La classe Arrogante est la troisième classe de batteries flottantes construites en France pour la Marine française, dans les années 1860. Conçues pour renforcer les défenses côtières françaises, leur mise en chantier est influencée par les évènements de la guerre de Sécession.
Genèse et conception
En 1853, éclate la guerre de Crimée, qui va montrer la nécessité de construire des batteries flottantes. En 1854 Pierre Armand Guieysse conçoit des plans d'une telle installation qui va former la . 10 unités sont commandées le , 5 sont construites et trois d'entre elles sont remorquées vers la mer Noire où elles participent avec succès à la bataille de Kinbourn, le . Elles réduisent le fort russe au silence en quelques heures, et la plupart des boulets ennemis ricochent sur leur cuirassé, sauf un qui passera par un panneau tuant deux marins. Leur efficacité n'étant plus à démontrer, les évènements de la guerre de Sécession vont alors accélérer la construction de telles batteries cette fois destinées à défendre les côtes françaises.
La construction de trois nouvelles batteries côtières est lancée à Nantes en 1861, aux chantiers Goüin. Ce sont les premières à être construites entièrement en fer, le Conseil des travaux ayant validé le concept le . D'un déplacement de , elles disposent de deux hélices mues par deux moteurs de , leur permettant une vitesse maximale de , soit autant que les . Longues de , larges de et dotées d'un faible tirant d'eau de , elles sont armées de 9 canons de lors de leur armement en 1866, puis armées de 4 canons de et de 2 canons de l'année suivante. Elles sont manœuvrées par un équipage de .
Unités Nom Chantier Quille Lancement Mise en service Destin Arrogante Chantiers Goüin (Nantes)
Rayée des listes en 1881 Implacable
Rayée des listes en 1884 Opiniâtre
Rayée des listes en 1885
Histoire
Les trois batteries flottantes sont lancées à Nantes en 1864. LArrogante arme pour essais en 1865 à Lorient avant d'y être mise en réserve. En 1867 elle fait des essais de canons de 24 cm, et en 1870 elle rejoint Brest pour participer à la défense de la rade, avant d'être désarmée le . Réarmée en 1876 elle rejoint Toulon, avant de devenir l'annexe du Souverain, puis bâtiment d'école de canonnage. Le , la batterie est jetée à la côte par un coup de vent, et s'échoue sur la plage de la Badine (presqu'île de Giens), provoquant la mort de 50 marins. Renflouée en mai, elle est désarmée avant d'être condamnée en 1881.
LImplacable quant à elle arme pour essais dès 1864. En 1872 elle devient l'annexe du navire-école de canonnage Louis XIV, avant d'être mise en réserve en 1877. Réarmée brièvement en 1878, la batterie flottante est mise en réserve le et sert comme annexe de l'école des mécaniciens. Rayée en 1884, elle sert encore de ponton de réglage des torpilles en 1908.
LOpiniâtre arme pour essais en 1865 à Nantes puis à Lorient avant d'être placée en réserve. Elle réarme en 1867 et rallie Brest, puis encore en 1870 avant de rallier Cherbourg. Elle est désarmée en et condamnée en 1885 et sert de caserne de défense mobile jusqu'en 1900. Elle est vendue pour démolition en 1912.
Notes et références
Bibliographie
Voir aussi Articles connexes Liste des cuirassés français
Liens externes
Arrogante