Le tableau ci-dessous présente la liste des emaki du patrimoine culturel japonais ayant subsisté de nos jours.
Emaki et le patrimoine culturel
Un emaki se compose d’un ou plusieurs longs rouleaux de papier narrant une histoire au moyen de textes et de peintures de style yamato-e. Le lecteur découvre le récit en déroulant progressivement les rouleaux avec une main tout en le ré-enroulant avec l’autre main, de droite à gauche (selon le sens d’écriture du japonais), de sorte que seule une portion de texte ou d’image d’une soixantaine de centimètres est visible. La narration suppose un enchaînement de scènes dont le rythme, la composition et les transitions relèvent entièrement de la sensibilité et de la technique de l’artiste. Les thèmes des récits étaient très variés : illustrations de romans, de chroniques historiques, de textes religieux, de biographies de personnages célèbres, d’anecdotes humoristiques ou fantastiques… L'origine de ces emaki remonte aux échanges avec l'Empire chinois vers le ou , notamment via l'import de sutras illustrés. Le plus ancien emaki ayant subsisté de nos jours, le Sūtra illustré des Causes et des Effets, est d'ailleurs une copie du d'œuvres chinoises anciennes.
Cette forme d'art ancienne et éminemment japonaise a produit plusieurs œuvres remarquables célébrées dans le patrimoine culturel du Japon. Les biens inscrits au patrimoine peuvent bénéficier de plusieurs niveaux de protection. Les plus inestimables sont classés trésors nationaux, le plus haut niveau de protection possible.. Dans la liste ci-dessous, vingt-deux emaki bénéficient de cette protection. L’échelon inférieur correspond aux biens culturels importants, dont la liste comprend quelque quatre-vingts exemplaires. En sus de ces deux niveaux de protection existent des biens culturels classés au niveau préfectoral, puis communal (non inclus dans cette liste).
Certains emaki remarquables sont de nos jours exposés dans des collections étrangères et ne peuvent pas conséquents pas être classés au patrimoine japonais. Ils sont inclus dans la liste dans la mesure où ils sont exposés dans des musées prestigieux et font l'objet d'analyses spécifiques (par exemple le Kibi Daijin nittō emaki du musée des beaux-arts de Boston).
Liste Notes : Hormis si elles présentent un intérêt particulier, les copies ou versions alternatives d'un emaki, parfois nombreuses, ne sont pas listées (par exemple la liste n'inclut qu'une seule entrée pour les Rouleaux enluminés de la procession nocturne des cent démons bien qu'il existe une soixantaine de versions ou copies de cette œuvre). Pour les genres d'emaki utilisés dans le tableau, voir les définitions données sur l'article général.
Titre Version (si plusieurs notables) Auteurs Date de création Nombre de rouleaux Genre Protection Lieu Commentaire Sources 4 kyu-ten Trésor national Jōbon Rendai-ji, Daigo-ji (Hōon-in), université des arts de Tokyo, musée national de Nara, collections privées Plus ancien emaki subsistant, copié de rouleaux chinois. Plusieurs versions existaient. Version originale 1120-1140 monogatari Trésor national Musée d'art Tokugawa, musée Gotoh Plus ancien emaki existant (hormis les copies de rouleaux chinois). L'œuvre originale comptait 30 rouleaux, dont seuls des fragments subsistent.