Les inscriptions d'Ashoka des grottes de Barabar font partie des Edits mineurs d'Ashoka, et furent gravées lors de la douzième année du règne d'Ashoka, soit vers 260 av. J-C, pour la consécration de plusieurs grottes pour la secte des Ajivikas, une secte d'ascétiques, qui florissait au même moment que le bouddhisme et le jaïnisme.

Localisations et chronologie des inscriptions Les inscriptions d'Ashoka dans les grottes de Barabar font partie des « Édits mineurs d'Ashoka » ; elles se trouvent dans les grottes nommées Sudama, Visvakarma et Karna Chopar. Une quatrième grotte, Lomas Rishi, n'a pas d'inscription d'Ashoka (seulement une inscription d'Anantavarman au-dessus de l'entrée, des ), peut-être du fait qu'elle n'a jamais été terminée en raison de problèmes structurels de glissement de roche.

Chronologie Ces édits mineurs rupestres ont été rédigés lors de la douzième année du règne d'Ashoka, comme il le mentionne lui-même dans ses inscriptions. Celles-ci font suite à la toute première inscription d'Ashoka — l'inscription bilingue de Kandahar — rédigée en l'année dix de son règne, deux ans seulement après la fin de sa conquête du Kalinga ; elle se trouve sur la colline de près de Kandahar, en Afghanistan.. Cette première inscription fut rédigée en grec ancien et en araméen.

Outre le fait que les inscriptions indiquent qu'elles ont été réalisées la douzième année du règne d'Ashoka (soit 250 av. J-C), on considère généralement que la construction des grottes de Barabar elles-mêmes date aussi de son règneHuu Phuoc Le, Buddhist Architecture, Grafikol, 2010

p.102 .

Texte des inscriptions vignette|Le nom d'Ashoka "Pi-ya-da-si" en script Brahmi, tel qu'il apparaît aux grottes de Barabar. Les inscriptions restent très lisibles, mises à part certaines portions mentionnant en particulier les Ajivikas, que l'on a cherché à effacer au burin à une époque indéfinieE. Hultzsch, Inscriptions of Asoka, Corpus Inscriptionum Indicarum, Oxford, Clarendon Press, 1925, p. 181 (v. les notes de bas de page) . Le fait que les lettres aient été profondément inscrites permet néanmoins de retrouver facilement leurs traces malgré le burinageFour Reports Made During The Years 1862-63-64-65, Major Cunningham . Les inscriptions d'Ashoka apparaissent dans trois des quatre grottes de Barabar : grotte de Sudama, grotte de Visvakarma, grotte de Karna Chopar, à l'exception de la grotte de Lomas Rishi au portique pourtant décoré.

L'inscription de la grotte de Karna Chopar (inscription ) ne mentionne pas les Ajivikas, et semble plutôt référer à la pratique bouddhique de retraite (vassavasa)pendant la saison des pluies. De plus, la swastika inversée à la fin de l'inscription serait plutôt de caractère bouddhique. Il est donc possible que cette dernière cave était prévue pour des moines bouddhistes.

Son petit fils Dasaratha Maurya a quant à lui consacré chacune des trois grottes du groupe des Nagarjuni, faisant partie des grottes de Barabar, aux Ajivikas.

Problème de la qualité des inscriptions Reste le problème de la qualité des inscriptions, qui sont maladroites et désordonnées, et ont abîmé le poli des parois (on aurait pu inscrire d'abord les inscriptions, puis polir par-dessus pour avoir un beau rendu) — ce qui contraste fortement avec la finition remarquable des murs (polissage à effet miroir). Cet effet de polissage du granit ou du grès est néanmoins considéré comme caractéristique de l'époque Maurya, et appelé « poli Maurya » (Mauryan polish) ; il se retrouve sur les piliers d'Ashoka, dont les inscriptions sont aussi souvent maladroites pour les premières années du règne (Édit du schisme par exemple).

Cette dichotomie entre la qualité de la construction et la médiocrité technique des inscriptions . Les inscriptions en brahmi des grottes de Barabar sont parmi les plus anciennes connues avec une date certaine (seul l'Édit mineur sur rocher en brahmi est plus vieux d'un an, datant de la onzième année de règne, alors que le tout premier des édits d'Ashoka, l'Inscription bilingue de Kandahar datant, elle, la année de son règne, est rédigée en grec et en araméen seulement). Il est même probable que le brahmi ait été inventé par Ashoka lui-même, à des fins de propagande impériale, sur le modèle des scripts de l'ouest comme l'araméenSimon Eliot, Jonathan Rose (Eds.), A Companion to the History of the Book, Wiley Blackwell, 2019 , p. 129 Alice Albinia, Empires of the Indus. The Story of a River, W. W. Norton & Company, 2010 p. 173 . On est donc probablement face à une pratique de l'écriture balbutiante, et un manque d'expérience de la gravure, qui justifierait le manque de rigueur des inscriptions.

+ Inscriptions d'Ashoka Traduction en françaisPrakrit en script Brahmi(texte original des grottes de Barabar)

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Inscription bilingue de Kandahar Inscription de Kinéas

Liens externes "A passage to India": un reportage photographique sur les grottes de Barabar

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