Le régiment de la Reine est un régiment d'infanterie du royaume de France, créé en 1634 sous le nom de « régiment de Boyons ». Il est renommé, sous la Révolution, d’infanterie de ligne.
Création et différentes dénominations : création du régiment de Boyons : renommé régiment d'Huxelles : renommé régiment de Mazarin-Français : renommé régiment de la Reine : renommé d'infanterie de ligne
Mestres de camp et colonels : N. de Boyons : Louis Châlons du Blé, marquis d'Huxellesné le , maréchal de camp le , lieutenant général des armées du roi le , † : Charles de Moy, marquis de Riberprémaréchal de camp le , lieutenant général des armées du roi le , † : Armand François Le Bouteiller de Senlis, marquis de Moussybrigadier le : Pierre de Pierrien, marquis de Crénant : Michel François Le Tellier, marquis de Courtenvaux : René de Froulay, comte de Tessé : Louis d'Ornaison, comte de ChamarandeLouis d'Ornaison, comte de Chamarande, est le fils d'un homme qui avait été valet de chambre du roi, et précédemment porte-parasol du cardinal Mazarin. Il était, dit Saint-Simon, fort joliment fait, discret, sage, respectueux et fort au gré des dames du meilleur air, et se distingua fort à la guerre. : N. d'Ornaison, marquis de Buzançois : Louis Pierre Maximilien de Sully, duc de Béthune : Daniel François de Gelas de Voisins de Lautrec, chevalier d'Ambres : René Marie de Froulay, comte de Tessé † : René Marie de Froulay, marquis de Tessé : Charles, marquis de Gouy d'Arcy : Anne Emmanuel François George, marquis de Crussol d'Amboisené le , brigadier le , déclaré maréchal de camp en par brevet du : Charles François Casimir de Saulx, comte de Tavannes† 1792 : Charles Dominique Sulpice de Saulx, vicomte de Tavannesné le : Marc de Carbonnié : Guillaume de La Grange de Verges
Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Régiment de Boyons (1634-1638) Ce corps, qui devait parcourir une belle carrière, a une origine très obscure est cité par Pinard, dans sa Chronologie militaire, en transcrivant l'état des services du marquis d'Huxelles, qui indique qu'il avait été pourvu, le , d'un régiment d'infanterie vacant par la mort du sieur de Boyons. La Gazette de France cite ce corps également en 1638. Louis Susane indique que comme le rang que le « régiment de la Reine » a occupé après le régiment de Soissonnais, qui avait été levé le , et avant le régiment de Limousin, créé le , que M. de Boyons a dû obtenir sa commission au plus tard dans les trois premiers mois de 1635. Louis Susane fixe la date de création du « régiment de Boyons » au .
La première fois que l'on rencontre le « régiment de Boyons », ce corps est en garnison à Nancy. Cette ville avait ouvert ses portes à Louis XIII en , et, en raison de son importance, elle avait reçu une garnison composée de détachements des vieux corps. Ces détachements quittèrent successivement Nancy en 1634 pour participer avec leurs régiments aux opérations qui marquèrent cette campagne. Ils furent remplacés à Nancy par des régiments de nouvelle levée, créés par ordonnance du et Louis Susane suppose que le « régiment de Boyons » fait partie de ces régiments nouveaux.
Guerre de Trente Ans Ce n'est toutefois qu'au mois d', durant la guerre de Trente Ans, qu'il est fait mention par la Gazette de France, du « régiment de Boyons » quand Jean de Werth, fait prisonnier à la bataille de Rheinfelden par le duc de Saxe Weymar, est envoyé en France et dirigé sur Paris, escorté de 400 mousquetaires de Boyons, commandés par le lieutenant-colonel de Palleville, qui lui servirent d'escorte de Nancy à Vitry-le-François. Au mois de , le régiment sert, avec le vicomte de Turenne, au siège de Remiremont, ou M. de Boyons y est mortellement blessé. Le corps se rend ensuite à l'armée du duc de Saxe-Weymar et se trouve, le , à la bataille de Rheinau. Le , il devient la propriété du marquis d'Huxelles.
Régiment d'Huxelles (1638-1659) Guerre de Trente Ans En 1639, le « régiment d'Huxelles » sert en Lorraine et se distingue à la prise de Morhange et à celle du château de Moyen, où 200 hommes sont laissés en garnison, le .
Il passe encore l'année 1640 en Lorraine puis, en 1641, il fait partie de l'armée de Champagne, qui est battue à la Marfée, près de Sedan.
En 1642, il arrive en Roussillon et l'année suivante, il contribue à faire lever par les Espagnols les sièges de Mirabel, de Flix et de Cap de Creus. Il prend ses quartiers d'hiver à Lérida, et y est assiégé dès le début de la campagne de 1644. Quand le maréchal de La Mothe-Houdancourt vint, le , attaquer les lignes espagnoles, il sort de la place et combat avec un tel acharnement que le soir il ne comptait plus sous ses drapeaux que 18 officiers et 442 soldats. Obligé d'évacuer Lérida, il rallie l'armée et, au mois de juin, il s'empare seul de la ville et du château de Castillon, dont la garnison incommodait nos fourrageurs. La ville fut emportée, et le château, défendu par 200 hommes du régiment de don Esteban de Mascarenhas, se rendit cinq jours après. Pendant le siège de Tarragone, le régiment d'Huxelles est laissé en observation à Balaguer pour veiller de ce côté sur les mouvements de l'ennemi.
Le , il ouvre la tranchée devant Roses et le , il attaque les retranchements du glacis. Le , il se loge sur la contrescarpe et le , il contribue à repousser une grande sortie. Le 27, il se trouve à la tête du grand assaut qui amène le lendemain la capitulation de la place. Durant ce siège, le marquis d'Huxelles reçoit une balle dans son pourpoint.
Au mois de , le régiment d'Huxelles, désigné pour l'expédition des présides d'Italie, et s'embarque près de Gênes, avec le prince Thomas de Savoie. Il assiste, le , à l'ouverture de la tranchée devant Orbitello, et prend part à la défaite d'un corps napolitain qui voulait se jeter dans la place . Ce siège ayant été levé, le régiment revient en Piémont, et il se rembarque au mois de septembre pour les sièges de Piombino et de Portolongone.
De retour en Piémont, en , le régiment d'Huxelles rallie l'armée d'Italie à Ponte di Stura, et se trouve, le , au combat de Cividale, près de Bozzolo.
En 1648, il prend part au combat de Casalmaggiore et à la bataille de Crémone. À la fin de cette année, il prend ses quartiers d'hiver dans le Dauphiné.
Guerre franco-espagnole Il rentre en dans le Montferrat, et peu de temps en après, il est rappelé en France en raison des troubles de la Fronde et par la nécessité de défendre la frontière du Nord contre les Espagnols. Le régiment d'Huxelles rejoint donc l'armée du comte d'Harcourt et prend part aux sièges de Cambrai et de Condé.
Il se trouve à Dijon en , et il est employé à la pacification de la Bourgogne, soulevée à la nouvelle de l'arrestation du prince de Condé. Il sert au siège de Bellegarde-sur-la-Saône Début du siège de Bellegarde (Seurre) par l'armée Royale en 1650 Hubert Méthivier : Dans La Fronde - Chapitre VII - 1650 : les guerres des princesses et des provinces, et après la prise de cette place, il repasse en Piémont.
Il est rappelé en Bourgogne en . À la fin de cette campagne, il vient sur la Loire, et au commencement de 1652, il garde le pont de Gergeau. Plus tard, il combat vigoureusement avec Turenne à Étampes et au faubourg Saint-Antoine. Dans cette célèbre journée, il était à l'aile gauche, près de la Seine, avec le régiment de Carignan. Malgré la mort des deux lieutenants-colonels qui commandaient ces corps dès les premiers coups de mousquet, les soldats marchèrent sans hésitation sur les murs de jardins à l'abri desquels l'ennemi les fusillait, et engagèrent avec lui un combat corps à corps. Jetant bas leurs mousquets de venus inutiles, ils démolirent ces murs de leurs mains, se servant des pierres pour tenir leurs adversaires à distance, et après plusieurs heures de travail et de lutte, finirent par chasser les troupes de Condé de tous les jardins de la rue de Charenton.
À la fin de cette campagne, le régiment d'Huxelles retourne en Bourgogne, et il recommence, au mois de , le siège de Bellegarde-sur-la-Saône, de nouveau révoltée, qui était cette fois défendue par le comte de Boutteville, pendant la Fronde des Princes Seurre, ses origines et son histoire Plan de Seurre avec les atacques faite aux bastions // du Roy et de guize Asiegee le 8.me may 1653 par l'armée // du Roy comendée par S. A. Despernon et Réduite à // lobeisance de S. M. le 8.me juin suivant. La réduction de Bellegarde-sur-Saône est particulièrement due aux efforts du régiment d'Huxelles, et la place capitula le , sous ses drapeaux. Le régiment resta quelque temps à Bellegarde-sur-Saône pour en démolir les fortifications, puis il se rendit ensuite à l'armée de Champagne et fit les sièges de Rethel, de Mouzon et de Sainte-Ménehould. Il ouvre la tranchée le devant Sainte-Menehould, du côté de la porte des Bois, et il emporte, le , avec les Gardes françaises, une demi-lune.
En , le régiment d'Huxelles suit le maréchal de La Ferté au siège de Belfort. Il passe ensuite en Picardie, ou il contribue à la défaite des Espagnols devant Arras, et arrive, le , devant Clermont-en-Argonne, qui est immédiatement assiégée, attaque le fort de l'Église, et occupe la ville le Origine et forteresse de Clermont-en-Argonne.
En 1655, il fait le siège de Landrecies, puis celui de Condé. Le , il se rend maître, avec le régiment d'Espagny, d'une demi-lune de Condé et s'y loge. Condé capitule le lendemain avant que le régiment ne soit relevé. Celui-ci assiste encore cette année à la prise de Saint-Ghislain.
L'année suivante, il se trouve au malheureux siège de Valenciennes, puis il prend sa revanche en contribuant à forcer les Espagnols de lever celui de Saint-Ghislain.
En 1657, il est au siège de Montmédy, et il y repousse une sortie.
En 1658, il participe au siège de Dunkerque et demeure dans les lignes pendant la bataille des Dunes. Il est ensuite au siège de Gravelines, où son mestre de camp, le marquis d'Huxelles, reçoit le , une blessure dont il meurt cinq jours après.
Régiment de Mazarin-Français (1659-1661) Guerre franco-espagnole Comme le régiment était bon, le cardinal Mazarin le prit pour lui, et, quand la paix fut assurée, il y incorpora, par ordre du , un des nombreux régiments qu'il possédait déjà (régiment de Riberpré) et qui était commandé par Charles de Moy, marquis de Riberpré. Le corps ainsi complété prit le titre de « régiment de Mazarin-Français » et eut pour colonel-lieutenant Charles de Moy, marquis de Riberpré.
Après la mort du cardinal, le , le régiment, par brevet du , est mis sous le nom de « régiment de La Reine », restant depuis cette date toujours la propriété de la reine de France, qui en était colonelle.
Régiment de La Reine (1661-1791) C'est aussi en 1661 que le régiment de Limousin (1650-1661), levé en 1650, est incorporé dans le « régiment de La Reine ».
En 1662, le commandement du « régiment de La Reine » est donné à Armand François Le Bouteiller de Senlis, marquis de Moussy.
Le régiment de la Reine portera, jusqu'en 1776, un costume ainsi composé : habit et culotte blancs ou gris blanc ; collet et parements rouges ; veste bleue ; pattes de poche en écusson ; boutons blancs ; 8 boutons sur chaque poche, 4 de chaque côté de l'écusson ; 3 boutons sur les manches ; chapeau bordé d'argent.
En 1776, le corps eut le collet bleu de roi, les revers et parements rouges, et les boutons blancs.
Guerre de Dévolution On trouve ce corps en au camp de Mouchy, et en 1667, lorsque la guerre commença avec l'Espagne, il fit partie des troupes, placées sous les ordres du maréchal d'Aumont, qui s'emparèrent de Bergues le , et de Furnes le ou 12 compagnies sont laissées en garnison. Les autres compagnies contribuèrent en 1668 à la soumission de la Franche-Comté.
Guerre de Hollande vignette|gauche|Massacre de Bodegraven par les troupes françaises vers le 28-30 décembre 1672.