Ernst Thälmann Prononciation en haut allemand standardisé retranscrite selon la norme API. ou Thaelmann, né à Hambourg le et assassiné au camp de concentration de Buchenwald le sur ordre d’Adolf Hitler, est un homme politique allemand.
Il est président du Parti communiste d'Allemagne (KPD) de 1925 à 1933, député au Bürgerschaft de Hambourg de 1919 à 1933 et député au Reichstag de 1924 à 1933.
Biographie Fils d'un commerçant, Ernst Thälmann devient ouvrier dans le secteur des transports. Il adhère au Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) en 1903 et au syndicat des transports en 1904.. Il sert à partir de 1915 comme appelé sur le front de l'Ouest puis déserte en .. Le , il épouse Rosa Koch. De leur union naîtra, en 1919, , écrivaine est-allemande et fonctionnaire de la Ligue démocratique des femmes d'Allemagne.
En 1918, il rejoint les rangs du Parti social-démocrate indépendant d'Allemagne (Unabhängige Sozialdemokratische Partei Deutschlands, USPD), et devient le président de la section hambourgeoise en 1919. En , il est élu au Bürgerschaft de Hambourg, et son mandat commence lors de la session constitutive du .
En 1920, il rejoint avec l’aile gauche de l’USPD le Parti communiste d'Allemagne (KPD). Entré au comité central du parti en 1921, il devient la même année président de sa section hambourgeoise. En 1923, au moment de la révolution avortée qui devait être l', il prend la tête de l'insurrection de Hambourg, seule partie du soulèvement à avoir été effectivement déclenchée. Cet épisode, qui lui vaut de passer plusieurs mois dans la clandestinité, contribue à sa réputation au sein du parti. En 1924, il devient vice-président du KPD et membre du présidium de l'Internationale communiste.
De 1924 à 1933, il siège au Reichstag. Il participe aux élections présidentielles de 1925 et de 1932, parvenant les deux fois à la troisième place.
En 1925, avec le soutien du comité exécutif de l'Internationale communiste, la direction du parti est renouvelée et Thälmann en devient le président. En 1928 éclate « l'affaire Wittorf », du nom d'un permanent de Hambourg accusé d’avoir pris de l'argent dans la caisse du parti. Ses opposants reprochent à Thälmann de n'avoir pas dénoncé l'affaire. Wittorf est exclu du parti et Thälmann suspendu de ses fonctions de président. Staline intervient et fait pression avec le Komintern pour que Thälmann soit rétabli dans ses fonctionsConstance Micalef, « Le KPD et le Comintern (1919-1933 »..
Sous la direction de Thälmann, le parti, dont la politique est alignée sur celle du Parti communiste de l'Union soviétique, connaît un essor considérable : le KPD obtient 3,3 millions de voix aux élections législatives de 1928, 4,6 millions en 1930, 5,3 millions en juillet 1932 et 6 millions en novembre 1932. Ainsi, il a presque doublé son score électoral entre 1928 et 1932. Toutefois, l’orthodoxie stalinienne que Thälmann applique entraîne la création d'un parti dissident (le Parti communiste d'Allemagne - opposition, KPD-O), et isole le KPD des autres partis de gauche lors de la montée du nazisme. Lors de son discours de , il met en garde ceux parmi les camarades qui ne voulaient pas voir que . Aussi ses appels au SPD en 1932 et pour une action commune ne sont-ils pas suivis.
Le , il préside la conférence illégale du comité central du KPD au Sporthaus Ziegenhals, près de Berlin « Teilnehmer an der Illegalen Tagung des ZK der KPD am 07. Februar 1933 », sur etg-ziegenhals.de.. Le de la même année, il est arrêté : une vaste campagne pour sa libération est relayée internationalement par le mouvement antifascisteEn France, par exemple, se crée en 1934 le comité Thaelmann qui organise des meetings et d'autres actions pour la libération du leader communiste allemand (lire : Les bannis de Hitler, « Le Comité Thaelmann », Gilbert Badia, p.200 et suivantes.« Brève histoire du Secours Rouge International et de sa section belge » (voir le chapitre : « 1933-1940 - Le soutien aux antinazis exilés ou emprisonnés »).. La figure de Thälmann devient un symbole de la résistance allemande en général, de la résistance communiste en particulier.
Réélu lors des élections législatives du , les mandats des députes du KPD sont annulés le suivant.
Durant son voyage en Allemagne, Daniel Guérin est témoin d'un autodafé de livres à Brême. Au sommet de la pile d'ouvrages destinés aux flammes, on plante un mannequin à l'effigie de Thälmann. Il est représenté notamment par la chemise noire des groupes de défense communistes et une épingle antifasciste..
Le , lors de l'ouverture du congrès de l'Internationale communiste, Maurice Thorez propose Thälmann comme président d'honneur de cette assemblée..
Un bataillon de volontaires allemands engagés dans les rangs des Brigades internationales durant la guerre d'Espagne est nommé Bataillon Thälmann en son honneur, alors qu'il est emprisonné en Allemagne.
Après onze années passées dans plusieurs prisons, il est transféré le au camp de concentration de Buchenwald. Il y est exécuté le lendemain sur ordre d'Adolf Hitler et son corps est incinéré dans un four crématoireUne autre version est donnée par un témoin dans le livre Buchenwald par ses témoins, Histoire et dictionnaire du camp de concentration de Buchenwald-Dora et de ses kommandos (1937-1945) : (cf. : Ernst Thälmann (1886-1944)). La presse nazie tente de faire passer sa mort pour une conséquence du bombardement du camp du .
Hommages et postérité Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, sa mémoire fut honorée. Les autorités de la RDA firent élever de nombreux monuments, donnèrent son nom à de nombreuses rues, comme la Thälmannplatz (ancienne Wilhelmplatz) de Berlin-Est ou à des bâtiments, comme le stade de Potsdam, le Ernst-Thälmann-Stadion. Certains le portent toujours. Dans la capitale, par ailleurs, la station de métro Kaiserhof est renommée Thälmannplatz entre les années 1950 et 1980, tandis que le Ernst-Thälmann-Park est inauguré en 1986. L'organisation officielle de jeunesse des 6-14 ans portait son nom.
Par ailleurs, de nombreux timbres-poste ont été émis à sa mémoire, dès 1945, par l'administration postale de la zone d'occupation soviétique, puis après 1949 par la poste de la République démocratique allemande (RDA).
Le compositeur et militant britannique Cornelius Cardew a écrit Thälmann Variations, une pièce pour piano en hommage à Ernst Thälmann.
En 1972, Cuba a renommé l'île Cayo Blanco del Sur en Cayo Ernesto Thaelmann ou île Ernst Thälmann, en l'offrant à la RDA. Toutefois, cette île n'a pas été mentionnée dans le contrat de réunification de l'Allemagne, car il s'agissait d'un ...
Depuis le , une Stolpersteine est placée dans la rue Tarpenbekstraße à Hambourg-Eppendorf devant le dernier domicile d'Ernst Thälmann.
Le , des Stolpersteine ont été posées devant l'hôtel de ville de Hambourg à la mémoire des membres du Parlement assassinés, dont une pour Ernst Thälmann Stolpersteine für ermordete MdHB endgültige Inschriften Rathaus Hamburg (PDF; ).
Galerie
Filmographie En 1955, Kurt Maetzig réalise un film historique de propagande en alphacolor retraçant la vie d'Ernst Thälmann, à la demande des dirigeants de la RDA. Le film est en deux parties, la première intitulée Sohn seiner KlasseFiche du film sur l'Internet Movie Database et la deuxième Führer seiner KlasseFiche du film sur l'Internet Movie Database. Le rôle est tenu par Günther Simon Décorations
Croix hanséatique de Hambourg Insigne des blessés Synthèse des résultats électoraux Présidence du Reich Année Parti Issue Voix % Rang Voix % Rang1925.KPD6,976,36Battu193213,2410,16Battu
Élections législatives Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où il est tête de liste. Année Parti Circonscription Voix % Rang Sièges1928KPDAllemagne entière 10,62 193013,1307/193214,3211/193216,8603/193312,32
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes République de Weimar Communisme Histoire du communisme
Liens externes
Constance Micalef, Le KPD et le Comintern (1919-1933 Biographie d'Ernst Thälmann sur le site du Musée historique allemand
* Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Déporté au camp de concentration de Buchenwald Catégorie:Résistant communiste Catégorie:Résistant allemand au nazisme Catégorie:Prisonnier politique allemand Catégorie:Antifasciste allemand Catégorie:Président du Parti communiste d'Allemagne Catégorie:Député du Reichstag (république de Weimar) Catégorie:Membre du Bürgerschaft de Hambourg Catégorie:Syndicaliste allemand Catégorie:Personnalité du Parti social-démocrate indépendant d'Allemagne Catégorie:Personnalité du Parti social-démocrate d'Allemagne Catégorie:Militaire allemand de la Première Guerre mondiale Catégorie:Récipiendaire de 2e classe de la croix de fer Catégorie:Récipiendaire de la croix hanséatique (Hambourg) Catégorie:Naissance en avril 1886 Catégorie:Naissance à Hambourg Catégorie:Décès en août 1944 Catégorie:Décès à Buchenwald Catégorie:Décès à 58 ans Catégorie:Personnalité exécutée par le Troisième Reich Catégorie:Personnalité allemande incinérée Catégorie:Personne pour laquelle une stolperstein a été posée (Allemagne)