L’ ( ; ) est un archidiocèse métropolitain de l'Église catholique d'Italie appartenant à la région ecclésiastique de Sicile.
Territoire 285px|vignette|Région ecclésiastique de Sicile
Il est situé dans une partie de la ville métropolitaine de Messine qui comprend aussi les îles Éoliennes, l'autre partie étant dans le diocèse de Patti qui est son suffragant tout comme le diocèse de Nicosia. Son territoire est de divisé en 247 paroisses regroupées en 16 archidiaconés.
L'évêché est basé à Messine où se trouve la cathédrale Sainte-Marie-de-l'Assomption, et il est sous la protection de . Le diocèse possède trois cocathédrales, souvenir des anciens diocèses qui ont fusionné avec Messine : la cathédrale de Lipari, la cathédrale de Santa Lucia del Mela et la et cinq basiliques mineures : saint Sébastien de Barcellona Pozzo di Gotto, , , saint Christophe de Canneto di Lipari, .
Histoire
L'archidiocèse actuel est le résultat de la fusion en 1986 de quatre anciennes circonscriptions ecclésiastiques : le diocèse de Lipari, la prélature de Santa Lucia del Mela, l'archimandritat du Très-Saint-Sauveur et l'archidiocèse de Messine.
Diocèse de Lipari
L'île de Lipari est habitée dès le par des moines et des ermites. Selon la légende, saint Agathon, présent sur l'île en 264, recueille les reliques de l'apôtre Barthélemy, miraculeusement débarqué dans une urne sur les côtes de l'île. La première source historique sur l'Église de Lipari est une épigraphe de la seconde moitié du dédiée à une jeune chrétienne nommée Proba où l'on fait explicitement référence à « l'église sainte et catholique de Lipari » ; une autre inscription témoigne plutôt d'une présence chrétienne significative dès la fin du .
Les évêques éoliens du premier millénaire sont connus grâce aux synodes et conciles de l'époque et à l'épistolaire du pape Grégoire le Grand. Le historiquement documenté est Augusto, présent aux synodes romains de 501 et 502 convoqués par le pape Symmaque. Comme tous les diocèses siciliens, Lipari était suffragant de Rome bien que politiquement soumis à l'Empire byzantin. C'est seulement à partir de la première moitié du que la Sicile est soustraite à la juridiction de Rome par l'empereur et soumise au patriarcat de Constantinople (vers 732) comme noté dans le Notitia Episcopatuum.
Plus tard, l'archipel des Éoliennes est occupé par les Arabes. La vie chrétienne reprend au lorsque le comte , après avoir conquis les îles, fonde à Lipari, entre 1072 et 1081, une abbaye bénédictine du nom de Saint-Barthélemy l'Apôtre, assignant en dot les îles Éoliennes (1088) ; la fondation est approuvée par le pape par une bulle pontificale datée du . Le comte fonde également une autre abbaye à Patti, celle du Très-Saint Sauveur (1094), qui est unie à celle de Lipari et gouvernée par un seul abbé, Ambrogio, avec deux prieurs distincts. Le , l'antipape avec l'appui de , érige les deux abbayes en évêché en nommant l'abbé Giovanni comme évêque. Ces actes sont cependant abrogés par le pape en 1139 au cours du deuxième concile du Latran où l'évêque Giovanni est déposé.
En 1157, le pape érige le diocèse de Patti et Lipari, unis aeque principaliter et nomme le premier évêque, Gilberto. Le pape soumet en 1166 les deux diocèses au siège métropolitain de Messine. En 1206, le territoire de Santa Lucia del Mela est détaché du diocèse de Lipari et devient autonome. Au , Lipari et Patti font partie de deux entités politiques différentes, le royaume de Naples et le royaume de Sicile ce qui conduit inévitablement à la séparation des deux diocèses. Le , le pape , par le bref Dudum ex certis, sépare les deux diocèses et transfère l'évêque Francesco Gattolo à Lipari et nomme Francesco Hermemir à Patti. Par une bulle, le pape détermine les possessions de chacun, sur lesquelles les deux prélats trouvent le moyen de se quereller.
Le , l'Église de Lipari est exemptée de la juridiction du diocèse de Messine et immédiatement soumise au Saint-Siège par le bref apostolique Romanus Pontifex du pape . Cette décision conduit à une longue controverse avec l'archevêque de Messine qui est seulement résolue sous le pontificat de . Nous devons aussi à ce pape la résolution de la controverse sur le contentieux liparien qui a vu l'affrontement entre les partisans du régalisme et les défenseurs des droits du pape ; cette affaire a des conséquences très graves dans toute la Sicile et cause aussi l'exil de quelques évêques siciliens dont l'évêque de Lipari, Nicola Maria Tedeschi (1710-1722) qui est contraint de démissionner.
En 1844, à l'occasion de la réorganisation des diocèses siciliens, Lipari voit son indépendance ecclésiastique se terminer et est de nouveau intégré à la province ecclésiastique de Messine. Au début du , l'évêque Angelo Paino poursuit la ville de Lipari pour obtenir la propriété exclusive des terres pomicifères de l'île, don du comte Roger en 1088. Le long conflit et les menaces de mort adressées au prélat l'obligent à abandonner les îles et à gouverner le diocèse de Messine ; finalement, un jugement rejeta l'appel du prélat de Lipari.
Prélature de Sainte Lucie del Mela
En 1206, la paroisse de Santa Lucia in plana Milacii est érigée du fait que l'empereur avait fait du site son lieu de villégiature et avait érigé une chapelle royale ; le territoire est détaché du diocèse de Lipari et de Patti et concédé par le souverain au grand chapelain du royaume de Sicile, institution fondée en 1132. Les évêques de Lipari et de Patti revendiquant leurs droits sur le territoire de la paroisse, en 1228, puis définitivement en 1248, le souverain confirme l'indépendance ecclésiastique de Sainte-Lucie, en vertu de ses prérogatives dérivées du privilège accordé par le pape en 1098 au comte Roger connu sous le nom de Légation apostolique.
Au , le roi Martin confirme que les prélats de Sainte-Lucie sont soumis à la chapelle royale et donc exemptés de la juridiction de l'évêque. En 1464, le vice-roi de Sicile confirme au prélat Angelo Staiti que sa juridiction sur le "pays de Sainte-Lucie de la plaine de Milazzo" a un caractère diocésain sans toutefois l'obligation de résidence et de consécration épiscopale. Ces prérogatives donnaient au prélat de Sainte-Lucie le droit de siéger au parlement de Sicile.
Avec les réformes introduites par le concile de Trente, les prélats sont obligés de résider à Sainte-Lucie pour s'occuper des fidèles. Simone Rao Grimaldi (1602-1616) est le premier parochus et prelatus ordinarius à s'installer à Santa Lucia ; il commence la construction du palais épiscopal et la reconstruction de l'ancienne église de la prélature commandée par le comte Roger en 1094, travaux qui sont achevés par son successeur, le bienheureux Antonio Franco (1616-1626). Ce dernier convoque aussi le premier synode en 1618 ; le deuxième synode est organisé par l'évêque Simone Impellizzeri en 1679 qui œuvre également pour la fondation du séminaire installé au sein du et pour l'établissement d'un chapitre de chanoines.
Entre les , une longue controverse oppose les prélats de Sainte-Lucie aux archevêques de Messine à propos de plusieurs possessions. À cette occasion, les limites de la prélature sont également établies qui comprend un petit territoire composé des municipalités actuelles de Santa Lucia del Mela, San Filippo del Mela, Pace del Mela, Gualtieri Sicaminò et les hameaux de San Giovanni, Archi, Cattafi, Corriolo, Olivarella, Giammoro, Soccorso.
À partir du , les prélats perdent le titre d '« aumôniers du Royaume ». Avec le pape , Sainte-Lucie et son territoire sont une prélature immédiatement subordonnée au Saint-Siège. Avec l'unification de l'Italie, le siège de Sante-Lucie souffre beaucoup. Après le transfert de Gaetano Blandini à Girgenti, la prélature reste sans pasteur pour la non-concession de l'exequatur par le gouvernement italien aux prélats nommés par le Saint-Siège, Gerbino, Fiorenza et Di Giovanni ; en 1901, Francesco Certo est nommé administrateur apostolique, mais bien qu'évêque consacré, il continue à être curé de son pays natal pour le reste de sa vie. La prélature est en fait gouvernée par des vicaires capitulaires jusqu'à la nomination de Salvatore Ballo Guercio en 1920.
Archimandritat du Très-Saint-Sauveur
Au , le monastère du Saint-Sauveur "in lingua phari" est fondé par le comte Roger près du port de Messine et confié aux moines basiliens de rite byzantin. Son fils, le roi l'élève au rang d'archimandritat (c'est-à-dire à la tête d'autres monastères) en . En octobre de la même année, Ugone, archevêque de Messine, donne à l'archimandrite du Saint-Sauveur plusieurs églises et monastères avec leurs possessions.
Au cours des siècles, la juridiction de l'archimandrite du Saint-Sauveur s'étend à 62 monastères en Sicile et en Calabre. L'archimandritat est érigé en diocèse par le pape le . Par la suite, des divergences avec l'archidiocèse de Messine apparaissent en raison de difficultés d'identification et de délimitation du territoire propre à l'archimandrite.
Avec la mort du cardinal archimandrite Emmanuele de Gregorio () commence une très longue période de vacance. Les lois ultérieures sur la suppression des instituts religieux conduisent à la fermeture des monastères basiliens et à leur confiscation par l'État. L'archimandritat est ainsi réduit à quelques paroisses et le pape , par un bref du , unit l'archimandritat du Très-Saint-Sauveur aeque principaliter à l'archidiocèse de Messine. Archidiocèse de Messine
Selon la légende, le diocèse est érigé par saint Paul de passage à Messine lors de son quatrième voyage le conduisant à Rome, et qui ordonne saint Bacchil (Bacchilo) comme premier évêque. Impressionnés par ses propos, des habitants auraient envoyé des ambassadeurs pour se rendre à Jérusalem auprès de la Vierge Marie qui leur aurait confié une lettre promettant aux chrétiens une protection éternelle pour la ville : d'où le nom de Madonne de la Lettre.
Cependant, les informations historiquement documentées ne sont attestées qu'à partir du et le premier évêque connu est Eucarpe, présent au synode romain de 502. Par les lettres des papes et Grégoire le Grand, les noms d'autres évêques sont connus : , Felice e Dono. D'autres évêques messiniens sont présents aux conciles œcuméniques célébrés en Orient : Benedetto, Gaudioso et Gregorio.
Comme tous les diocèses siciliens, Messine appartient au patriarcat de Rome jusqu'au , lorsqu'il est soumis au patriarcat de Constantinople et devient suffragant de Syracuse comme l'attestent les Notitiae Episcopatuum. Avec la conquête arabe de la Sicile, il n'y a plus de sources historiques sur les communautés chrétiennes de l'île et de leur organisation ecclésiastique. Seuls quelques monastères grecs survivent dans l'inaccessible Val Demone.
On a parfois donné aux archevêques de Messine le titre de Jean-Philippe Goudot, Primats, I, Paris 2024, p. 457-459.. Dans la lutte d'influence contre la cité de Palerme, les défenseurs de Messine firent appel à l'antiquité gréco-romaine, en soulignant que la cité fut alors déclarée Primate della Sicilia., en inventant un édit de l'empereur Arcadius qui lui aurait donné le privilège d'être (407)., en faisant de l'évêque Jean, présent au concile de Chalcédoine (451) [en fait évêque de Messène d'Achaïe], un .…
À partir de 1061 les Normands commencent la reconquête de la Sicile en partant de Messine. Le comte , après avoir occupé la forteresse de Troina, choisit cette ville comme capitale de son royaume et y établit le (1082) nommant évêque Roberto, qui déplace le siège à Messine (1096) après la conquête définitive de la ville. Ses successeurs conservent le double titre de Messine et Troina jusqu'à l'époque de la reine Constance de Hauteville.