Dans le système éducatif malgache, en majorité public, laïc et gratuit (depuis 2020), l'enseignement primaire dure six ans, l'enseignement secondaire sept ans et l'enseignement supérieur de deux à huit ans. La scolarité est obligatoire pour les élèves âgés de six à quatorze ans.

Historique Décrire l’éducation à Madagascar, cela passe par l'évocation des apports et influences extérieures qui ont considérablement marqué l’histoire de la Grande île, en particulier depuis le début du .

Au , c’est par le biais de la London Missionary Society que les premières écoles ont formellement vu le jour à Madagascar. En effet, bien que Radama fût soucieux d’instruire le peuple malgache pour en faire «des personnes de métier et de talent», son objectif principal était avant tout d’assurer «l’ouverture de Madagascar au travail et au commerce», non de développer un système d'éducation sur l'ensemble du territoire RANAIVO, Velomihanta. Le système éducatif de Madagascar. In Revue internationale d'éducation de Sèvres, 2007, vol.46, p.125-132.

Il existe cependant très peu de sources sur l'éducation orale dans ce qui est actuellement la nation malgache avant la période française et la loi du . À partir de cette date, l’institution scolaire malgache a été réorganisée de façon à constituer un instrument d'éducation au sein de l'état français, qui s’étendait à tous les secteurs d’activités politiques, économiques et socioculturelles..

L’indépendance de 1960 a plutôt renforcé une gestion des affaires orientée au profit d’une oligarchie nationale et internationale composée de dirigeants, d’industriels et de commerçants. La politique scolaire était alors calquée sur celle de la métropole française. Cette formation plutôt élitiste a été totalement remise en question par les événements de 1972. Cependant, la révolution socialiste qui en était issue n’est pas réellement parvenue à tenir toutes ses promesses en matière de décentralisation et de malgachisation de l’enseignement.

Face à la création massive d'écoles primaires par les communautés depuis 1975 destiné à répondre à l'explosion démographique du pays, le ministère de l'Éducation nationale ne parvient plus à répondre aux besoins des écoles publiques en termes d'enseignants titularisés. Devant cette situation, les associations de parents d’élèves se voient contraints de pallier cette pénurie en recrutant eux-mêmes du personnel non-formé dans les écoles spécialisées pour prendre en charge l'enseignement de leurs enfants. Ainsi, une nouvelle catégorie d’enseignants contractuels, titulaires au minimum d'un brevet d'études du premier cycle (BEPC), apparait : les maîtres FRAM (FRAM étant l'acronyme de Fikambanan'ny ray aman-drenin'ny mpianatra, littéralement : « association des parents d’élèves »). Cette association nationale s’engage alors à les rémunérer de différentes manières en fonction de leurs possibilités (paddy et/ou argent liquide et/ou parcelle de terre à cultiver pendant une durée limitée…). En 2003, l'État prend en charge la rémunération des maîtres FRAM par le biais d’une indemnité mensuelle payée pendant 9 mois (les périodes de congés scolaires n'étant pas rémunéres), financée par les droits d'inscription que les parents versent au début de chaque année scolaire. En 2007, le montant de la subvention versée à chaque maître FRAM était de 27,5 $US par mois et pendant 9 mois. Le total de ces rémunérations correspondaient à 1,8% du PIB, contre 3,1% pour les enseignants fonctionnaires. En 2007, les maîtres FRAM représentaient déjà 53% des enseignants des écoles primaires. En 2014, les effectifs de ces enseignants avaient doublé en sept ans pour atteindre le nombre de . alt=USAID in Madagascar Education|vignette|USAID à Madagascar

En 1990, le pays a participé à la Conférence de Jomtien (Thailande) sur l’initiative « Éducation Pour Tous à l’horizon 2015 ». Jusqu'en 2008, la courbe d'acquisition de ces objectifs fixés pour Madagascar évolue positivement et régulièrement par les gouvernements successifs. Cela jusqu’à ce que Marc Ravalomanana, dans sa réforme de l’éducation, revienne sur quelques principes qui avaient contribué au modèle d'éducation malgache. Une des grandes lignes de la réforme de ce dernier fut notamment l’application du taux de redoublement zéro dans l’enseignement public. Ce qui eut pour effet de fluidifier le processus de scolarisation, mais également de fragiliser les acquis scolaires de nombreux élèveshttp://www.fes-madagascar.org/media/publications/Policy_paper_2012/Policy_Paper_Education_a_imprimer.pdf.

En 2013, les objectifs scolaires du pays étaient loin d'être atteints, avec un taux de scolarisation des adultes d'à peine 65 %Taux de scolarisation des adultes de 2011, donné par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) dans son Rapport Mondial sur le Développement Humain (RMDH) 2011 intitulé « Durabilité et équité : un meilleur avenir pour tous », New York, 2011, p.187..

À l'été 2020, l'État prend la décision de supprimer les droits d'inscription auxquels les parents d'élèves devaient s'acquitter chaque année pour assurer la scolarisation de leurs enfants dans les établissements publics, rendant ainsi l'enseignement gratuit. Cette décision est exécutoire dès la rentrée 2020-2021.

Enseignement primaire Calqué sur le modèle français, l'enseignement primaire malgache est basé sur cinq années, de la à la et s'adresse aux enfants de 6 à 11 ans. Ces cinq années d'études sont sanctionnées pas l'obtention du certificat d’études primaires élémentaires (CEPE) pour le passage au secondaire.

Même si l'enseignement primaire est entièrement malgachisé, l'apprentissage du français en tant que langue seconde débute dès la deuxième année ().

C'est en 2014 que les taux de scolarisation du primaire ont atteint un pourcentage identique tant pour les garçons que pour les filles..

En 2016, le taux d'achèvement de l'école primaire était de près de 70 % pour les filles et de 65,4 % pour les garçons.

Pour l'année scolaire 2020-2021, le nombre moyen d'élèves par classe dans les établissements d'enseignement publics était de 58 enfants. L'effectif par classe n'était que de 42 élèves dans la région Vatovavy-Fitovivany, alors que dans la région Atsimo-Andrefana ce chiffre montait à 72 élèves par classe.

Enseignement secondaire

Basé également sur le modèle français, l'enseignement secondaire malgache est inculqué dans les collèges, puis les lycées.

La malgachisation de l'enseignement secondaire est total. Cependant, l'usage du français comme langue d'enseignement au premier cycle est parfois toléré lorsque les professeurs étrangers ne maitrisent pas suffisamment la langue malgache.

Collège Le renforcemenent de l'acquisition des savoirs fondamentaux s'effectue sur quatre années, de la sixième à la troisième. Il est sanctionné par un brevet d'études du premier cycle (BEPC).

Selon le ministère de l'Éducation nationale, le niveau secondaire a pour but d'autonomiser les personnes, ainsi que de leur inculquer des valeurs patriotiques garantes de l'unité nationalehttps://www.education.gov.mg/wp-content/uploads/2016/10/Programme-Scolaire-3eme.pdf. L'élève doit alors développer ses propres outils d'analyse, de manière rigoureuse, tout en favorisant la créativité tout au long de son parcours scolaire.

C'est – en 2022 – la Loi n° 94-033 du portant Orientation Générale du Système d’Éducation et de Formation à Madagascar qui prévauteducation.gov.mg.

En 2018, le taux net de scolarisation au niveau secondaire atteint 29,8%., ce qui est nettement en dessous des Objectifs Millénaires du Développement (OMD) que le gouvernement malgache avait signé sous l’ancien Président Marc Ravalomanana. À la suite de ce nouvel échec, le gouvernement a proposé de se mettre de nouveaux objectifs : les Objectifs de Développement Durables, fixés pour 2030.

Lycée Il accueille les élèves durant trois années, de la à la terminale et prépare ces derniers à l'examen du baccalauréat.

Technologies

Le ministère de l'Éducation nationale s'est montré attentif à la question de la dotation de certains moyens informatiques à ses établissements, mais également au secteur de l'enseignement privé. Ainsi, après le Forum mondial sur l'éducation (EWF) de 2015, des supports numériques d'enseignement ont été alloués à certains établissements. Roland Justet Rabeson, Secrétaire ministériel à l'éducation précisait alors:

Des questionnements demeurent cependant sur l'application et la mise en place de la « numérisation » de l'éducation secondaire à Madagascar. Le ministère de l'Éducation nationale n'a par exemple émis aucune garantie que ces technologies ne détourneraient pas des données personnelles de ses usagers à des fins commerciales vers d'autres pays, comme il a été constaté par exemple avec les GAFAMI. En 2021, la startup californienne Holberton – spécialisée dans l'EdTech – signe un partenariat d'association commerciale avec l'entreprise malgache d’éducation et de micro job en ligne SAYNA.. Cette collaboration a pour objectif d’offrir de nouvelles perspectives commerciales dans l'inclusion éducative grâce aux technologies de l'information.

À partir de 2018, une enquête nationale et un projet pilote sont mis en place, pour tenter de rehausser le niveau de 16 000 enseignants en lecture et en calculs grâce à des moyens numériques.

La crise sanitaire mondiale de 2020-2022, déclenchée par l'épidémie de Covid-19, a eu pour effet de mettre au jour les inégalités d'accès à l'enseignement par ces moyens numériques.. Malgré la proposition du Ministère de faire suivre les cours aux élèves par télévision ou radio, le pourcentage d'élèves ayant eu un accès régulier à ces moyens de communication est resté faible. Ainsi, la crise sanitaire aura fait décrocher de nombreux élèves malgaches du système scolaire, et particulièrement du secondaire.

Enseignement supérieur et universitaire thumb|Université d'Antananarivo (2010)

Madagascar compte de nombreuses universités publiques et privées réparties dans toutes les régionshttp://www.mesupres.gov.mg/IMG/pdf/liste_des_institutions_superieures_mise_a_jour_aout_2022.pdf.

Le français devient alors presque exclusivement la langue d'enseignement, tandis que le malgache devient une matière d'enseignement. Un élève doit donc nécessairement être bilingue afin de poursuivre ses études dans l'enseignement universitaire et supérieur.

Universités publiques (un établissement universitaire par capitales provinciales) : Université d’Antananarivo Université d’Antsiranana Université de Fianarantsoa Université de Mahajanga Université de Toamasina Université de Toliara

Institut supérieur de technologie : Institut Supérieur de Technologie d'Antananarivo Institut Supérieur de Technologie d'Ambositra Institut Supérieur de technologie d'Antsiranana

Parmi les Universités et centre d'éducation supérieurs privés, on compte : A.C.E.E.M. Business School, Ankadivato Athenée Saint-Joseph, Antsirabe Beaty University, Toamasina Centre d'études, de l'information et ses technologies, orienté professionnel, Ambolokandrina Centre écologique de Libanoa, Tôlanaro CERF ARMI Conseils-études-réalisation-formation, Antananarivo, 67 Ha N/E Centre de formation et d'application du machinisme agricole, Antsirabe Centre de formation des ressources humaines, Tsaralalàna Conservatoire national des Arts et Métiers, Antananarivo, 67 Ha (Maison des Produits) C R A C étudiants - Centre de ressources, d'assistance et de conseil, Antsirabe E C A T TARATRA École de comptabilité et d'administration, Fianarantsoa I F S P, Soanierana INFOSUP, Ambolokandrina I N S P N M A D, Antananarivo, Manakambahiny I S F P, Ampasikibo Toliara I S P P S, Andrefan’Ambohijanahary S E F A M, Antsirabe U P R I M - Université privée de Madagascar, Andavamamba (Antananarivo) U T M - Université de technologies à Madagascar (ex ISTAM), Toliara

Éducation spécialisée