La Grande grotte d'Arcy-sur-Cure fait partie du site des grottes d'Arcy-sur-Cure, qui sont situées dans la commune d'Arcy-sur-Cure dans le département de l'Yonne en Bourgogne, France. C'est un site archéologique préhistorique et une grotte ornée d'art pariétal.

Des peintures pariétales de ans, les plus anciennes actuellement connues en France après celles de la grotte Chauvet, y ont été découvertes en 1990 ; ce sont dans ce pays les plus anciennes peintures pariétales connues accessibles au public.

Des gravures antérieures aux peintures s'y trouvent aussi.

Situation La grotte est dans la vallée de la rivière Cure à environ 180 km au sud-est de Paris à vol d'oiseau, dans le sud du département de l'Yonne entre Auxerre et Avallon, à 1,3 km au sud d'Arcy-sur-Cure (2 km par la route) et à moins de 10 km au nord du parc naturel régional du Morvan Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet "Accéder aux outils cartographiques" (petite clé à molette) sous l'onglet "sélection de couches"..

Elle s'ouvre dans la falaise en rive gauche, dans le dernier grand méandre de la rivière à sa sortie du massif du Morvan, sur le flanc sud du massif corallien que la rivière contourne par le côté est. D'amont vers l'aval, c'est la dernière grotte majeure située du côté sud de ce massifPour les schémas et cartes succinctes montrant les emplacements respectifs des différentes grottes, voir : (carte établie par Liliane Meignen en 1959, montrant les emplacements des 14 principales cavités au sud du massif corallien depuis les Goulettes (amont) jusqu'à la grande Grotte (aval) - manquent celles au nord du massif, soit les Nomades, l'Égouttoir, le Moulinot et Barbe Bleue. Cité dans ) ; (montre un plan général du massif, y compris les emplacements de l'Égouttoir, de Moulinot et de Barbe-Bleue au nord du massif corallien, et quatre grottes au sud du massif) ; (montre le développement des grottes entre la grotte du Lion et l'abri du Lagopède).. Son entrée s'ouvre face au sud. Cette carte montre les emplacements des 14 principales cavités au sud du massif corallien depuis les Goulettes (amont) jusqu'à la grande Grotte (aval) - manquent celles au nord du massif, soit les Nomades, l'Égouttoir, le Moulinot et Barbe Bleue. et avoisine les 140 m d'altitude, à environ 17 m au-dessus du niveau actuel de la Cure. La rivière à cet endroit est à environ 122 m d'altitude.

À proximité se trouve le site de Saint-Moré qui, en rive droite à 700 m en amont, prolonge le site d'Arcy en offrant un grand nombre de cavités s'étageant sur plusieurs niveaux.L'une des cavités de Saint-Moré, appelée la grotte de la Marmotte, a livré des vestiges du Magdalénien lors de fouilles réalisées entre 1850 et 1910. Ces fouilles ayant cependant manqué de la rigueur scientifique moderne, les renseignements que l'on peut en obtenir ne sont pas aussi riches qu'ils pourraient l'être. Ils témoignent malgré tout d'une implantation d'habitat magdalénien dans cette portion de la Cure. Voir entre autres sa situation sur carte et son historique dans . Pour plus de détails sur les vestiges et contenu de la grotte de la Marmotte, voir ..

Géologie

Situé entre le massif du Morvan et la bordure sud-est du Bassin parisien., Arcy-sur-Cure fait partie des plateaux de Basse-Bourgogne.. À l'époque du Jurassique supérieur ou Malm. voici 150 millions d'années, la région est recouverte par des eaux peu profondes dans lesquelles abondent les organismes marins, qui forment au fil du temps un massif corallien atteignant 100 m d'épaisseur. dans l'anse ouest de la Cure., correspondant à la première des trois strates du Rauracien. Girard et al. mentionnent les grosses chailles blanches à la base de l'Argovien, finement litées en rose et gris et stratifiées sans interruption, visibles à Saint-Moré (donc présentes en sous-sol à Arcy, compte tenu du pendage incliné vers le nord-est). Ces chailles sont surmontées d'un calcaire gris rocailleux très riche en fossiles, puis de « calcaires de transition » entre l'Argovien et le Rauracien. C'est dans ces deux étages que se sont formées la plupart des grottes d'Arcy. Au nord de ce massif corallien, du côté de la haute mer (vers le futur Bassin parisien), de fins sédiments se déposent qui produisent à terme des marnes litées. Le Jurassique finissant voit des sédiments fins oolithiques recouvrir le massif et les marnes..

La carte géologique Couches « Cartes IGN classiques » et « Géologie » activées. montre, le long de la rivière, une très étroite bande bleu moyen terne de Bathonien (« J3 ») : des calcaires oolithiques et marneux. ou gros bancs de calcaire blanc compact oolithique et pisolithique - mais d'autres auteurs donnent J3 pour le Callovien, des « chailles litées et calcaires oolithiques » ; selon Girard, le Bathonien n'apparaît pas au niveau des grottes d'Arcy. Jouxtant le Bathonien, on trouve une très étroite bande d'Oxfordien (« J5 » en bleu sombre), mélange de calcaires et d'argiles.

La Cure, qui naît pendant le Crétacé (époque suivant le Jurassique), sort du Morvan chargée de silice et entaille profondément les couches sédimentaires oolithiques tendres.. Survient ensuite la formation des Alpes, qui engendre de nombreuses diaclases et des failles orientées nord-sud, en même temps que les couches de roches subissent un pendage (inclinaison) vers le nord et vers l'aval. Ces cassures permettent à la rivière de s'infiltrer dans les roches et d'y creuser des galeries et grottes grâce à l'action conjuguée de son acidité et de l'érosion..

Les grottes se trouvent à plusieurs hauteurs sur les flancs de vallée. De petites cavités s'ouvrent à 40 m au-dessus du niveau actuel de la Cure, et une seule grotte se trouve à 20 m de hauteur. Le plus grand nombre de grottes est entre 0 m et 6 m au-dessus de la rivière ; du point de vue géologique, cette hauteur correspond à la limite entre l'Argovien et le Rauracien.

Durant l'Holocène les porches de nombreuses grottes d'Arcy et peut-être de toutes les grottes, ont été scellés par un effondrement important..

Description

La Grande grotte, comme la grotte de la Hyène et d'autres grottes du site, est creusée à partir d'un point de jonction entre les strates géologiques et a donc un porche surmonté d'un linteau (à la différence des grottes creusées à partir de diaclases à peu près verticales, qui tendent à avoir un porche triangulaire, comme la grotte des Fées ou la grotte du Renne).. Un visiteur en 1882 indique que l'ouverture en est « étroite et basse »..

Son développementEn spéléologie, le développement correspond à la longueur cumulée des galeries interconnectées qui composent un réseau souterrain., toutes galeries comprises, totalise , pour un dénivelé de 13 m.. Elle s'allonge dans le sens sud-nord, se divisant par deux fois en deux galeries..

thumb|« Salle Sainte-Marguerite »Carte postale, vers 1937.|alt= Immédiatement après l'entrée, commence la salle du Grand Désert ; celle-ci se poursuit 50 m après la grille d'entrée par deux galeries dont celle de droite, côté Est, passe par le lac des Fées (ce dernier mesurant environ 20 m de longueur). Ces deux galeries d'environ 70 m de long se rejoignent dans la salle de la Vierge, d'où partent vers le nord les deux grandes galeries Ouest et Est.

La grande galerie Ouest inclut comme espaces principaux, du sud au nord : la salle de Bal, le passage du Défilé aussi appelé le Vallot, la salle des Éboulements, la salle du Chaos, la salle des Noyaux de cerises et des Macaronis, la salle des Vagues, le trou du Renard et la salle de la Cascade.. La grande galerie Est comprend le lavoir des Fées (différent du lac des Fées), la salle de l'Amphithéâtre et la salle Parat. La moitié nord (vers le fond) de cette galerie est occupée par un bras d'eau.La légende de la mémoire collective veut que Jeanne d'Arc, passée par la grotte, se serait abreuvée au point d'eau dans une salle nommée depuis « salle Sainte-Marguerite »..

De nos jours les deux grandes galeries Est et Ouest se terminent chacune par des éboulis qui bloquent la progression plus avant vers le nord.. L'entrée aux temps préhistoriques se trouvait peut-être au nord du massif corallien.

Histoire moderne de la grotte Contrairement à la grotte Chauvet et à celle de Lascaux, découvertes assez récemment, la Grande grotte d'Arcy (et quelques autres du même site) est connue de longue date. Réputée pour ses spéléothèmes, elle a été visitée par des personnages plus ou moins célèbres. Ainsi on note entre autres un graffiti de Joachin de Sermizelle, seigneur d'un village voisin, en 1542.; ou ceux de soldats allemands de la dernière guerre dans la salle de la Cascade. Mais les gravures (grotte du Cheval) et peintures (Grande grotte) n'ont été découvertes qu'en 1946 et 1990 respectivement.

La première mention écrite sur la Grande grotte est celle en 1666 par Jacques de Clugny, ami de Colbert et lieutenant-général de Dijon, envoyé en mission officielle. dans le cadre de la rédaction des « Mémoires des Intendants ».. Ses descriptions partielles de la Grande grotte et de la grotte des Fées sont accompagnées de plans. mais pas de croquis ni de dessins. Plutôt que de lui adjoindre un dessinateur, Colbert l'a fait accompagner par deux marbriers. (ce qui indique une visite à but d'exploitation plutôt que purement scientifique).

La première publication.Il semble que Colbert n'aie pas fait publier le travail de Clugny - ou bien qu'il n'ait pas reçu ce document. Voir . de la description précise de la grotte est celle de l'hydrologue Pierre Perrault, qui la visite en 1670, dans son livre De l’origine des fontaines (1674).. Il note que les stalactites se forment en cercles concentriques autour d'un petit vide ; et, faisant preuve d'une bonne compréhension de son sujet, remarque que la rivière pourrait passer entièrement par ces grottes et ressortir de l'autre côté du massif (au nord), allant jusqu'à l'abandon de son lit formant le méandre qui contourne ledit massif par le côté Est.

Claude Joly, homme de lettres, visite la grotte en 1676.

Le naturaliste Buffon, Daubenton et NadaultIl s'agit probablement de Jean Nadault, le parent par alliance de Buffon avec qui ce dernier visite en 1741 les carrières de marbre à La Louère, près de Montbard. Benjamin-François Leclerc, le père de Buffon, s'est remarié (secondes noces) en 1732 avec Antoinette Nadault. Voir . la visitent au siècle suivant, en 1740. ; Buffon y retourne en 1759 ou (et ?) 1762 - un autographe présumé de Buffon se trouve dans la dernière salle de la grotte., daté de 1762Photo de l'autographe de Buffon à Arcy avec pour date 1762. Buffon lui-même mentionne les dates de 1740 et 1759.. Il mentionne les grottes d'Arcy dans son Histoire naturelle des minéraux publiée en 1783., mais sa théorie sur la formation des stalactites fait rapidement l'objet de controverses..

Dès 1751 Diderot s'étend sur les grottes d'Arcy dans son Encyclopédie. et les mentionne de nouveau en 1754, soulignant la production d'albâtre..

En 1752 Morand publie une Nouvelle description des grottes d'Arci(1752) ..

Le géographe François Pasumot visite également la Grande grotte et la grotte des Fées, qu'il décrit en partie et dont il fait le plan en 1763.

D'après Liger, le dictionnaire de Moreri mentionne la grotte au mot « Caverne ». ; il ne s'y trouve sous cette entrée dans aucune édition disponible en ligne à ce jour mais l'édition de 1759 donne l'entrée « Arcy (grottes d') », longuement décrites sur presque quatre colonnes..