Le Llano en flammes (El Llano en llamas) est un recueil de nouvelles écrit par l'auteur mexicain Juan Rulfo. Il a été publié en tant que recueil en 1953 et réédité avec des ajouts en 1971. Il comporte des nouvelles qui se passent dans le Jalisco au sud-ouest du Mexique.
Dans les nouvelles du recueil, Rulfo explore la vie rurale mexicaine dans le contexte violent de la Révolution Mexicaine et de la Guerre des Cristeros au début du siècle. Il ne s'agit pas pour Rulfo de donner une représentation exotique ou régionaliste de la campagne mexicaine mais plutôt de mettre en évidence l'hostilité de cet espace à travers la voix de ses personnagesPinçonnat Crystel, « La construction d'une visibilité ethnique sur la scène littéraire : le cas des écrivains amérindiens », Revue de littérature comparée, 2006/1 (), p. 53-69. "Les deux écrivains ont opté pour des choix esthétiques similaires dans un même but : dépeindre la vie d’êtres survivant dans un milieu hostile, oubliés de tous, comme en marge de l’histoire. À cette fin, tous deux ont repoussé toute forme d’exotisme, pour privilégier la parole de ces hommes sans voix, longtemps demeurés hors du champ littéraire"..
Le titre du recueil est en fait le titre d'une des nouvelles qu'il comporte. Ce titre est représentatif de l'intégralité du recueil car ce dernier explore l'espace géographique aride et désertique du Llano Grande. À l'origine, le recueil devait s'intituler Les histoires de mon Oncle Celerino (Los cuentos del Tío Celerino)Juan Rulfo (1996), "Ensayos, discursos, conferencias y prólogos", dans Toda la Obra (Ed. critique par Claude Fell), Editorial Universidad de Costa Rica, p.451. (traduction libre du titre par le contributeur) en hommage à un des oncles de l'auteur qui lui racontait des histoires lorsqu'il était enfant.
Dans l'édition française de Gallimard, le recueil est précédé d'une préface de J.M.G Le Clézio.
Composition du recueil Les différentes éditions du recueil Plusieurs nouvelles du recueil ont d'abord fait l'objet d'une publication dans les revues mexicaines Pan et América. On nous a donné la terre (Nos han dado la tierra) est la première nouvelle que publie Rulfo en dans la revue Pan suivie en par Macario dans la même revue. En 1953, Rulfo publie chez l'éditeur Fondo de Cultura Económica la première version du recueil. Elle contenait les sept nouvelles publiées dans les revues littéraires et huit nouvelles inédites comme L'homme (El hombre) ou la nouvelle de clôture du recueil: Anacleto Morones.
En 1971, une deuxième édition du recueil est publiée dans laquelle l'auteur a ajouté deux nouvelles publiées en 1955 dans des revues: Le jour du tremblement de terre (El día del derrumbe) et L'héritage de Matilde Arcángel (La herencia de Matilde Arcángel).. La nouvelle Paso del Norte, présente dans l'édition de 1953 est supprimée du recueil par l'auteur. Néanmoins, elle est réintégrée dans l'édition posthume de l'œuvre de Rulfo et elle figure dans l'édition française de 2001 chez Gallimard.
La composition définitive +Titre en français table des titres.Titre originalDate de publication originale.Revue de publicationOn nous a donné la terreNos han dado la tierraPanLa cuesta de las comadresLa cuesta de las comadresAméricaC'est qu'on est très pauvresEs que somos muy pobresAméricaL'hommeEl hombre——À l'aubeEn la madrugada——TalpaTalpaAméricaMacarioMacarioPanLe Llano en flammesEl Llano en llamasAméricaDis-leur de ne pas me tuer!¡Diles que no me maten!AméricaLuvinaLuvina——La nuit où on l'a laissé seulLa noche que lo dejaron solo——Paso del NortePaso del Norte——Rappelle-toiAcuérdate——Tu n'entends pas les chiens aboyerNo oyes ladrar los perros——Le jour du tremblement de terreEl día del derrumbeMexico en la CulturaL'héritage de Matilde ArcángelLa herencia de Matilde ArcángelCuadernos MédicosAnacleto MoronesAnacleto Morones——
Le Llano entre espace géographique et non-lieu
Le Llano Grande Toutes les nouvelles du recueil tournent autour de la région géographique du Jalisco et plus précisément le Llano Grande. Il s'agit d'une plaine aride et sèche particulièrement hostile à l'habitat et à l'agriculture. Dans On nous a donné la terre, des agriculteurs se plaignent justement « Mais, Monsieur le délégué, la terre est délavée, dure. Ça nous étonnerait, que le soc s'enfonce dans ce morceau de pierre qu'est la terre du Llano». Les textes de Rulfo tournent tous autour de cet espace qu'est le Llano tout en soulignant le vide qu'il incarne pour l'Humain.
Les nombreuses références à l'espace dans lequel vivent les personnages le présentent comme un lieu sans vie et donc une mort de la parole. « Ici, on parle et avec cette chaleur qu'il fait dehors, les mots grillent dans la bouche [...] C'est comme ça, ici. Et c'est pour ça que personne n'a envie de parler» explique le narrateur d'On nous a donné la terre. La Llano, constitue un lieu vide de parole et donc un espace hostile à la littérature elle-même. C. Pinçonnat remarque d'ailleurs qu'il s'agit, pour Rulfo, de faire entendre au lecteur « la parole de ces hommes sans voix longtemps restés hors du champ littéraire ».
Tu n'entends pas les chiens aboyer, un motif dans le recueil et un repère dans l'immensité du Llano Un des éléments d'unité du recueil reste cette remarque constante des personnages à travers les nouvelles « On entend les chiens aboyer ». On retrouve cette remarque dans plusieurs nouvelles telles qu'On nous a donné la terre, À l'aube ou encore la nouvelle Tu n'entends pas les chiens aboyer. Dans le recueil, l'aboiement des chiens constitue un motif récurrent qui sert de repère aux personnages dans l'immensité du Llano. La nouvelle Tu n'entends pas les chiens aboyer, place ce motif au centre de la nouvelle, l'aboiement des chiens représentant alors l'indication d'une ville ou d'un lieu civilisé dans la plaine hostile que les personnages traversent.
Dans un entretien Elena Poniatowska, Ide y vueltas: Entrevistas, Ediciones Era, "Antes, en los pueblos, apagaban la luz a las once de la noche y uno sabía donde andaba nadie en la oscuridad, si la gente estaba afuera o adentro de sus casas, y sólo por los perros, por los ladridos de los perros, localizaba uno a los cristianos, sabía uno que allí vivía la gente. Yo recorrí muchos llanos y la noche en que no oía ladrar a los perros me sabía perdido." (traduit de l'espagnol dans l'article par le contributeur). avec la journaliste mexicaine Elena Poniatowska, Rulfo explique :
Références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes La cuesta de las comadres
Catégorie:Recueil de nouvelles paru en 1953 Catégorie:Œuvre de Juan Rulfo Catégorie:Œuvre littéraire mexicaine