La Croisade des pastoureaux de 1320 est une insurrection, vue parfois comme une croisade populaire engagée sans l'appui des puissants et même contre eux. Un événement semblable a lieu en 1251.
Le terme « pastoureaux » désigne les bergers. L'événement, contemporain du règne de , est aussi connu sous le nom de révolte des pastoureaux, ou seconde Croisade des pastoureaux.
Déroulement vignette|gauche|upright|Pastoureaux lors du massacre de à Verdun-sur-Garonne.
À la suite d’un pèlerinage au Mont-Saint-Michel, des groupes de jeunes paysans de Normandie sont touchés par les prêches enflammés d’un bénédictin apostat et d’un prêtre interdit pour sa conduite, qui les ont convaincus de l’urgence du « Saint Voyage » pour aller combattre les infidèles. Par bandes entières, ces pastoureaux convergent vers Paris où ils entrent le . Cinq jours plus tard, averti de ce mouvement incontrôlé et subversif, le pape Jean XXII lance l’excommunication contre tous ceux qui se croisent sans l’autorisation pontificale.
Après quelques pogroms, les pastoureaux se laissent convaincre de quitter Paris, recrutant sur leur passage de nouveaux adeptes. Au début du mois de juin, les pastoureaux traversent la Saintonge et le Périgord, qu’ils dévastent et pillent. De plus en plus nombreux, ils entrent en Guyenne. Arrivés dans l’Agenais, ils se divisent en deux groupes. Le premier traverse les Pyrénées par le chemin de Saint-Jacques pour continuer ses massacres en Espagne. Le second remonta la vallée de la Garonne, massacrant cagots et juifs.
Mis au courant du carnage, Jean-Raymond de Comminges, que Jean XXII venait de nommer archevêque de Toulouse, écrit au pape pour lui demander aide et conseil. Le pape accuse alors le roi de France Philippe V d’irresponsabilité et s’étonne, auprès de son légat en France Gaucelme de Jean, « que la prévoyance royale ait négligé de réprimer les excès et le pernicieux exemple des pastoureaux, qu’on devrait plutôt appeler loups, rapaces et homicides, dont les procédés offensent gravement la Majesté Divine, déshonorant le pouvoir royal et préparant, pour tout le royaume, des dangers inexprimables si on ne les arrête pas ».
Cela n’empêche point, le , les pastoureaux de s’en prendre aux juifs d’Albi et de Toulouse. Quatre jours plus tard, ils sont aux portes de Carcassonne où l’armée royale les attend. Placée sous le commandement d’Aimeric de Cros, le sénéchal du Languedoc, elle a le soutien des troupes du jeune comte de Foix Gaston II, alors âgé de douze ans. Les pastoureaux sont écrasés.
Les rescapés du massacre s’enfuient vers la région de Narbonne. Les consuls, avertis par le sénéchal, mettent leur cité en état de défense. Le pape écrit à l’archevêque de Narbonne Bernard de Farges pour qu’il fasse de même. Les routes et les cols sont barrés et l’on pend systématiquement les chemineaux, les fuyards et tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un pastoureau, éradiquant le mouvement durant l’.
Annexes Bibliographie Dictionnaire universel d'histoire Bouillet (Hachette-Paris 1867) Jacques Dubourg, Les Croisades des pastoureaux, Les dossiers d'Aquitaine, Bordeaux, 2015
Sous la direction de Bernhard Blumenkranz, Histoire des Juifs en France, Privat, Éditeur, Toulouse, 1972 Marie Moreau-Bellecroix Les trois pastoureaux. roman ; ill., Pierre Joubert. - Paris : P. Téqui, 1999 - (collection Défi ; 5). Georges Passerat, La Croisade des pastoureaux, La louve, 2006 David Nirenberg, Violence et minorités au Moyen Âge, Paris, 2001.
Articles connexes Croisade des enfants (expédition) Septième croisade
Notes et références Notes
Références
Croisade, Pastoureaux Catégorie:1320 Catégorie:Berger Catégorie:Migration humaine Catégorie:Philippe V le Long Catégorie:Rébellion du XIVe siècle Catégorie:Pogrom Catégorie:Massacre du XIVe siècle