L’université de Strasbourg (en abrégé Unistra) est une université pluridisciplinaire de recherche française située à Strasbourg en Alsace.
Elle compte près de (dont 20 % d’étudiants internationaux, faisant d’elle une université très ouverte à l’international) et 2 091 enseignants et enseignants-chercheurs répartis au sein de 35 facultés, écoles, instituts (unités de formation et de recherche) et 71 laboratoires (unités de recherche).
Parmi les anciens étudiants et enseignants que compte l'université, 18 ont obtenu un prix Nobel et un enseignant a obtenu la médaille Fields consulté sur le site http://www.unistra.fr le 2 mai 2011..
Elle est membre de plusieurs réseaux universitaires en Europe tel qu'Eucor – Le Campus européen, la Ligue européenne des universités de recherche, le réseau d'Utrecht ou encore de Udice depuis sa création..
Histoire
La première université de Strasbourg (1538-1971) La genèse de l'université de Strasbourg remonte à la création du Gymnase Jean-Sturm en 1538. Le Gymnase fut promu au rang d’Académie en 1566, sous l’empereur Maximilien II, puis devint université en 1621, sous l'empereur Ferdinand II. L'université passa sous le contrôle du royaume de France en 1681 en même temps que la ville de Strasbourg.. Le reste de son histoire est marquée par une interruption durant la Révolution française, l'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Empire allemand (1871-1918) et sa transformation en Kaiser-Wilhelm-Universität Straßburg, puis le retour à la France en 1919.
Durant la Seconde Guerre mondiale elle dut se replier sur Clermont-Ferrand, et des étudiants et professeurs qui rejoignirent la Résistance ainsi que des étudiants Juifs et étrangers furent arrêtés et déportés. C'est pour ces raisons que l'université est la seule université française à s'être vue décerner la médaille de la Résistance française.. Mais le lien avec l'université du Reich de Strasbourg reste fort (40 % des médecins étaient d’origine alsacienne, et un quart d'entre eux collaboraient avec le régime nazi)..
Au lendemain de la guerre elle revint à Strasbourg puis fut scindée, en 1971, en trois universités spécialisées (université Strasbourg-I, université Strasbourg-II et université Strasbourg-III) après les événements de Mai 68.
L'université réunifiée (depuis 2009) L'université est officiellement réunifiée le . Elle fait partie des premières universités françaises à accéder à l'autonomie et est aussi l'une des premières à se doter d'une fondation, la Fondation Université de StrasbourgFiche : la LRU et l'autonomie financière, les fondations consulté sur le site www.ferc-sup.cgt.fr, le 17 septembre 2010..
En 2011, elle figure parmi les trois premiers lauréats des initiatives d’excellence (IDEX)[ARCHIVES] Communiqués : trois premières initiatives d'excellence sélectionnées dans le cadre de l'appel à projets Idex site du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche..
Histoire
L'université sous l'Ancien Régime
La Réforme et la création du Gymnase thumb|gauche|Johannes Sturm, le fondateur du Gymnase.Portrait par Jacob van der Heyden d'après Tobias Stimmer.L'origine de l'université de Strasbourg remonte à l’époque de la Réforme protestante. Celle-ci gagna Strasbourg au et la ville libre d’Empire fut alors convertie au protestantisme. L'adoption de la Réforme en 1525 puis du protestantisme en 1532, entraîna la sécularisation des biens de l'Église catholique ainsi qu'une réforme de l'enseignement par les autorités de la ville libre. L'appel de Luther réclamant l'« ouverture d'écoles latines et grecques » ainsi que la disponibilité des biens sécularisés pousse le gouvernement strasbourgeois, appelé « Magistrat »La ville impériale libre de Strasbourg était gouvernée par le Magistrat, un ensemble formé de trois conseils, d'un Ammeister et de quatre Stettmeisters nobles, élus pour un an. à ouvrir trois écoles en 1528. Les deux premières étaient destinées à l'enseignement secondaire, l'une était située au sein de l'Église Saint-Pierre-le-Vieux, la seconde dans un vieux couvent des Carmélites. Enfin la dernière, destinée à l'enseignement supérieur et située dans un ancien couvent des Dominicains, abordait dans ses hautes classes les études littéraires et théologiques. Les écoles étaient indépendante l'une de l'autre et très vite cette organisation de l'enseignement fut remise en cause, étant jugée imparfaite par le Magistrat.. Celui-ci par le biais du Stettmeister Jacques Sturm (premier magistrat de la ville libre) et de Martin Bucer, tous deux réformateurs protestants, fait appel à son homonyme Johannes Sturm, enseignant au Collège de France pour mener à bien l’ouverture d'une « Haute École » par la fusion des établissements existantHistoire de l'université de Strasbourg, sur le site www.unistra.fr. Consulté le 5 février 2013.Histoire du Gymnase Jean Sturm, sur le site du Gymnase Jean-Sturm : www.jsturm.fr. Consulté le 5 février 2013.. Arrivé à Strasbourg en , Johannes Sturm visita les écoles de la ville et fit des observations sur lesquelles il bâtit le plan et le programme d'étude du futur établissement. Pour cela il se servit comme modèle du Gymnase de Liège où il avait été élevé..
Le Gymnase ( en allemand) fut alors créé le et Johannes Sturm en devint le recteur. C'était à la fois un établissement secondaire et une faculté des arts dans laquelle on étudiait les humanités gréco-latines, la théologie protestante les sciences et la philosophie. Ainsi Jean Calvin, après son séjour à Strasbourg où il fut enseignant au Gymnase, s'inspira des méthodes de Sturm dans son académie Genevoise. Le Gymnase fut organisé en deux grandes sections. La première comportait d'abord neuf puis dix classes (une par année d'étude), elle accueillait les enfants à partir de l'âge de six ans et correspondant à l'enseignement primaire et secondaire. La division supérieure, accueillait les étudiants durant quatre ans et était consacrée à l'enseignement supérieur. En division supérieure, étaient enseignés la philosophie, les « langues anciennes », l'histoire et les sciences (dont la médecine) pour terminer soit par la théologie protestante, soit par l'étude du droit, désigné par « jurisprudence ».. L'allemand qui était devenue avec la réforme de Luther une langue religieuse servait de langue d'enseignement dans les huit premières années d'études. Le latin qui fut longtemps la seule langue d'enseignement reprenait son rôle dans les dernières années. Le Gymnase était contrôlé par le Magistrat, une commission de trois membres assurait sa surveillance, formé par un « chancelier », choisi parmi les anciens Stettmeistres et deux « Scholarques », dont l'un était choisis parmi les anciens Ammeisters, et le second désigné parmi les membres libres du Conseil des Treize..
La transformation du Gymnase thumb|Le Palais universitaire en 1900, vu du quai Koch.Le Gymnase connut rapidement un vif succès, la réputation de l'établissement et de ses nouvelles méthodes pédagogiques ainsi que de son recteur qualifié de « nouveau Cicéron » s’étendit dès lors à travers toute l’Europe.. Ce succès attira de nombreux étudiants, « un grand nombre de jeunes gens étrangers à l'Alsace» vinrent étudier à Strasbourg. L'établissement compta même plus d'élèves que l'Université de Bâle. Mais très vite le Gymnase trouva ses limites, les élèves des divisions supérieures ne pouvant prendre leurs grades. Les étudiants qui désiraient les obtenir devaient se présenter devant une université, généralement située dans une cité voisine, non loin de Strasbourg. La plupart des étudiants se rendaient à Bâle ou Tübingen et y passaient souvent une année, afin de se préparer aux épreuves universitaires. Très vite beaucoup d'étudiants émigrèrent vers d'autres universités.. Le dans un rapport remis au Magistrat, Johannes Sturm va proposer pour pallier ce problème qu'une promotion publique des élèves de troisième année soit faite chaque année à Pâques s'ils continuaient en seconde année. « Ceux qui persévéreraient ainsi deux ans dans l'étude de la dialectique et de la rhétorique, qui seraient aptes à discuter avec science et habileté, seraient honorés par grâce spéciale du grade de bachelier ». En plus de cette proposition, Sturm milita pour que le Magistrat de la ville demande l'érection du Gymnase en université auprès de l’empereur Maximilien II. Mais le gouvernement de la ville se limita à demander l'érection d'une Académie, seulement doté d'une faculté de philosophie « pleine et entière ». Lors de la diète d'Augsbourg de 1566 une requête de la ville fut présentée à l'empereur, qui signa, le des lettres patentes élevant le Gymnase au rang d'Académie. Lui conférant ainsi tous les privilèges associés..
L'Académie protestante eut dès lors le droit de former des bacheliers et des licenciés (maîtres ès Arts) et Sturm en fut nommé recteur à vie, pour le récompenser des services qu'il avait rendus à la ville. Dès lors deux établissements se côtoyaient, le premier accueillant les enseignements primaires et secondaires et le second, l'Académie protestante, accueillant l'enseignement supérieur. La direction de l'établissement resta aux mains des « Scholarques » de la ville, son inspection et sa surveillance furent confiées à trois inspecteurs nommés Visitatores. Un Conseil académique (Conventus academicus) réunissant les professeurs, les « scholarques » et les « visiteurs » se tenait chaque mois. L'étudiant admis à l'Académie suit pendant quatre ans les cours de la faculté de philosophie (Facultas philosophica) qui ne se limitaient pas à la philosophie, on y étudiait également les sciences et les lettres. Il obtenait à la fin de sa troisième année, le grade de Bachelier en philosophie (Prima Laurea ou Baccalaureatus philosophicum), puis à la fin de sa quatrième année celui de docteur en philosophie (Secundo Laurea, Magister artium liberalium ou Doctoratus philosophicum) qui lui permettait de choisir les cours de la faculté de droit, de la faculté de médecine ou de la faculté de théologie. Les cours en faculté duraient deux ans et étaient soutenus par une thèse donnant lieu au grade de Bachelier ou Magister. Les grades de licencié ou de docteur n'étant conférés que par les universités, les étudiants des facultés de droit, médecine et théologie devaient les obtenir dans une université étrangère, celles de Bâle accueillant un grand nombre des candidats.. La transformation du Gymnase en Académie lui permit de disposer de quatre facultés, même si une seule avait le privilège de distribuer les grades supérieurs. En plus de cette transformation, l'Académie devint propriétaire, à sa création en 1566 de la Bibliothèque du Séminaire Protestant. Celle-ci avait été créée en 1531 par le Stettmeister, Jacques Sturm et financée par la ville. Elle fut par la suite alimentée par de nombreux legs dont une partie de la bibliothèque personnelle de Johannes Sturm...
L'université sous le Saint-Empire romain germanique