Christopher John Penrice Booker (né le à Eastbourne et mort le ) est un auteur et journaliste britannique.

Il a été l'un des cofondateurs du magazine Private Eye en 1961 et y a contribué depuis. Il a aussi été l’un des journalistes du journal The Sunday Telegraph (à partir de 1990). Il a pris position contre le consensus scientifique relatif à plusieurs questions d’environnement et de santé publique, dont celui sur le réchauffement climatique, le lien entre tabagisme passif et cancer, et les dangers posés par l'amiante.

En 2009, il a publié The Real Global Warming Disaster qui nie la réalité du changement climatique. Dans les années 1990, en collaboration avec Richard North, Booker a aussi écrit et publié des textes qui ont contribué à l’historiographie populaire eurosceptique, quoique académiquement contestée, de l'Union européenneBooker, C. (1996), Europe and Regulation—The New Totalitarianism. In The Eurosceptical Reader (). Palgrave Macmillan, Londres.. Le plus connu de ces pamphlets contre l’Union européenne est The Great Deception. (En anglais, « deception » signifie « tromperie » ou « illusion ».)En outre, il a écrit des livres connexes comme The Castle of Lies (le château des mensonges) publié en 1997 qui critiquent à la fois la bureaucratie européenne et britannique de l’époque.

Ses articles, notamment dans le Sunday Telegraph concernent souvent les affaires de droit de la famille ou une critique des administrations (européennes notamment ou des services sociaux anglais, des énergies renouvelablesBooker, C., & Friday, O. (2012). « Germany's wind power chaos should be a warning to the UK », The Telegraph., de radars visant à limiter la vitesse sur route, les quotas de pêcheBooker C (2007) Fishing quotas are an ecological catastrophe. The Daily Telegraph, 25.…

Biographie Ses parents, qui ont fondé l'école des filles de Knighton House l'envoient étudier à la Dragon School d’Oxford, puis à la Shrewsbury School. Il part ensuite au Corpus Christi College de Cambridge, où il se spécialise dans l’Histoire.

Carrière Années 1960 En 1961 avec ses collègues Salopiens (Richard Ingrams et Willie Rushton) il fonde Private Eye (journal) en est le premier éditeur. Il en sera évincé par Ingrams en 1963 puis y reviendra en 1965 pour rester membre de l'équipe des satiristes et humoristes (avec Ingrams, Barry Fantoni et l'éditeur actuel Ian Hislop). Il a dit y avoir vécu parmi les moments des plus hilarants de sa vie.

De 1959 à 1962 il travaille pour le Daily Telegraph et le Sunday Telegraph comme critique de jazz. En 1962, il devient scénariste d’une émission satirique sur la politique publiée par la BBC dénommée That Was The Week That Was, brossant notamment des portraits satiriques du ministre britanniques de l'Intérieur Henry Brooke et du Premier ministre Sir Alec Douglas-Home.

De 1964 il devient l’un des chroniqueur dans The Spectator, d'une vielle revue polémiste créée en 1828, proche du Parti conservateur, où il écrit principalement sur les médias (presse et TV).

En 1969 il publie The Neophiliacs : A Study of the Revolution in English Life in the Fifties and Sixties, une analyse très critique du rôle joué par le fantasme dans le vie sociale des années 1950 et 1960s.

Années 1970 Au début des années 1970, il s’inscrit dans un mouvement de lutte contre l'urbanisme des tours et plus généralement contre l’architecture moderne. En 1973, il publie Goodbye London (écrit avec la fille de John Betjeman, Candida Lycett Green). Avec Bennie Gray il est élu le journaliste de l'année de l'IPC pour la mention « Campaigning ».

Au milieu des années 1970, il contribue régulièrement à un quiz sur l'émission littéraire (BBC) de Melvyn Bragg intitulée Read All About It, et il revient dans le journal The Spectator comme contributeur hebdomadaire (1976-1981). Il est aussi critique littéraire pour The Sunday Telegraph.

En 1979 il produit un documentaire pour la BBC sur l'architecture moderniste (City of Towers).

Années 1980 En 1980, il publie The Seventies : Portrait Of A Decade. Il couvre les Jeux olympiques d'été de 1980 à Moscou pour le Daily Mail, publiant l'année suivante The Games War : A Moscow Journal. Entre 1988 et 1990, il écrit pour The Daily Telegraph dans The Way of the World, une chronique satirique quotidienne créée par Michael Wharton) puis en 1990, il devient chroniqueur hebdomadaire au Sunday Telegraph.

De 1986 à 1990, il suit une enquête détaillée menée par le brigadier Tony Cowgill, relative à des accusations largement répandues selon lesquelles de hauts responsables britanniques, dont Harold Macmillan auraient commis un crime de guerre en livrant des milliers de prisonniers (cosaques et yougoslaves) à des communistes à la fin de la Seconde Guerre mondiale (en 1945). Le rapport sur ces évènements, publié en 1990 présentait ces événements sous un jour très différent de ce que Booker estimait être la réalité ; il publiera plus tard une longue analyse et controverse dans A Looking Glass Tragedy (1997).

Après 1990 À partir de 1992 il se concentre sur le rôle joué dans la vie des Anglais par ce qu’il estime être la bureaucratie, et notamment par les directives et règlements européens, en collaboration professionnelle avec le blogger Richard North, qui co-écrit avec lui une série de livres, dont The Mad Officials: How The Bureaucrats Are Strangling Britain (1994); The Castle of Lies (1996); The Great Deception (2003) une histoire critique de l’Union européenne, qui contribueront à la diffusion d’une europhobie au Royaume-Uni, qui a conduit au Brexit.

Au tout début de la crise de 2007, il publie Scared To Death: From BSE To Global Warming, Why Scares Are Costing Us The Earth, un ouvrage reprenant un thème qu’il avait déjà traité (le fantasme et la peur comme moteur de nos actions) mais en l’illustrant cette fois notamment par la crise de l'ESB et le réchauffement planétaire qui selon lui sont des constructions faites pour nous manipuler durant les dernières décennies par le « phénomène de la peur ».

En 2004, il publie The Seven Basic Plots : Why We Tell Stories qui est une analyse jungienne (voire freudienneFreud est évoqué par exemple page 11) des histoires archétypales (Booker y développe l'idée préexistante qu'il existe 7 formes principales de récits) que l’on raconte depuis des siècles ou millénaires, qui sont présentes dans les mythes, et de leurs significations sociopsychologiques. Ce livre de 370 pages a été rejeté par Adam Mars-Jones, qui oppose à Booker le fait qu’il fait des généralisations trop importantes sur les patterns/structures conventionnelles des histoires de base : selon Mars-Jones, Booker établit ses propres critères pour l'art, et finit par condamner Rigoletto, La Cerisaie d'Anton Tchekhov, Wagner, Proust, Joyce, Kafka and Lawrence - et bien d’autres - tout en faisant l'éloge de Crocodile Dundee, E.T. et Terminator 2.. Fay Weldon a écrit en 2013 à propos de cet ouvrage : Roger Scruton described it as a "brilliant summary of story-telling". De son côté Roger Scruton l'a décrit comme un « brillant résumé de ce qu’est le story-telling ». Le chroniqueur anglais James Delingpole dans The Spectator (qui emploie Booker) le décrit en 2009 comme capable de creuser, de prendre des contacts, d’étudier les détails d’un texte, de défendre la cause de l’homme modeste et de faire campagne, de dire des vérités au pouvoir « sans craintes ni faveurs ».

Famille Christopher Booker a été marié à la romancière Emma Tennant durant 5 ans (de 1963 à 1968) puis à Christine Verity, avant d’épouser en 1979 Valérie Patrick, avec qui il a deux fils ; ils habitent à Somerset.

Points de vue sur la science

Une idée chère à Christopher Booker, longuement défendue dans son livre Scared to Death est que le public est inutilement « effrayé » par les médias et la science. Pour illustrer cette opinion il n’hésite pas à s’opposer à des consensus scientifiques et techniques largement établis, en cherchant à les discréditer en reprenant à son compte l’avis de grands lobbies (du tabac, de l’amiante ou climatosceptiques notamment) ; il affirme ainsi que les dangers de l'amiante, du tabagisme passif"scientific evidence to support [the] belief that inhaling other people's smoke causes cancer simply does not exist" – Christopher Booker, juillet 2007, Sunday Telegraph, Christopher Booker's notebook: All done with passive smoke and mirrors et de l’ESB (encéphalopathie spongiforme bovinethere is "no proof that BSE causes CJD in humans"Ministers hushed up report on the dangers of sheep dip) n'ont jamais été démontrés. Ces affirmations ont suscité beaucoup de critiques de la part d'autres journalistes, mais aussi d'organismes publics ou même d’auteurs qu’il cite et qui estiment que leur propos a été détourné. En particulier ses articles et propos sur l’’innocuité de l’amiante et sur le réchauffement climatique ont été maintes fois contestés, dont par George Monbiot de The Guardian.; Le Health and Safety Executive britannique (HSE) a réfuté à plusieurs reprises ses allégations sur l’amiante que Booker (en s’appuyant sur le « principe de l’équivalence en substance ») persiste néanmoins à décrire comme sans danger car « chimiquement identique à la poudre de talc » et présentant un risque « inexistant » pour la santé humaine, en se basant principalement sur un document de 2000 rédigé pour le HSE par John Hodgson et Andrew Darnton. Il a écrit en janvier 2002 que "des études HSE, dont un article de John Hodgson et Andrew Darnton en 2000, ont conclu que le risque de la substance était" pratiquement nul "Structurally, asbestos or Mg(SiO)(OH) consists of linear fibres, while talc or Mg3Si4O10(OH)2 consists of planar sheets. Both minerals are hydrated magnesium silicates, and are similar but not identical in terms of chemical composition. Their microstructure differs significantly. En réponse, le directeur général du HSE de l’époque (Timothy Walker) a précisé une première fois (dès février 2002 dans le journal The Telegraph) que les propos de Booker sur l’amiante sont irresponsables, mal informés et ne contribuant guère à sensibiliser le public à un problème très important de santé au travail. » Le HSE a ensuite plusieurs fois réfuté des articles rédigés par Booker : en 2005 et en 2006. Dans un article publié en mai 2008, Booker cite pourtant à nouveau l'article de Hodgson et Darnton, affirmant qu '"ils concluaient que le risque de contracter le mésothéliome à partir d'amiante ciment blanc était" insignifiant ", conduisant à une nouvelle réponse du HSE qui dénonce un nouvel article « substantiellement trompeur », et à une réponse de George Monbiot reprochant à Booker de dénaturer les conclusions des auteurs. Les assertions clamées par Booker sont analysées par Richard Wilson dans son livre Do not Get Foo (2008). Wilson y souligne aussi que Booker s’appuie de manière répétée sur une supposée expertise scientifique de John Bridle, lequel a été condamné en 2004 en vertu du Trade Descriptions Act du Royaume-Uni pour de fausses affirmations sur ses qualifications d’expert scientifique dans le domaine de l’asbestose.

Christopher Booker et le climat Christopher Booker est climatosceptique et dans ses écrits volontiers polémiste sur le sujet.