La vague belge d'ovnis désigne une série d'observations d'ovnis qui ont eu lieu en Belgique de 1989 à 1991. En général, les témoins déclarent avoir observé une forme triangulaire aux angles arrondis, un éclairage identique (trois phares aux extrémités du triangle et un phare rouge au centre, pouvant se détacher et plonger vers le sol) et un déplacement sans ou avec très peu de bruit.

Cette vague est considérée par les sceptiques comme une contagion psychosociale (d'après la règle explicative générale des vagues d'ovnis proposée par Philip J. Klass).

Cadre Ce qui est appelé la vague belge débute à la fin de l'année 1989 et prend fin durant l'été 1991. Durant cette période, des milliers d’observations d'ovnis et de PAN ont été rapportées. Selon la SOBEPS (Société belge d’étude des phénomènes spatiaux) et la force aérienne belge, la majorité des témoignages décrivent un engin volant de forme triangulaire avec, sur sa surface inférieure, 3 grands phares d’environ un mètre de diamètre à proximité des angles et, en son centre, une lumière orange en rotation semblable à un gyrophare. Son envergure était d'environ ..

Plusieurs journées ont été particulièrement chargées en observations, cela a été le cas le avec , le avec ainsi que le avec ..

La majorité des observations ont été effectuées dans le nord de la Wallonie ainsi que sur Bruxelles et sa périphérie. Une forte concentration de ces observations fut observée dans la région de Liège. Quelques observations furent enregistrées en Flandre et dans la province de Luxembourg..

Au total, plus de 2000 observations d'ovnis ont été enregistrées entre et , elles ont été recueillies par la SOBEPS, 650 de ces observations ont été l'objet d'investigations, un peu plus de 500 d'entre elles restent inexpliquées à ce jour.

Les témoignages, recueillis par des associations ufologiques amateurs (SOBEPS, CNEGU...) n'ont pas fait l'objet d'une enquête approfondie. La Force aérienne belge est en possession de 12 témoignages provenant de la gendarmerie et de 2 témoignages directs de militaires.

Les événements du ont été marqués par une corrélation entre les observations au sol (réalisées par des civils et des gendarmes) et des captures d'échos radars du centre de contrôle aérien de Semmerzake et de la station radar de l'OTAN à Glons. Un F-16 chargé d'intercepter cet ovni a également capturé un écho radar quelques dizaines de minutes après les observations au sol. Toutefois, la force aérienne ne dispose pas d'assez éléments pour prouver qu'il y avait bien un objet dans l’espace aérien belge durant la nuit du 30 au .

Observations et témoignages Les premières observations ont été effectuées le dans la région d'Eupen, une ville située à une trentaine de kilomètres à l'est de Liège. Ce jour-là, 143 observations ont été enregistrées par la gendarmerie et la SOBEPS. Le nombre de témoins ayant fait une déclaration s’élève à 250.

Eupen : le 29 novembre 1989

Observation effectuée par un groupe de marcheurs Aux alentours de 10h30, un groupe de marcheurs se rendant au barrage de la Gileppe observe dans le ciel « une grande plaque sans ailes », elle se déplace lentement et silencieusement. Ils voient l’objet traverser l’autoroute E40 et prendre la direction de l’échangeur autoroutier. Un major de l’armée belge participant à cette marche a estimé l’altitude de l’objet à .

Témoignage des gendarmes Entre et , un gendarme de la brigade d'Eynatten effectuant un contrôle d’identité au poste frontière de Lichtenbusch sur l’autoroute E40 aperçoit un objet de grande taille volant lentement à basse altitude. Il vient d’Allemagne et passe à du gendarme. Il est équipé de 2 ou 3 phares blancs, et vole parallèlement à l'autoroute E40, longeant son côté Est. L’objet vole trop bas et trop lentement pour être l’hélicoptère circulant entre les hôpitaux d'Aix-la-Chapelle et d'Eupen. vignette|Reconstitution CGI de ce que les gendarmes auraient vu Le témoignage le plus complet fut rapporté par deux gendarmes d'Eupen en service. Vers 17h20, alors que la nuit venait de tomber, ils ont vu une prairie située à Baelen-Membach éclairée par une intense source de lumière. Un objet triangulaire se trouvait en vol stationnaire au-dessus de la prairie, 3 faisceaux blancs projetaient de la lumière au sol, alors qu'une lumière rouge clignotait au centre de l'engin. Les gendarmes décident de suivre l'ovni. Dans un premier temps, il se dirige vers la frontière allemande avant de prendre la direction d'Eupen. Il restera une demi-heure au-dessus de la ville, ensuite il prend la direction du lac de La Gileppe et s'immobilise au-dessus de l'eau pendant plus d'une heure. Puis, la lumière rouge se détache de l'objet et plonge en direction du lac. À 18h45, les deux gendarmes voient surgir de derrière les bois un second ovni, il est également de forme triangulaire et son vol est cabré. Au bout de quelques minutes, il prend la direction de La Calamine. Ce second engin est également observé par des gendarmes situés à Eupen. À 19h23, l'engin a cessé d'émettre des lumières rouges et est reparti vers le sud.

Dans la soirée, une autre patrouille de la gendarmerie d'Eupen a observé un engin triangulaire semblable à celui de la première observation. Ils ont aussi vu une lumière rouge se détacher du centre de l'engin et se diriger vers le sol.

Au total, 8 observations d'ovnis ont été effectuées par 13 gendarmes d'Eupen durant la soirée du .

Ces observations sont complétées par 135 autres observations venant de civils dans la région d'Eupen. 70 de ces observations ont fait l’objet d’enquêtes poussées, aucune d’entre elles n’ayant pu être expliquée par une technologie conventionnelle. L’équipe d’enquêteurs de SOBEPS aidée par la force aérienne ont estimé qu’environ ont dû voir le phénomène au cours de l’après-midi et de la soirée, en plus de 70 endroits différents et sous des angles différents.

Liège, Namur et La Louvière : 11 décembre 1989

La soirée du est marquée par des multiples observations, la grande majorité des témoins rapportent avoir observé un objet triangulaire équipé de 3 phares blancs et d'un phare rouge en son milieu..

Les premières observations ont lieu sur une petite zone à l'est de Liège entre 17h25 et 17h45. Une demi-heure plus tard, un objet similaire est vu à à l'ouest sur la région de La Louvière (Haine-saint-Paul, Morlanwelz et Seneffe). Au même moment, une série d’observations sont effectuées dans la région de Namur (Dausoulx, Malonne, Temploux, Jemmepes sur Sambre. Par la suite, l'objet est aperçu à Hernage à 18h45 et à Forville à 19h10.

Des observations isolées sont effectués entre 19h et 19h10 à Bastogne, Wasmuel, Blégny-Trembleur, Ans et Xhendermael. Un objet triangulaire semblable aux autres observations est vu par plusieurs témoins au-dessus du lac de la Gileppe entre 22h45 et minuit.

Marchin : 12 et 13 mars 1991

Dans la nuit du 12 au , vingt-sept observations ont été rapportées dans une petite zone au sud-ouest de Liège, le village de Marchin était au centre de ces observations. À deux reprises, un appareil a été vu au-dessus de la centrale nucléaire de Tihange. Ces observations ont été effectuées entre 20:45 et 3:00 du matin..

Dans le livre OVNIs, des généraux, des pilotes et des officiels parlent, le général Wilfried de Brouwer rapporte ce témoignage :

Après avoir terminé son , l’engin s’est lentement déplacé et a traversé l’énorme panache blanc de la cheminée avant de disparaître.

L'intervention des F-16

À la suite des événements du , la force aérienne a autorisé le système de défense nationale à faire décoller les F-16 en cas de signalement d’activités anormales. En coopération avec les autorités de l’aviation civile et la gendarmerie, la force aérienne a établi une procédure afin de permettre des missions d’interception sous certaines conditions : L’observation d’un objet doit être confirmée par la gendarmerie L’objet doit être détecté par un radar

À trois reprises les F-16 belges ont décollé pour intercepter ce que des témoins signalèrent comme phénomènes étranges.

L'intervention du 5 décembre 1989 Le , des F-16 ont décollé afin d’observer un « objet ». détecté par les radars de la base aérienne de Bierset, l'objet situé au-dessus de la région liégeoise a disparu des radars à chaque tentative d’approche des F-16.,

L'intervention du 16 décembre 1989 Le , les F-16 belges interceptèrent des « lumières de dancing » : De multiples témoignages de personnes résidant dans la province flamande du Limbourg font état de phénomènes étranges. Étant donné le nombre de témoignages concordants, et malgré l'absence d'une corrélation radar, la décision est prise de faire décoller les avions d'alerte (F-16). Les pilotes repèrent la présence au sol de projecteurs tournant à une fréquence fixe et dont la lumière se reflète sur les nuages. Cette observation est ensuite confirmée par la police de Diest qui rapporte la tenue d'un show laser à proximité d'un dancing situé dans les environs. Le ministre de la défense, en réponse à une question parlementaire, confirme que les prétendus ovnis belges du n'étaient rien d'autre que des lumières de dancingMichel Bougard, La réponse du ministre Poncelet à une question parlementaire relative aux ovnis, Inforespace, , 1997..Cette affirmation du ministre de la défense est démentie deux jours plus tard par le colonel De Brouwer, chef d'opération de la force aérienne. Il a certifié durant une conférence de presse « que les opérateurs au sol ont observé des échos radars inexpliqués présentant des vitesses extrêmement variables, sans rapport avec les vitesses des avions de ligne et des cargos militaires ».

Intervention des 30 et 31 mars 1990 La vague d'ovnis belge a culminé avec les événements de la nuit du 30 au . Cette nuit-là, des objets inconnus ont été suivis au radar, pris en chasse par deux F-16 de l'armée belge.. À la suite de l'incident, l'armée de l'air belge a publié un rapport détaillant les événements de cette nuit. :

Aux environs de 23h00, le , le superviseur du Control Reporting Center (CRC) à Glons a reçu des informations selon lesquelles trois lumières inhabituelles avaient été vues en direction de Thorembais-Gembloux, au sud-est de Bruxelles. Les lumières étaient plus brillantes que les étoiles, changeant de couleur entre le rouge, le vert et le jaune, et semblaient être fixées aux sommets d'un triangle équilatéral. À ce moment, le CRC Glons a demandé à la gendarmerie de Wavre d'envoyer une patrouille pour confirmer l'observation. vignette|F-16 de la force aérienne belge Environ plus tard, une deuxième série de lumières a été vue en direction du premier triangle. Vers 23h30, la gendarmerie de Wavre a confirmé les premières observations, le phénomène était observé en même temps par le radar du CRC Glons. Pendant ce temps, le second jeu de lumières, après quelques manœuvres erratiques s'est également formé en un triangle plus petit. Après avoir suivi les cibles, et après avoir reçu une deuxième confirmation radar du centre de contrôle du trafic à Semmerzake, le CRC Glons a donné l'ordre d'envoyer deux chasseurs F-16 de la base aérienne de Beauvechain peu avant minuit. Pendant tout ce temps, le phénomène était encore clairement visible depuis le sol, des témoins décrivant toute la formation comme conservant leurs positions relatives tout en se déplaçant lentement à travers le ciel. Les témoins ont également signalé deux lumières plus pâles vers Eghezee affichant des mouvements erratiques similaires à la deuxième série de lumières.