Gustave Flourens, né le à Paris et mort le à Rueil, est un universitaire, publiciste, militaire et homme politique français.

Républicain et libre-penseur, il est un des chefs de l'opposition durant la deuxième décennie du Second Empire. Ayant rejoint la Commune de Paris en qualité de général, il est tué par les soldats versaillais le .

Biographie

Famille et formation Gustave Flourens naît le à Paris. Il est le fils de Pierre Flourens (1794-1867), médecin et biologiste originaire de Maureilhan, dans l'Hérault, professeur au Collège de France et au Muséum d'histoire naturelle, et d'Aline (1807-1879), fille du général et baron de l'Empire Gabriel-Joseph Clément d'Aërzen. Deux autres enfants naissent de cette union, Émile, futur député et ministre des affaires étrangères de la Troisième République, en 1841, et Abel, en 1845.vignette|Gustave Flourens adolescent, avec son plus jeune frère Pierre Abel, daguerréotype par Derussy, vers 1849.|gauche|189x189pxSon père embrasse une brillante carrière politique : élu député de l'Hérault en 1837, il devient pair de France en 1846 avant de siéger au conseil municipal de Paris et au conseil général de la Seine de 1858 à 1871, tout en poursuivant sa carrière scientifique. Secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, membre de l'Académie française, il est également Grand officier de la Légion d'honneur. Pierre Flourens délivre une éducation autoritaire, sévère et patriarcale à ses enfants.

Débuts dans le professorat Professeur au Collège de France à 25 ans en 1863, il est chargé de traiter l’Histoire des races humaines où ses opinions antireligieuses et antibonapartistes le font interdire de cours après une année d'exercice.. Il publie alors ses leçons sous le titre d’Histoire de l'Homme. Il y aspire alors à l'instauration d'une République universelle, qu'il voit comme la composante d'une lutte millénaire entre la culture aryenne, athée, et la culture sémitique, mystique. Il enseigne notamment que la supériorité physique, intellectuelle et morale des Aryens blonds aux yeux bleus les destine à dominer ou à déplacer les peuples inférieurs noirs, bruns et jaunes..

Entrée en politique En exil en Belgique en 1865, il rejoint les partisans des minorités agissantes, proches du courant blanquiste , puis installé à Constantinople et Athènes, il prend fait et cause pour les Crétois insurgés contre l'Empire ottoman et sollicite en leur faveur les gens d'opinion avancée dans toute l'Europe dont Victor Hugo, l'ancien concurrent malheureux de son père à l'Académie française. En 1866, il participe à l'insurrection crétoise avec le grade de capitaine. Il est nommé ambassadeur de Crète auprès du gouvernement grec qui, cédant aux pressions du gouvernement français, l'expulse vers la France.

Opposant politique au Second Empire et alors propagandiste des théories socialistes, il est emprisonné pendant trois mois en 1869. Il devient chroniqueur militaire du journal La Marseillaise d'Henri Rochefort, et se bat en duel contre Paul de Cassagnac, qui le blesse au ventre. Accusé de prendre part dans une tentative de complot contre Napoléon III, il est en détention provisoire avec son ami Maurice Garreau en . Après l'arrestation de Rochefort en , il s'enfuit en Hollande puis en Angleterre, où il devient un familier de Karl Marx. En , la haute-Cour siégeant à Blois le condamne à six ans de prison par contumace.

Franc-maçon et membre de sociétés de libre pensée depuis 1865, il participe de leur activité depuis son exil, écrivant dans La Libre Pensée du : .

La Commune de Paris vignette|306x306px|Gustave Flourens caricaturé par Moloch. Il rentre en France après la proclamation de la République le 4 septembre 1870, il est élu chef d'un bataillon de la Garde nationale de Belleville et est l'un des organisateurs du soulèvement du 31 octobre 1870 contre la politique jugée trop tiède du gouvernement de la Défense nationale et en faveur de l'élection d'une Commune à Paris. Emprisonné, il est libéré par des hommes de la Garde nationale commandés par son ami Amilcare Cipriani dans la nuit du 21 au .

Caché dans Paris, il écrit un ouvrage sur la situation politique de la France depuis l'été 1870, Paris Livré, qui paraît le . Il participe au soulèvement des Parisiens le 18 mars 1871 et est élu à la Commune par le arrondissement, nommé général et chargé de la défense du Paris révolutionnaire. Partisan de la désastreuse offensive des communards contre Versailles, il est sabré mortellement le à Rueil, alors qu'il était désarmé, par le capitaine de gendarmerie Jean-Marc-Noël Démaret, futur juge de paix à La Garnache en Vendée et protégé du comte de Baudry d'Asson. vignette|275x275px|Mort de Gustave Flourens (avec le pistolet). Premier mort parmi les membres de la Commune, il est inhumé auprès de son père au cimetière du Père-Lachaise à Paris dans la et sa tombe devient, au cours des années suivantes, le premier lieu de rassemblement pour commémorer la révolution parisienne vaincue.

Hommages et postérité Des rues portent son nom à La Rochelle (Charente-Maritime), au Mans (Sarthe), à Suresnes (Hauts-de-Seine), à Nanterre (Hauts-de-Seine), à Vierzon (Cher), à Évry-Courcouronnes (Essonne) et à Angers (Maine-et-Loire).

Une unité militaire de la Commune fut baptisée en son honneur les « Vengeurs de Flourens ».

William Butcher, vernien américain, suggère que le personnage du Captaine Nemo, de par ses idées et ses actes en Crète, est inspiré de Gustave Flourens. Malgré les transformations éditoriales de Hetzel, Leonidas Kallivretakis conteste en partie ce point de vue.vignette|Plaque de rue à Suresnes.

Notes et références

Bibliographie . Leonidas Kallivretakis, "Jules Verne's Captain Nemo and French Revolutionary Gustave Flourens: A Hidden Character Model?". The Historical Review , 2004, p 207–244. . Éric Lebouteiller, « Gustave Flourens (1838-1871), le « Chevalier de la révolution » », La Commune, bulletin des Amies et Amis de la Commune, , 2014. . . .

Vindex: Les chefs révolutionnaires. Gustave Flourens. Paris 1871. Auguste Hardy: Douloureux détails concernant la mort du citoyen Flourens. Sa biographie complète et ses actes héroiques pour le maintien de la République. A. Parent, Paris [1871?]. F Maurel: Notice nécrologique sur Gustave Flourens. Société d'Ethnographie, Paris 1872. Charles Théophile Ferré: Portrait et autographe d'un homme dévoué sous la Commune de Paris. Une rectification sur Gustave Flourens. L. E. Privat, Genève 1876. Georges Cuvier: Discours sur les révolutions du globe. Avec des notes et un appendice d'après les travaux récents de MM. de Humboldt, Flourens, Lyell, etc. rédigés par le Dr Hoefer. Firmin-Didot et Cie, Paris 1856. (2. Aufl. 1879) M. Demaze (Hrsg.): Souvenirs d'un Philhellène. Gustave Flourens et l'insurrection crétoise de 1866–1868. Rey, Lyon 1893. Charles Prolès: Les Hommes de la Révolution de 1871. Gustave Flourens. Insurrection crétoise, 1867–1868. Siège de Paris, 1870-1871. Avec une lettre-preface de Amilcare Cipriani. Paris 1898. Robert de Billy: Le comte de Gobineau et Gustave Flourens. Éd. d'histoire générale et d'histoire diplomatique, Paris 1932. Yvonne Bezard: Gustave Flourens. R. Condom, Paris 1935. Anne Nicolas: Victor hugo et Gustave Flourens (1865–1871) avec des lettres inédites. In: Revue d'Histoire littéraire de la France. 68. Jg., Nr. 5, September–Oktober 1968, S. 731–745. Valentina Akimova Smirnova: Gjustav Flurans. Mysl, Moskava 1972. Olga Worobjowa, Irma Senelnikowa: Die Töchter von Marx. 4. erg. u. überarb. Aufl. Dietz Verlag, Berlin 1984. Kapitel „Gustave Flourens“, S. 75 ff. Richard-Pierre Guiraudou, Michel Rebondy: Gustave Flourens. Le Chevalier Rouge. le Pré aux Clercs, Paris 1987. Adrienne Stengers-Limet: Une rencontre à Bruxelles Gustave Flourens et Jean-Jacques Altmeyer. Bruxelles Archives et bibliothèques de Belgique, Bruxelles 2001.

Notices biographiques

Liens externes

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