Managua ou Leal Villa de Santiago de Managua (nom sous lequel elle a été fondée) est une commune du Nicaragua, ainsi que le chef-lieu du département de Managua. Elle est aussi la capitale du pays, le siège du gouvernement et des pouvoirs de l'État.

Elle est située à l'ouest du Nicaragua et s'étire le long de la côte sud-ouest du lac Xolotlán (ou « lac de Managua »). C'est la plus grande ville du pays au regard de la population et d'extension géographique ( de long).

La ville est issue d'un peuplement précolombien, puis au d'une implantation espagnole qui a été élevée au rang de village en 1819, de ville en 1846, puis déclarée capitale de la nation en 1852 et créée en tant que département en 2009. Étymologie Le nom « Managua » a deux origines possibles.

Il peut provenir du terme Mana-ahuac, qui signifie en langue Nahuatl « au bord de l'eau » ou « lieu entouré d'eau ». En effet, les lacs de cratère d'Acahualinca, Asososca, Nejapa, Tiscapa, Apoyeque et Xiloá, en plus du lac Xolotlán, sont des réserves d'eau incluses dans les limites de Managua. C'est donc la présence de ces nombreux lacs a proximité qui lui a donné ce nom. Ou encore, il peut provenir de la langue Mangue, où le mot « managua » signifiait « lieu du grand homme » ou « chef »..

Les habitants de la ville sont appelés managuas, managüenses ou capitalinos.

Histoire Période précolombienne vignette|Empreintes de pas humains vieilles de trouvées à Acahualinca.|alt=|gauche Des établissements humains sont connus dans la région de Managua bien avant l'arrivée des colonisateurs espagnols. C'étaient des communautés indigènes de pêcheurs installées sur les rives du lac Xolotlán depuis environ ..

Parmi les preuves archéologiques, se trouvent des traces de pas humains datant de plus de accidentellement découvertes à Acahualinca, un quartier de la ville qui borde les rives du lac de Managua Schmincke, H.-U., S. Kutterolf, W. Perez, J. Rausch J, A. Freundt, and W. Strauch, 2008, Walking through volcanic mud: the 2,100-year-old Acahualinca footprints (Nicaragua). I Stratigraphy, lithology, volcanology and age of the Acahualinca section. Bulletin of Volcanology. v. 51, no. 5, p. 479-493. .

Il existe d'autres vestiges archéologiques, notamment sous la forme de céramiques et de statues en pierre volcanique comme celles trouvées sur l'île de Zapatera, ainsi que des pétroglyphes trouvés sur l'île d'Ometepe. Tous ces artéfacts sont conservés et exposée au Musée national du Nicaragua, au Palais de la culture de Managua.

Jusqu'au Le plan de l'actuelle Managua a été établi dans les années 1810. C'était à l'origine un village de pêcheurs. De 1814 à 1823, les déclarations d'indépendance se succèdent dans toutes les colonies espagnoles, en particulier celles d'Amérique centrale.

Le , par un décret royal de Ferdinand VII d'Espagne, le village est élevé au titre de "Villa Loyale de Santiago de Managua" pour être restée fidèle au gouvernement espagnol lors des périodes d'indépendances de 1811 au Nicaragua qui devient définitivement indépendant en 1838.

Le , le village est élevé au rang de ville sous le nom de "Santiago de Managua". vignette|Managua, 1849 Le Managua devient définitivement la capitale du pays, mettant ainsi fin à la longue rivalité entre León et Granada qui s'étaient échangé ce rôle jusqu'alors. La situation géographique de Managua, entre ces villes rivales en faisait un lieu de compromis logique...

En 1856, Managua fut occupée par les troupes du flibustier américain William Walker, qui utilisèrent comme caserne la grande maison qui était le presbytère - situé à l'endroit où se trouve aujourd'hui le Palais de la Culture. La victoire du colonel José Dolores Estrada à la bataille de San Jacinto le de la même année, repousse les mercenaires de Walker vers Granada.

Le , les troupes de Walker - qui s'était auto-proclamé président du Nicaragua - sont finalement vaincues à la bataille de Santa Rosa et contraintes de quitter le pays..

Un "duumvir" (ou chachagua) est mis en place avec Tomás Martínez Guerrero (conservateur) et Máximo Jerez Tellería (libéral) a sa direction, ce qui a donné lieu à une période de 36 ans de succession de gouvernements conservateurs.

À partir de ce moment, Managua connait une urbanisation importante, devenant une base de gouvernement, d'infrastructures et de services, malheureusement entravée par des inondations majeures en 1876 et 1885, faisant de nombreuses victimes.

Le , la révolution libérale éclate à León, sous la direction du docteur et général José Santos Zelaya López, qui entre victorieusement dans la capitale 14 jours plus tard par la "calle del Triunfo" (rue du Triomphe), le jour de la fête de Santiago le saint patron de la ville.

José Santos Zelaya dirige ensuite le Nicaragua pendant seize ans, entre 1893 et 1909, à la tête d'un gouvernement éclairé mais autoritaire.

Histoire contemporaine À deux reprises, le et en des tremblements de terre et en 1968 une forte secousse, ainsi qu'un grand incendie en 1936, ont détruit une grande partie de la ville. Ces événements ont fait de nombreuses victimes et ont été particulièrement néfastes pour les bâtiments situés au centre de la ville, faits d'adobe, de taquézal (un assemblage de bois et de boue), avec des charpentes en bois et des toits en lourdes tuiles d'argile. vignette|gauche|Image aérienne des décombres de Managua en 1972. Le séisme du , à 00 h 35, un tremblement de terre de 6,2 sur l'échelle de Richter détruit une partie de la ville, notamment le centre, faisant plus de morts et blessés. Les incendies provoqués par la catastrophe se poursuivent pendant les deux semaines suivantes. Le gouvernement a ensuite condamné le centre-ville et interdit sa reconstruction. Les urbanistes ont donc choisi de tracer de nouvelles rues et de nouveaux quartiers à la périphérie de la vieille ville.

Sous la dictature d'Anastasio Somoza García et de sa famille (1936-1979), la ville a été reconstruite et a commencé à se développer rapidement. De nouveaux bâtiments gouvernementaux ont été érigés, l'industrie s'est développée et des universités ont été créées. Managua était devenue la ville la plus développée d'Amérique centrale. Les références actuelles différencient le Managua d'avant les années 1970 en l'appelant La Antigua Ciudad ou « La vieille ville ».

Le , sur l'avenue Roosevelt (aujourd'hui avenue piétonnière « général Augusto C. Sandino »), eut lieu le tristement célèbre , au cours duquel des soldats de la Garde nationale (GN) ont tiré sur des manifestants de l'Union nationale de l'opposition (UNO) qui protestaient contre le président du Nicaragua de l'époque et marionnette du régime de la famille Somoza, Lorenzo Guerrero Gutiérrez Relato sereno de los sucesos del 22 de enero. La Prensa del 3 de febrero de 1967, página 1.

La révolution nicaraguayenne de 1979 visant à renverser le régime Somoza et la guerre des Contras des années 1980, qui a duré 11 ans, ont encore dévasté la ville et son économie. Pour aggraver les choses, une série de catastrophes naturelles, dont l'ouragan Mitch en 1998, ont rendu la reprise économique plus difficile.

Après avoir remporté l'élection présidentielle en 1990, l'Union nationale de l'opposition (UNO) a entrepris la reconstruction de Managua. Plus de sont revenus de l'étranger, apportant leur expertise et les capitaux nécessaires. Les entreprises se sont multipliées, de nouveaux projets de logement et des écoles ont été construits, l'aéroport a été agrandi et modernisé, les rues ont été élargies, les anciens centres commerciaux ont été réparés et de nouveaux ont été construits, et les bâtiments ont été nettoyés. En 2006, après le retour au pouvoir du Front sandiniste de libération nationale, les programmes d'alphabétisation, de santé et de reconstruction ont été étendus.

De nouveaux bâtiments gouvernementaux, des galeries, des musées, des immeubles d'habitation, des places, des promenades, des monuments, des excursions en bateau sur le lac de Managua, des restaurants, des divertissements nocturnes et de larges avenues ont fait renaître une partie de l'ancienne vitalité du centre-ville de Managua. L'activité commerciale reste cependant faible. Des bâtiments résidentiels et commerciaux ont été construits à la périphérie de la ville, dans les mêmes endroits qui servaient autrefois de camps de réfugiés pour les sans-abri après le tremblement de terre. Ces lieux en plein essor ont été une source de préoccupation pour le gouvernement en raison de leur proximité avec le lac de Managua. La construction d'un nouveau réseau d'égouts et la réorientation des eaux usées vers une nouvelle station d'épuration à Las Mercedes, dans l'est de Managua, en , ont dissipé les anciennes inquiétudes concernant la pollution de l'eau et la faune indigène, et ont rapproché certains habitants du vieux centre-ville et du reste du continent. vignette|Barricade le 20 avril 2018. Le , la ville et son agglomération deviennent l'un des 15 départements du pays, divisé en 9 municipalités.

Après quatre décennies depuis la révolution sandiniste et grâce au calme politique relatif, en ayant atteint une croissance économique constante, la capitale du Nicaragua a commencé à prendre son envol pour se positionner comme la troisième ville de l'hémisphère dans la stratégie d'investissement direct étranger (IDE) de la catégorie des « villes du futur » des Amériques 2013-2014, publiée par le Financial Times.

Au printemps 2018, la capitale est le théâtre d'affrontements entre manifestants qui s'opposent à la réforme des retraites et la police appuyée par des groupes paramilitaires au service du gouvernement. Malgré des tentatives de médiation par l'Église catholique, les violences durent plusieurs mois principalement à Managua et à Masaya. Outre plusieurs centaines de victimes, ces événements ont causé de nombreux dégâts aux infrastructures de la ville, dus aux barricades, aux incendies, tirs de mortier, etc.

Géographie Managua est située à l'extrémité ouest de la plaine interlacustre (entre le lac Nicaragua et le lac de Managua), sur un terrain assez régulier, à une altitude moyenne de , avec une pente douce vers le sud. La zone urbaine de Managua s'étend sur environ , essentiellement le long de la rive sud du lac de Managua ou lac Xolotlán. La rive du lac se trouve à d'altitude et la ville monte en direction des Sierras de Managua, plus au sud, jusqu'à plus de . gauche|vignette|Vue satellite de Managua. Les principales caractéristiques orographiques de son territoire sont : le lac Xolotlán au nord ; les Sierras de Managua au sud ; un système de collines et de lacs qui arrêtent la marche urbaine à l'ouest, parmi lesquels les collines Motastepe et San Carlos ; les lacs Asososca et Nejapa à côté de la vallée Ticomo (une dépression dans ce qui était autrefois un lac de cratère). Managua compte quatre petits lacs de cratère dans les limites de la ville http://www.managua.gob.ni/modulos/documentos/caracterizacion.pdf :

Le plus central est le lac de Tiscapa, dans la réserve naturelle de Tiscapa située au sud de l'ancien centre-ville qui s'est formée il y a environ Le lac d'Asososca, à l'ouest, est la plus importante source d'eau potable de Managua. Asososca se trouve au début de l'autoroute du sud, près de la connexion avec la nouvelle autoroute vers León. Le lac de Nejapa, au sud de celui d'Asososca, se trouve également le long de l'autoroute du Sud. La quatrième est le lac Acahualinca, située au nord-ouest près des rives du lac Xolotlan, il donne son nom au district voisin à l'est. Acahualinca est connu pour ses eaux peu profondes.

Géologiquement, la ville est située sur des lignes de faille, et les sismologues prévoient donc que Managua connaîtra un grave tremblement de terre tous les au minimum.

Le lac Xolotlán contient les mêmes espèces de poissons que le grand lac Cocibolca dans le sud-est du pays, à l'exception des requins-bouledogues que l'on trouve exclusivement dans ce dernier. vignette|Vue sur le lac de Managua depuis Tipitapa.