Abel Peyrouton, né le à Pau et mort le à Nice, est un avocat et journaliste français.

Biographie

Famille

Toussaint-Abel Peyrouton est le fils d'Adèle-Irma Vialatte et de Bernard Peyrouton (1801-1890), avocat et rédacteur d'un journal républicain palois, L'Observateur des PyrénéesInformations contenues dans le dossier de la Base Léonore (cf. Liens externes)..

Petit-fils de Raymond Peyrouton, notaire à Adervielle au début du , Abel est le frère de Bernard Peyrouton, centralien et ingénieur civilJournal des débats, 16 septembre 1871, ., ainsi que le cousin du capitaine de frégate Gaston Peyrouton Laffon de Ladebat.

Marié en 1884 à Octavie MilneArchives départementales de l'Yonne, état civil d'Auxerre, registre des mariages de 1884, acte (vue 306 sur 429)., Abel Peyrouton est le père de Marcel Peyrouton (1887-1983), futur ministre de l'Intérieur, et de John-Henry Peyrouton (1889-1927).

Engagements républicains (1868-1871) vignette|gauche|Caricature d'Abel Peyrouton par son client et ami Alfred Le Petit (La Charge, 23 juillet 1870). Licencié en droit à l'issue d'études débutées à Tarbes puis poursuivies à Lyon et achevées à ParisLe Bavard de Lyon, 9 juin 1881, ., Abel devient avocat au barreau de la capitale. Opposant républicain au régime impérial, très actif à partir de 1868, il subit plusieurs condamnations après avoir pris la parole lors de réunions politiquesLarousse, ..

Le 4 septembre 1870, Peyrouton est présent au Corps législatif quand Gambetta y prononce la déchéance de Napoléon III. Le jeune avocat fait alors partie des manifestants réclamant la proclamation immédiate de la République..

Pendant le siège de la capitale, Abel Peyrouton s'engage dans le bataillon de la Garde nationale et adhère à l’Alliance républicaine, une société politique présidée par Brives et dominée par Ledru-Rollin. Il aurait participé au soulèvement du 31 octobre 1870 (Larousse fait peut-être erreur en prétendant le contraire en 1874). Malgré sa réprobation de certains actes commis par la Commune, Peyrouton accepte les fonctions non rémunérées de directeur du Conseil d’État et de la Cour des comptes le . Son frère Bernard sert déjà le régime insurrectionnel en tant que chef de l'éclairage de la ville de Paris et côtoie Georges Cavalier.

Après avoir procédé à une simple mission d'inventaire et de conservation, Abel Peyrouton est remplacé par Edmond Lepelletier et quitte Paris dès le . Il retrouve sa mère à Lyon puis se rend dans le Sud, où il plaide la cause de la capitale insurgée auprès des cercles républicains locaux. Arrêté le à Marseille puis transféré à Versailles, il comparaît le devant le conseil de guerre, qui sanctionne sa participation à la Commune en le condamnant à cinq ans de détention. Également accusé d'avoir pillé le Conseil d’État, il est traduit une seconde fois devant la même juridiction, qui le prive de ses droits civiques pour dix ans ().

Journalisme (1877-1894)

Après sa libération de la prison de Clairvaux en 1876, Peyrouton retourne chez ses parents à Lyon, où il se lance dans le journalisme dès l'année suivante, en fondant La Vie lyonnaise, journal littéraire pour lequel il rédige des articles signés « Maupelat », et, surtout, en collaborant au Progrès sous le pseudonyme de Julien ThaulyLe Temps, 3 février 1879, ..

vignette|Portrait de Fernand Desmoulin (1888).

Au début de l'année 1879, il est gracié de ses dernières peines non purgées. Ayant ainsi recouvré ses droits civiques, il brigue un mandat de conseiller d'arrondissement en se présentant, en tant que républicain intransigeant, dans le canton de Lyon (22 et ). Il est cependant battu au second tour par le candidat de l'Union républicaine, Saint-MauriceLe Temps, 2 juillet 1879, .. En octobre de la même année, il accueille à Lyon le révolutionnaire Auguste BlanquiLa Gazette de France, 22 octobre 1879, ..

De retour à Paris après avoir quitté le Progrès, il collabore au cours des années 1880 à plusieurs journaux tels que La Réforme (dont il est le rédacteur en chef jusqu'en 1882), L'Opinion (1883), Le Voltaire (sous les pseudonymes de « Tabarin » et du « Huron »), Le Mot d'ordre et L'Écho de Paris.

Passé progressivement d'un radicalisme intransigeant à un républicanisme plus modéré, il est nommé rédacteur en chef de L'Estafette par Jules Ferry, qui fait de ce journal son organe officieux (). Resté quelque temps à ce poste après la mort du président du Sénat (), il échoue ensuite à entrer au Matin et finit par quitter la presseLe Progrès (Mascara), 18 août 1897, ..

Après le journalisme

Décoré de la Légion d'honneur depuis 1894, Peyrouton est également récompensé pour ses bons et loyaux services par un poste dans l’administration. Il est ainsi nommé trésorier particulier des colonies à Loango en 1896., puis à la Martinique, où il est confronté aux conséquences de l'éruption de la montagne Pelée (1902). Après son retour en métropole, il est nommé receveur des finances dans l'arrondissement d'ÉtampesLe Journal, 28 septembre 1902, ..

Devenu entreposeur de la vente directe des tabacs à Versailles, il est nommé à la recette buraliste de Nice-Carabacel en 1917Journal officiel de la République française, 14 septembre 1917, ..

Retraité depuis 1918Journal officiel de la République française, 21 mars 1921, ., il meurt à Nice le Archives départementales des Alpes-Maritimes, état civil de Nice, registre des décès de 1924 (1), acte (vue 55 sur 431)..

Notes et références

Bibliographie Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du , t. 12, Paris, 1874, .

Liens externes

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