tous les actes de violence pendant les manifestations, par le biais d'avertissements en arabe enjoignant aux Palestiniens de ne pas participer à une marche . Le gouvernement israélien pressent aussi des incidents le long de la frontière israélienne et double presque les forces stationnées le long de la frontière, déploie des unités spéciales, des drones, et 100 tireurs d’élite qui ont la permission d’ouvrir le feu.. Le porte-parole en arabe du premier ministre israélien et le ministre de la Défense ont menacé sur leurs comptes Twitter les manifestants qui s’approchaient de la frontière de blessures graves ou mortelles. Le ministère de la Santé de la bande de Gaza, déclare qu'un tir de l’artillerie israélienne avait tué un paysan palestinien travaillant près de la zone frontière avant la période principale d’affrontement.

Lors de la Journée de la Terre, environ Palestiniens participent à la première journée de manifestations de cette « Marche du retour », dans la bande de Gaza en plusieurs endroits le long de la frontière avec Israël. Cette journée est une des plus violentes de ces dernières années.. L'armée israélienne tue 17 Palestiniens. et affirme que la plupart d’entre eux étaient des combattants de la branche militaire du Hamas ou d’autres organisations palestiniennes. Les autorités sanitaires gazaouies annoncent : par balles réelles, par balles en caoutchouc ou par intoxication au gaz lacrymogène. Ce chiffre est contesté par l'armée de défense d'Israël. Aucun bilan indépendant des parties n’est disponible.Report: Israel holds body of Gaza terrorist killed Friday, Yoav Zitun, Elior Levy and Matan Tzuri, YNET, 1 April 2018Family of slain soldier held by Hamas urges Israel to keep bodies of Gaza gunmen, Times of Israel, 1 April 2018.

vignette|Carte de la Bande de Gaza Cinq camps de tentes ont été mis en place de 500 à de la barrière séparant Israël de Gaza, près de la zone interdite de imposée par IsraëlDepuis 2005, l’armée israélienne impose une « zone interdite » frontalière à l’intérieur de Gaza. Voir : An-Nahda à l’est de Rafah ; Al-Najar à l’est du quartier Khuza’a, à Khan Younès ; le camp d’Al Bureij, au milieu de la bande de Gaza ; Malaka, une zone à l’est de la ville de Gaza ; Abou safiya, dans la ville de Jabaliya et au poste de contrôle de Beit Hanoun, au nord de Gaza..

Selon l’armée israélienne, jusqu’à ont été transportées en autobus par le gouvernement de Gaza vers le site de la manifestation. Des familles entières, hommes, femmes et enfants, participaient aux marches. La majorité des manifestants dans les campements étaient éloignés de la zone de la barrière de sécurité. Cependant, des centaines de jeunes Palestiniens ont ignoré les avertissements émis par les organisateurs et les militaires israéliens qui leur conseillaient de se tenir éloignés de la zone frontalière.

Le porte-parole de Tsahal a déclaré que , ajoutant que et qu'il y avait risque que la manifestation ne soit « une tentative de violation massive de la frontières ». L'armée israélienne affirme que des Palestiniens ont tenté des infiltrations armées en territoire israélien, des sabotages de la barrière.. et des centaines d'incendies volontaires des champs israéliens..

Human Rights Watch déclare : « Alors que certains manifestants près de la barrière frontalière ont brûlé des pneus et jeté des pierres, Human Rights Watch n’a pu trouver aucune preuve de manifestant possédant des armes à feu ou qu’un membre de Tsahal ait été menacé par des armes à feu lors des manifestations. » L’organisation estime qu’il existe des preuves que des Palestiniens qui ne représentaient pas de menace vis-à-vis des gardes israéliens ont été abattus par l’armée israélienneReportage vidéo et déclaration de HRW, sur YouTube, mis en ligne le 16 mai 2018.. L'organisation non-gouvernementale International Crisis Group indique quant à elle que deux membres armés du Hamas, qui se tenaient éloignés des manifestants, ont tenté de s'approcher de la frontière et ont été tués par des soldats israélien, qui ont emporté leurs corps.

Victimes Un total de 17 Palestiniens ont été tués au premier jour de manifestations, dont beaucoup ont été présentés par l’armée israélienne comme membres du Hamas. Plus de 1 400 auraient subi des blessures d’après le Ministère de la Santé de la bande de GazaIsraeli forces shoot dead 16 Palestinians in one day during protests in Gaza, Ma'an News Agency 31 March 2018., dont : 758 blessés par des tirs à balles réelles, 148 par des balles en caoutchouc, 422 blessés à cause de l’inhalation de gaz lacrymogène, 88 blessés par d’autres causes. Une autre source mentionne 773 blessés par des tirs réels.

Les hôpitaux de campagne mis en place dans les manifestations ont été en mesure de traiter 405 blessés et en ont transféré 1 010 autres à l’hôpital de la ville pour des soins supplémentaires. Un porte-parole de l’hôpital Al-Shifa a déclaré que 284 blessés ont été admis pour traitement, la plupart souffrant de blessures par balle réelle, dont 70 avaient moins de 18 ans. 11 blessés étaient des femmes.

Les bilans ultérieurs font état de ce .

Morts pendant la manifestation Selon Israël, dix des seize manifestants tués ont été identifiés comme appartenant à des groupes terroristes. Le Hamas, considéré comme un groupe terroriste par les États-Unis, l'Union européenne et Israël, a affirmé avoir perdu cinq des membres de son organisation militaire. Victimes présentées par l’armée israélienne comme des membres du Hamas