La grotte des Fées est l'une des cavités du site des grottes d'Arcy-sur-Cure, qui sont situées sur la commune d'Arcy-sur-Cure dans le département de l'Yonne en Bourgogne, région administrative Bourgogne-Franche-Comté, France.
C'est un site archéologique préhistorique. Un vestige de Néandertalien y a été découvert en 1859, qui a rendu célèbres les grottes d'Arcy. La grotte est inscrite comme Monument historique depuis 1992.
Le réseau Grotte des Fées - Moulinot, auquel appartient la grotte, forme la plus longue cavité naturelle souterraine de l'Yonne.
Situation
La grotte est située dans la vallée de la rivière Cure à environ au sud-est de Paris à vol d'oiseau, dans le sud du département de l'Yonne entre Auxerre ( au nord) et Avallon ( au sud-est), à au sud d'Arcy-sur-Cure ( par la route) et à moins de au nord du parc naturel régional du Morvan Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (=cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet "Accéder aux outils cartographiques" (petite clé à molette) sous l'onglet "sélection de couches"..
Elle se trouve à quelque en amont de la Grande grottePour les schémas et cartes succinctes montrant les emplacements respectifs des différentes grottes, voir : (carte établie par Liliane Meignen en 1959, montrant les emplacements des 14 principales cavités au sud du massif corallien depuis les Goulettes (amont) jusqu'à la grande Grotte (aval) - manquent celles au nord du massif, soit les Nomades, l'Égouttoir, le Moulinot et Barbe Bleue. Cité dans ) ; (montre un plan général du massif, y compris les emplacements de l'Égouttoir, de Moulinot et de Barbe-Bleue au nord du massif corallien, et quatre grottes au sud du massif) ; (montre le développement des grottes entre la grotte du Lion et l'abri du Lagopède) ; .. Son entrée est à environ d'altitude et est donc à moins de au-dessus du niveau actuel de la Cure (Parat donne son plancher à au-dessus de la vallée et au-dessus de l'étiage.).
Description
Son développementEn spéléologie, le développement correspond à la longueur cumulée des galeries interconnectées qui composent un réseau souterrain. est de . Son « plancher » est à au-dessus de la vallée et au-dessus de l'étiage de la rivière.
Elle a été creusée à partir d'une diaclase à peu près verticale, ce qui lui a donné un porche triangulaire (à la différence des grottes comme la Grande grotte ou la grotte de la Hyène, creusées à partir de jonction entre des strates géologiques et qui ont des porches surmontés d'un linteau)..
Par ailleurs, son substrat rocheux est fait de marnes qui, plus dures que le calcaire, engendrent des profils plus tourmentés. Les porches qui se trouvent dans cette roche sont restés à peu près intacts (un autre exemple du même type à Arcy est celui de la grotte des Ours)..
Entre la rivière et la grotte des Fées, l'abbé Parat a trouvé un mur gallo-romain qui fermait le seuil de la grotte ; sous ce mur, un chemin surélevé au-dessus du niveau de la rivière et au même niveau que les champs sur l'autre rive ; et les signes d'un remblai du bas de l'escarpement à un endroit où les éboulements avaient bloqué le passage le long de la rivière. Les blocs servant à ce remblai proviennent de la carrière antique de la Roche TailléeLa carrière antique de la Roche Taillée a été exploitée jusqu'au , atteignant finalement une surface d'exploitation de linéaires sur une hauteur de . On y voit encore des sarcophages en cours d'extraction et des « empreintes » de sarcophages extraits. Voir l’article d' ; et . située plus haut dans le même escarpement que les grottes d'Arcy, à peu près à l'aplomb de la grotte des FéesLa carrière de la Roche Taillée est située selon Henri Breuil au lieu-dit « le Bois des Grottes », à au sud d'Arcy-sur-Cure (voir ). Parat, plus précis, indique qu'elle se trouve « en haut de la côte, en suivant le chemin d'Arcy à Saint-Moré… à en aval de la croix de pierre qui domine la côte en bordure de ce chemin… cette croix marque le sentier qui descend à la fontaine de saint Moré… à mi-côte dans une cavité… son eau est recueillie dans un auge de pierre, un vrai sarcophage… » (voir ). . Parat pense que les pierres taillées dans la carrière étaient glissées le long de la pente jusqu'à ce chemin, plutôt que de les sortir en les montant jusqu'en haut de la falaise, .. De fait, l’abbé Breuil mentionne que la carrière « était desservie par (quatre chemins pratiqués à travers le rocher et) deux glissières reliant l'exploitation à un chemin (le long de la rivière) »..
Histoire récente
La première mention écrite sur la grotte des Fées est celle en 1666 par Jacques de Clugny., ami de Colbert et lieutenant-général de Dijon, envoyé en mission officielle. dans le cadre de la rédaction des « Mémoires des Intendants ».. Ses descriptions partielles de la Grande grotte et de la grotte des Fées sont accompagnées de plans. mais pas de croquis ni de dessins. Plutôt que de lui adjoindre un dessinateur, Colbert l'a fait accompagner par deux marbriers. (ce qui indique une visite à but d'exploitation).
Le géographe François Pasumot visite également la Grande grotte et la grotte des Fées, qu'il décrit en partie et dont il fait le plan en 1763.
Des ossements et des silex ayant été découverts dans la grotte des Fées, Robineau-Desvoidy et le propriétaire des grottes y font quelques fouilles en 1853 ; ils distinguent deux couches archéologiques qu'ils attribuent à l'invasion des Barbares..
Jusqu'au milieu du les vignerons d'Arcy faisaient les veillées d'hiver à la grotte des Fées..
Archéologie
Le marquis de Vibraye y trouve en 1859 une mandibule attribuée à un Néandertalien. En note de bas de page, discussion sur l'emplacement et l'âge de la mandibule trouvée par de Vibraye dans la grotte des Fées.(1860) ., et un peu plus tard une prémolaire (PM1) droite(1994) .. Cette mandibule mérite qu'on s'y attarde, car elle a fait la célébrité du site d'Arcy. De Vibraye a décrit trois couches : pour la couche inférieure, un repaire d'ours associé à des vestiges de mammouth, d'ours spéléen ( ou ours des cavernes), de (rhinocéros laineux) et de renne. La couche médiane est teintée de rouge et contient des silex. La couche supérieure est le sol de superficie, un dépôt accompagné de poteries. Et il écrit aussi que la mandibule vient de la couche inférieure. Elle doit donc être attribuée au Moustérien, mais il est difficile de la dater plus précisément. Cependant, venant deux ans après la découverte de la calotte crânienne de l'homme de Néandertal, elle confirme la cohabitation de l'homme antique et d'espèces animales disparues, ce qui est une nouveauté pour le .
La couche 30Pour la numérotation des couches archéologiques, Leroi-Gourhan a d'abord repris celle de l'abbé Parat (en chiffres romains). Il a par la suite établi une autre nomenclature, en chiffres arabes, afin de tenir compte des couches intermédiaires et surtout de faciliter les correspondances entre les couches des différentes grottes. Voir . de cette grotte a livré une dent de cervidé de très grande taille, p. 428-429..
Le « Périgordien supérieur » (Gravettien) de la grotte des Fées a également livré des coquillages d'origines éloignées variées..
Par ailleurs, la grotte des Fées contenait une grande quantité d'os d'ours des cavernes - un véritable ossuaire, selon D. Baffier et M. Girard..
En 1993 Jean-Claude Liger y trouve une fibule à tambour hallstattienne, provenant peut-être d'une tombe. Il semble que la grotte ait été utilisée pour plusieurs inhumations, dont une de l'âge du bronze découverte par Ficatier en 1889 et rappelée par G. Gaucher..
Hydrogéologie
Le , le Groupe Spéléologique et Préhistorique Parat (G.S.P.P.) procède à la coloration qui met en évidence la liaison rivière des Fées-grotte de Barbe-Bleue..
En 1967, le G.S.P.P. quitte le département et devient le Spéléo-Groupe des Hauts-de-Seine. Le Groupe Spéléologique Yonne-Vercors lui succède à Arcy-sur-Cure. Explorant le réseau des Fées, il dévoile ainsi la plus longue grotte connue de l’Yonne.
En , Arnold Haid et Philippe Radet, assistés par Gilles Souchet, J.-Claude Liger et Christophe Petitjean, effectuent la première traversée souterraine complète du massif corallien, entre la grotte des Fées au sud et la résurgence du Moulinot au nord.. À un tiers du parcours (depuis le Moulinot), ils trouvent une galerie qui pourrait rejoindre la grotte du Cheval..
Faune vivante Le fond de cette grotte, qui sert de sanctuaire pour quelque 300 chauves-souris de 11 espèces différentes, a été fermé par une lourde grille pour préserver l'habitat de ces animaux..
Protection La grotte des Fées d'Arcy-sur-Cure est l'une des seizeSeize des cavités, grottes et galerie du site d'Arcy sont conjointement inscrites comme Monument historique depuis 1992 : Grande grotte, abri du Lagopède, grotte du Cheval, grotte de la Hyène, grotte du Trilobite, grotte des Ours, grotte du Renne et la galerie Schoepflin, grotte du Bison, grotte du Loup, grotte du Lion, grotte des Fées, grotte des Deux Cours, Petit et Grand Abri, grotte des Goulettes. Voir . cavités, grottes et galerie du site d'Arcy conjointement inscrites comme Monument historique en 1992.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie .
. (Les pages citées correspondent aux paragraphes de l'article.) Articles connexes Camp antique de Cora Art pariétal Grottes de Saulges Liste des cavités naturelles les plus longues de l'Yonne
Liens externes . (emplacements des grottes locales : Saint-Moré, Arcy).
Fées Fées Fées Fées Fées Catégorie:Monument historique dans l'Yonne Catégorie:Monument historique inscrit en 1992 Fées Fées