Siete canciones populares españolas (« Sept chansons populaires espagnoles ») G. 40, est un cycle de mélodies pour voix et piano, du compositeur Manuel de Falla, arrangements issus du folklore espagnol.
En plus d'être la composition la plus arrangée de Falla et l'une des plus populaires, elle est l'un des cycles de mélodies les plus souvent interprétés en langue espagnole. Dédiée « à Madame Ida Godebska »Siete canciones populares españolas sur lieder.net. l'œuvre est créée à l'Athénée de Madrid le par sa commanditaire, Luisa Vela et le compositeur et publiée chez Max Eschig en 1922.
Description
L'œuvre est composée à la demande d’une cantatrice espagnole de l’Opéra-Comique, Luisa Vela, durant les derniers mois du séjour de plusieurs années à Paris du compositeur. Les mélodies originales des chansons populaires proviennent de recueils et non d'une collecte sur le terrain.
Les styles et la provenance des chansons sont très diverses. Elles proviennent de différentes parties de l'Espagne : une asturiana des Asturies, dans le Nord ; la séguédille, une sorte de flamenco, de Murcie, dans le Sud-Est où le texte compare la femme inconstante à ... ; et la « Jota » d'Aragon, dans le Nord-Est. « Nana » est une berceuse et « Polo » exprime un désir sauvage de vengeance sur un amant infidèle. Tous les textes traitent d'amour et de séduction, que ce soit de façon ludique, sérieuse ou tragique. La première chanson, par exemple, fait allusion à l'importance de la virginité d'une jeune fille et de sa valeur sur le marché du mariage, comme le drap précieux taché, qui perd de sa valeur. Alors que la berceuse traite du résultat de l'amour.
Le numéro 6, « Chanson », a été utilisé plusieurs fois par Falla. En 1904, il l'intègre à ses Chants de la Nuit de Noël pour voix et guitare, dans Un berger porte une dinde, mais en mode mineur. Pour les Siete canciones, il part d'une source différente : un recueil de José Inzenga (1828–1891), Ecos de España où se trouve Chant de Grenade, pratiquement la même mélodie, mais en mode majeur. La même mélodie se retrouve dans Chansons espagnoles anciennes de Lorca, dans Les petits pèlerins.
Partant du matériel folklorique, Falla harmonise ces fragments mélodiques laconiques, en ajoutant de riches accords et des sonorités modales. La présence du piano est importante et très élaborée, notamment dans « Jota », où il fournit une brillante ritournelle et dans « Polo », où ses notes rapides et répétées martèlent avec les cris passionnés de la voix. Les jeux métriques et les subtilités du texte, ont fait des Siete canciones les mélodies espagnoles les plus chantées. Falla procède de trois manières différentes : il puise dans le recueil et ne procède qu'à de légères retouches (c'est le cas pour« Le drap mauresque », « Séguidille murcienne » et « Asturienne ») ; il peut aussi travailler le rythme et la mélodie choisie (comme dans la Berceuse, la Chanson et « Polo ») ; il peut aussi, comme dans la Jota, recréer un style à partir de différentes sources.
Dans un article de 1917Manuel de Falla, « Nuestra Música », Música, , juin 1917., il résume sa conception :
La partition est créée à Madrid dans le cadre d'un double hommage à Falla et Joaquín Turina et publiée en 1922 chez Max Eschig, avec une adaptation française de Paul Milliet.
Durée : environ .
Contenu
— Allegro vivace. — Allegro spirituoso. — Andante tranquillo. Jota — Allegro vivo. — Calmo e sustenuto. — Allegretto. Polo — Vivo.
Arrangements Le cycle a été arrangé pour la guitare par Miguel Llobet (publié en 1957 chez Eschig). Ernesto Halffter, outre une version piano (des numéros 3 à 7) arrange aussi la partition pour orchestre (1950 et 1966). Luciano Berio également en 1978.
Falla et Paul Kochanski ont organisé six des chansons pour violon (en omettant le et en modifiant l'ordre), présenté comme Suite populaire espagnole (1925) ; laquelle a été également transcrite pour violoncelle par Maurice Maréchal.
Cette prolixité atteste sa popularité. La collection a inspiré également un semblable recueil de chansons folkloriques publié par l'élève, ami et collaborateur de Falla, Federico García Lorca.
Discographie
Avec piano María Barrientos, soprano ; Manuel de Falla, piano (, 78t Columbia Regal RXX 7003 / Pavilion Records-Pearl 9852 / 4CD HOM 13080) Conchita Supervía, mezzo-soprano ; Frank Marshall, piano (, Pearl GEMM CD 9975 / Nimbus NI 7836/37) Victoria de los Ángeles, soprano ; Gerald Moore, piano (1951, EMI) Gérard Souzay, baryton ; Jacqueline Bonneau, piano (, Testament 1311) Ana-Maria Iriarte, mezzo-soprano ; Roger Machado, piano (, « Les introuvables de Manuel de Falla » 4CD EMI 5 69235 2) Cora Canne Meijer ; Liesbeth Rümke-Hoppen, piano (1956, LP Guilde Internationale du Disque / The Musical Masterpiece Society MMS-76)Cora Canne Meijer sur rene-gagnaux.ch. Teresa Berganza, mezzo-soprano ; Felix Lavilla, piano (1961, LP Decca CEP 642 / RCA 74321 35636 2) Ana Raquel Satre, mezzo-soprano ; Noël Lee, piano (LP Ricordi 30CS014)Courts extraits audio Victoria de los Ángeles, soprano ; Gonzalo Soriano, piano (4-6/ et 2-, EMI) Elena Cernei, mezzo-soprano ; Albert Guttman, piano (1970, LP Electrecord) Victoria de los Ángeles, soprano ; Alicia de Larrocha, piano (concert, Hunter College, Université de New York, , EMI) Emma Sargsyan, mezzo-soprano ; Vladimir Viktorov, piano (1972, Melodiya) Marilyn Horne, mezzo-soprano ; Mindru Katz, piano (1973, Decca 436578-2) — avec des œuvres de Bizet, Debussy et Nin. José Carreras, ténor ; Eduarto Müller, piano (concert, Salzbourg 1981, Orfeo C 871 121) José Carreras, ténor ; Martin Katz, piano (1985, Philips Classics 411 478-2) Teresa Berganza, mezzo-soprano ; Juan Antonio Alvarez-Parejo, piano (, Claves Records CD 50-8405 / 3CD Brilliant Classics 6990) Bernarda Fink, mezzo-soprano ; Anthony Spiri, piano (, Harmonia Mundi) — avec des mélodies de Rodrigo et Granados Estrella Morente, mezzo-soprano ; Javier Perianes, piano (6-, Harmonia Mundi HMC902246) .
Avec guitare Teresa Berganza, mezzo-soprano ; Narciso Yepes, guitare (, 2CD DG 435 848-2) Ann Monoyios, soprano ; Manuel Barrueco, guitare (24-, EMI CDC 7 54456 2)Courts extraits audio en ligne sur Archive.org. Núria Chocq Mampel, soprano ; Christian Locussol, guitare (2001, La Mà de Guido)
El paño moruno est enregistré par Pepe de Lucia, chant et Paco de Lucía, guitare (1976, Philips 836 032-2)
Piano seul Angela Hewitt (, Hyperion CDA68341) — arr. Ernesto Halffter (), dans Love Songs.
Avec orchestre Victoria de los Ángeles, soprano ; dir. Josep Pons (, Harmonia Mundi HMG 901432) Alicia Nafé, mezzo-soprano ; Orchestre de chambre de Lausanne, dir. Jesús López Cobos (1992, Denon CO-75339) — orchestration Berio. Marta Senn, mezzo-soprano ; Orchestre symphonique Simón Bolívar, dir. Eduardo Mata (, Dorian DOR 90210) — orchestration Berio. José Carreras, ténor ; English Chamber Orchestra, dir. Luciano Berio (Philips) Aïnhoa Arteta, soprano ; Orquesta de la Comunidad de Madrid, dir. José Ramón Encinar (, DG 0028947648918) — orchestration Halffter
Violon ou violoncelle et piano ou guitare Daniil Chafran, violoncelle ; Nina Musinyan, piano (années 1950, LP Melodiya / CD Omega Classics) Sandra Rivers, violon ; Cho-Liang Lin, piano (1977, LP coll. « RTVE : El Mundo De La Música – 14 » Zafiro ZTV-14) Sebastian See-Schierenberg, violon ; Ramon Ruiz, guitare (, Signum SIGCD405) Livret en ligne sur hyperion-records.co.uk..
Version orchestre Orchestre symphonique de la RTVE, dir. Igor Markevitch ( 1969, LP Philips 839 775 LY / 6851 117)
Bibliographie . . .
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Notes et références
Liens externes
Extraits des Siete canciones par Li-Kung Kuo, violon et Nicolas Lestoquoy, guitare () sur France Musique.fr Arabesques : Manuel de Falla émission de François-Xavier Szymczak ( sur 5 émissions ; 1 h 58 min. ; ), consacrée à Falla (à 1 h 30 min. environ, El paño moruno interprété par Paco de Lucía et les Siete canciones intégralement, par Alicia Nafé), podcast sur France Musique.fr
Catégorie:Œuvre de Manuel de Falla Catégorie:Chanson de folk Catégorie:Œuvre musicale composée en 1915