vignette|Personne qui sourit (tête et corps ensemble) dessinée par un enfant de 4 ans et demi.

alt=Dessin d'un bonhomme par un enfant âgé de 2 ans et demi.|vignette|Dessin d'un bonhomme par un enfant âgé de 2 ans et demi.

Le test du dessin du bonhomme (en anglais : ()) ou test du bonhomme de ( ou pour les anglophones) est un test projectif de personnalité, et un test cognitif portant de maturité perceptivocognitive et l'expression émotionnelle (et parfois esthétique). Il est principalement utilisé pour évaluer l'image du corps telle que perçue par la personne le dessinant, et trois aspects du développement (étroitement liés) : le développement physique et moteur, le développement cognitif, la maturité et l'interaction sociale et émotionnelle de la personne qui a fait le dessin. Initialement prévu pour les enfants, des variants ont ensuite été utilisés auprès d'adolescents, d'adultes et personnes âgées.

Il consiste à demander à une personne (enfant le plus souvent) de dessiner une personne (un « bonhomme » pour les jeunes enfants). Il permet à des psychologues formés à cet exercice d'analyser certains aspects cognitifs et émotionnels du développement de l'enfant, ou certaines régressions chez la personne âgée. Le psychomotricien peut aussi en retirer des indices sur la manière dont l'enfant ou la personne âgée appréhende son schéma corporel et comment cette appréhension évolue dans le temps. L'analyse interprétative du dessin permet une double approche : approche normative (centrée sur les éléments du dessin : type de trait, taille, placement et détails, qui peuvent révéler des informations sur la perception de soi par l'enfant ou la personne âgée, et sur ses relations avec autrui et son environnement) approche qualitative (centrée sur le symbolisme des représentations graphiques).

Le test du bonhomme n'est pas tant un outil de diagnostic formel pour l'intelligence (ou la santé mentale) qu'une fenêtre ouverte sur le monde intérieur de celui qui dessine (enfant non verbal éventuellement), montrant d'éventuels traumatismes, et certaines de ses aptitudes, pouvant aider le psychologue à identifier des sujets nécessitant une attention particulière (de même que d'autres tests basés sur le dessin, tels que le « » ou le « test du dessin de la famille »)Vinay, A. (2020). Le dessin dans l'examen psychologique de l'enfant et de l'adolescent- éd. Dunod. dans l'évaluation psychologique, plutôt utilisé chez les enfants de 6 à 10 ans ; il ne permet pas à lui seul de tirer des conclusions définitives sur l'état psychologique d'un enfant ou d'une personne, et il peut être inadéquat chez les enfants porteurs de troubles perceptivo-moteurs, de certains troubles psychologiques ou de handicap (moteur, physique, mental, sensoriel (surdité par exemple)) modifiant leur aptitude à dessiner. Mais, de manière générale, effectué par un professionnel (formé à la psychologie du développement et à l'interprétation du symbolisme) et combiné à d'autres tests, il peut aider à évaluer la maturité psychologique de l'enfant, son état ou équilibre émotionnel, relationnel et social ; et sa maturité (motrice, développementale et perceptive) d'autre part, en permettant d'identifier chez l'enfant ou l'adolescent certaines difficultés, certains troubles émotionnels (éventuellement passagers et liés à un contexte particulier).

Depuis les années 1990J.P. Clément et al (1996) Intérêt du test du personnage dans l'approche diagnostique des personnes âgées ; Nervure, ce test est, peu à peu, de plus en plus, utilisé dans l'accompagnement psychothérapique de la personne âgée, chez laquelle il peut avoir une valeur psychométrique pour le diagnostic de démence ou d'une dépression. Certains auteurs, tel Frédéric BrossardUniversitaire, psychologue clinicien, en psychopathologie et psychanalyse, Membre associé au CRPMS (Centre de Recherche Psychanalyse Médecine et Société) (2021), mobilisent pour leur analyse du dessin des référentiels phénoménologique et/ou psychanalytique, toujours basés sur l'histoire et le vécu de l'individu, pour par exemple repérer des indices visuels évoquant . Il est également apparu intéressant d'analyser (après une étude sur 40 personnes âgées d'un EHPAD, à qui on a demandé de dessiner un personnage, en précisant ce que ce personnage pourrait dire s'il pouvait parler) le dessin, ainsi que les commentaires de la personne qui l'a dessiné, afin de mieux comprendre sa pensée et ses relations aux autres et au monde..

Principe Le principe sous-jacent au test est que, globalement, le personnage dessiné représente la personne et que la feuille de papier restante, laissée propre ou occupée par un décor ou d'autres personnages, reflète l'environnement de la personne qui dessine. De plus, un enfant ou en situation de traumatisme ou de trouble de stress post-traumatique est susceptible d'avoir une représentation déficiente ou 'anormale' de son propre corps (schéma corporel disproportionné ou déformé), ou une image du corps altérée, par exemple si dans sa vie, (négligence, maltraitance, etc.). Selon Florence L. Goodenough, le contenu et la qualité, ainsi que la présence ou absence de certains détails des dessins reflètent le développement intellectuel de l'enfant.

De nombreux psychologues utilisent aussi ce test comme une aide utile dans la construction du rapport entre le thérapeute et son patient. Selon Gross & Hayne (1998), le dessin du bonhomme est aussi pour le psychologue un support facilitant la verbalisation d'émotions latentes par l'enfant.

Hormis chez les aveugles ou chez certains porteurs de handicaps moteurs empêchant ou limitant la capacité à dessiner, la compétence en dessin ne semble pas, en âge préscolaire, induire de biais important chez les évaluateurs formés au test DAP (une étude (2018) a recherché si des facteurs tels que la motricité fine, la motricité globale, les compétences sociales, cognitives et langagières des enfants pouvaient limiter l'intérêt du test. L'auteure a conclu que la motricité fine était à prendre en compte, et que le fait d'être un garçon et d'être né avec un faible poids à la naissance étaient associés à des scores plus faibles au test, suggérant que ce test pourrait aussi aider à dépister un trouble de la motricité fine, notamment chez les enfants à risque, tels que les garçons nés avec un faible poids à la naissance. L'auteure suggère que les chercheurs utilisent des tests basés sur le dessin de figures humaines pour mesurer l'intelligence, devraient évaluer la motricité fine, en plus de l'intelligence).

Autres tests projectifs D'autres tests projectifs, éventuellement complémentaires, parfois associés entre eux et/ou complétés d'un entretien semi-directif, sont par exemple. : la Dame sous la pluie proposé par Fay (1934) ; Le House Tree-Person (HTP) proposé par John N. Buck. (1948) ; le Test de l'arbre proposé par Karl Koch (1969) puis Femandez (2008) ; le test du Dessin de la famille proposé par Louis Corman (1970) ou Jourdan-Ionescu & Lachance. (2000) ; le test de la Maison-Arbre-Chemin (MAC) ; le test du dessin d'un bonhomme « qui n'existe pas » (, 1990.) ; le test du dessin d'une personne cueillant une pomme à un arbre (Gantt et Tabone, 1998.) ; le test dessin d'un bonhomme en commençant par le pied (René Baldy, 2010.).

On demande parfois à la personne de dessiner un bonhomme ou une personne (sans précision), puis une fois le dessin terminé, d'en dessiner un autre "qui n'existe pas" (on peut faire de même avec une maison, un arbre, un animal pour tester la créativité et la capacité à répondre à une contrainte). Dans ce cas, les plus jeunes (4-6 ans) n'apportent que des changements simples (taille, forme), alors que les 8-10 ans ajoutent plus de détails, et introduisent des idées et éléments nouveaux dans leurs seconds dessins (la flexibilité dans la représentation dessinée s'améliore avec l'âge, avec une capacité qui fait un bond entre 6 et 8 ans.

Histoire Imuta (2013). notent que le dessin d'enfant intéresse les scientifiques depuis au moins la fin du . Les chercheurs observent que les dessins d'enfants sont de plus en plus détaillés et réalistes avec l'âge, et qu'ils passent par des stades universels avec vers 4 ans un « bonhomme têtard » (tête et torse formant une seule figure, avec souvent les bras et les jambes en traits simples). Puis en fin d'école maternelle, les différentes parties du corps sont dessinées, à leur bon endroit. Entre 7 et 11 ans, les détails apparaissent dans les vêtements, les accessoires, les coiffures et le décor, aboutissant généralement à plus de réalisme dans la figure humaine vers 10 à 12 ans.

Le dessin est utilisé en psychologie depuis au moins un siècle ; la première version du test du bonhomme est mise au point, à partir d'un ensemble de plus de 3500 enfants, par et publiée en 1926. Appelé le Goodenough Draw-a-Man test, il est décrit dans son livre Measurement of Intelligence by Drawings.. Initialement, le dessin, étudié et coté sur la base de 53 éléments, apporte des renseignements non pas sur l'intelligence, mais sur le stade le développement intellectuel de l'enfant.

En 1936, Fay propose un volet supplémentaire à l'évaluation, concernant l'affectivitéFay H.M (1934) L'intelligence et le caractère : leur anomalies chez l'enfant, cité par Brossard, 2021.

En 1949, (psychologue clinicienne et psychanalyste américaine), enrichit le test. Après un premier dessin répondant à la consigne simple "Draw a person" (dessinez un personnage), qui selon elle, représente la personne telle qu'elle souhaite, consciemment ou non, apparaître aux autres ; elle ajoute une seconde consigne : dessinez un second personnage, de sexe opposé au premier (sur une nouvelle feuille), ce second dessin pouvant révéler selon elle, des aspects plus profonds de la personnalité, et des préoccupations du sujet pas ou peu apparentes dans le premier dessin, relevant plus de l'inconscient et d'une représentation plus précise de l'image réelle de soi, des besoins et des conflits de la personne qui dessine. Machover estime que ces deux dessins contiennent des indices de niveau intellectuel, et d'expression d'éléments de la personnalité, de la vie intérieure et des besoins de la personne, via son identification corporelle. Selon Joel Von Ornsteiner (1999), . En 1949, Machover a estimé que chez l'homme, dessiner de manière inhabituellement marquée les hanches et les fesses, ou dessiner une femme en premier, ou encore des lèvres ombrées, des jambes vues en transparence au travers du pantalon, des organes génitaux nus, des vêtements ombrés, une silhouette féminine vue en transparence, un nez masculin grand et effacé et redessiné, ou un pied phallique (longueur au moins 3 fois la largeur) et/ou la pointe ombrée du pied, ou encore une ceinture ombrée, et la présence de cils sont d'autres indices d'homosexualité.

Un demi-siècle plus tard (en 1999), après d'autres études ayant abouti à des résultats contradictoires sur l'hypothèse de Machover, Joel Von Ornsteiner a, dans sa thèse, voulu vérifier cette hypothèse via une analyse, faite par trois personnes, du test rempli par 200 hommes dont la moitié déclarés homosexuels et l'autre hétérosexuels). Von Ornsteiner n'observe pas de différence significative entre ces deux groupes, ce qui met en doute l'hypothèse de Machover relative aux effets de l'homosexualité masculine sur le dessin, en tous cas dans le contexte de toute la fin du ().

En 1956, Florence Goodenough publie un article sur les liens entre l'intelligence et le dessin du bonhomme.

En 1958, E.F Hammer publie The clinical application of projective drawingE.F Hammer (1958) The clinical application of projective drawing. Springfield, Ill.: Charles C Thomas..