L'ensemble Sapins - Châtelet - Lombardie est l'un des douze quartiers. de Rouen. « Communauté de quartiers » surplombant la rive droite de Rouen, l'ensemble est officiellement réuni par la municipalité sous l'appellation « Hauts-de-Rouen » après les émeutes de 1994 au Châtelet. Le quartier de la Grand'Mare y a été également rattaché.
Introduction
Socialement, historiquement et géographiquement, les Vieux-Sapins, le Châtelet (les « Sapins ») et la Lombardie étaient des quartiers distincts sur ce qu'il était convenu d'appeler, jusqu'en 1995, « le Plateau » (de Rouen). Le Plateau n'avait d'unité que par sa division administrative : jusqu'au redécoupage de 2014, il correspondait en effet, avec le quartier résidentiel Jouvenet - situé dans le centre-ville -, au cinquième canton de Rouen.
Les architectures respectives, très différentes, reflètent ces distinctions sociales, historiques et géographiques: ainsi, les « Vieux-Sapins », cité-jardin très aérée des années 1920, sont composés de pavillons-cottages imités du modèle anglais; l'architecture aux détails décoratifs soignés, principalement en briques et en meulière, n'a aucun rapport avec celle des Sapins (le Châtelet), laboratoire brutaliste en béton brut des années 1960.
Histoire de la Grand'Mare
Histoire de la Lombardie Aucune Histoire du Châtelet (« Les Sapins ») Le premier bâtiment « brutaliste » (en béton brut), construit en 1959 - la « Banane ». - est au cœur d'un ensemble décrit comme « à forte criminalité » dès 1969La Documentation française, Notes et études documentaires, 1974, numéros 4125 à 4150, 4127, 210:1.. En 1977, dans son Atlas et géographie de la Normandie, le géographe et urbaniste français Armand Frémont, théoricien du concept d'« espace vécu », considère que le quartier est une illustration parfaite d'espace aliéné. Il condamne l'inhumanité des « grands immeubles de béton » des « Sapins » (le Châtelet) et déclare qu'ils « montrent bien comment la civilisation industrielle sait souvent mieux traiter ses usines que ses travailleursArmand Frémont, Atlas et géographie de la Normandie, 1977, .. »
Du milieu des années 1980 à la fin des années 1990, les « Sapins » (le Châtelet) sont couramment décrits comme un des quartiers les plus criminels de France, voire, au sommet de leur réputation, comme le quartier le plus dangereux, talonné seulement pour la violence par le Clos Saint-Lazare, quartier de la ville de Stains en Seine-Saint-Denis. Il est évalué « degré 8 » (le degré le plus élevé) sur l'échelle de la criminalité élaborée par la commissaire divisionnaire Lucienne Bui-Trong, de la Direction centrale des Renseignements généraux, qui explique :
En 1994, trois jours d'émeutes mettent le Châtelet à sac après qu’un délinquant au volant d'une voiture volée. lancée à pleine vitesse sur des gendarmes eut été abattu par l'un d'entre eux le à Val-de-Reuil. Trois jours d’émeute s’ensuivent durant lesquels une centaine de casseurs cagoulés « incendient des voitures, pillent les magasins et molestent les commerçants ». Les images des émeutes serviront au générique du film de Mathieu Kassovitz, La Haine, qui sort l'année suivante..
En 1995, le maire UDF de Rouen François Gautier, successeur de Jean Lecanuet, décide de noyer les Sapins dans une « communauté de quartiers » que la municipalité baptise « les Hauts de Rouen », toponyme qui jusque-là avait désigné un lieu-dit du centre-ville traversé par la rue Roulland-Le-RouxAnnonce du tribunal de commerce de Rouen, Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, novembre 1972, .. Ce changement de nom ne suffit pas à restaurer l'ordre aux Sapins ; l'échec des « Hauts de Rouen » joue alors en faveur du Parti socialiste et contribue à assurer la victoire d'Yvon Robert aux élections municipales.
Dès 1996, deux quartiers des « Hauts-de-Rouen », le « Châtelet » (c'est-à-dire les « Sapins ») et la « Lombardie » sont classifiés en zones urbaines sensiblesCartographies indicative de la ZFU "Le Plateau : Châtelet, La Lombardie, Les Sapins" (11/03/2004) et réglementaire () de la ZRU "Le Plateau : Les Sapins, Châtelet, La Lombardie, La Grand'Mare"., du fait qu'ils sont Ministère des affaires sociales, du travail et de la solidarité, Bulletin officiel du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle, Direction des journaux officiels, numéros 1 à 4, ., et par conséquent placés sous contrats de ville.
En 2004, un « projet de rénovation urbaine » voit le jour qui prévoit de raser une grande partie des Sapins (Châtelet). La « restructuration » du quartier du Châtelet est inscrite au « Grand projet de ville », à la suite de quoi la SA d'HLM Immobilière Basse Seine fait procéder à la démolition d'une majorité de barres et de tours entre 2010 et 2012.
Tours de 10 étages ( de hauteur) détruites : Résidence Farman. (≈1960-2007); Résidence Giraudoux. (≈1960-2008) remplacé par l'îlot Giraudoux de 2012. Résidence Huysmans. (≈1960-2007) remplacé par l'îlot Huysmans de 2014.
En est publié un projet de territoire du quartier prioritaire des Hauts-de-Rouen qui prône à un horizon 2030 la et la UN PROJET POUR RENFORCER LA COHESION SOCIALE ET URBAINE DU QUARTIER DES HAUTS DE ROUEN, octobre 2015..
Monuments église Saint-Jean-Eudes (1927) de style néo-byzantin (architecte Robert Danis ; vitraux de Bernard Legrand), située aux Vieux-Sapins, quartier limitrophe mais différent des Sapins (le Châtelet) Cité ouvrière des Sapins, rue Albert-Dupuis, créée par la société du Foyer ouvrier de Rouen (1922-26)La Vie urbaine, volume 7, numéros 30 à 35, 1928, ... La Banane, grand ensemble H.L.M. réalisé par l'architecte urbaniste Henri Tougard en 1959. Immeuble de 300 m de long avec 200 logements, il est le plus long d'Europe.. église Saint-François-d'Assise des SapinsGuy Pessiot, Histoire de Rouen: 1958-1983 en 1000 photographies, 1984, . (1964), réalisée par l'architecte André Robinne et le maître verrier Bernard Legrand pour les vitraux. château d'eau des Sapins (le Châtelet)
Les Sapins et la photographie En 1971, les Sapins (le Châtelet) ont été le premier sujet exploité par le photographe français Jean Gaumy, aujourd'hui membre de l'Institut de France, avant même qu'il n'ait rejoint les agences Gamma, puis Magnum. Il légende la première photo de sa série : « Quartier des Sapins. Ce quartier est considéré comme la banlieue dure des plateaux qui environnent Rouen (Seine-Maritime). »Jean Gaumy, 1971 - « Les Sapins: the reputedly rough suburb situated on the plateau which surrounds Rouen. »
Notes et références
Annexes Bibliographie
Articles connexes Grand'Mare : autre quartier des Hauts-de-Rouen. Bibliothèque du Châtelet
Liens externes .
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