Marguerite Rouvière, née le 27 juin 1889 à Pertuis (département du Vaucluse), morte en 1966, est une physicienne et enseignante française.
Première femme admise à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm (1910) et première titulaire féminine de l'agrégation masculine de physique (1913), elle a enseigné en classes préparatoires scientifiques et publié deux traductions.
Biographie Marguerite Marie Charlotte Rouvière, dite « Magali », est issue d'une famille provençale aisée.
Son père, Émile Rouvière, né en 1859 à Marseille, reçu au sein de la promotion 1879 de l'École polytechnique, est élevé en 1901 au grade de chevalier de la Légion d'honneur. Sa mère, Lucie Maurizot, est la fille d'un médecin.
En 1910, Marguerite Rouvière est reçue au sein de la promotion scientifique de l'École normale supérieure de Paris, où elle est la première femme admise. Sa sœur, Jeanne Rouvière, née en 1892 à Besançon, est également mathématicienne. En 1912, elle est également reçue au sein de la promotion scientifique de l'École normale supérieure.
Le Conseil supérieur de l'Instruction publique, chargé de statuer sur son cas, accepte son intégration au sein de l'établissement. Sa sœur cadette Jeanne est, quant à elle, admise au concours de l'ENS en 1912, n. 10., mais y est inscrite sous le seul statut de boursière de licence ; elle ne se verra attribuer le titre d'ancienne élève de l'ENS que rétrospectivement, par un arrêté ministériel de 1927, n. 7.. Toutes deux furent notamment épaulées par leur père polytechnicien, qui voulait montrer que ses filles .
Elle est moquée dans Femina, où, sur 1204 femmes interrogées dans le cadre d'une enquête intitulée « Normalienne, taupine, bachelière ? », 912 concluent que leurs homologues n'ont pas leur place dans les grandes écoles.. À l'École, malgré des réticences initiales (René Girard se rappelle, avec humour, ), elle suscite vite l' et la , se présentant comme . Elle s'attire en particulier le soutien des (les catholiques pratiquants de l'ENS). Elle est assez mal reçue, également par les enseignants de l'École, et subit en particulier des vexations de la part d'Henri Abraham, professeur de physique. Elle est aidée par son camarade Jean Rivière, qu'elle épousera en 1916.. Ils ont une fille et deux fils, dont Jacques, qui entre à son tour à l'École en 1939 mais meurt de maladie dès 1943.
En 1913, Marguerite Rouvière est reçue, la neuvième, à l'agrégation de physique.
Elle est également la première femme reçue à l'agrégation masculine de physique en 1913. Après cela, elle enseigne la physique comme déléguée au lycée Carnot (1915-1930) à Paris, avant d'être titularisée en 1930. Elle est professeur de classes préparatoires scientifiques, aux lycées Fénelon (1936-1942, puis 1943), d'Aix-en-Provence (1942-1943), et Victor-Duruy (1943-1947). Elle est admise à la retraite en 1947.
Elle meurt le , à 76 ans.
Décorations en par décret du
Traductions . .
Références
Annexes Articles connexes Liste des premières femmes par métier ou fonction en France
Bibliographie
Roland Brasseur, "Liouba Bortniker, Marguerite Rouvière, Madeleine Chaumont", Bulletin de l'Union des professeurs de spéciales, n°234, , p.11-26. En ligne.
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