Les Jupiter sont une série de radars navals de surveillance aérienne conçus par la Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson Houston (CFTH), Thomson-CSF puis Thales et utilisés par la Marine nationale française à partir de 1961. Ils sont issus du radar DRBV-22 et connaissent sept versions et dérivés.

Origines DRBV-22 Le radar Thomson DRBV-22 (Détection Radioélectrique emBarquée de Veille) est développé au début des années 1950 sur les bases techniques du modèle SPS-6B utilisé par l'United States Navy. Remplaçant le DRBV-20, il connaît deux évolutions principales, la série DRBV-22A puis les DRBV-22C/D/E. DRBV-22A La version -22A émet en bande L (D), est dotée d'une antenne grillagée de forme pentagonale et constitue le radar de surveillance aérienne le plus répandu dans la marine nationale française durant les décennies 1960 et 1970.

Caractéristiques techniques Caractéristiques Données RPM 6 / 12 Portée Puissance crête

Ce radar est mis en service en 1956 et installé à la construction ou au cours d'une refonte sur plusieurs classes de navires dont quarante-deux unités sont recensées ci-dessous : Le croiseur De Grasse (C 610) reçoit un DRBV-22A en refonte en 1956.

Les escorteurs rapides: Le type E50 : Le Brestois (F 762) est équipé de ce modèle lors d'une refonte impliquant une modification de la mature. le type E 52 : les quatre dernières unités de cette sous-classe sont dotées d'origine du radar, soit à partir du Le Breton (F 772) en 1957, suivi du Le Basque (F 773), L'Agenais (F 774) et Le Béarnais (F 775). Les sept premières unités sont modifiées en refonte au cours des années 1960, les Le Normand (F 765), Le Picard (F 766), Le Gascon (F 767), Le Lorrain (F 768), Le Bourguignon (F 769), Le Champenois (F 770) et Le Savoyard (F 771). le type E 52B : les trois unités de cette sous-classe les reçoivent d'origine, L'Alsacien (F 776), Le Provencal (F 777) et Le Vendéen (F 778).

Les escorteurs d'escadre Les escorteurs d'escadre classe T 47 Dupetit-Thouars (D 625) et Du Chayla (D 630) sont équipés en 1963-1964 un radar DRBV-22A au cours de leur refonte d'adaptation aux missiles RIM-24 Tartar. Les cinq escorteurs d'escadre classe T 53 sont équipés à leur construction de ce modèle, le Duperré (D 633)Escorteur d'Escadre Duperré : Caractéristiques principales, La Bourdonnais (D 634), le Forbin (D 635), le Tartu (D 636) et le Jauréguiberry (D 637). L'escorteur d'escadre classe T56 La Galissonnière (D638) en est doté à sa construction.

Les aviso-escorteurs sont équipés d'un DRBV-22A à la construction : La classe Commandant Rivière de la Marine nationale à partir de 1962 avec les neuf unités Victor Schœlcher (F725), Commandant Bory (F726), Amiral Charner (F727), Doudart de Lagrée (F728), Balny (F729), Commandant Rivière (F733), Commandant Bourdais (F740), Protet (F748) et Enseigne de vaisseau Henry (F749). La classe Comandante João Belo de la Marine portugaise à partir de 1967 avec les quatre unités Comandante João Belo (F 480), Comandante Hermenegildo Capelo (F 481), Comandante Roberto Ivens (F 482) et Comandante Sacadura Cabral (F 483). La classe Oslo de la marine norvégienne reçoit ce modèle à partir de 1967, avec les cinq navires Oslo (F 300), Bergen (F 301), Trondheim (F 302), Stavanger (F 304) et Narvik (F 305). Le porte-avions Arromanches (R95) est modernisé en 1969 et perçoit à ce moment un DRBV-22A. La corvette Aconit (D609) en est dotée en 1970.

DRBV-22C/D/E

Les versions -22C, -22D et -22E sont modifiées par l'addition d'une antenne elliptique stabilisée et d'un émetteur plus puissant, avec une portée de . Produites à peu d'exemplaires, elles sont mises en service à partir de 1958 et servent de banc d'essai pour la série des radars DRBV-23.

Quatre navires sont équipés : Le navire expérimental l'Île d'Oléron (A610) en 1958 avec un DRBV-22C. Le croiseur porte-hélicoptères Jeanne d’Arc (indicatif visuel R 99) en 1964 et le bâtiment d'essais et mesure Henri Poincaré (indicatif visuel A603) en 1968. reçoivent un DRBV-22D. Le bâtiment de soutien santé Rance (indicatif visuel A618) en 1965 avec un DRBV-22E.

Les radars Jupiter DRBV-23

Le radar Thomson Jupiter/DRBV-23/THD-1077 dérive des dernières versions du DRBV-22. Ce nouveau modèle est baptisé Jupiter. Son antenne de forme elliptique et stabilisée est équipée d'un émetteur en bande L (D) de plus forte puissance, ce qui engendre une portée de .

Caractéristiques techniques Caractéristiques Données Fréquence de répétition des impulsions radar 450 pps (600 or 200 pps) Faisceau X° (2,5), Y° (50) Longueur d'impulsion 2,5 microsecondes RPM 7,5 / 15 Portée ~ Puissance crête Gain Dimensions par

Il est utilisé sur les plus importantes unités de surface de la Marine nationale française.

DRBV-23B Ce modèle dans sa variante DRBV-23B est mis en service en 1961 sur le porte-avions Clemenceau (indicatif visuel R98), puis en 1963 sur son navire-jumeau, le Foch (indicatif R99) ; ..

DRBV-23C Les croiseurs anti-aériens De Grasse (C610) en 1966 et le Colbert (C611) en 1972 sont équipés d'un radar DRBV 23C en remplacement d'un DRBV-22A dans le cadre de travaux de modernisation.

DRBV-26A

Le radar Thomson-CSF Jupiter II / DRBV-26A / TRS-3010 commence son développement en 1972 sur la base du DRBV-23. Une plus grande fiabilité de fonctionnement et une meilleure résistance aux contre-mesures sont recherchées. Ce radar cohérent reçoit un émetteur à tube à ondes progressives, et des modes CFAR et MTI.

Caractéristiques techniques ; Caractéristiques Données Fréquence de répétition des impulsions radar 450 pp Faisceau X° (2,5), Y° (50) Longueur d'impulsion 2,5 microsecondes RPM 7,5 / 15 Portée Puissance crête Gain Dimensions par Masse ,

Deux classes de navires de la Marine nationale française sont équipées : La Classe Tourville Le Tourville (D610) Le Duguay-Trouin (D611) Le De Grasse (D612) La Classe Georges Leygues en 1979 Le Georges Leygues (D640) Le Dupleix (D641) Le Montcalm (D642) Le Jean de Vienne (D643)

DRBV-26C

Le radar Thomson-CSF Jupiter IIS / DRBV-26C / TRS-3011 reçoit un nouvel émetteur à compression d'impulsion et état solide formé de seize modules, avec une capacité d'antibrouillage. La fréquence d'émission est stabilisée par un synthétiseur, ce qui permet des traitements de signaux plus élaborés dont des filtrages Doppler par transformation de Fourier rapide. Un système d'identification ami ou ennemi (sigle anglais IFF) est intégré à l'antenne. Le radar peut suivre soixante-quatre pistes et transmettre les données à un système tactique de type TAVITAC. Il présente une portée de .

La fiabilité de l'ensemble est améliorée avec une durée de fonctionnement sans défaut de pour les modules émetteurs et un temps moyen entre pannes de pour l'ensemble émetteur. Les modules peuvent être réparés sans éteindre l'équipement, avec un temps de travail de quelques minutes.

Le système entre en service en sur la frégate antiaérienne Jean-Bart et équipe cette classe de navires : La Classe Cassard Le Cassard (D614) en refonte en 1992 Le Jean Bart (D615).

DRBV-26D

Le radar Thomson-CSF Jupiter 08 / DRBV-26D combine l'installation électronique, l'émetteur état solide du DRBV-26C avec un traitement de signal de nouvelle génération et l'antenne réseau à commande de phase du radar Signaal LW-08, dotée de plus grandes capacités électriques et d'élévation. Il présente une portée de .

Ce radar est mis en service sur trois classes de navires pour un total de dix unités : Le Charles de Gaulle (R91) en 2001

La Classe Kang Ding en 1996 Kang Ding (FFG-1202) Si Ning (FFG-1203) Kun Ming (FFG-1205) Di Hua (FFG-1206) Wu Chang (FFG-1207) Chen De (FFG-1208) La Classe F 3000 S en 2002 Al Riyadh (812) Al Makkah (814) Al Damman (816)

Dérivés DRBV-21A

Le radar Thomson-CSF Mars / DRBV-21A / TRS-3015 est constitué de l'antenne d'un DRBV-22A et deux sous-ensembles modifiés du DRBV-26C, son émetteur état solide porté de 16 à 32 éléments et son installation électronique au volume réduit. Le modèle Mars 05 est une évolution où l'antenne du DRBV-22A est remplacée par celle du radar Signaal DA.05.

Caractéristiques techniques Caractéristiques Données RPM 12 Portée Gain Masse

Une base navale de l'océan Pacifique, un centre d'entraînement et deux classes de navires de la Marine nationale française reçoivent ce radar : La classe Foudre, TCD Foudre (L9011) à partir de 1997 en refonte TCD Siroco (L9012)

La classe Floréal à partir de 1992, Floréal (F 730) Prairial (F 731) Nivôse (F732) Ventôse (F733) Vendémiaire (F734) Germinal (F735)

DRBV-27 Le radar Astral / DRBV-27 / TRS-3505 est un radar tridimensionnel à antenne planaire et compression d'impulsion numérique. Il combine les installations électroniques du DRBV-26C et une nouvelle antenne planaire d'une masse de , où l'élévation du faisceau est réalisée électroniquement jusqu'à 45°.

Cet équipement est conçu pour répondre aux fonctions de veille aérienne à longue portée dans le cadre du programme de frégates de la classe Horizon. Il échoue face au radar S1850M dérivé du SMART-L (Thales Nederland) et ne connaît pas de mise en production.

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Notes et références

Bibliographie

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