La (en occitan : carrièra del Priorat), est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description La rue du Prieuré est une voie publique. Elle se trouve dans le quartier Capitole.

Elle ne mesure que de long et elle n'est large que de environ dans ses parties les plus étroites. Elle naît perpendiculairement à la rue Peyrolières, se prolonge vers l'est, puis fait un coude vers le sud et se termine au croisement de la rue Jacques-Cujas.

La chaussée compte une voie de circulation automobile à sens unique, de la rue Léon-Gambetta vers la place de la Bourse. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de piste, ni de bande cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.

Voies rencontrées La rue du Prieuré rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants :

Rue Peyrolières Rue Jacques-Cujas

Transports La rue du Prieuré n'est pas directement desservie par les transports en commun Tisséo. Elle se trouve cependant à proximité immédiate des rues rue Léon-Gambetta et Jean-Suau, parcourues par la navette . Les stations de métro les plus proches sont, au nord, la station Capitole et, au sud, la station Esquirol. Sur la place du même nom se trouvent également les arrêts des lignes de Linéo et de bus .

Il existe plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse dans les rues les plus proches de la rue du Prieuré : les stations (15 rue Sainte-Ursule) et (2 place de la Daurade).

Odonymie vignette|gauche|Plaques de rue en français et en occitan. La rue du Prieuré tient son nom d'un petit prieuré médiéval, le prieuré Saint-Pierre-Saint-Martin, qui se trouvait à l'angle formé au milieu de la rue (emplacement au-devant du )Salies 1989, vol. 2, ..

Au Moyen Âge, la rue était d'ailleurs désignée comme la rue Saint-Pierre-Saint-Martin ou, à partir du , comme le cul-de-sac Saint-Martin. Après la Révolution française, le prieuré et sa chapelle ayant été complètement démolis, la rue fut désignée comme la petite-rue Sainte-Ursule, à cause de la proximité du couvent Sainte-Ursule (emplacement des actuels rue du Prieuré et rue Sainte-Ursule)Salies 1989, vol. 2, .. En 1947, une commission municipale décida de supprimer les appellations qui pouvaient prêter à confusion et attribua à la rue son nom actuelSalies 1989, vol. 2, ..

Histoire Moyen Âge et période moderne Au Moyen Âge, on désigne comme la rue Saint-Pierre-Saint-Martin deux impasses, l'une partant de la rue Peyrolières, l'autre de la rue des Drapiers (actuelle rue Jacques-Cujas) qui aboutissent toutes les deux à l'église Saint-Pierre-Saint-Martin (emplacement à l'angle de la rue du Prieuré). Cette église, dépendant du prieuré de la Daurade, a probablement été établie au Chalande 1924, .. Sa nef unique, de de long sur de large, est flanquée au nord de trois chapellesCamboulives 1962, .. Au début du , il semble qu'un hospice, l'hôpital de Pons Adémar, jouxte le prieuréChalande 1924, .. En 1336, lorsque les limites des capitoulats de la ville sont modifiées, l'église devient le centre d'un petit capitoulat (Partita Sancti Petri et Sancti Martini en latin), mais il est absorbé un siècle plus tard par le capitoulat de la Daurade, en 1438, lors de la réforme de Charles VIIChalande 1924, ..

En 1463, le quartier de l'église Saint-Martin est durement touché par le Grand incendie. Il semble que l'église, entièrement détruite par les flammes, soit reconstruite après 1469Bastide 1968, .. Les membres de l'élite locale regroupent de vastes emprises foncières, qui leur permet de construire de nouvelles demeures : dans la deuxième moitié du , la famille Viguerie fait édifier un vaste hôtel particulier sur les deux culs-de-sac (emplacement de l'actuel et actuel )Camboulives 1962, .. Le mouvement de reconstruction se poursuit aux siècles suivants de vastes immeubles sont construits au , souvent remaniés au siècle suivant (actuels , 7 et 9). On remarque ainsi l'hôtel particulier construit pour Guillaume Rigail d'Ouvrier, conseiller aux Requêtes du Parlement entre 1631 et 1638 (actuel ).

La confrérie des Pénitents gris occupe quelques mois l'église Saint-Martin, entre mai et , le temps d'établir leur propre chapelle dans l'actuelle rue des LoisSalies 1989, vol. 2, .. En 1610, l'église Saint-Martin est finalement concédée par le prieur de la Daurade, Jean Daffis, aux religieuses Ursulines, qui venaient de s'établir entre la rue des Trois-Roys-Vieux (actuel rue Sainte-Ursule) et la rue Saint-MartinSalies 1989, vol. 2, et 546.. Elles doivent payer à la Daurade la somme de trois sous toulousains et deux cierges de cire d'une livreMesplé 1975, .. L'église change alors de nom et prend le vocable de Sainte-UrsuleCamboulives 1962, .. En 1687, les Ursulines achètent les bâtiments de l'hôtel Viguerie (actuels et 8) à son héritière, demoiselle de ColyCamboulives 1962, ..

Époque contemporaine Pendant la Révolution française, les congrégations religieuses sont dispersées et les Ursulines doivent abandonner l'église Sainte-Ursule. En 1793, l'église est provisoirement rendue au culte, car l'église du prieuré de la Daurade, devenue église paroissiale, est en travaux. Pourtant, dès 1796, les dépendances de l'église – sacristie, salle du prédicateur –, sont vendues comme biens nationaux à Jean-Jacques Chastanet. Quelques années plus tard, avant 1808, l'église est, elle-même, démolieCamboulives 1962, .. En 1796, Jean-Jacques Chastanet a réuni les différents bâtiments des Ursulines (actuels , 6 et 8) : membre du club des Jacobins, instituteur, il souhaite agrandir l'école qu'il dirige rue du Poids-de-l'Huile.

En 1804, les bâtiments de l'école de Chastanet sont occupés par la maison de charité de la Daurade. Cette institution a été fondée en 1719, à la suite du legs du conseiller au parlement Luc de Saget, pour loger des religieuses, les « Filles grises », qui se consacrent à donner le bouillon aux pauvres, tandis qu'un apothicaire, un médecin et un chirurgien secourent les maladesChalande 1924, .. Au , cette maison est installée rue Peyrolières (actuel ), mais elle est abandonnée par les hospices de la ville, qui préfèrent s'implanter dans de nouveaux locaux rue du Prieuré. Deux ans plus tard, une nouvelle façade est élevée pour le bâtiment voisin (actuel ). En 1837, la maison de charité est encore agrandie par l'achat d'un immeuble voisin (actuel ). Mais, en 1900, elle est réunie à la maison de charité de la Dalbade (actuel rue Saint-Jean)Camboulives 1962, ..

En 1907, la municipalité décide d'installer l'école maternelle Lakanal dans les locaux de l'ancienne maison de charité, qu'elle loue, puis qu'elle achète en 1914 aux Hospices civilsCamboulives 1962, .. De 1913 à 1933, l'Union des femmes de France – une des trois sociétés de la Croix-Rouge – installe dans la rue son comité et un dispensaire-école (actuel ). Dans les années 1980, la résidence Le Prieuré est construite (actuel )Salies 1989, vol. 2, ..

Patrimoine et lieux d'intérêt École maternelle Lakanal vignette| : façade de la maison de charité de la Daurade (école maternelle Lakanal). 6 : sacristie de l'église Saint-Pierre-Saint-Martin ; école maternelle Lakanal. La sacristie et la salle du prédicateur se trouvaient au sud de l'église Saint-Pierre-Saint-Martin. Elles sont occupées après 1907 par l'école maternelle Lakanal et servent de cantine, de vestibule et de bureau de la directrice de l'écoleCamboulives 1962, .Salies 1989, vol. 2, ..

8 : emplacement du four de l'hôtel Viguerie ; maison de charité de la Daurade ; école maternelle Lakanal.

Immeubles 1 : immeuble.L'immeuble, qui s'élève à l'angle de la rue Peyrolières (actuel ), a connu plusieurs campagnes de travaux qui s'étalent entre les . Il se compose de trois corps de bâtiment disposés en U, qui s'organisent autour d'une cour séparée de la rue du Prieuré par un mur de clôture.À gauche, le premier corps de bâtiment, bâti en brique, est construit au cours du , quoique la façade principale sur la rue Peyrolières ait été reprise à la fin du . Il s'élève sur quatre niveaux – un rez-de-chaussée et trois étages décroissants, séparés par un cordon. À l'arrière, la façade sur cour est en pan de bois à grilles, hourdé de brique. Le deuxième corps de bâtiment présente, sur la cour, une mise en œuvre similaire. Il abrite un escalier hors-œuvre en bois dont la construction est caractéristique de la fin du . À droite, le troisième corps de bâtiment présente sur la cour une élévation irrégulière en brique. Sur la rue du Prieuré, il s'élève sur trois étages et un niveau de comble à surcroît. Au , l'arc visible au-dessus de la fenêtre pourrait être un arc de décharge surmontant une ancienne baie géminée du , aujourd'hui disparue, avec des restes de cordons en pierre poursuivant les anciens appui et imposte..

: hôtel Viguerie.Au , un hôtel particulier est élevé pour un membre de la famille Viguerie, probablement le capitoul Jean Viguerie, sur les deux culs-de-sac que forme alors la rue du Prieuré (emplacements des actuels , 4 bis et 8). La façade, qui s'élève sur deux étages, a conservé des éléments de la Renaissance. Au rez-de-chaussée, une porte latérale en plein cintre, probablement ouverte au , conserve une clef de voûte sculptée en pierre. Au , les fenêtres rectangulaires ont leurs linteaux sculptés de rosaces. Au , les petites fenêtres carrées ont également des linteaux sculptés.

au-devant des : emplacement de l'église Saint-Pierre-Saint-Martin. Un fragment du mur de façade de l'église Saint-Pierre-Saint-Martin, de de long et de de haut, subsiste entre les et 5.

12 : immeuble. L'immeuble, de style classique, a peut-être été construit pour Guillaume Rigail d'Ouvrier, conseiller aux requêtes du parlement entre 1631 et 1638. Le vaste édifice possède sa façade principale sur la rue Jacques-Cujas (actuel ). Au rez-de-chaussée, une arcade de boutique conserve une clé d'arc ornée d'une pointe-de-diamant. Aux étages, décroissants et séparés par des cordons, les fenêtres sont couronnées d'une fine corniche et s'ornent de crossettes originales..

Personnalité Léonce Castelbou (1823-1887) : avocat, radical-socialiste, conseiller municipal de Toulouse entre 1869 et 1871, puis entre 1878 et 1884, et brièvement maire en 1871 et en 1881. Il meurt à son domicile, rue du PrieuréSalies 1989, vol. 1, ..

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Ouvrages généraux Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », Mémoires de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Toulouse, , tome II, Toulouse, 1924, . Pierre Salies, Dictionnaire des rues de Toulouse, 2 vol., éd. Milan, Toulouse, 1989 . Christian Maillebiau, « Mémoire des saints Pierre et Martin », La Dépêche du Midi, .

Ouvrages spécialisés Maurice Bastide, « Un exemple de reconstruction urbaine : Toulouse après l'incendie de 1463 », Annales du Midi, t. 80, , 1968, . Roger Camboulives, « Maison de charité de la Daurade (Église Saint-Pierre-Saint-Martin - Hôtel Viguerie) », Mémoires de la Société archéologique du Midi de la France, t. XXVIII, 1962, . Paul Mesplé, « Le couvent des Ursulines et l'ancienne Poste », L'Auta, , , . Josseline Guyader, « Bureau et maisons de charité : l'assistance à domicile aux « pauvres malades » dans le cade des paroisses toulousaines (1687-1797) », Revue d'histoire de l'Église de France, tome 80, , 1994, .

Articles connexes Liste des voies de Toulouse Liste des hôtels particuliers de Toulouse

Liens externes « Notice », Au nom de la voie, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse, (consulté le ). Inventaire préliminaire de la ville de Toulouse, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse (consulté le ). Inventaire général du patrimoine culturel d'Occitanie, sur le site Ressources patrimoines - La médiathèque culturelle de la Région Occitanie (consulté le ).

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