Le régiment de Picardie est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1585 à partir des bandes de Picardie la plus ancienne unité militaire et l'un des cinq Grands Vieux, devenue sous la Révolution le d'infanterie de ligne.

Création et différentes dénominations : création des bandes de Picardie ; : création du régiment de Sarrieu ; 1578 : prend le nom de régiment de Saint-Luc ; 1579 : prend le nom de régiment de Sérillac ; 1585 : Prend le nom de régiment de Picardie ; 1776 : Prend le nom de régiment de Provence ; 1780 : Reprend le nom de régiment de Picardie ; : Devient le d'infanterie de ligne ci-devant Picardie.

Colonels et mestres de camp : Roger de Sarrieu 1578 : François d'Espinay de Saint-Luc 1579 : Jean-François de Faudoas de Sérillac 1585 : Jean Louppiat de Montcassin de TajanTajan où Tagen de Grenet 1587 : Antoine Louppiat de Montcassin de Tajan des HoulièresFrère de Jean Louppiat de Montcassin de Tajan de Grenet 1589 : Gilles de Faverolles : Jean Messeau, baron de Romefort 1593 : François Louis d'Estrées, marquis de Cœuvres : Jean de Gontaut, baron de Saint-Blancard-Biron : Jean Zamet, baron de MuratJean Zamet, chevalier, seigneur et baron de Murat.Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles : Dictionnaire universel de la noblesse de France page 243 : Roger du Plessis-Liancourt duc de La Rocheguyon : François de Béthune, duc d'Orval : Louis de Béthune, comte de Charost : Pierre, marquis de Bréauté : François de Brichanteau, marquis de Nangis : Nicolas de Brichanteau, marquis de Nangis : Charles, duc de La Vieuville : Claude de Brichanteau, marquis de Nangis : Henri Robert Eschallard de La Boulaye, comte de La Mark : Henri d'Anglure, comte de Bourlemont : Henri duc d'HarcourtIl était précédemment colonel du régiment d'Harcourt : Louis de Melun, prince d'Épinoy : François Armand de Rohan, prince de Montbazon : Charles de Rohan prince de Montauban : Armand Mathurin marquis de VasséJulien Rémy Pesche : Dictionnaire topographique, historique et statistique de la Sarthe, volume 4 page 650 : Louis de Pardaillan de Gondrin, duc d'Antin : Marie Jacques, marquis de Bréhant : Louis Philippe, comte de Durfort : Marc Antoine, comte de Lévis-Lugny : César Joseph Marie marquis de Nédonchel : Bernard marquis de Faudoas : Charles Léon de Chavigny marquis de Bouthillier : François Richer Drouet : Henri Nadot de Fontenay : Étienne Macdonald

Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Les origines Bandes de Françaises-Bandes de Picardie (1479-1568) Après la bataille de Guinegatte, livrée le , Louis XI reconnut la nécessité de faire pour l'infanterie ce que son père avait fait en 1445 pour la cavalerie, c'est-à-dire de l'organiser d'une manière sérieuse des unités militaires permanentes et soldées de fantassins et remplacer la milice et les francs-archers par des soldats entretenus d'une manière permanente et de créer ainsi l'infanterie française.

Il s'agissait de constituer et d'instruire des bandes de gens de pied qui fussent capables de tenir tête et de vaincre les aventuriers allemands et les milices des puissantes cités flamandes, qui formaient la principale force des armées de .

Or, il n'y avait alors en Europe qu'une seule infanterie, dont la réputation fût établie : c'étaient les redoutables hérissons suisses, souvenir des phalanges de l'Antiquité précieusement conservé au fond des âpres montagnes de l'Helvétie. L'infanterie suisse avait fait ses preuves en chassant de chez elle les nombreux soldats de l'Autriche et en anéantissant les formidables armées de Charles le Téméraire. C'était là le modèle qu'il fallait imiter.

Louis XI rassemble donc choisis parmi les débris des francs-archers et des bandes d'aventuriers, y joint des pionniers fournis par les villes et quelques compagnies de cavalerie de ses ordonnances, et appelle à son service vieux soldats suisses. Il réunit le tout dans un camp établi près du Pont de l'Arche, et par lettres données au Plessis-lèz-Tours, le , il charge Philippe de Crèvecœur d'Esquerdes du soin de commander et d'exercer la nouvelle milice de hallebardiers et de piquiers, qui fut partagée en bandes de mille hommes.

En 1483 les bandes françaises s'établirent en Picardie.

De 1484 à 1491, le maréchal d'Esquerdes, à la tête des bandes de Picardie, tint tête à Maximilien et lui enleva même Saint-Omer en 1489 et Thérouanne la même année, pendant que Louis II de La Trémoille soumettait la Bretagne.

En 1494, lors de Première guerre d'Italie Philippe de Crèvecœur d'Esquerdes fut un des principaux chefs de l'armée Française et il y conduisit des bandes françaises. Malheureusement il mourut à L'Arbresle, près de Lyon, au début de 1494, avant d'avoir passé les Alpes, et avec lui tomba dans l'oubli une institution qui avait contre elle sa nouveauté.

De 1494 jusqu'à 1521, on ne trouve dans l'histoire aucune mention expresse des bandes de Picardie, et rien n'indique que celles-ci aient fourni des contingents aux hommes de pied français qui figurent dans les dénombrements des armées d'Italie. Toutefois, les historiens s'accordent pour penser que ces bandes continuèrent d'exister. En effet, on sait qu'après leur institution, des contestations graves surgirent entre les vieux régiments à propos de la préséance et que ces contestations se renouvelèrent jusqu'au temps où Louis XIV y mit ordre en établissant le semestre. Piémont et Champagne se disputèrent le pas entre eux et le disputèrent même au régiment des Gardes Françaises. Ils le cédèrent, au contraire, toujours sans difficulté à Picardie. Cette déférence constante, à l'égard de Picardie, des régiments de Piémont et de Champagne, de Piémont surtout qui était un corps fort chatouilleux et qui n'eût point été embarrassé pour constater la continuité des brillants services des bandes dont il provenait, est, suivant nous, une preuve irrécusable de l'existence non interrompue des bandes de Picardie depuis le commencement du jusqu'à l'institution des régiments.

Ceci conduit au rôle joué par les bandes de Picardie et de Piémont pendant les deux premiers tiers du . À cette époque il y avait une Armée de l'intérieur du Royaume appelée « Armée d'en deçà les monts » et une Armée de l'extérieur du Royaume appelée « Armée d'audelà les monts », désignations officielles auxquelles l'usage substitua peu à peu celles de « bandes de Picardie » et de « bandes de Piémont ».

Le nom de bandes de Picardie, pris dans son acception la plus étendue, s'appliquait à tous les gens de pied réguliers qui servaient sur le territoire du royaume, et le nom de bandes de Piémont était réservé aux fantassins, soit Français, soit Italiens, qui combattaient dans la Péninsule Italienne.

À partir de l'année 1521, la politique de la France à l'égard de l'Italie éveille la susceptibilité de ses anciens ennemis. La guerre s'étend sur toutes nos frontières et le nom des bandes de Picardie sort du long oubli où il est demeuré.

En 1521, le roi étant à Dijon, nomme François de Bourbon, comte de Saint-Pol, capitaine général de de pied chargés de défendre les défilés de la Champagne. Ces hommes de pied étaient partagés en six bandes de mille hommes. Deux d'entre elles servent à la célèbre défense de Mézières sous les ordres de Bayard.

En 1522, François de Montgommery, seigneur de Lorges, a le commandement général à la place du comte de Saint-Pol. Il est envoyé au secours de Gênes, mais on le rappelle en Picardie pour la défense de Boulogne et de la terre d'Oye, attaquée par les Anglais et les Flamands. Ces bandes passent en Italie au mois d' et y restent. Elles sont suivies en 1527 par quatre autres bandes ayant pour chef Charles de Coucy, seigneur de Burie. On se tint sur la défensive en France jusqu'à la paix de Cambrai ().

La guerre recommence en 1535. Les bandes de Picardie, mêlées avec les légionnaires qui venaient d'être organisés, et dirigées par le maréchal de Fleuranges défendent Péronne avec succès. En 1537, elles reprennent Hesdin et Saint-PolLa guerre de 1537 en Artois. Pendant les années suivantes leur rôle se réduit à la garde des places.

En 1542, durant la neuvième guerre d'Italie, sous les ducs d'Orléans et de Guise, elles participent à la conquête du Luxembourg.

L'année suivante elles se signalent par la reprise de l'Artois et la défense de Landrecies. Les premiers mois de 1544 sont marqués par les belles résistances des garnisons de Boulogne, Montreuil et Saint-Dizier. Cependant, les affaires allaient au plus mal en France, et le roi fut encore contraint de signer le avec Charles-Quint, la trêve de Crépy-en-Laonnois. Les Impériaux avaient déjà leur avant-garde à Meaux. Le , que Jean de Taix, qui exerçait la charge de capitaine et colonel-général des bandes de Piémont, reçut l'ordre de rentrer en France avec une partie de ses troupes et prit le titre de « colonel-général » de toutes les bandes françaises vieilles et nouvelles.

Les bandes de Picardie, réunies à une partie des bandes de Piémont rappelées dans le royaume, servirent en 1552 à la rapide conquête des Trois-Évêchés et à la défense de Metz, qui donna lieu à l'institution séparée des « bandes de Champagne ».

En 1557 après le siège de Saint-Quentin, toute la garnison est faite prisonnière : l'armée française est détruite. Mais le duc de Guise qui accourait à marches forcées avec une partie des troupes de l'armée d'Italie ralliait à Compiègne les débris échappés au désastre de Saint-Quentin, recevait du roi, le , pleins pouvoirs pour réorganiser l'infanterie de Picardie et de Champagne, en cassant les mortes-payes dont le nombre s'était accru hors de raison, et en augmentant l'effectif des soldats des bandes entretenues. Ainsi par l'ordonnance du organise de nouvelles bandes et met sur pied 7 légions de chacune : Picardie et Île-de-France, Normandie, Bretagne, Champagne et Bourgogne, Dauphiné, Languedoc, Guyenne. Les officiers et soldats des légions doivent tous être originaires du pays qui fournit la légion.

Le , le duc de Guise se présentait devant Calais qui capitulait le 8. Au printemps, pendant que le maréchal de Thermes prenait Dunkerque et Bergues et se faisait battre à Gravelines, le duc de Guise s'élançait sur la Lorraine et emportait Thionville. Ces succès permirent la signature, le , du traité de Cateau-Cambrésis. La France reprenait ses places de la Picardie, gardait Calais, les Trois Évêchés et quelques villes du Piémont mais évacuait , châteaux et forts en Italie et en PiémontBelhomme : Histoire de l'infanterie en France Tome 1 page 241.

La mort de Henri II, conduisirent à modifier l'état de l'infanterie, et indiqué le rôle joué par les bandes de Picardie dans les divers essais d'organisation régimentaire tentés jusqu'en 1569.

Après la conjuration d'Amboise, en , le roi fit réunir à Paris les deux bandes écossaises et 23 vieilles bandes de Picardie. 16 vieilles bandes de Piémont furent dirigé du Dauphiné sur Gien et 10 enseignes furent retirées des places du Piémont pour occuper les places du Dauphiné. Au mois d'octobre, les bandes de Paris furent envoyées à Orléans et celles qui étaient à Gien partir pour Montargis. Il y eut ainsi 41 bandes de réunies et c'était toute l'infanterie dont le roi François II pouvait disposer sans mettre les légions sur pied.

Avec les bandes réunies à Orléans, on forma trois régimentsUne « bande » est formée de 500 hommes vers 1400, vers 1470, vers 1510.... Une « enseigne », qui correspondait à nos bataillons ou compagnies actuels était composée, à cette époque, de 200 hommes et formait une des subdivision de la « bande » : Le régiment de Richelieu, formé avec 1 enseigne écossaise et 11 enseignes picardes ; Le régiment de Sarlabous aîné, formé avec 12 enseignes picardes ; Le régiment de Remolle, formé avec les 16 enseignes du Piémont et qui compta quatre bandes; La écossaise resta isolée comme garde du roi.