Le Sommet des Amériques a lieu dans la ville de Québec, au Canada les , et et est le lieu des pourparlers concernant la proposition de zone de libre-échange des Amériques (ZLÉA). Le sommet est également connu pour l'ensemble des dispositifs de sécurité mis en place pour l'événement et pour les nombreuses manifestations civiles qui entourent les négociations.

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Progrès des négociations

Cette rencontre est la troisième entourant le processus de négociation de la ZLÉA après celles de Miami, aux États-Unis en 1994, et de Santiago du Chili, au Chili en 1998. Tous les chefs de gouvernements des Amériques y sont présents, excepté Cuba, qui est officiellement exclu pour sa non-conformité au critère selon lequel seuls les chefs d'État démocratiquement élus peuvent participer aux négociations. Cependant, soutiennent qu'il s'agit plutôt d'un prétexte pour écarter Cuba de la Zone de libre-échange, puisque son inclusion rendrait l'embargo américain désuet. En partie en raison de la résistance d'Hugo Chavez, président du Venezuela nouvellement élu en 1998, aucun accord n'est entériné lors du Sommet de Québec.

Mesures de sécurité Depuis le début, les autorités indiquent leur intention d'utiliser des mesures de sécurité très contraignantes afin de restreindre l'accès au site de la rencontre par les manifestants des différents mouvements altermondialistes, en réaction aux rencontres de Seattle (), Prague () et Montréal ().

L'érection d'une clôture de sécurité de près de trois mètres de haut, et de près de quatre kilomètres de long, qui entoure une partie du centre-ville, dont la zone des négociations et plusieurs résidences, est probablement la mesure la plus controversée et décriée de la rencontre. Seuls les résidents de la zone, les délégués au sommet et certains journalistes accrédités se voient accordés le droit d'entrée à l'intérieur du périmètre. Les églises et les magasins se voient interdire le droit d'ouvrir leurs portes.

Les forces de sécurité sont fournies par la Sûreté du Québec, la Gendarmerie royale du Canada (GRC), en collaboration avec les Forces armées canadiennes et le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

Protestations contre le sommet

Les mouvements de protestation contre le Sommet de Québec (aussi appelés A20) rassemblent plus de provenant de partout en Amérique. Les groupes représentés aux manifestations sont nombreux, dont l'organisation environnementale Greenpeace, le Conseil des Canadiens, le Nouveau Parti démocratique (NPD) le Parti québécois, le Parti communiste du Canada section Québec, le Rassemblement pour une alternative politique, le Parti de la démocratie socialiste, le Parti communiste révolutionnaire et de nombreux groupes anticapitaliste, syndicaux, étudiants, communautaires et féministes provenant de l'ensemble de l'hémisphère.

400px|thumb|Marche dans la « zone verte » sur l'autoroute Laurentienne, en direction d'un rassemblement civil près du Colisée de Québec 400px|thumb|Manifestation à l'intersection du boulevard Honoré-Mercier et de la rue Saint-Jean le 21 avril 2001. La fumée provenant des gaz lacrymogènes et la barrière de sécurité peuvent être aperçus sur cette image.

En plus des visées politiques du mouvement altermondialiste, les grands médias portent leur attention sur la division de la ville avec la barrière de sécurité et la réponse policière face aux manifestations.

Les manifestants commencent à arriver à partir du . Plusieurs sont accueillis à l'Université Laval, sur les campus des Cégeps de la région ou dans les églises. Dans l'après-midi du vendredi, des militants « plus décidés que les autres » et très bien organisés réussissent à renverser le mur du périmètre de sécurité près du Grand Théâtre. Plusieurs manifestants entrent dans la zone sécurisée, ce qui déclenche des affrontements avec le cordon policier. Ce dernier finit par céder sous la pression des manifestants et le front principal se transporte vers une deuxième ligne de policiers, tous équipés de masques à gaz. Sans avertissement, une pluie de bombes lacrymogènes s'abat sur les manifestants., y compris ceux qui n'ont pas franchi la clôture de sécurité. Plusieurs rassemblements pacifiques, comme un concert et un dîner végétarien sous l'autoroute Dufferin-Montmorency ont aussi lieu. Durant la nuit, de multiples altercations et quelques actes de vandalisme sont commis.

Le deuxième jour des protestations a lieu le samedi . La journée débute avec l'ouverture du second Sommet des Peuples, un rassemblement éducatif et politique près de la gare du Palais, dans la Basse-Ville à l'est du site du sommet. Depuis cet endroit, entre 25 et marchent sur le boulevard Charest en direction nord-ouest, vers la rue de la Couronne. Un autre groupe de participants débute sa marche de l'université Laval, en passant par le Cégep de Sainte-Foy pour rejoindre un important contingent réuni au Musée national des beaux arts sur les plaines d'Abraham. Le total de ces manifestants est évalué entre .

Les protestations sont divisés en trois zones. La "zone verte", caractérisant un lieu de manifestation légal et familial sans aucun risque d'arrestation; La "zone jaune", manifestation pacifique et non sanctionnée, mais qui comprend certains risques d'arrestation ou d'affrontements avec la police; La "zone rouge", lieux de désobéissance civile qui comporte un haut risque d'arrestation.

Ce système est développé après les manifestations qui ont eu lieu à Montréal en . Quoique se voulant pacifique avec un faible taux d'arrestation, celles-ci furent anti-émeute, à dos de cheval. Ce système de zones est prévu afin de protéger ceux qui ne souhaitent pas se retrouver en état d'arrestation ou dans un lieu d'affrontements avec la police.

Arrivé à la rue de la Couronne, la marche se divise, elle emporte une majorité de protestants vers la "zone verte" au nord, vers le rassemblement prévu devant le Colisée de Québec. Plusieurs autres décident de se rendre dans les zones jaune et rouge au sud. Parmi les premiers, nombre d'entre eux se disséminent à travers l'aire Saint-Jean Baptiste; d'autres marchent en suivant la Côte d'Abraham vers l'intersection avec l'autoroute Dufferin-Montmorency, à travers laquelle la clôture passe. Des affrontements entre policiers et manifestants se déroulent durant toute la journée et plusieurs brèches dans la barrière de sécurité sont ouvertes.

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La réponse policière prend plusieurs formes : en plus des gaz lacrymogènes largement utilisées, la police utilise à plusieurs reprises un canon à eau et tire des balles de plastique pour disperser les manifestants (incluant les équipes médicales affairées à aider les blessés). La Gendarmerie royale du Canada utilise de gaz lacrymogène et tire 502 balles de caoutchouc et la Sûreté du Québec lacrymogènes et 320 balles de caoutchouc.

Parmi les autres formes d'interventions tactiques de la part des forces policières, on dénombre notamment les arrestations ciblées de figures connues des mouvements d'opposition et l'expulsion du centre des médias alternatifs du Québec (CMAQ). .

Les protestations continuent durant la nuit. En parallèle des manifestations pacifiques et des nombreux actes de désobéissance civile, quelques manifestants s'en prennent aux devantures de magasins et aux panneaux publicitaires. Le largage de bombes lacrymogènes continue, même en des endroits où aucune protestation n'avait lieu, tout comme les affrontements directs avec les manifestants.

Les manifestations prennent fin le dimanche , avec la fin de la rencontre.

Organisation des groupes militants avant le début des manifestations vignette|Cette affiche a été réalisée et payée par le collectif ARA-Toronto, en collaboration avec la CASA (c'est Nicolas «Phébus» qui ait fourni les slogans en français et les traductions). Ce n'était donc pas une affiche de la CLAC, car elle fut utilisée par la mouvance anticapitaliste à travers le Canada et plus encore. Trois coalitions jouent, pour leur part, un rôle important dans l'organisation du contre-sommet des Amériques lors du 20 et . Le Sommet des peuples des Amériques est inauguré par le premier ministre canadien, avec une forte représentation syndicale internationale dont la Via Campesina et la CONAIE d'Équateur, liées à l'Alliance Sociale Continentale qui unit les délégués de tous les coins des Amériques. Ensuite, sous les sigles de OQP 2001 (Opération Québec Printemps 2001) et GOMM (Groupe opposé à la mondialisation des marchés), une deuxième coalition fédère des réseaux des jeunes militants d'ATTAC et d'autres associations partisanes du « Non à la ZLÉA ». Le GOMM arassemble plus de pour occuper le centre-ville de Québec, le vendredi . Le troisième regroupement qui comprend les anarchistes du CLAC (Convergence de luttes anticapitalistes) et du CASA (Comité d'accueil du Sommet des Amériques), organise un carnaval contre le capitalisme et prend part à la rencontre de l'Action Mondiale des Peuples. D'autre part, la jeunesse du Bas-St-Laurent présente lors des manifestations, prône la non-violence, réaffirme la nécessité d'une union de tous les exclus et réclame la reconnaissance des droits à la construction des alternatives. Ceux-ci affirment qu'ils ont organisé des conférences, des kiosques d'informations et des formations de désobéissance civile. Ils auraient sacrifié une partie de leurs études et loisirs, car ils croient en l'idéal qu'ils défendent, comme des milliers d'autres groupes comme eux. Ce mouvement de protestation est très fragmenté, composé de différents réseaux d'organisations et d'associations qui interviennent par secteurs d'activités, par quartiers ou groupes sociaux spécifiques. vignette|Plus de sont venues et se sont montrées intéressées à construire un groupe de base démocratique, anticapitaliste et reformiste. Divers groupes et organisations de manifestants se préparent dès le mois de avant le début du sommet. Ils se prononcent comme des manifestants « anti-mondialisation ». Il y a la présence de manifestants et organisateurs du « Sommet des peuples », aussi considérés comme des représentants de la société civile ou des participants du « Sommet parallèle », des étudiants qui envahiraient Québec pour la version politique du « spring break » des universités anglo-saxonnes de la mouvance la plus radicale du mouvement antimondialisation, qui inclut le Comité d’accueil du Sommet des Amériques (CASA) et la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC), des syndicats et des organismes non gouvernementaux, comme Opération SalAMI, la Table de convergence de l’opposition pacifique et différents participants du Forum Social Mondial.

En tant qu'hôte du sommet, le Canada a l'occasion de faire valoir ses valeurs démocratiques. En , le représentant du Canada auprès de l'OÉA ouvre des séances de la Commission à la société civile. C'est l'occasion pour les représentants gouvernementaux et les organisations de la société civile d'échanger des idées et des opinions. Ces séances se déroulaient à Ottawa. Les comptes rendus des séances sont diffusés et disponibles en ligne sur le site Internet spécifiquement créé pour le sommet du Canada.