Frances Jane van Alstyne, connue sous le nom de Fanny Crosby, née le et morte le , est une missionnaire américaine, poète, parolière et compositrice d'hymnes religieux. Elle a été l'une des plus prolifiques hymnistes de l'histoire avec près de et chants de gospel à son actif bien qu'elle soit aveugle depuis son enfance.. Elle a été qualifiée de The Hymn 35 (Hymn Society of America, 1984), . et de . Très prolifique, elle utilise près de 200 pseudonymes différents pendant sa carrière, certains éditeurs ne voulant pas trop d'hymnes de la même personne dans leurs livrets.

Biographie

Enfance et éducation Frances Jane Crosby est née dans le village de Brewster dans l'État de New York. Elle est la fille unique de John Crosby et de sa seconde femme, Mercy Crosby, tous deux proches d'Enoch Crosby, espion durant la guerre d'indépendance. Selon Bernard Ruffin, les parents de Fanny Crosby sont cousins au premier degré : . Fière de son héritage puritain, son arbre généalogique remonte jusque Anna Brigham et Simon Crosby qui arrivèrent à Boston en 1635 et fondèrent l'université Harvard. Elle est membre des Filles de la révolution américaine à Bridgeport dans le Connecticut. Par son père, elle est proche du ministre presbytérien Howard Crosby et de son fils abolitionniste, Ernest Howard Crosby et des chanteurs Bing et Bob Crosby.

À l'âge de six semaines, Fanny Crosby attrape froid et développe une inflammation au niveau des yeux. Des cataplasme à la moutarde sont appliqués pour traiter le mal. Selon elle, ce traitement endommagea ses nerfs optiques et la rendit aveugle, mais selon des études récentes, elle aurait été aveugle de naissance sans que ses parents ne le remarquent.

John Crosby meurt en 1820 alors que Fanny est âgée de six mois. Elle est élevée par sa mère et la mère de celle-ci, Eunice Paddock Crosby. Elles l'élèvent dans la foi chrétienne, lui apprennent par cœur de longs passages de la Bible et elle devient une membre active de l'Église méthodiste épiscopale de John Street à Manhattan.

À l'âge de trois ans, sa famille déménage à Salem dans le New Jersey, là où Eunice fut élevée. En , elle est examinée par Valentine Mott, qui conclut qu'elle est inopérable et qu'elle restera aveugle toute sa vie. À l'âge de , elle écrit son premier poème, qui décrit son état. Pour elle, le fait d'être aveugle est un don de Dieu : . Selon sa biographe Annie Wilis,

En 1828, Mercy et Fanny déménagent chez Mrs. Hawley à Ridgefield. Là, elles fréquentent l'église presbytérienne du village où Fany Crosby mémorise chaque semaine, cinq chapitres de la Bible. À l'âge de , elle connait par cœur quatre gospels, le Pentateuque, le Livre des Proverbes, le Chant de Salomon et des psaumes. En 1832, un professeur de musique vient deux fois par semaine donner des cours de chant à Fanny Crosby et à d'autres enfants. À la même période, elle commence à chanter des hymnes à l'Église méthodiste épiscopale de sa ville.

Elle entre à l'Institution pour aveugles de New-York en 1835 pour ses . Elle y passe huit ans en tant qu'élève puis deux ans de plus en tant que pupille diplômée pour y apprendre le piano, l'orgue, la harpe, la guitare et le chant. Pendant ses années d'étude, sa mère se remarie et a trois autres enfants. Son époux l'abandonne en 1844.

Début de carrière Après l'obtention de son diplôme en 1843, elle rejoint un groupe de lobbyistes pour l'éducation des aveugles à Washington. Elle est la première femme à parler au Sénat des États-Unis où elle lit un poème:

Elle fait partie des étudiants qui donnent un concert au Congrès le . Elle y récite une composition originale demandant une véritable éducation pour les aveugles dans tous les États. Quelques jours plus tard, elle fait partie d'un groupe d'étudiants aveugles qui donnent une représentation devant des notables de Trenton dans le New Jersey, où elle récite, là encore, un poème original appelant à une éducation pour les aveugles. Elle récitera aussi un poème devant le président américain de l'époque, James K. Polk en 1845.

En , Fanny Crosby parle à la tribune devant le Congrès américain, avec une délégations des institutions pour aveugles de Boston et de Philadelphie. Elle témoigne avant le comité du congrès sur le sujet puis joue à la Maison-Blanche devant le président et sa femme"Congressional", The Hartford Times, May 9, 1846 :

À cette période, elle est professeure de grammaire, rhétorique et histoire à l'Institution pour aveugles de New-York. Là, elle y rencontre Grover Cleveland, futur président des États-Unis qui a alors . Il lui écrit une recommandation qu'elle met dans son autobiographie en 1908 et lui écrit un poème, lu lors de la transformation de la maison d'enfance de Cleveland en mémorial en 1913.

Carrière

Poésie Son premier poème avait pour thème un meunier malhonnête, poème qui est envoyé sans qu'elle ne le sache à P. T. Barnum qui le publie dans le Herald of Freedom. Elle est examinée par un phrénologiste écossais, George Combes, qui la considère comme une "poétesse née". L'Institut pour aveugles dans lequel elle enseigne s'oppose à son activité de poétesse mais finit par embaucher Hamilton Murray pour lui apprendre la composition poétique.

En 1841, le New York Herald publie l'éloge écrit par Fanny Crosby à la mémoire du président William Henry Harrison, ce qui lance sa carrière littéraire. Elle est publiée par le The Saturday Evening Post, le Clinton Signal, le Fireman's Journal et le Saturday Emporium.

Elle n'est pas très enthousiaste à l'idée que ses poèmes soient publiés car elle les voit comme des « productions inachevées » mais l'idée qu'ils permettent de lever des fonds pour l'Institut la convainc. Son premier recueil A Blind Girl and Other Poems est publié en ; il contient An Evening Hyn, basé sur le psaume 4:8, qu'elle décrit comme son premier hymne publié. En 1853, elle publie Monterey and Other Poems qui inclut des poèmes sur la Guerre américano-mexicaine et un autre demandant aux États-Unis d'aider les irlandais victimes de la Grande Famine. Dans son autobiographie publiée en 1903 par Will Carleton, elle avoue qu'elle était « triste et dépressive à cette époque ».

En 1853, son poème The Blind Orphan Girl est intégré au recueil de Caroline M. Sawyer, The History of the Blind Vocalists. Son troisième ouvrage A Wreath of Columbia's Flowers est publié en 1858 au moment où elle quitte l'Institut pour aveugles et se marie. Il contient quatre histoires courtes et trente poèmes.

Chansons populaires Avec l'aide de Georges F. Root, elle écrit environ 60 chansons populaires entre et 1857 ainsi que des minstrel show. Ces derniers étant mal vu aujourd'hui par les institutions chrétiennes et les musiciens classiques, ils sont souvent occultés. Pendant de nombreuses années, Fanny Crosby est payée ou par poème, tous les droits musicaux retenus par le compositeur ou l'éditeur de la musique.

À l'été 1851, George Root et Fanny Crosby donnent des cours à la North Reading Musical Institute à North Reading, Massachusetts. Leur première chanson, Fare Thee Well, Kitty Dear (1851) est écrite par Crosby sur l'idée de Root, où elle décrit le « la peine d'une homme de couleur à la mort de son amour ». Elle est écrite spécialement pour les ministrels d'Henry Woods et publiée par John Andrews. En 1852, Root signe un contrat de trois ans avec les éditions William Hall & Son.

Fanny Crosby continue de travailler à la North Reading Musical Institute, où elle écrit les paroles des chansons suivantes dont Bird of the North et Mother, Sweet Mother, Why Linger Away ?. Leur premier succès est The Hazel Dell en 1853, une ballade sentimentale décrit par son éditeur comme . Elle devient une des chansons les plus populaires du pays, jouée dans les ministrels d'Henry Wood et dans ceux de Christy, se vendant à plus de .

Vers la fin de l'année 1953, William Hall & Son sortent Greenwood Bell qui décrit les funérailles d'un enfant, d'un adolescent, d'une vieille personne au Greenwood Cemetery. Leur chanson, There's Music in the Air de 1854 devient un hit et est listée dans la Variety Music Cavalcade comme l'une des chansons les plus populaires de l'année. Elle deviendra une chanson de l'Université de Princeton.

À la fin du contrat avec les éditions William Hall & Son en 1855, Fanny Crosby et George Root publient Six Songs by Wurzel chez S. Brainard's Sons à Cleveland. La plus connue est Rosalie, the Prairie Flower, qui parle de la mort d'une petite fille et qui est joué dans les ministrel de Christy dans les années 1850. Plus de de la partition sont vendues et rapportent à Root - et presque rien à Crosby. Elle écrit aussi les paroles pour d'autres compositeurs dont There is a Bright and Sunny Spot -1856) pour Clare W. Beames.

Cantates Entre 1852 et 1854, Fanny Crosby écrit les livrets de trois cantates pour Root. Le premier est The Flower Queen; The Coronation of the Rose, souvent décrit comme le , une « opérette populaire », « illustration du romantisme du américain ». Dans son autobiographie, elle explique le thème de ce cantate :

The Flower Queen est joué sur scène pour la première fois le par les élèves du Jacob Abbott's Springer Institute et repris par les élèves de Root à la Rutgers Female Institute. Elle fut jouée environ fois dans tous les États-Unis dans les quatre premières années suivant sa publication. Ce hit offre notoriété et fortune à Root, un peu moins à Crosby.

Leur second cantate est Daniel, or the Captivity and Restoration, basé sur l'histoire de Daniel dans l'Ancien Testament. Il est composé pour la chorale de Root, à la l'église presbytérienne de Mercer Street à Manhattan. Il comprend 35 chansons, dont la musique est composée par William Batchelder Bradbury et les paroles par Fanny Crosby et Chauncey Marvin Cady étudiant au séminaire théologique de New-York. Elle sera jouée pour la première fois le par les étudiants de George Root à New-York.

En 1854, ils collaborent à l'écriture de The Pilgrim Fathers, qui selon sa biographe « décrit une lecture évangélique de l'histoire américaine ». Elle écrit aussi le livret pour le cantate The Excursion, sur les musiques Theodore Edson Perkins, un professeur de musique baptiste, fondateur de la maison d'édition Brown & Perkins. En 1886, Fanny Crosby et William Howard Doane écrivent Santa Claus' Home; or The Christmas Excursion, un cantate de Noël publié chez Biglow & Main.

Chansons politiques En plus de poèmes écrit lors de la visite de personnalités, Crosby écrit des chansons de nature politique, comme la guerre américano-mexicaine ou la guerre de Sécession.

Depuis l'élection présidentielle de 1840, elle est une fervente démocrate et écrit de la poésie contre le candidat du Parti whig, William Henry Harrison. En 1852, elle change de camp et rejoint le parti whig, anti-esclavagiste pour qui elle écrit le poème Carry Me On. Bien qu'elle se considère comme démocrate à cette époque, elle admire le chef du parti whig, le sénateur Henry Clay qui visita en 1848, l'Institut pour aveugles où vivait Fanny Crosby.

Elle est une abolitionniste et partisane d'Abraham Lincoln et du parti républicain tout juste créé. Après la Guerre de Sécession, elle devient partisanne de la Grande armée de la république.

Chansons patriotiques Selon Edith Blumhofer, pendant la Guerre de Sécession, Fanny Crosby se fait une place dans la poésie patriotique. Elle écrit de nombreux poèmes favorable aux États du Nord dont Dixie for the Union en 1861 sur l'air de la chanson populaire Dixie qui deviendra plus tard un hymne patriotique des États confédérés américain.

Elle est l'auteure des paroles avec William B. Bradbury de la musique de la chanson patriotique There is a Sound Among the Forest Trees, peu après leur rencontre en . Le texte encourage les volontaires à rejoindre les forces de l''Union et fait de nombreuses références à l'histoire des États-Unis dont les pères pèlerins et la bataille de Bunker Hill.