L'édit d'Ashoka est l'un des plus importants édits d'Ashoka. Il mentionne notamment la construction de puits et l'envoi de plantes médicinales pour les humains comme pour les animaux, à travers ses empires et jusqu'à ses voisins, parmi lesquels les rois hellénistiques, au premier rang desquels Antiochos II, cité nommément. Cet édit, en plus de l'édit n° 13 suggère qu'Ashoka avait une très bonne compréhension du monde grec de l'époque et entretenait des relations amicales et étroites avec les différents souverains du monde hellénistique.

Localisations et chronologie de l'édit L'édit fait partie des « édits rupestres majeurs d'Ashoka », et apparaît dans plusieurs inscriptions rupestres en combinaison avec d'autres édits (généralement de 1 à 14) ,et dans un état de préservation plus ou moins bon: au nord-ouest de l'Inde dans l'inscription de Khalsi, et les inscriptions de Girnar et de ShahbazgarhiInscriptions Of Asoka, E.Hultzsch, 1925 p.25, et, plus curieusement, sur la côte est de l'Inde, très loin du monde hellénistique, dans les inscriptions de Dhauli et de Jaugada.

Chronologie Ces édits rupestres auraient été rédigés, afin de propager le Dharma, à partir de la année du règne d'Ashoka, comme il le mentionne lui-même dans plusieurs inscriptionsAshoka: The Search for India's Lost Emperor par Charles Allen p.83. Il s'agit des 14 édits rupestres majeurs et des édits mineurs. Ces inscriptions d'Ashoka sont en langues indiennes à l'exception des Edits grecs d'Ashoka, inscrits sur un stèle de calcaire. Ils font suite à la toute première inscription d'Ashoka, rédigée en l'année 10 de son règne, et deux ans seulement après la fin de sa conquête du Kalinga, l'inscription bilingue de Kandahar établie à , Kandahar, au centre de l'Afghanistan.. Cette première inscription fut rédigée en Grec classique et en Araméen exclusivement. Ce n'est qu'ensuite, au cours des et années de son règne, qu'Ashoka inscrivit de nouveaux édits, cette fois-ci sur des colonnes majestueuses, les Piliers d'Ashoka. Il s'agit des Edits sur colonne.

Texte de l'édit + Édit d'Ashoka Traduction en françaisPrakrit en script Brahmi(texte original dans l'inscription de Girnar)250px Ashoka affirme aussi dans l'édit d'Ashoka que le Dharma a prévalu chez les rois hellénistiques Antiochos II, Ptolémée II, Antigone II Gonatas, Magas de Cyrène et Alexandre II d'Épire. Étant donné la définition particulièrement morale de Dharma pour Ashoka, il est possible qu'il veuille simplement dire que vertu et piété existent maintenant depuis le bassin méditerranéen jusqu'au sud de l'Inde, plutôt que d'y voir une expansion du Bouddhisme vers l'Ouest, non confirmée historiquement.

Identification des rois grecs vignette|Le roi séleucide Antiochos II (261-246 av.J-C). Un roi grec est mentionné phonétiquement selon le script Brahmi. Il est qualifié de Yona, Brahmi 13px13px. est le qualificatif utilisé pour désigner les Grecs en Prakrit, alors que le mot est le mot Sanskrit correspondant.

La transcription phonétique du roi grec est la suivante: Amtiyoka, pour Antiochos II, ou éventuellement Antiochos Ier son père. Selon le texte, d'autres rois grecs l'avoisinent, et plus précisément dans l'Ariana (Perse) dans certaines versions de l'édit (inscription de Khalsi en particulier).

Il s'agit de toute évidence des rois décrits nommément dans l'édit d'Ashoka: Turumaya pour Ptolémée II, Aiiitekina ou Amtikini pour Antigone II Gonatas, Maga pour Magas de Cyrène, et Alikasu(m)dara pour Alexandre II d'Épire. L'identification d'Alexandre avec Alexandre II d'Épire est la seule qui soit incertaine, étant donné le nombre de souverains nommés Alexandre à l'époque (un autre candidat serait Alexandre de Corinthe 252-244 av.J-C par exemple), et l'importance relativement mineure d'Alexandre II d'ÉpireAsoka, par D.R. Bhandarkar, R. G. Bhandarkar p.45-46. Ces rois recouvrent l'essentiel du monde hellénistique de l'époque.

Ces rois sont connus pour avoir eu des relations avec l'Inde. Une communication d'Hégésandre (Athénée, Les Deipnosophistes, XIV, p.652-653) nous informe que le roi Bindusara, père d'Ashoka, avait justement demandé à Antiochos Ier d'envoyer un philosophe grec à sa cour. Après l'ambassadeur Mégasthène, envoyé par Ptolémée I auprès de Chandragupta Maurya, grand-père d'Ashoka, avaient succédé Déimaque, ambassadeur auprès de son père Bindusara, et Dionysos, envoyé par Ptolémée II Philadelphe auprès d'Ashoka lui-mêmeMcEvilley, The Ancient shape of Greek thought, p.367History of Indian Buddhism: From the Origins to the Saka Era, Etienne Lamotte, Université catholique de Louvain, Institut orientaliste, 1988, p.221.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes Inscription bilingue de Kandahar Inscription de Kinéas

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