Le trésor de la rue Mouffetard est un trésor constitué de d'or du règne de , découvert fortuitement en dans un chantier de la rue Mouffetard à Paris. La plus grande partie du trésor a été mise en vente. Il s'agit du trésor le plus important découvert à Paris à ce jour..

Historique de la découverte et partage vignette|, type aux lunettes daté . vignette|, type au bandeau, daté . Le , des terrassiers italiens travaillent à la démolition d'un immeuble aux et 53 de la rue Mouffetard dans le de Paris. Ils mettent au jour une cachette aménagée dans un mur, contenant de nombreux rouleaux de monnaies enveloppés dans des morceaux de toiles et accompagnés d'un testament rédigé par Louis Nivelle, « Écuyer, Conseiller, Secrétaire du Roi, Audiencier en la Chancellerie du Palais » et destinant le magot à sa fille Anne-Louise-Claude Nivelle. Malheureusement, il décède subitement d'une crise cardiaque avant de l'avoir prévenue. Alors que dans un premier temps un ouvrier qui avait ramené chez lui quelques piécettes qu'il croyait en cuivre et sans valeur, les avait données à son fils pour jouer aux billes, un passant se rend compte de leur valeur et en informe l'ouvrier. Ces circonstances rocambolesques sont fréquentes dans les histoires de trésor et souvent construites postérieurement..

La découverte du trésor ayant été par la suite légalement déclarée (et le butin une première fois estimé à de francs), les dispositions relatives aux découvertes fortuites de trésorsArticle 716 du code civil (loi de 1803). s'appliquent et un jugement du en fait la répartition en trois parts entre les découvreurs, la ville de Paris, propriétaire actuel de l'immeuble, et les héritiers attestés d'Anne Nivelle, soit retrouvées. Une partie du trésor, celle enveloppée dans les testaments est considérée comme héritage () et revient aux héritiers, les autres monnaies en vrac sont considérées comme trouvaille () et sont partagées par moitié entre la ville de Paris et les découvreurs ().

Ventes

Une première vente de a lieu par anticipation le ., pour payer les divers frais de justice avant la date du jugement de partage officiel.

Les ventes des parts revenant aux différents ayants droit sur le trésor ont lieu à l'hôtel des ventes de la rue Drouot. Elles s'échelonnent en plusieurs ventes en raison du très grand nombre de monnaies : , étude de maître Maurice Rheims. ; ...

La personnalité étrange du thésauriseur Louis Nivelle, membre d'une famille influente de l'époque (son père Louis Nivelle est avocat au Parlement de Paris), mène, dans ses dernières années, une double vie. Après son mariage en avec Marie de la Hogue, il réside dans un hôtel particulier rue de la Coutellerie. Louis Nivelle fréquente alors les milieux jansénistes avec son demi-frère Gabriel Nicolas Nivelle et le diacre François de Pâris de la paroisse Saint-Médard. Le diacre meurt en et est enterré au cimetière Saint-Médard. Rapidement un culte populaire lui est rendu, des miracles se produiraient sur sa tombe ce qui donne lieu à l'affaire des convulsionnaires de Saint-Médard. Mais ces débordements, exploités par les jansénistes, inquiètent le pouvoir royal. Les convulsionnaires doivent se cacher et leurs activités devenues secrètes dérivent vers la formation de sectes où se mêlent mysticisme et érotisme. C'est sans doute pour leur offrir un refuge que Louis Nivelle loue secrètement la maison de la rue Mouffetard, proche du cimetière Saint-Médard. Il se sent menacé, la teneur de son testament suggère une peur qui le tient. Il décède dans des circonstances obscures en , son corps ne sera jamais retrouvé et sa fille ne pourra accéder au trésor.

Composition du trésor Les monnaies sont toutes en or, du règne de et de deux émissions différents : le type aux lunettes et le type au bandeau. On trouve en majorité des Louis et en moins grand nombre des doubles-Louis et des demi-Louis. Beaucoup de monnaies sont dans un très bel état de conservation et n'ont presque pas circulé. Les ateliers de frappe sont variés et les années entre et . Le nombre des pièces est situé entre et Aucune sources ne s'accordent sur le nombre exact des monnaies dans le trésor, quelques-unes ont pu disparaître. La Monnaie de Paris avance aussi le nombre de . et représente un poids total d'environ d'or.

Exposition Une présentation évoque le trésor dans une salle du musée de la Monnaie de Paris... Seules 7 monnaies provenant du trésor entrent dans les collections du musée ( d'inventaire PAR_1432 à PAR_1438) : Louis aux lunettes (PAR_1434 MON C 003045) Louis au bandeau (PAR_1437 MON C 001494)..

Notes et références

Catalogues de vente, sur Gallica :

Voir aussi Articles connexes Trésor de la rue Vieille-du-Temple Louis (monnaie)#Louis XV (1715-1774)

Bibliographie . . .

Catégorie:Trésor découvert en France au XXe siècle