Frédéric Pichon, né en 1977, est un chercheur indépendant, enseignant et essayiste français. Diplômé de Sciences Po Paris et titulaire d'un doctorat d'Histoire, il enseigne la géopolitique, notamment en classe préparatoire aux grandes écoles. S'intéressant particulièrement à la situation des chrétiens en Syrie, il est consultant pour différents médias au sujet de la crise syrienne et du Moyen-Orient.

Il publie deux livres sur la guerre civile syrienne où il critique la politique occidentale qui selon lui a une part de responsabilité dans le « désastre ». Il fustige le positionnement anti-Assad de la France, qui a notamment, selon lui, mal estimé l'importance du djihadisme dans l'opposition syrienne. Il reçoit des critiques positives mais également de vifs reproches de spécialistes. Il est notamment accusé de défendre, sans le reconnaître, le régime syrien, et de pratiquer une sorte de « révisionnisme ».

Biographie Famille Il est le fils de l'homme politique d'extrême droite Olivier Pichon et le père de Paul Pichon, meneur du groupe d'extrême droite radicale Auctorum à Versailles et admirateur du collaborateur et Waffen-SS belge Léon Degrelle..

Cursus universitaire Après une scolarité à l'IEP de Paris, Frédéric Pichon prépare et soutient en 2009, à l'École pratique des hautes études, une thèse de doctorat intitulée Du vieux avec du neuf : histoire et identité d'un village chrétien de Syrie : Ma'lūlā (), faisant référence au village chrétien de Maaloula en Syrie. Selon France24, il connaît bien ce village, y ayant vécu. Par la suite, il enseigne la géopolitique, notamment en classe préparatoire aux grandes écoles. Dans un article de 2016, le journal La Croix le présente comme étant chercheur associé à l'université François-Rabelais (Tours).

Consultant Depuis le début de la guerre civile syrienne, F. Pichon intervient dans différents titres de presse et médias au sujet du Moyen-Orient. Il a vécu à Beyrouth au Liban et réalisé des séjours réguliers au Moyen-Orient depuis 2002, notamment en Syrie, pendant la guerre civile. Il est consultant médias pour la crise syrienne et le Moyen-Orient.

Auteur d'ouvrages et de rapports sur le conflit syrien, Frédéric Pichon a été auditionné par plusieurs institutions internationales comme l'UNESCO et le Conseil de l'Europe sur la situation en Syrie.

Il publie des articles sur le Moyen-Orient et la Syrie dans diverses revues, dont Les Cahiers de l'Orient, Diplomatie, Politique étrangère, Conflits, Tempora, Revue des Deux MondesFrédéric Pichon, « Une visite aux chrétiens de Damas », dans Revue des Deux Mondes, Chrétiens d'Orient. Les oubliés, février 2015 .

Engagement public et thèses défendues Défense des chrétiens d'Orient Frédéric Pichon participe en 2015, aux côtés de Thierry Mariani et de Pascal Ellul, à une conférence organisée par l'association Massihiyyoun maan (Chrétiens ensemble-SOS Chrétiens d'Orient au Liban) et affirme son soutien à l'action sociale et caritative de l'association SOS Chrétiens d'Orient.

Frédéric Pichon participe en à une conférence à Damas organisée par l'association Step for Syria, une association qui affirme être financée par des dons privés et une subvention du régime syrien. Les personnes invitées à suivre cette conférence sont de jeunes Français, qui, selon L'Obs, . L'Obs ajoute que l'association Step for Syria n'a .

Analyses sur la guerre civile syrienne Frédéric Pichon estime que la guerre civile en Syrie est une dont la responsabilité échoit en partie aux grandes puissances occidentales. Il insiste sur la en Syrie, tandis que l'Occident vit le . Dans son livre Pourquoi l'Occident s'est trompé, Frédéric Pichon estime que les Occidentaux ont refusé de mesurer l'importance du djihadisme dans l'opposition syrienne. Ce livre de Pichon se finit par le chapitre : « De guerre lasse, Assad plutôt que le chaos ».

Selon Causeur, Frédéric Pichon fustige et a intitulé un chapitre de son livre Syrie, une guerre pour rien « La France, puissance sunnite ».

D'après l'écrivain et diplomate Eugène Berg, Frédéric Pichon : d'abord, , ensuite sans l'accord des Russes et enfin il , celles-ci étant assez .

Concernant le maintien du régime syrien malgré la guerre civile, Frédéric Pichon estime (dans Une guerre pour rien) que le pouvoir baasiste bénéficie de l’appui des minorités alaouites, druzes et chrétiennes mais aussi de celui d’une partie de la bourgeoisie sunnite intégrée au pouvoir. Ce socle, que Frédéric Pichon juge insuffisant, oblige le régime à négocier quand il le peut, mais aussi à . Pour lui, le pouvoir syrien est l'héritier de deux tendance historiques : le et . Frédéric Pichon affirme que le régime syrien pratique une répression brutale, des , et que cela contribue à son succès sur le terrain.

Frédéric Pichon estime que le massacre de Houla, contrairement aux multiples témoignages des victimes et d'officiels syriens, est une dans un contexte de Frédéric Pichon, Syrie : Pourquoi l'Occident s'est trompé, Éditions du Rocher, 2014, . Cette affirmation est contredite par de nombreuses enquêtes et par le rapport des Nations unies sur le massacre .

Au sujet de l'Armée syrienne libre , il déclare en : . Il juge également qu'elle et que ses membres .

Concernant l'attaque du village de Maaloula par des djihadistes, il déclare que les chrétiens qui y habitent ont peur et que : .

Réception critique de ses ouvrages Frédéric Pichon est notamment remarqué pour ses positions au sujet de la guerre civile syrienne, qu'il expose dans deux ouvrages : Syrie, pourquoi l’Occident s’est trompé et Syrie, une guerre pour rien. Ces deux livres sont diversement reçus.

Syrie, pourquoi l’Occident s’est trompé Pour Jean-Louis Thiériot, Frédéric Pichon s'astreint à une analyse dans Syrie, pourquoi l'occident s'est trompé, livre qu'il qualifie de . Selon l'écrivain et diplomate Eugène Berg, ce livre est , mais Eugène Berg émet néanmoins des réserves sur certains points. Il estime notamment que l'Occident avait effectivement fait le calcul d'une chute rapide d'Assad, mais il met en doute que les pays occidentaux aient .

François Gorand qualifie quant à lui dans la revue Commentaire le premier livre de Frédéric Pichon de ..

Syrie, une guerre pour rien Pour la journaliste Lamia el-Saad, Syrie, une guerre pour rien , et son auteur adopte . Cependant, Lamia el-Saad estime que Frédéric Pichon de Bachar al-Assad, et qu'il n'assume pas sa partialité. Elle affirme qu'il ne mentionne pas les attaques chimiques du régime. Elle estime qu'il s'agit d'un et surprenant. Selon elle, Frédéric Pichon , l'essayiste déclarant :

Selon le journaliste Jean-Dominique Merchet, qui analyse également Syrie, une guerre pour rien, Frédéric Pichon se méfie des rebelles syriens, par crainte de l'islamisme et attachement aux chrétiens d'Orient, et Frédéric Pichon prend ainsi le risque de passer pour un soutien du régime. Jean-Dominique Merchet cite l'historien Jean-Pierre Filiu, qui estime que les refusent obstinément de comprendre qu'il y a une révolution en Syrie et mettent un accent excessif sur le sort des minorités. Et, pour Jean-Dominique Merchet, . Jean-Dominique Merchet note également que, selon Jean-Pierre Filiu, . Jean-Dominique Merchet estime que ce constat s’apparente finalement au revendiqué par Frédéric Pichon.

Jean-Dominique Merchet estime qu'il est difficile de donner tort à Frédéric Pichon lorsque ce dernier écrit que la Syrie est , au vu de l'échec de la déclenchée en et de la du régime. Le journaliste note que Frédéric Pichon cite George Orwell, qui écrivait à propos de la guerre d'Espagne : .

Denis Bauchard, conseiller à l'Ifri pour le Moyen-Orient, estime dans un article paru dans la revue Politique étrangère que Frédéric Pichon, dans son ouvrage Syrie, une guerre pour rien . En outre, Denis Bauchard déclare que et que le livre de Frédéric Pichon tente .

Selon Historicoblog, Frédéric Pichon minimise le soulèvement de Deraa, les manifestations.

Critiques et accusations de révisionnisme Pour l'ancien diplomate spécialiste de la Syrie Wladimir Glasman, Frédéric Pichon et d'autres spécialistes de la Syrie participent à une certaine forme de en évoquant avec les massacres perpétrés en Syrie par le régime de Bachar el-Assad, au nom de la realpolitik ; ils reprennent à leur compte . Selon Wladimir Glasman, Frédéric Pichon reprend les arguments du régime sur les débuts violents du soulèvement populaire en se référant à des de Foreign Policy.

Frédéric Pichon est l'invité de France 2 pour un numéro de l’émission « Un Œil sur la Planète » portant sur la Syrie le , et intitulé Syrie, le grand aveuglement. Cette émission est très critiquée par Cédric Mas, Marie Peltier et l'association Souria Houria, tandis que L'Humanité en fait une recension élogieuse.

L'historien militaire Cédric Mas estime que l'émission « Un Œil sur la Planète » est un . Cédric Mas cite plusieurs intervenants de l'émission, estimant que cette émission met leur propos au qu'elle cherche à transmettre. Selon Cédric Mas, Frédéric Pichon . Le journaliste Jean-Dominique Merchet relève que dans son livre Une guerre pour rien Frédéric Pichon déclare que . Jean-Dominique Merchet estime que cette thèse .

L'association Souria Houria, qui milite pour la démocratie et les droits de l'homme en Syrie, envoie une lettre à France Télévision pour demander l'ouverture d'une enquête à la suite de l'émission de « Un Œil sur la Planète », estimant que le reportage reprend et s'aligne sur celles développées par Frédéric Pichon dans Pourquoi l’occident s’est trompé. L'association signale que Frédéric Pichon a réalisé une interview de Bouthaina Chaabane, et affirme que Frédéric Pichon a fait en préambule de l’entretien de cette conseillère politique du président Assad.

Frédéric Pichon participe le avec d'autres spécialistes du conflit syrien à l'émission d'Yves Calvi portant sur le siège d'Alep. Le journaliste Arezki Metref voit dans les commentaires des invités une rupture avec la couverture médiatique habituelle du conflit, et, pendant l'émission, en direct, Yves Calvi s'inquiète d'avoir organisé une . Nicolas Hénin écrit que Frédéric Pichon est un , à propos d'une conférence sur les Chrétiens d'Orient qu'il a donnée aux côtés de Thierry Mariani, Benjamin Blanchard et Pascal Ellul.

Pour Mediapart, Frédéric Pichon . Les journalistes donnent pour exemple sa contestation du « rapport César », à propos duquel il avait déclaré que ce rapport documentant la torture systématique dans les prisons syriennes était , et rappellent qu'il a été accusé, depuis le déclenchement de la révolution syrienne, de relayer la propagande d’Assad.

Ouvrages Voyage chez les chrétiens d'Orient, Presses de la Renaissance, 2006 Maaloula (xixe-xxie siècles). Du vieux avec du neuf. Histoire et identité d’un village chrétien de Syrie, Presses de l’Institut français du Proche-Orient, 2010 Géopolitique du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord : du Maroc à l’Iran, Tancrède Josseran, Florian Louis et Frédéric Pichon, Presses universitaires de France, 2012 Syrie, pourquoi l’Occident s’est trompé, Éditions du Rocher, 2014 Syrie, une guerre pour rien, Éditions du Cerf, 2017

Notes et références

Notes

Références

Liens externes

Catégorie:Géopoliticien français Catégorie:Historien français du XXIe siècle Catégorie:Naissance en 1977 Catégorie:Élève de l'Institut d'études politiques de Paris Catégorie:Élève de l'École pratique des hautes études