Projet Montréal est un parti politique municipal de la ville de Montréal, au Québec (Canada). Sa cheffe intérimaire est Ericka Alneus, qui a remplacé Luc Rabouin après la défaite du parti aux élections municipales de 2025. Axé sur la qualité de vie, l'urbanisme durable et l’intégrité de l'administration, Projet Montréal vise la relance économique, démocratique, urbaine et démographique de Montréal. Des élections municipales de 2017 à celles de 2025, le parti est à la tête du conseil municipal de Montréal.
Historique Débuts du parti vignette|gauche|200px|Le cofondateur et premier chef du parti, Richard Bergeron.
Projet Montréal est fondé en 2004 par Richard Bergeron et Claude Mainville.
Aux élections de 2005, Richard Bergeron est le seul élu de sa formation à accéder au conseil de ville au poste de conseiller de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal.
Au printemps 2009, la conseillère d’arrondissement Josée Duplessis (Le Plateau-Mont-Royal) et le conseiller d’arrondissement Pierre Mainville (Ville-Marie) rejoignent les rangs de Projet Montréal.
Élections municipales de 2009 Les et , Projet Montréal tient son congrès 2009 dans le quartier Petite-Bourgogne à Montréal. À cette occasion, les membres réunis ont achevé et adopté le programme 2009 du parti, auquel environ avaient déjà contribué au cours des mois précédents.
Le , Richard Bergeron annonce que l’honorable John H. Gomery sera le président d’honneur de la campagne de financement de Projet Montréal dans le cadre de l’élection 2009. John Gomery, juge à la retraite, est connu pour sa présidence de la Commission d'enquête sur le programme de commandites et les activités publicitaires. Le même jour, le chef de Projet Montréal annonce plusieurs mesures prenant effet immédiatement afin de garantir le respect des normes de transparence et d’éthique du parti.
Par ces mesures, qui sont plus contraignantes que la loi régissant le financement sur les partis politiques, Projet Montréal entend respecter non seulement la lettre, mais aussi l’esprit de cette loi et lutter ainsi contre les dérives qui ont marqué la vie politique montréalaise.
Aux élections municipales du , Richard Bergeron termine troisième à la course à la mairie de Montréal. Le parti passe cependant d'un seul candidat élu en 2005 (Richard Bergeron) à 14 candidats (sur 103) en 2009. De ces 14 candidats, deux sont maires d'arrondissement (sur 19) et 10 siègent sur le conseil de ville (sur 65). Projet Montréal remporte également l'ensemble des sept postes de l'arrondissement Plateau-Mont-Royal.
Élections municipales de 2013 Lors des élections municipales du 3 novembre 2013, Richard Bergeron termine à nouveau troisième dans l'élection au poste de maire de Montréal. Projet Montréal est le seul parti à présenter un candidat à chacun des 102 postes électoraux. Parmi ces 102 candidats, les deux maires d'arrondissement (Luc Ferrandez dans Le Plateau-Mont-Royal et François Croteau dans Rosemont–La Petite-Patrie) sont réélus ; 18 conseillers de ville et huit conseillers d'arrondissement sont également élus.
À l'issue de cette élection, Projet Montréal passe de 10 à 20 sièges sur les 65 que compte le conseil municipal, et devient la première opposition municipale au conseil.
Le , Projet Montréal annonce la démission de Richard Bergeron de la chefferie du parti, et la nomination de Luc Ferrandez comme chef intérimaire, dans l'attente de la tenue d'élections pour désigner le nouveau chef. Richard Bergeron, nommé au comité exécutif de la ville de Montréal quelques jours plus tard, annonce qu'il quitte le groupe Projet Montréal au conseil municipal, et siègera dorénavant comme indépendant. Le , Richard Bergeron annonce qu'il rejoint officiellement l'Équipe Denis Coderre, abandonnant son statut d'indépendant.
Élections municipales de 2017 vignette|right|redresse|Valérie Plante, cheffe de Projet Montréal de 2016 à 2025. La campagne à la chefferie de Projet Montréal se tient à l'automne 2016. Les trois candidats sont Guillaume Lavoie, Valérie Plante et François LimogesDébat de la course à la direction de Projet Montréal: les candidats sur la même longueur d'onde, Marie Christine Trottier, Le Journal de Montréal, 30 octobre 2016., mais ce dernier se retire en cours de route François Limoges drops out of Projet Montréal leadership race, supports Guillaume Lavoie, Michelle Lalonde, The Gazette, 18 novembre 2016.. Le chef intérimaire Luc Ferrandez avait quant à lui annoncé depuis des mois qu'il ne briguerait pas la direction du partiProjet Montréal se cherche un chef pour affronter Coderre, Jeanne Corriveau, Le Devoir, 25 janvier 2016..
Le , Valérie Plante devient chef de Projet Montréal, remportant la course au leadership du parti avec 51,9 % du vote qui l'opposait au conseiller Guillaume Lavoie Projet Montreal elects Valérie Plante as new party leader, Navneet Pall, Global News, 4 décembre 2016..
À la suite de la victoire de Valérie Plante, cinq élus de formations politiques adverses quittent leurs partis pour se joindre à Projet Montréal. D'abord Maja Vodanovic, conseillère d'arrondissement pour le district du Canal, annonce le qu'elle briguera la mairie de Lachine. Puis Benoit Dorais, maire de l'arrondissement du Sud-Ouest et ancien chef de Coalition Montréal, rejoint Projet Montréal le . Enfin Normand Marinacci, maire de l'Île-Bizard–Sainte-Geneviève, et deux de ses conseillers d'arrondissement quittent le Vrai changement Montréal le afin de rejoindre à leur tour l'opposition officielle.
Valérie Plante est candidate de Projet Montréal pour la mairie de Montréal à l'élection municipale de novembre 2017..
Le , elle devient la première femme mairesse de Montréal, en défaisant le maire sortant Denis Coderre. Projet Montréal remporte 11 mairies d'arrondissement et obtient une majorité à l'hôtel de ville.
Élections municipales de 2021 En 2018, les membres de Projet Montréal élisent un nouveau président du parti, Guedwig Bernier. Ce dernier exprime ouvertement sa volonté d’instaurer un changement de culture au sein du parti afin de faire davantage de place aux personnes issues de la diversité, notamment aux personnes racisées, en vue des prochaines élections.
En amont des élections municipales de 2021, Projet Montréal annonce notamment la candidature de Will Prosper à la mairie de Montréal-Nord, de Gracia Kasoki Katahwa à la mairie de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce..
Projet Montréal publie sa plateforme électorale Une ville pour aujourd'hui et pour demain le , le document de 24 pages compte près de 250 engagements électoraux. La construction de abordables en 10 ans est considérée comme la promesse phare de Valérie Plante et son parti pour l'élection de 2021.
En , Valérie Plante annonce que Dominique Ollivier, ex-présidente de l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM) se présente sous la bannière de Projet Montréal dans le district du Vieux-Rosemont. Plante annonce également qu’advenant sa réélection, elle nommera Dominique Ollivier à la présidence du comité exécutif de la Ville de Montréal..
Le , Projet Montréal obtient une nouvelle majorité au conseil de ville, alors que Valérie Plante est réélue mairesse de Montréal avec près de 15 % d'avance sur son adversaire principal Denis Coderre.
Le parti effectue plusieurs percées historiques, dont en remportant pour la première fois la majorité des sièges dans Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles et la totalité dans Verdun.
Dominique Ollivier, également élue, devient la première femme noire présidente du comité exécutif de la Ville de Montréal. Gracia Kasoki Katahwa devient alors la première femme noire mairesse d'un arrondissement montréalais.
Quelques semaines plus tard, Valérie Plante propose la nomination de Martine Musau Muele à la présidence du Conseil municipal, faisant d’elle la première femme afrodescendante à occuper ce poste.
Élections municipales de 2025 Le , Valérie Plante annonce qu'elle ne sera pas candidate à nouveau aux élections municipales de 2025. Le parti choisit Luc Rabouin, maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, en , au terme d'une course à la chefferie. Dans les mois précédant l'élection, différentes figures du parti annoncent qu'elles ne se présenteraient pas de nouveau, notamment Marianne Giguère, Pierre Lessard-Blais, Sophie Mauzerolle, Laurence Lavigne-Lalonde, Alain Vaillancourt, Benoit Dorais, Magda Popeanu et Marie-Andrée Mauger.
Lors du scrutin du , le parti perd le pouvoir face à la candidate Soraya Martinez Ferrada du parti Ensemble Montréal. Le soir même, Luc Rabouin annonce sa démission comme chef.
Le , les élus du parti choisissent, à l'unanimité, Ericka Alneus comme cheffe par intérim.
Programme politique Le programme de Projet Montréal comprend des engagements touchant le logement, la famille, l’environnement et le verdissement de la ville, le transport, l’économie, les arts et la culture, la démocratie montréalaise, la participation citoyenne, l'intégrité et la qualité de l'administration.
La création de quartiers mixtes conviviaux, arrimés au transport (transit-oriented development), la disponibilité de logements à prix acceptables, l'aménagement de quartiers verts reliés par un réseau vert, ainsi que la promotion de l’art et de la culture dans la ville font partie des moyens préconisés par le parti. Projet Montréal propose aussi de mettre en valeur l’entrée maritime de Montréal et de recouvrir la partie ouverte de l’autoroute Ville-Marie ainsi qu’une section de l’autoroute Décarie afin d’y aménager, par exemple, des terrasses et des marchés publics. Leur conception de l'aménagement de la ville repose sur les idées du Nouvel urbanisme, appliquées à des degrés variables en fonction du milieu dans lequel des actions de réaménagement urbain sont pratiquées. Par ces moyens et par d’autres, Projet Montréal souhaite mettre fin à l’exode des familles, diminuer graduellement la dépendance de Montréal au pétrole et faire de Montréal un pôle industriel nord-américain des nouveaux transports urbains. La construction de la ligne rose est un des projets phare de ce parti, lors de la campagne électorale de 2017.
Une autre priorité du parti est l'intégrité de l'administration municipale. Pour éviter la corruption et la collusion, Projet Montréal propose notamment que les dons aux partis politiques municipaux soient limités, que les réunions du Comité exécutif de la Ville se tiennent en public et que la Ville reprenne la maîtrise d’œuvre de ses projets.
Projet Montréal est le seul parti à adopter démocratiquement son programme électoral en consultant ses membres en Congrès..
Réalisations notables Premier mandat (2017-2021) Règlement pour une métropole mixte En , l'administration Plante adopte le Règlement pour une métropole mixte. Ce tout nouveau règlement a pour objectif de maximiser les retombées des différents programmes en habitation de la Ville et des gouvernements supérieurs, en amenant les projets privés à intégrer des logements bénéficiant d'une subvention. Ceci permet d'assurer la mixité des quartiers en transformation grâce à la construction de 600 logements sociaux par an. Le règlement crée aussi un nouveau levier pour protéger les immeubles locatifs anciens où l'on souhaite maintenir des loyers abordables. De plus, il permet l'émergence d'une nouvelle offre intermédiaire, entre le logement social et la propriété. Enfin, il a comme objectif d’amener la réalisation de 500 logements familiaux au prix du marché par année. Ce règlement vise à améliorer significativement la diversité de l'offre sur le marché immobilier montréalais.