Starlink est un fournisseur d'accès à Internet par satellite de la société SpaceX. Il s'appuie sur une constellation de satellites comportant des milliers de satellites de télécommunications placés sur une orbite terrestre basse. Starlink est le premier fournisseur d'Internet par satellite à choisir cette orbite plutôt que l'orbite géostationnaire, car elle permet de diminuer la latence (le temps de réponse) en la faisant passer de à environ . La constellation est en cours de déploiement depuis 2019 et repose sur environ opérationnels mi-.. En juin 2026, Starlink affirme avoir plus de douze millions de clients.
Pour atteindre ses objectifs commerciaux, SpaceX prévoit de disposer vers 2025 de , chiffre qui doit être porté à terme à . Sur le plan technique, chaque satellite dispose d'une capacité de par seconde et utilise la bande Ku pour les liaisons avec les terminaux des utilisateurs ainsi que la bande Ka pour les liaisons avec les stations terriennes. Le satellite, qui circule sur une orbite circulaire à une altitude d'environ , a une masse approximative de moins de et dispose d'un moteur ionique pour atteindre et maintenir sa position sur son orbite et réduire celle-ci en fin de vie (environ six ans) afin d'être détruit par sa rentrée atmosphérique. Le terminal utilisateur repose sur une antenne réseau à commande de phase comportant un dispositif mécanique pour l'orientation en hauteur.
La viabilité économique de Starlink dépend notamment du coût de fabrication et de mise en orbite des satellites. SpaceX utilise ses lanceurs Falcon 9 pour déployer sa constellation à des coûts fortement réduits grâce à la ré-utilisabilité de ce lanceur et à la compacité des satellites, qui permet de placer en orbite 50 à 60 de ces engins à chaque lancement. Plusieurs sociétés concurrentes ont prévu de mettre en service des constellations analogues. OneWeb est la plus avancée.
Le déploiement d'une constellation de satellites aussi importante en nombre sur l'orbite basse suscite plusieurs problèmes compte tenu du fait que le nombre de satellites en orbite basse va être décuplé par la seule présence des satellites Starlink (en configuration cible à ). Le risque de collisions entre satellites va augmenter dans des proportions importantes qui rendent inadaptés les dispositifs anti-collision existants. Les observations astronomiques par les grands observatoires terrestres sont gênées, aussi par la pollution lumineuse engendrée, en particulier les programmes de recensement et de suivi des objets célestes.
Contexte
Le projet Starlink de la société américaine SpaceX prévoit le lancement de puis . minisatellites pour offrir un service Internet à haut débit partout sur la planète mais surtout destiné aux zones les moins densément peuplées qui n'ont pas d'accès à l'Internet à haut débit parce que la mise en place d'un réseau terrestre (fibre optique, autre) ne peut être rentabilisée faute d'un nombre d'utilisateurs suffisants ou de son isolement par rapport aux zones densément peuplées... Selon un rapport du Congrès américain, malgré de nombreux projets ayant contribué à réduire la fracture numérique, environ d'américains n'avaient pas accès en 2021 à l'Internet haut débit (défini par un débit de 25 mégabits/s).. Le projet Starlink se démarque aussi par un temps de latence réduit par rapport aux offres d'Internet par satellite actuelles qui s'appuient sur de gros satellites placés en orbite géostationnaire. Le temps de latence envisagé se situe entre contre les des satellites en orbite géostationnaire.
Selon SpaceX, le projet répond à un besoin suscité par la croissance des nouveaux usages d'Internet tels que les jeux vidéo en réseau, les appels en visioconférence et . Mais le projet, qui revient à multiplier par vingt le nombre de satellites opérationnels présents en orbite basse, est contesté notamment par les autres opérateurs de satellites parce qu'il peut contribuer à accroître fortement le risque de collisions. Les techniques utilisées sont déjà mises en œuvre par les constellations Iridium et Globalstar (téléphone satellitaire), LeoSat (liaison point à point), mais surtout par d'autres projets visant exactement le même objectif que Starlink, comme OneWeb. Ce dernier repose sur un nombre de satellites beaucoup plus réduit (moins de ) et vise une mise en service en 2022...
+Comparaison des principales techniques d'Internet haut débit (États-Unis, 2021) Technique Débit liaison descendante Débit liaison montante Latence Coût abonnement Coût terminal LimitationsADSL 5-35 mégabits/s 1-10 mégabits/s ~ 50 $/mois Éloignement central téléphoniqueCâble 10-500 mégabits/s 5-50 mégabits/s ~ 52 $/mois Population peu dense, éloignée, pergélisolFibre optique 250-1000 mégabits/s 250-1000 mégabits/s ~ 59 $/mois Population peu dense, éloignée, pergélisolInternet par satellite (géostationnaire) Viasat 100 mégabits/s 3 mégabits/s 638 ms ~120 $/mois 300-500 $ Latitudes élevées, reliefsInternet par satellite (orbite basse) Starlink ~100 mégabits/s 20 mégabits/s 30 ms 100 $/mois 600 $ Latitudes élevées, zones densément peuplées Internet par satellite (orbite basse) OneWeb 200 mégabits/s 50 mégabits/s 30-60 ms Latitudes élevées, zones densément peuplées
Plan initial
Le projet Starlink est annoncé pour la première fois par SpaceX en .. Un bâtiment consacré au projet est construit en 2016 à Redmond près de Seattle.. Les plans initiaux sont d'achever le déploiement de la constellation vers 2020, mais des changements dans les caractéristiques techniques retardent le calendrier.. Deux prototypes de satellites baptisés Tintin A et Tintin B sont placés en orbite en pour valider les techniques mises en œuvre et réaliser les démonstrations exigées par les autorités réglementant les communications aux États-Unis (FCC).. La FCC donne son accord en pour le déploiement d'un tiers de la constellation sous réserve que les résultats des tests exigés soient satisfaisants..
Premières constellations
Le plan initial prévoit le déploiement de entre d'altitude. Mais les projets de sociétés concurrentes obligent SpaceX à accélérer son projet et la société annonce à l'automne 2018 qu'elle déploie une première constellation de à une altitude plus basse (). Par ailleurs, les satellites sont simplifiés pour permettre le lancement des premiers exemplaires en . Au lieu d'émettre à la fois dans les bandes Ku et Ka, le satellite n'émet qu'en bande Ku. SpaceX doit déployer de ce type en cinq ans qui doivent servir de prototypes aux satellites suivants.
Début , plus de Starlink ont été lancés..
Au , étaient en orbite, dont en service..
Le , sont opérationnels sur les , d'après StarlinkStatistiques des satellites opérationnels.. Le , 9357 Starlink satellites sont en orbite, parmi lesquels sont opérationnels, d'après Jonathan McDowell.. Le site orbitalradar.com permet de suivre dynamiquement le nombre de satellites Starlink opérationnels.
Historique 2015-2017 Le projet d'Internet par satellite Starlink est annoncé par la société américaine SpaceX en . La largeur de bande prévue est suffisante pour acheminer jusqu'à 50 % de tout le trafic de communication en réseau d'amenée et jusqu'à 10 % du trafic Internet local dans les villes à forte densité.. Elon Musk, président-directeur général de SpaceX, déclare qu'il existe une demande non satisfaite importante de capacités à large bande à faible coût à l'échelle mondiale..
L'inauguration d'un établissement consacré au développement des satellites Starlink à Redmond est annoncé par SpaceX en , pour développer et construire le nouveau réseau de communication. À l'époque, le bureau de la région de Seattle prévoit d'embaucher environ , et peut-être au cours des années suivantes.. La société exploite carrés de locaux loués à la fin de 2016 et, en , elle a acquis une deuxième installation de carrés, toutes deux à Redmond.. En , SpaceX regroupe toutes ses activités de la région de Seattle et déménage dans une installation plus grande de trois bâtiments au Redmond Ridge Corporate Center pour soutenir la fabrication de satellites en plus des activités de recherche et développement..
En , la société annonce publiquement son intention de faire voler deux prototypes de satellites en 2016. et de mettre la constellation de satellites initiale en orbite et opérationnelle vers 2020. En , SpaceX développe les premiers satellites qu'elle espère lancer et tester en 2017, mais la division satellite se concentre sur un défi commercial important : parvenir à une conception suffisamment économique pour l'équipement utilisateur, visant quelque chose qui puisse être installé facilement dans les locaux de l'utilisateur final pour environ . Dans l'ensemble, Gwynne Shotwell, directrice générale de SpaceX, déclare à l'époque que le projet en est encore à la « phase de conception, alors que l'entreprise cherche à résoudre les problèmes liés au coût des terminaux pour les utilisateurs ».. Le déploiement, s'il est effectué, n'a lieu qu'« à la fin de cette décennie ou au début de la suivante ». Les deux satellites d'essai d'origine ne sont pas mis à l'essai et ne sont utilisés qu'au sol. Le lancement prévu de deux satellites révisés est reporté à 2018.
En , SpaceX acquiert un espace créatif de carrés à Irvine, dans l'agglomération de Los Angeles.. Les offres d'emploi de SpaceX indiquent que le bureau de Irvine inclut le traitement du signal, le circuit intégré de radiofréquence et le développement d'un circuit intégré propre à une application pour le programme satellite..
En , SpaceX dépose auprès de la Commission fédérale des communications (FCC) une demande pour un « système satellitaire en orbite non géostationnaire (NGSO) dans le service fixe par satellite utilisant les bandes de fréquences Ku et Ka ».. En , SpaceX dépose auprès de la FCC des plans pour la mise en service d'un deuxième ensemble de plus de ., elle comprend en orbite à seulement d'altitude., tandis que le petit groupe initialement prévu de satellites fonctionne dans les bandes Ka et Ku et est en orbite à . L'architecture technique de la constellation de SpaceX présente deux caractéristiques originales : l'utilisation de la bande V du spectre des communications, peu utilisée, et le choix d'une orbite terrestre très basse d'environ d'altitude, où la traînée atmosphérique est assez élevée, ce qui entraine de courtes durées de vie en orbite.. SpaceX n'a pas rendu publique la technologie de vol spatial spécifique qu'elle a l'intention d'utiliser pour faire face à l'environnement à forte traînée de VLEO. Le plan de prévoit que SpaceX lance les premiers prototypes utilisant les bandes Ka/Ku en 2017 et 2018, et commence à placer en orbite les satellites opérationnels en 2019. Il est prévu que la constellation de à basse altitude de à soit entièrement déployée d'ici 2024..
En 2015-2017, une controverse éclate avec la FCC au sujet de l'octroi de licences d'utilisation du spectre des communications par les futures constellations de satellites géantes dont le représentant le plus avancé est Starlink. La réglementation en matière d'octroi de licence d'utilisation du spectre impose traditionnellement à l'opérateur de satellites de .. En 2017, l'autorité de régulation américaine modifie cette règle et fixe un délai maximum de six ans pour le déploiement complet d'une constellation géante. L'organisation intergouvernementale technique de coordination, l'Union internationale des télécommunications, propose à la mi-2017 une ligne directrice qui est beaucoup moins restrictive. En , Boeing et SpaceX demandent à la FCC une dérogation à la règle des six ans, mais celle-ci n'est finalement pas accordée. En 2019, la FCC assouplit sa position : la moitié de la constellation doit être en orbite au bout de six ans et le système complet doit être déployé au bout de neuf ans.