Rosalie Favell, née en 1958 à Winnipeg, Manitoba, est une artiste canadienne d’origine métisse (cris et anglaise) aujourd’hui installée à Ottawa, Ontario. Photographe, elle utilise des techniques de collage numérique. Rosalie Favell crée des autoportraits soit à base de son effigie, soit à base d’images qui la représentent. Elle utilise souvent des photos d’archives de membres de sa famille ou des images de la culture populaire dans ses œuvres.
Biographie
Enfance Rosalie Favell nait en 1958 d’un père métis, nommé Gerald et d’une mère de descendance écossaise et anglaise nommée Florence McFadyen. Elle grandit dans un foyer anglican où son héritage ancestral autochtone n’est pas ouvertement reconnu. À , elle reçoit son premier appareil photo. Plusieurs années plus tard elle suit un cours du soir en photographie et poursuit ensuite des études de photographie.
Formation Rosalie Favell obtient un baccalauréat en arts appliqués à l'université métropolitaine de Toronto en 1984, puis une maîtrise en beaux-arts de l'université du Nouveau-Mexique en 1998, et poursuit ses études doctorales (TSTD) en médiations culturelles à l’université Carleton en 2009. Vers la fin des années 1990, elle se retrouve sous la houlette de l’artiste queer Larry Glawson alors qu’elle s’apprête à mettre de côté son travail en photo documentaire pour se concentrer sur les manipulations de photos numériques.
Participation à des organisations Rosalie Favell se joint à l’association de photographes autochtones et inuits de Hamilton, en Ontario, la NIIPA. En 2000, elle participe à une exposition avec ce premier centre d’artiste autogéré, spécialisé en œuvres photographiques d’artistes autochtones au Canada. Elle est tour à tour membre du conseil du à Winnipeg et de l’, et travaille avec des groupes de femmes népalaises à Katmandou au Népal.
Carrière
Autoportrait L’autoportrait figure pleinement dans l’œuvre de Rosalie Favell qui s’inspire souvent des traditions du portrait, employant parfois des compositions traditionnelles, parfois des portraits existants dans lesquels elle remplace le sujet historique par elle-même. Par exemple, sa pièce (L'artiste dans son musée : la collectionneuse) (2005) renvoie à l’œuvre (L'artiste dans son musée) (1822), autoportrait de l’artiste Charles Wilson Peale exhibant sa collection. Dans l’œuvre de Rosalie Favell, elle remplace le portrait de l’artiste par le sien, et ses collections de spécimens par des photos de sa famille. Cette approche vise à questionner et à réécrire les pratiques coloniales de collection et d’exposition d’artéfacts. Par ses manipulations de photos, Rosalie Favell recontextualise des portraits en particulier, mais aussi la tradition de la portraiture en général, en y ajoutant son identité autochtone afin de créer un dialogue. L’artiste Barry Ace résume ainsi l’approche de Rosalie Favell : .
Communauté autochtone Rosalie Favell utilise également des photos documentaires afin de créer des œuvres qui lui permettent de façonner une image de la communauté autochtone à laquelle elle appartient. Les œuvres telles que , des années 1980, font usage de portraits d’artistes autochtones et d’amis afin d’exprimer son exploration de l’identité autochtone. Avec sa série [Face à l’objectif] commencée en 2008, Rosalie Favell réalise des portraits dynamiques d’environ autochtones du monde entier, incluant Daphne Odjig, , Bear Witness du groupe A Tribe Called Red, Caroline Monnet, Heather Igloliorte, Kent Monkman, Mary Watt, , , et Mary Anne Barkhouse. Les poses actives que l’artiste fait prendre à ses sujets à cette occasion, leur confèrent une force et questionnent les stéréotypes issus, en partie, de l’histoire du portrait des peuples des premières nations depuis une perspective coloniale.
Projets collaboratifs En 2017, Rosalie Favell organise un projet collaboratif intitulé Culture enveloppante qui inclut la collaboration d’artistes autochtones du Canada : Barry Ace (Anishinaabe-Odawa), Meryl McMaster (Cris), Adrian Stimson (Siksika-Blackfoot), et de l’Australie : Maree Clarke (Mutti Mutti, Yorta Yorta, Bunurong), Vicki West (Tasmanienne), Mitch Mahoney (Boon Wurrung, ), Molly Mahoney (Boon Wurrung, Barkindji), Kerri Clarke (Boon Wurrung) et Wade Mahoney (Barkindji). Lors d’ateliers étalonnés sur quelques semaines, ces dix artistes ont créé une siksika en cuir de bison et une grande cape à peau de phalanger. Les pièces, incises et peintes avec des motifs, témoignent d’actes de narration, de rétablissement et de construction communautaire. Rosalie Favell est membre du collectif OO7 (Ottawa Ontario Seven), un groupe d’artistes autochtones qui inclut Ariel Smith, Barry Ace, Frank Shebageget, Leo Yerxa, Michael Belmore, Ron Noganosh et des « agents spéciaux » invités. Le groupe fournit un espace alternatif et expérimental pour les artistes autochtones d’Ottawa à diverses étapes de carrière.
En 2017, elle participe à l' sur Hudson Bay avec les Rangers canadiens et expérimente les conditions de survie en milieu extrême. Elle contribue à une exposition photos sur le sujet en .
Enseignement Pendant sa carrière, Rosalie Favell enseigne plusieurs cours et ateliers, notamment à l’université du Manitoba, de 1998 à 1999 ; à l’ de Santa Fe, de 1994 à 1995 ; à l’université Carleton et à l’université d’Ottawa. Depuis 2013, Rosalie Favell enseigne également la photo numérique à la , un programme conjoint entre la Mission d’Ottawa et l’université d’Ottawa qui permet aux personnes à faible revenu d’accéder à des formations. De plus, elle participe à de nombreuses résidences d’artistes, entre autres au , et au Nigig Visiting Artist Residency à l'université de l'EADO, où elle présente en continu depuis 2008 sa série qui consiste en des portraits des membres de la communauté artistique autochtone.
Prix et distinctions 2003 : prix Lynch-Staunton du Conseil des arts du Canada ; 2004 : bourse Chalmers de recherche artistique du Conseil des arts de l'Ontario ; 2012 : prix Karsh, pour l’ensemble de son œuvre(en) « Rosalie Favell wins 2012 Karsh Award – Canadian Art ». Canadian Art. Récupéré le 14-03-2018.(en) « Rosalie Favell Wins 2012 Karsh Award for Photography ». Ottawa Citizen. 6 septembre 2012, 2012. Récupéré le 14-03-2018. ; 2017 : prix Paul de Hueck et Norman Walford de réalisation professionnelle en photographie artistique, de la fondation des arts de l’Ontario.
Expositions Les œuvres de Rosalie Favell sont exposées dans les collections et les expositions de musées et galeries comme le Musée des beaux-arts du Canada, le Musée canadien de la photographie contemporaine, la Bibliothèque et Archives Canada, la Galerie d'art d'Ottawa, la galerie Karsh-Masson, , le National Museum of the American Indian, et le . Ses œuvres se retrouvent également dans Du courage dans le regard : Portraits d’artistes autochtones, une exposition du Musée canadien de la photographie contemporaine (Musée des beaux-arts du Canada) qui mettait au défi les représentations stéréotypées d’autochtones par le portrait. Ses portraits sont présentés à côté d’œuvres d’autres artistes autochtones comme KC Adams, , Dana Claxton, , Kent Monkman, , Shelley Niro, Greg Staats, Jeff Thomas, et Bear Witness. 1998 : In Absentia. Halifax, NS : Mount Saint Vincent University Art Gallery. 2000 : . Cahier no. 43. Montréal, Québec : Galerie B-312. 2010 : , Ash-Milby, Kathleen dir., , New York. 2015 : , Galerie d'art d'Ottawa, Ottawa, Canada. 2015 : , MacKenzie Art Gallery, Regina, Canada. 2015 : , Cube Gallery, Ottawa, Canada. 2016 : (1994, 2016), , Saskatchewan, Canada. 2016 : / Papier, Cube Gallery, Ottawa, Canada. 2016 : , Ada Slaight Gallery, Ontario College of Art & Design, Canada. 2018 : Àdisòkàmagan / Nous connaître un peu nous-mêmes /, Galerie d'art d'Ottawa, Ottawa, Canada. 2023 : , AGO’s J.S. McLean Centre for Indigenous + Canadian Art. 2024 : Sorties des rangs, les femmes artistes et la guerre, Musée canadien de l'histoire. 2025 : Rosalie Favell | (1982-2024).
Œuvres choisies 1994 : (Preuves vivantes) ; 1980 : (Portraits de sang) ; 1998 : (Le désir privé d’appartenance) ; 2005 : (L’artiste dans son musée : la collectionneuse) ; 1999-2006 : (Simple artiste guerrier des plaines) ; 2010 : (Si seulement tu y étais) ; 2008-en continu : (Face à l’objectif).
Notes et références
Bibliographie Articles
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Ouvrages
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Liens externes
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