Alexandre du Puy-Montbrun, marquis de Saint-André, né en 1600 à Montbrun-les-Bains et mort le au Château de la Nocle, La Nocle-Maulaix, est un chef militaire huguenot, qui fut lieutenant-général des armées du roi de France, officier au service du roi de Suède, gouverneur de Poméranie, gouverneur du Nivernais et capitaine-général des armées de terre de la république de VeniseNouveau Larousse illustré, 1897-1904, tome VI, page 187..
Il s'est rendu célèbre par une brillante carrière militaire, qui lui assurait des droits au titre de maréchal de France, que le cardinal de Mazarin lui refusa après l'avoir promis.
Famille Alexandre du Puy-Montbrun, fils de Jean-Alleman du Puy, marquis de Montbrun et de Lucrèce de La Tour-Gouvernet, appartenait à la famille du Puy-Montbrun, l'une des plus illustres familles de la noblesse chevaleresque du Dauphiné, éteinte en 1871Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, tome 5, page 396..
Il est le petit-fils de Charles du Puy-Montbrun, célèbre capitaine huguenotAbbé Louis Moreri, Puy (Charles du), dit le brave Montbrun, in Le grand dictionnaire historique, vol. 5, , éd. Jean-Baptiste Coignard, 1725..
Biographie
À l'âge de sept ans, il est placé avec ses deux aînés|, auprès du Dauphin, futur Louis XIII, avec la qualité d'enfant d'honneur.
À l'âge de quatorze ans, il rejoint en Piémont le maréchal de Lesdiguières qui lui confia une compagnie dans son régiment.
En 1621, lorsque le duc Henri II de Rohan, chef militaire des Huguenots dans le Languedoc, prit les armes, il le rejoignit pour lui offrir ses services. Comme il commençait à jouir d'une grande réputation de bravoure, le duc le fit partir avec d'infanterie. Alexandre du Puy-Montbrun entra à MontaubanL. Anquez, Un nouveau chapitre de l'histoire politique des réformés de France (1621-1626), , Éd. A. Durand, 1865 sans essuyer de pertes et attaqua et soumit les châteaux voisins.
En 1625, il rejoignit une seconde fois le duc de Rohan qui préparait une nouvelle insurrection et celui-ci lui confia à nouveau le gouvernement de Montauban.
En 1626, devant son renom et sa bravoure, les Nîmois demandèrent sans succès au duc de Rohan de le nommer lieutenant-général de l'armée protestante.
C'est surtout dans la dernière guerre de religion qu'Alexandre du Puy-Montbrun se signala de nombreuses fois par son courage.
En 1628 le duc de Rohan lui donna le grade de maréchal de camp et le commandement d'une levée de dans le Languedoc et l'envoya au secours des protestants du Vivarais où il occupa Privas. Louis XIII lui proposa alors écus pour libérer la place mais Montbrun refusa en lui disant qu'il était homme d'honneur et il fit jurer aux habitants de se défendre jusqu'à la mort et renforcer les fortifications. Le la reddition de la ville met fin au siège, le roi s'empare de la ville et fit passer Montbrun en conseil de guerreEugène Haag La France protestante, ou vies des protestants français, qui se sont fait un nom dans l'histoire, 1853, qui le condamna au cachotJournal des débats politiques et littéraires, 6 novembre 1929, col. 5, , Paris, , 1929. Le roi écrivit à sa mère :
Montbrun fut emprisonné mais réussit à s'échapper lors d'une émeute survenue à la suite de l'explosion d'un baril de poudre, avec peut-être la complicité de RichelieuHistoire de France depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1789, vol. 12, , Éd. Furne, 1844. Il alla offrir son épée à la république de Venise.
En 1630, au service de la république de Venise, il est chargé de secourir Mantoue et s'empare de la place.
En 1631, le roi de Suède le prend à son service et lui donne un régiment de cavalerie et un régiment d'infanterie à la tête desquels il défit près de Weimar un corps d'Impériaux. Il participa à la prise de Francfort, battit les Impériaux près de Tangermunde et fit mille prisonniers. Le roi de Suède le nomma gouverneur de Poméranie.
Il combattit avec une bravoure sans égale à la bataille de Leipzig et fut blessé à la bataille de Nuremberg.
Après la mort du roi Gustave de Suède, il s'attacha au service du duc de Saxe-Weimar.
En 1633 à la tête de il arrêta pendant deux jours impériaux. Avec il tomba au milieu de Impériaux mais réussit à se sauver avec une partie de sa troupe. Fait prisonnier par Wallenstein à Steinbrunn Bulletin de la Société belfortaine d'émulation :, L. Klipffel, La Guerre de Trente-Ans dans la région de Belfort, 1907, l'empereur lui proposa d'entrer à son service mais il refusa et fut envoyé à la forteresse de Lindau où il fut prisonnier pendant trois ansEugène Haag La France protestante, ou vies des protestants français, qui se sont fait un nom dans l'histoire, 1853, ..
En 1636, échangé contre un frère du général Papenheim, il revint en France. On lui donna une compagnie de chevau-légers et on l'envoya servir sous le duc de Rohan dans la Valteline.
En 1637, Il est dans l'armée de Charles de Schomberg duc d'Halluin contre les Espagnols à la bataille de Leucate. Le cardinal de Richelieu écrit dans ses mémoiresMémoires du Cardinal de Richelieu, sur le règne de Louis XIII : depuis 1610 jusqu'à 1638, vol.10, , Éd. Foucault, 1823
En 1638, il obtint un régiment, le régiment de Saint-André-Montbrun cavalerie, à la tête duquel il fait la campagne de Piémont. Il est blesséJean François Louis d' Hozier, L'impot du sang: ou, La noblesse de France sur les champs de bataille, vol. 3, , Éd. Au Cabinet historique, 1878 et fait prisonnier au siège de Turin en 1640, et il est emprisonné à Milan jusqu'en 1642.
Il fut élevé pendant sa captivité au grade de maréchal de camp et continua après sa libération à combattre en Italie.
En 1648 ou 1649 il fut nommé gouverneur du Nivernais. Créé ensuite lieutenant-général, il commanda l'armée d'Italie puis fut employé en Provence.
En 1651 il retourna en Italie, empêcha les Espagnols d'y faire des progrès et en 1652 il conduisit l'armée de Piémont au secours de Barcelone et s'opposa à l'armée de Condé.
Devant tant de services, le cardinal Mazarin lui offrit le bâton de maréchal de France à condition qu'il abjure la religion réformée, mais Montbrun refusa et quitta la cour.
En 1655, il reprit du service et fut employé en Italie. Il fut nommé en 1656 commandant-général du Montferrat, du Piémont et du Dauphiné.
En 1656, il contribua à la prise de ValenceHippolyte Jules Pilet de La Mesnardière, Relations de guerre, contenant le Secours d'Arras en l'année 1654 ; le Siège de Valence, en l'année 1656 : le Siège de Dunkerque en l'année 1658, éd. Gervais Clovzier, 1672, Lettre de M. le marquis de Saint-André-Montbrun, lieutenant général en chef des armées du roi en Italie, écrite à M. de La Faye à Paris, contenant tout ce qui s'est passé en la réduction de la ville de Valance à l'obéissance du roi, le 16 septembre 1656, éd. A. Lesselin, Paris, 1656 , emporta d'assaut None en 1657 et prit part à toutes les opérations de la campagne.
En 1659, mécontent de la Cour, il se retira après s'être démis du gouvernement du Nivernais en faveur de Mazarin et vécut dans la retraite jusqu'en 1668.
Il fut nommé général de l’infanterie de la république de Venise en 1668Le grand dictionnaire historique ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane, , Éd. les libraires associés, 1759 en remplacement du marquis de Ville dit aussi Ghiron Francesco Villa. Accompagné de soixante-huit officiers français il partit exercer un commandement à Candie qu'il tente de défendreJean-François Lacroix, Dictionnaire historique des sieges et batailles mémorables de l'histoire ancienne et moderne, , Éd. Vincent, 1771, mais il ne réussit pas dans cette entreprise malgré le renfort apporté par le duc de Navailles. On rapporte qu'il y est blessé à l'épaule droite d'une mousquetade, c'est-à-dire d'une salve de tirs de mousquets, en allant inspecter un poste de défenseThéophraste Renaudot, Gazette : De Venise 20 décembre 1868, Paris, 1669, .
En 1670, il suivit le comte de Saint-Pol dans son expédition en Pologne puis se retira sur sa terre de La Nocle où il mourut en .
La vie et la carrière militaire d'Alexandre du Puy-Monbrun sont le sujet de l'ouvrage de Joseph Mervesin Histoire du marquis de Saint André Montbrun.
Notes et références
Bibliographie
Gatien de Courtilz de Sandras, Mémoires de monsieur le marquis de Montbrun, Éd. N. Chevalier et J. Tirel , Amsterdam, 1702
Ludovic Lalanne, Dictionnaire historique de la France, , Éd. Hachette, 1877 Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter, , Éd. Firmin Didot, 1865. Justin Brun-Durand Dictionnaire biographique et biblio-iconographique de la Drôme, , Éd. H[. Falque et F. Perrin, Grenoble, 1901. Marthe Gauthier, La Nocle et ses seigneurs: de la Fin ; Dupuy-Montbrun ; le maréchal de Villars de Vogue, , Éd. Sotty, 1968
Article connexe Famille du Puy-Montbrun
Liens externes
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