Jean-Baptiste Le Carpentier, né le à Helleville (Manche) et mort au Mont-Saint-Michel le , est une personnalité politique normande.

Biographie Avant la Révolution Jean-Baptiste Lecarpentier est le fils de Marin Lecarpentier (1723-1796), cultivateur aisé du Cotentin et officier public de la mairie d'Helleville, et a pour frère Augustin-René Lecarpentier (1762-1846), curé de Flamanville..

Ses parents l'envoient au petit séminaire à Valognes. Il entre à comme clerc chez un notaire valognais.

Sous la Révolution En 1789, ayant acheté un cabinet d'affaires, Jean-Baptiste Le Carpentier est huissier à Valognes. Enthousiaste pour les idées révolutionnaires, il crée une société populaire, Les Amis de la Constitution. En 1790, il entre au conseil municipal et est désigné comme chef de la garde nationale locale.

La monarchie constitutionnelle mise en application par la constitution du 3 septembre 1791 prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries.

En 1792, Jean-Baptiste Le Carpentier, alors chef de légion du district de Valognes, est élu député du département de la Manche, le septième sur treize, à la Convention nationale.

Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine : Comme je n'écoute que la voix de l'impérissable justice, que le cri de ma conscience, je vote pour la mort de Louis Capet. Le , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Le , il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze.

Le , Jean-Baptiste Le Carpentier est envoyé, aux côtés de Maximilien de Robespierre (député de la Seine), auprès de la section de Popincourt. Le , il est envoyé en mission, aux côtés de François-Louis Bourdon (député de l'Oise), dans les départements de la Manche et l'Orne afin d'y accélérer la levée en masse.

Le , il est renvoyé en mission, seul, dans les départements de la Manche et l'Orne. Initialement rappelé à la Convention le 13 brumaire an II (), il passe à l'armée de l'Ouest.

Chargé de la défense de Granville contre l'armée vendéenne, il exhorte la population à la résistance lors du siège de la ville en . Il organise également la défense de Cherbourg et de Saint-Lô.

La réaction thermidorienne Envoyé en mission à Port-Malo, il apprend la chute de Robespierre le envoie une proclamation le 17 à la Convention Nationale de réjouissance partielle. Il est rappelé sur ordonnance du Comité de salut public le 19. La montagne attaquée, il invoque pour sa défense la résistance et l'organisation mises en place lors du siège de Granville. Il est arrêté après l'insurrection du an III et est emprisonné au château du Taureau avec Bourbotte, Duroy, Duquesnoy, Goujon, Romme, Soubrany. Le Carpentier évite le sort de ces derniers qui sont exécutés et connus comme les « derniers montagnards » ou « les martyrs de Prairial ». Il est alors transféré dans une prison de Brest. Lors de la séparation de la Convention le , il bénéficie d'une amnistie votée par l'Assemblée. Le montagnard est de retour à Valognes où il ouvre un cabinet de consultations juridiques.

Sous la Restauration Au retour des Bourbons, il est exilé comme régicide, en 1816 ; il trouve refuge sur l'île de Guernesey, mais en est refoulé par les autorités britanniques. Le Carpentier revient de façon clandestine dans la Manche, se cachant dans le canton des Pieux. Le préfet de la Manche, Charles-Achille de Vanssay, et le ministre de la police, Élie Decazes, mettent sa tête à prix. Ils tentent de soudoyer d'hypothétiques complices de l'ancien conventionnel. Un paysan est condamné à dix-huit ans de prison ferme pour l'avoir hébergé. Après trois années de recherches, il est arrêté, avec son fils, chez un paysan de la région de Cherbourg, le . Selon les informations de la préfecture, Le Carpentier donnait des cours aux jeunes gens des campagnes environnantes et était devenu l'homme de confiance de nombreux paysans. Elle mentionne également un comportement séditieux : Le préfet de Vanssay, scandalisé ajoute qu'il paraît constant qu'il était l'instigateur des divisions qui ont éclaté dans quelques communesAN, F7 6713, dossier Le Carpentier.. Condamné à la prison à perpétuité, il meurt dans la prison du Mont-Saint-Michel. Le registre de catholicité de l'ancien député décrit qu'il a été inhumé civilement en présence de plusieurs personnes ; un nota bene écrit : ..

Son corps est enterré dans le cimetière d'Ardevon et son crâne conservé dans un lieu inconnu du Mont-Saint-Michel.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Histoire et dictionnaire de la Révolution française 1789-1799 de Jean Tulard, Jean-François Fayard, Alfred Fierro. La Terreur à Port-Malo d'Étienne Maignen, Bulletin et mémoires de la Société archéologique et historique d'Ille-et-Vilaine, t.CVIII, 2004. La poignée de main du bourreau, de G. Lenotre, chapitre XIV ("Un paria"). Mémoires de la Terreur, de Sergio Luzzatto, Lyon, Presses Universitaires, 1991. Jean Baptiste Lecarpentier, représentant du peuple : délégué par la Convention Nationale dans le Département de la Manche et autres environnants, de Jean-Louis Ménard, Editions des Champs, 2001.

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