L'Armeegruppe Pflanzer-Baltin, créé en , devenu en la austro-hongroise, est une grande unité (armée) de l'armée austro-hongroise pendant la Première Guerre mondiale. Elle est engagée sur le front de l'Est face à l'armée impériale russe (1914-1916) puis sur le front roumain (1916-1918). Elle est dissoute en .

Historique 1914 vignette|280px|Transport hippomobile de la Légion polonaise dans les Carpates, 1914 vignette|280px|Infanterie improvisée dans les Carpates, 1915 Au début de la guerre, la province austro-hongroise de Bucovine est menacée par la russe du général Alexeï Broussilov, déployée le long de la rivière Zbroutch qui marque la frontière des deux empires. Le Feldmarschall-Leutnant Johann Karg von Bebenburg, qui commande ce secteur, ne dispose que de la de Honvéd (armée territoriale hongroise, équivalent de la Landwehr en Cisleithanie) et la brigade de Landsturm. La défaite austro-hongroise de la bataille de Lemberg (Lviv), en août-, ouvre la Galicie et la Bucovine à l'invasion : le corps russe s'empare de Stry et Stanislav (Ivano-Frankivsk), les Austro-Hongrois ne conservant qu'une partie de la Bucovine avec Tchernivtsi, capitale de la province.

Une Armeegruppe (groupe d'unités) est constitué le sous le commandement du General der Kavallerie Karl von Pflanzer-Baltin sur la ligne du Dniestr, composé essentiellement de troupes territoriales : (Peter von Hofmann) (Wilhelm Anton Michael von Attems-Petzenstein) (Emil Schultheisz von Devecser) (Franz Schreitter von Schwarzenfeld) légion polonaise ( assisté par le lieutenant-colonel Józef Haller)

L'Armeegruppe Pflanzer-Baltin doit défendre la position stratégique du col d'Oujok, une des voies d'accès à la plaine hongroiseSpencer Tucker, World War I: The Definitive Encyclopedia and Document Collection, ABC Clio, 2014, Vol.3, .

Plus au sud, la ligne du Siret est tenue par le groupe du lieutenant-colonel Eduard Fischer composé de gendarmes et de volontaires de différentes ethnies, s'appuyant sur les lignes montagneuses de Gura Humorului et Kimpolung : ce groupe parvient à arrêter l'avance russe.

Au milieu d', au col de Pantyr près de Rafailowa, la brigade polonaise de Józef Haller couvre le flanc de la de Honvéd contre une offensive russe vers Nadvirna. Le , le corps Durski mène une contre-attaque en direction de Dolyna et Stry. En , le corps russe du général Andreï Selivanov reprend l'offensive sur le Dniestr et s'empare de Tchernivtsi le .

1915

vignette|280px|Un train de prisonniers de guerre russes traversant les Carpates, 1915. vignette|280px|Poste de garde austro-hongrois à Slavsko dans les Carpates, 1915. vignette|280px|Le bourg de Tchortkiv au début du s. vignette|280px|Artilleurs de la brigade polonaise au mont Gorgany, 1915.

Pendant l'hiver 1914-1915, le groupe Pflanzer-Baltin soutient les efforts de la dans la bataille des Carpates. Dans la nuit du 23 au , les légionnaires polonais remportent une victoire mineure mais symbolique sur les Russes dans la (actuelle , oblast d'Ivano-Frankivsk). Le , le groupe Pflanzer-Baltin mène une offensive de diversion sur le Dniestr tandis que la s'efforce, sans succès, de percer les lignes russes pour délivrer la forteresse assiégée de Przemyśl. La brigade Lilienhoff avance vers Cârlibaba et Iacobeni dans la Bucovine occupée. En février, le corps est formé, comprenant les (Schreitter), (Benigni) et la brigade Lilienhoff. La , ramenée du front de Serbie, prend position entre le col des Tatars (col Yablonitsky) et le bourg de Deliatyn et passe à l'offensive, reprenant Tchernivtsi le et le 18. La armée russe, à partir du , doit renforcer le corps au sud-est sur son aile gauche tandis que la armée russe du général Platon Letchitski (8 divisions et demie d'infanterie et 5 de cavalerie) est déplacée de la Pologne centrale vers la Bucovine. Le front est de nouveau stabilisé.

Au printemps 1915, les lignes austro-hongroises sont renforcées par l'arrivée des troupes allemandes de la nouvelle Armée du Sud qui prend position au nord du groupe Pflanzer-Baltin. Le corps combiné sous commandement allemand du général Marschall von Altengottern, chargé d'épauler le groupe Pflanzer-Baltin, comprend la d'infanterie et la de cavalerie austro-hongroises et la de cavalerie allemande.

Le , le groupe Pflanzer-Baltin conduit une attaque de diversion vers Dolyna pour contrarier une offensive russe vers la Galicie occidentale. Le , l'Armeegruppe est élevé au rang de impériale et royale, avec pour commandant Karl von Pflanzer-Baltin et pour chef d'état-major . Le corps de Graz vient le renforcer, comprenant la de Schützen (chasseurs à pied) et la d'infanterie.

Également le , les Schützen reprennent le bourg de Zalichtchyky et font prisonniers. Mais, à partir du , la russe mène une puissante offensive, obligeant la à reculer vers le Prout, les troupes autrichiennes subissant de lourdes pertes dans des combats de retardement. Cependant, l'offensive de Gorlice-Tarnów, menée en Galicie centrale par les forces germano-austro-hongroises du groupe d'armées von Mackensen, oblige la russe à arrêter son avance en Bucovine pour envoyer des renforts à la russe, gravement menacée dans le secteur du San.

Lors de la bataille du Dniestr (13-), la et l'Armée du Sud mènent avec succès une offensive conjointe qui permet de reprendre Stanislav et Kolomya. À partir du , l'ouverture d'une tête de pont sur le Dniestr à Tchernelytsia permet aux Germano-Austro-Hongrois d'avancer vers l'est et d'atteindre la Strypa à la fin du mois.

Du 9 au , lors de la bataille du Siret, la armée russe reprend l'offensive dans le secteur de Tchortkiv contre l'aile nord de la armée ( corps et ). Les Austro-Hongrois doivent évacuer leur tête de pont et se replier sur la Srtypa. Les deux camps en reviennent à une guerre de position.

En , la compte 106 bataillons et demi d'infanterie, cavaliers et 375 canons. Elle se répartit en 5 corps : corps (Arthur Arz von Straußenburg) et d'infanterie de cavalerie corps () et d'infanterie Corps Johann von Henriquez

de cavalerie Corps et de cavalerie corps (Ignaz Edler von Korda) , brigade polonaise, brigade Papp

1916 vignette|280px|gauche|La armée austro-hongroise et la armée russe dans le secteur sud de l'offensive Broussilov, 1916, carte russe. Granat Encyclopedic Dictionary. vignette|upright=1.0|Fuyards autrichiens a la frontière roumaine. Le Petit Journal, . vignette|Moulin à Lipica Dolna sur la Narayivka, 1916 vignette|Casemate à Chelviv (Volhynie), 1916.

vignette|Revue des Schützen de la armée à Brody, 1916. En -, la , solidement retranchée, repousse une offensive de forces russes deux fois plus nombreuses en Bessarabie. Le , Pflanzer-Baltin est promu au rang de Generaloberst (colonel général).

Le , l'armée russe lance l'offensive Broussilov contre les forces des Empires centraux. Tandis que la austro-hongroise de l'archiduc Joseph-Ferdinand est balayée, la subit l'offensive de la russe du général Dmitri Chtcherbatchiov. Les , et corps attaquent l'aile nord de la austro-hongroise sur la Strypa. La ne peut empêcher les Russes de franchir la Strypa et de reprendre Boutchatch. Le , la est taillée en pièces sur le Dniestr. Le , la doit à son tour se replier.

Pflanzer-Baltin avait sous-estimé les capacités offensives des Russes et laissé une trop grande part de ses forces en première ligne. En quelques jours, le groupe Benigni est pratiquement hors de combat. Des divisions sont réduites à moins de hommes et de nombreux canons sont perdus. Les Russes affirment avoir pris prisonniers et 49 canons. Le , par un télégramme de l'archiduc Frédéric de Teschen, chef honoraire des forces impériales et royales, Pflanzer-Baltin apprend que les Allemands acceptent d'envoyer des renforts à la (les allemande et austro-hongroise) mais, en contrepartie, lui imposent le général allemand Hans von Seeckt comme chef d'état-major, le colonel von Zeynek restant comme chef d'état-major en second. L'archiduc ne cache pas que cette exigence allemande traduit l'emprise croissante du Haut État-major allemand sur le commandement austro-hongrois. Zeynek refuse cet arrangement et préfère se retirer tandis que Pflanzer-Baltin, dans son journal, déplore la brusquerie des manières allemandes. La se replie d'une trentaine de km vers l'ouest en abandonnant Kolomya, ce qui oblige l'Armée du Sud, déjà menacée sur son flanc nord par l'effondrement de la , à étendre son front vers le sudPrit Buttar, Russia's Last Gasp: The Eastern Front 1916–17, Bloomsbury, 2016, .. Au total, la recule d'une cinquantaine de km et perd environ hommes. Tchernivtsi est de nouveau perdue le , Kolomya le 29.

À la fin de juin, l'arrivée de renforts allemands ( et ) et de troupes austro-hongroises rappelées du front italien permettent de stabiliser le front à la hauteur de Stanislav et Obertyn.

En juillet, le général Viktor von Scheuchenstuel, arrivé d'Italie avec des troupes fraîches et nommé à la tête du , trouve la situation tellement désespérée qu'il demande aussitôt à être relevé de son commandement. Pflanzer-Baltin nomme à sa place le général BenigniPrit Buttar, Russia's Last Gasp: The Eastern Front 1916–17, Bloomsbury, 2016, ..

En août, une nouvelle offensive des et corps russes oblige la et le corps austro-hongrois à abandonner les hauteurs du Pirs Dora et les bourgs de Mariampol et Dubienko. Le , les Russes reprennent Stanislav. Au début de septembre, une nouvelle offensive de la russe repousse les Austro-Hongrois à l'ouest de Nadvirna.

Au prix de lourdes pertes, les forces austro-hongroises et allemandes parviennent à défendre la position stratégique du col Yablonitsky et à limiter les conséquences de l'entrée de la Roumanie dans la Première Guerre mondiale à partir du . Le , Pflanzer-Baltin se retire de son commandement en invoquant des raisons de santé. Il est remplacé par Karl von Kirchbach auf Lauterbach puis, le , par Hermann Kövess von Kövesshaza.

Le , le corps allemand Gerok conduit une contre-attaque sur la Narayivka qui permet de stabiliser le front de la .

Le , l'archiduc héritier Charles d'Autriche reçoit le commandement nominal du groupe d'armées germano-austro-hongrois de Transylvanie, de Vatra Dornei, à la frontière de Bucovine, jusqu'au col de la Tour Rouge, comprenant, du nord au sud-ouest, les et armées austro-hongroises et la armée allemande. Le , à la mort de l'empereur François-Joseph, l'archiduc Charles monte sur le trône et laisse le commandement de son groupe d'armées à son cousin l'archiduc Joseph-Auguste.

1917-1918 vignette|Déploiement d'une mitrailleuse du régiment de Schützen sur le Stokhid, 1917 vignette|Insigne du Karpathenkorps, 1917. Pendant l'offensive Kerenski de , la tient la ligne des Carpates ukrainiennes sur une ligne reliant le col de Pantyr et les hauteurs de Lutowiska, Cârlibaba et Vatra Dornei, face à la russe de Lavr Kornilov. La comprend alors les unités suivantes :

vignette|Troupes austro-hongroises à Tchernivtsi, 1917. vignette|Cimetière militaire de Stry, 1917 corps (Ludwig von Fabini) de cavalerie et Corps des Carpates allemand (Richard von Conta) et divisions allemandes, de Honvéd Corps de cavalerie (Samuel Apór) et de cavalerie Groupe Pichler et corps (Hugo von Habermann) et Groupe allemande

Après l'échec de l'offensive russe, les Germano-Austro-Hongrois poursuivent leur avantage par l'offensive de Ternopil (juillet-). À la fin de juillet, le groupe Litzmann reprend Stanislav et Nadvirna. Le , Tchernivtsi est de nouveau reprise. La nouvelle armée russe, qui fait face à la , doit se replier sur une ligne de Rădăuți à Gura Humorului.

À la suite de ces succès, le général Kövess est promu Feld-maréchal le , puis freiherr (baron) le même mois. L'année suivante, il est nommé à la tête d'un groupe d'armées comprenant les et austro-hongroisesSpencer Tucker, World War I: The Definitive Encyclopedia and Document Collection, ABC Clio, 2014, Vol.3, ..