Michelle Bachelet (Prononciation en espagnol d'Amérique retranscrite selon la norme API.), née le à Santiago, est une femme d'État chilienne. Elle a été présidente de la république du Chili du au et du au .
Membre du Parti socialiste du Chili, elle est ministre de la Santé, puis de la Défense dans les gouvernements de Ricardo Lagos.
Elle est présidente de la république du Chili, une première fois, de 2006 à 2010. Elle est la première femme à occuper ce poste. À ce titre, elle est présidente de l'Union des Nations sud-américaines de 2008 à 2009 et est à la tête de l'ONU Femmes de 2010 à 2013. Elle est à nouveau présidente de la république du Chili de 2014 à 2018, mais son second mandat est marqué par une dégradation de la situation économique et par son faible niveau de popularité.
Elle a été Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme de 2018 à 2022.
Biographie Famille vignette|gauche|Michelle Bachelet, alors adolescente, et son père Alberto. Verónica Michelle Bachelet Jeria, dite Michelle Bachelet, dont le prénom a été choisi en hommage à Michèle Morgan« Michelle Bachelet, présidente du Chili », Radio-Canada, 3 mars 2006., est la fille du général de l'armée de l'air Alberto Bachelet d'ascendance française (vignerons de Bourgogne à Chassagne-Montrachet en Côte-d'Or., d'où émigra en 1869 son arrière-arrière-grand-père, le vigneron Louis-Joseph Bachelet), et de l'anthropologue Ángela Jeria. Son père est entré en franc-maçonnerie sur l'insistance de son grand-père maternel, pacifiste et lui-même maçon« La nueva relación que quiere establecer la presidenta Bachelet con las iglesias », Noticia Cristiana, 17 avril 2006..
Durant le gouvernement du président Salvador Allende, le général Bachelet est nommé à la tête du Bureau de distribution de produits alimentaires. Après le coup d'État du 11 septembre 1973, accusé de trahison, il est détenu et torturé par la dictature du général Pinochet. En , il meurt d'un arrêt cardiaque – en raison probablement des mauvais traitements subis durant son emprisonnement – en présence de son compagnon d'infortune le général Sergio PobleteCollège communal de la Ville de Liège du vendredi 30 août 2013 - 2 nouvelles dénominations de voiries - liege.be., tandis que sa femme et sa fille sont également incarcérées et torturées dans le centre de détention de la Villa Grimaldi à Santiago.
Après avoir été réfugiée politique, Michelle Bachelet a élevé seule ses trois enfantsLamia Oualalou, « En Amérique latine, élections et déceptions », article paru initialement en décembre 2011 sous le titre « Ce qui change pour les femmes », Manière de voir , décembre 2016-janvier 2017, ..
Études Après avoir fréquenté un lycée pour jeunes filles dans lequel elle obtient le baccalauréat en 1969, Michelle Bachelet fait des études de médecine à la faculté de l'université du Chili. En 1975, après avoir été libérées par le régime militaire, Michelle et sa mère se réfugient en Australie, où vit son frère depuis 1969. Puis, elle part étudier l'allemand à l'université de Leipzig et poursuit ses études médicales à l'université Humboldt de Berlin.
Elle revient s'installer au Chili en 1979, pour y achever ses études en 1982 avec l'obtention d'un diplôme de chirurgien. De 1983 à 1986, elle s'est spécialisée dans la pédiatrie et la santé publique dans les services de l'hôpital pour enfants Roberto del Río.
Débuts en politique C'est à cette époque que Michelle Bachelet s'engage en politique, militant pour le rétablissement de la démocratie, tout en participant à des ONG d'aide aux enfants des personnes torturées et disparues : de 1986 à 1990, elle dirige l'une de ces organisations, la PIDEE (Protección a la Infancia Dañada por los Estados de Emergencia).
Elle adhère au Parti socialiste dans les années 1970 dont elle devient membre du comité central en 1995 et, de 1998 à 2000, fut également membre du bureau politique. En 1996, sous les couleurs socialistes, elle se présente aux élections municipales à Las Condes, dans la banlieue de Santiago, mais n'y obtient que 2,35 % des suffrages.
Fonctions ministérielles vignette|gauche|Michelle Bachelet aux côtés du président Ricardo Lagos durant la parade militaire de 2002. Après la restauration d'un régime démocratique en 1990, Michelle Bachelet travaille pour le ministère de la Santé et comme conseillère pour l'Organisation panaméricaine de la santé, l'Organisation mondiale de la santé et la Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ).
De 1994 à , elle exerce les fonctions de conseillère au cabinet du secrétaire d'État à la Santé. Intéressée par les relations entre le monde civil et l'armée, elle entreprend des études de stratégie militaire à l'Académie nationale des études politiques et stratégiques (Anepe) au Chili, obtenant la première place de sa promotion, ce qui lui permet de continuer des études aux États-Unis, au collège interaméricain de défense, tout en bénéficiant d'une bourse présidentielle. En 1998, elle revient au Chili pour travailler comme conseillère auprès du ministre de la Défense, et est encore diplômée, après avoir suivi un cursus de science militaire auprès de l'Académie de guerre de l'armée chilienne.
Le , elle est nommée ministre de la Santé par le président Ricardo Lagos, puis, le , ministre de la Défense, devenant la première femme à occuper ce poste en Amérique latine.
Campagne présidentielle de 2005
Au cours de l'année 2004, constatant sa brusque hausse de popularité dans les sondages d'opinion, et avec les encouragements implicites du président Lagos, Michelle Bachelet décide de se présenter à l'élection présidentielle devant se tenir le , et démissionne du gouvernement afin de préparer sa campagne. Une élection primaire aurait normalement dû se tenir au sein de la Concertation afin de désigner le candidat unique des quatre formations coalisées. Toutefois, sa seule rivale potentielle, la démocrate-chrétienne Soledad Alvear, ancienne ministre dans les deux derniers gouvernements de la Concertation, se retire de la course en raison d'un manque de soutien au sein de son propre parti et de sa faible cote de popularité dans les sondages.
Les principaux rivaux de Michelle Bachelet, pour le premier tour de l'élection présidentielle du 11 décembre 2005, sont, à droite, Joaquín Lavín, soutenu par l'Union démocrate indépendante (UDI, Unión Demócrata Independiente) et, au centre-droit, Sebastián Piñera, soutenu par Rénovation nationale (RN). Joaquín Lavin avait déjà été candidat à l'élection présidentielle de 1999, obtenant 47,52 % des voix au premier tour, et 48,69 % au second tour, face à Ricardo Lagos. Au soir du premier tour, Michelle Bachelet arrive en tête avec 45,96 % des voix devant le candidat de Rénovation nationale, Sebastian Piñera (25,41 %), celui de l'UDI Joaquín Lavín (23,23 %) et celui de l'extrême-gauche, Tomás Hirsch (5,40 %)Résultats officiels du premier tour (2005).
Le , Michelle Bachelet remporte la présidentielle par 53,5 % des voix contre 46,5 % à son adversaire de droite Sebastián Piñera. C'est une victoire historique car c'est la première fois en Amérique du Sud qu'une femme est élue présidente au suffrage universel direct.
Pendant sa campagne, elle est soutenue par la « Concertation des partis pour la démocratie » (CPD, Concertación de Partidos por la Democracia), coalition au pouvoir, qui regroupe le Parti socialiste du Chili (PSC, Partido Socialista de Chile), le Parti pour la démocratie (PPD, Partido por la Democracia), le Parti radical social-démocrate (PRSD, Partido Radical Socialdemócrata) et le Parti démocrate-chrétien du Chili (PDC, Partido Demócrata Cristiano de Chile).
Michelle Bachelet devient la cinquième femme parvenue à la magistrature suprême en Amérique latine, après Isabel Martínez de Perón (présidente de la Nation argentine de 1974 à 1976), Lidia Gueiler (présidente de la république de Bolivie de 1979 à 1980), Violeta Chamorro (présidente de la république du Nicaragua de 1990 à 1997) et Mireya Moscoso (présidente de la république de Panama de 1999 à 2004) et la quatrième en Amérique du Sud après les deux premières citées et Janet Jagan (présidente de la République coopérative de Guyana de 1997 à 1999).
Premier mandat de présidente de la République (2006-2010)
Gouvernement Bachelet Michelle Bachelet annonce la composition de son futur gouvernement le , après avoir eu la confirmation officielle de son élection par le Tribunal Calificador de Elecciones. Il est constitué de dix hommes et de dix femmes, comme elle l'avait promis durant sa campagne. Sept proviennent du parti chrétien démocrate (PDC), cinq du parti pour la démocratie, quatre du parti socialiste, un du parti radical social démocrate, tandis que trois sont des indépendants.
Ministre Nom Parti date Ministre de l'Intérieur Andrés ZaldívarBelisario VelascoFelipe Harboe Bascuñan Edmundo Pérez PDCPDCPPD - - - - Ministre des Affaires étrangères Alejandro FoxleyMariano Fernández Amunátegui PDC - - Ministre de la Défense Nationale Vivianne BlanlotJosé GoñiFrancisco Vidal PPDPPDPPD - - - Ministère des Finances Andrés Velasco Ind. - Secrétaire général de la Présidence Paulina VelosoJosé Antonio Viera-Gallo PSPS - - Secrétaire général du Gouvernement Ricardo Lagos WeberFrancisco Vidal PPDPPD - - Ministre de l'Économie, Promotion, & Reconstruction Ingrid Antonijevic HahnAlejandro FerreiroHugo Lavados Montes PPDPDCPDC - - - Ministre du Planning et de la Coopération Clarisa Hardy RaskovanPaula Quintana Meléndez PSPS -- Ministre de l'Éducation Martín Zilic HrepicYasna ProvosteRené Cortázar Sanz (intérim)Mónica Jiménez PDCPDCPDC PDC - - - - Ministre de la Justice Isidro Solís PalmaCarlos Maldonado PRSDPRSD - - Ministre du Travail et de la Sécurité sociale Osvaldo Andrade Claudia Serrano PS PS - - Ministre des Travaux Publics Eduardo Bitrán ColodroSergio Bitar Chacra PPD -- Ministère des Transports & Télécommunications Sergio Espejo YaksicRené Cortázar Sanz PDCPDC - - Ministre de la Santé María Soledad BarríaJeanette Vega MoralesÁlvaro Erazo PSPPDPS - - - Ministre du Logement et de l'Urbanisme Patricia Poblete Bennett PDC - Ministre des Biens nationaux Romy Schmidt Crnosija PPD - Ministre de l'Agriculture Álvaro Rojas Marín PDC - Ministre des Mines et de l'Énergie Karen Poniachik PollakSantiago González Larraín Ind. PRSD - - Ministre directeur du Service national des femmes Laura Albornoz Pollman PDC - Conseiller pour la Culture et les Arts Paulina Urrutia Fernández Ind. - Ministre de l'Environment Ana Lya Uriarte Rodríguez PS - Ministre de l'Énergie Karen Poniachik PollakMarcelo Tokman Ramos Ind.PPD - -
Réforme des retraites vignette|Michelle Bachelet aux côtés de son successeur, Sebastián Piñera, en janvier 2010. Michelle Bachelet a notamment réformé le système obligatoire de retraite par capitalisation instauré en 1980, en instaurant un « filet de sécurité » de par mois, et un complément pour ceux recevant moins de par mois (des millions de Chiliens ne recevaient que de 8 à par mois de retraites grâce aux fonds de pension) Manuel Riesco, Séisme sur les retraites en Argentine et au Chili, Le Monde diplomatique, décembre 2008. .
Influence Elle figure dans la liste des femmes les plus puissantes au monde du magazine Forbes en 2006 et 2007.
Directrice exécutive de l'ONU Femmes Du « L'ex-Présidente du Chili Michelle Bachelet nommée à la tête de l'ONU Femmes », Centre d'actualités de l'ONU, 14 septembre 2010. au « L'ex-présidente Michelle Bachelet démissionne de l'ONU Femmes pour rentrer au Chili », Radio France internationale, 17 mars 2013., Michelle Bachelet est directrice exécutive de l'ONU Femmes, organisme de l'ONU qui défend les droits des femmes dans le monde.
Élection présidentielle de 2013
vignette|Michelle Bachelet le aux côtés de leaders étudiants dont ceux du mouvement lancé en 2011, Camilo Ballesteros et Camila Vallejo.