Il existe plusieurs types d'établissements enseignant le chant grégorien. Les manières et les enseignants étaient différents selon l'époque. À partir du , des écoles laïques partagent cette fonction.

Depuis le , à la suite du mouvement de la restauration du chant grégorien, ce dernier est toujours enseigné non seulement dans les monastères mais aussi auprès de nombreux établissements éducatifs. Si le chant grégorien est de nos jours très apprécié, c'est grâce aux enseignants et chercheurs qui n'hésitèrent ou n'hésitent pas à l'enseigner au public, et notamment en formant les chefs de chœur.

Histoire Légende de saint Grégoire le Grand Jusqu'à la première moitié du , saint Grégoire le Grand décédé en 604 était considéré comme non seulement créateur du chant grégorien mais également fondateur de deux bâtiments de schola grégorienne enseignant ce chant pour les chantres. L'origine de cette légende était la Vita Gregorii Magni écrite vers 872 (donc après) par Jean DiacreD'où, celui-ci l'écrivit sans ressources concrètes. Aujourd'hui, ce renseignement n'est autre qu'un mythe. D'une part, comme le chant grégorien n'existait pas encore, il s'agissait du chant vieux-romain, ancien chant papal. D'autre part, en tant que réformateur de la liturgie, le saint pape fit réorganiser la schola déjà existante. En résumé, il n'est pas vrai que saint Grégoire fût le fondateur de l'établissement pédagogique du chant grégorienhttp://palmus.free.fr/session_2004.pdf .

Au Moyen Âge Néanmoins, il est assez probable que la première école du chant messin, prototype de chant grégorien, fut établie à Metz, comme héritier de celle des chantres romains qui avaient dû quitter la Gaule, après leur désaccord avec les chantres gaulois.http://www.festival-du-comminges.com/wp-content/uploads/2017/10/DU-CHANT-VIEUX-ROMAIN-AU-CHANT-GREGORIEN.pdf rubrique Le chant grégorien, chant officiel de l'Église chretienne. À savoir, l'école grégorienne succéda à celle du chant vieux-romain, chant non installé. Et Charlemagne fit, en 805 à Thionville, centraliser la formation de tous les chantres du royaume à Metz, auprès de la Schola metensis (ou Scola metensis), vraisemblablement lors de cette transition... Mais il est difficile à identifier ceux qui étaient enseignés à partir de 805, soit encore le chant vieux-romain, soit le chant messin, car la nomination restait toujours chant romain selon le texte du rite romainJean Favier, Charlemagne, p. 421 (Tallandier ) et que ces deux chants manquaient de notation. Il faut remarquer que cette école était située près de la cathédrale Saint-Étienne de Metz tandis que l'école pourrait rester durant tout le Moyen Âge, mais en tant que celle des enfants..

Ce qui est certain, en effet, c'est que fonctionnaient, plus tard vraisemblablement, de petites écoles attachées aux cathédrales en faveur des enfants de chœurAu regard des cathédrales, il reste peu de documents à l'exception des partitions de la polyphonie, qui avaient besoin de la voix d'enfants pour le cantus (voix de soprano par les garçons). Les mélodies de ces pièces étaient issues du cantus firmus, normalement issues du chant grégorien, et également issues des mélodies profanes (par exemple, de nombreuses messes L'Homme armé). D'où, on suppose que le chant grégorien était pareillement enseigné.. Cet établissement s'appelait parfois schola puerorum, maîtriseL'apparition de ce mot est très ancienne, en 1165, mais selon le CNRTL, le premier l'emploi dans ce sens en 1743 (http://www.cnrtl.fr/definition/maitrise) ; le terme manécanterie apparut plus tard, en 1819 (http://www.cnrtl.fr/definition/manecanterie).. Cette dernière suggère que le maître de chapelle était responsable, responsable de l'enseignement mais aussi celui de la vie quotidienne des enfants. Auprès de la cathédrale Notre-Dame de Rodez, la première mention de l'existence de ces enfants remonte en 1285 et ce groupement se composait de six enfants. Donc, le chant grégorien était exactement enseigné (Le pape Innocent III († 1216) ordonna l'adoption définitive du chant grégorien au VaticanÀ cette époque-là, la pratique de la polyphonie n'était pas encore habituelle, car le décret du pape Jean XXII Docta Sanctorum Patrum fut déclaré en 1323 ou 1324 (l'an IX de notre pontificat) afin de défendre le chant grégorien contre la polyphonie, qui était en train d'évoluer.). Si les documents y conservés manquent de détailles du Moyen Âge, ceux du et du siècle suivant précisent leur hébergement, leur vie matérielle, leurs enseignements : .

Concernant les monastères, des documents plus sûrs indiquent que l'enseignement du chant grégorien était bien entendu une transmission de la liturgie traditionnelle mais aussi quelques créations dans le contexte pédagogique. Le premier témoin, c'était l'abbaye de Saint-Gall qui accueillit un jeune moine Notker le Bègue. À la différence de la pratique de nos jours, il était, à cette époque-là, vraiment difficile à mémoriser les melodiæ longissimæ (jubilus), faute de système do - ré - mi - fa ainsi que de longues pièces instrumentalesIl n'est pas facile à comprendre cette difficulté de nos jours. Mais le chant grégorien authentique était si profondément lié au texte latin que l'on ne pouvait pas chanter sans peine le mélisme long sans support de texte.. Inspiré par un antiphonaire grégorien d'un moine de l'abbaye de Jumièges, le jeune Notker conçut le chant syllabique issu du mélisme grégorien. L'objectif était, pour ses camarades du cours, mémoriser plus facilement ces mélodies longues avec de nouveaux textes attribués . En bref, l'origine de la séquence était à fond le sujet pédagogique pour ce chant et non la création d'un genre. Rappelons aussi que la nécessité de l'éducation du chant grégorien donna naissance à une grande invention de Guido d'Arezzo, moine bénédictin. Sa notation en quatre lignes (selon les musicologues, notation neumatique diastématique) fut conçue afin d'optimiser la formation des chantres, de dix ans de durée requise auparavant à un ou deux ans..

Deux compositeurs formés aux cathédrales et chant grégorien Au regard de la formation auprès des cathédrales, l'objectif du système, normalement gratuit, était former les serviteurs des églises, soit musiciens tels organistes, soit religieuxAu même, la manécanterie au Puy-en-Velay, restaurée en 1926 pour le chant grégorien, dévint en fait un incubateur d'un grand nombre de petits séminaristes et obtint un certain nombre d'ordinations sacerdotales. Voir aussi son paragraphe. Parfois, on obtenait ces deux qualités. Fernando de las Infantas était un vrai noble de Cordoue. Comme le maître de chapelle de la cathédrale, Alonso de Vieras, assurait un enseignement complet de grande qualité, celui-ci devint compositeur de musique sacréehttp://oxfordindex.oup.com/view/10.1093/gmo/9781561592630.article.13788. Après que le roi Philippe II d'Espagne envoya à Rome ce défenseur du chant grégorien traditionnel en 1572, Fernando de las Infantas était avant tout aumônier pour les pauvres. De 1577 à 1578, avec son patron Philippe II, le compositeur souhaitant sauvegarder le chant grégorien réussit à empêcher le projet de remaniement, chargé à Palestrina par le Saint-Siège. Enfin, il devint membre de la congrégation de l'Oratoire et reçut en 1584 son ordination sacerdotale.

Ce système de formation fonctionnait même au . Ainsi, Michel-Richard de Lalande, finalement compositeur de Louis XIV, profitait de l'éducation entière de l'église Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris, après que ses parents, marchands tailleurs, confièrent leur fils cadet à cette paroisse, en tant qu'enfant de chœur. La formation était tellement suffisante pour que ce musicien talentueux puisse maîtriser la langue latine, le plain-chant (chant grégorien déformé), la polyphonie ainsi que les orgue et clavecin. Grâce à cet enseignement de qualité, il devint professeur de clavecin, d'abord chez le duc Anne-Jules de Noailles, puis pour deux filles du roi, Louise-Françoise de Bourbon et Françoise-Marie de Bourbon. Enfin, Delalande bénéficiait de sa connaissance du plain-chant et du latinÀ partir de 1685, l'usage du latin dans les chants liturgiques était obligatoire (donc les chants en français étaient interdits) selon l'édit de Fontainebleau. pour ses motets, plus précisément psaumes, exécutés dans la messe en semaine à la chapelle royale de Versailles, en présence de Louis XIVUn texte d'Évrard Titon du Tillet (1732) nous renseigne que ce sous-maître de chapelle royale avait une excellent connaissance de psaume, en exécutant son motet selon le psaume 128, lors du départ de Philippe V (roi d'Espagne), petit-fils de Louis XIV, le 16 novembre 1700. L'éducation auprès de Saint-Germain-l'Auxerrois avait transformé un enfant né dans la famille de marchands en grand compositeur qui était félicité, ce jour-là, par toute la cour y compris le Roi-Soleil (https://books.google.fr/books?id=kiK0yEnw4_kC&pg=PA258)..

Fondation des écoles laïques au Au fut établi l'enseignement du chant grégorien dans les écoles privées, à mesure que la restauration scientifique de ce chant était avancée par les religieux et musicologues. Ce mouvement de restauration était plus dynamique en France, à la suite de la redécouverte en 1847 du tonaire de Saint-Bénigne de Dijon à Montpellier, à la base duquel un Graduale romanum fut publié en 1851 et était en usage auprès des paroisses de Reims, de Sens, d'Arras et de Soissons afin de rétablir le rite romain en France et de lutter contre le gallicanismePar conséquent, le pape Pie IX félicita cette publication en 1854..

Dans l'Hexagone, il existait une autre difficulté à cette époque-là. Après la suppression entière du , les religieux devaient tout d'abord rétablir leurs organisations. En conséquence, la création des écoles privées réservées à la musique sacrée était bien appréciée.

Il est vrai que l'enseignement de ces établissements possédait une caractéristique spirituelle issue de leur but. Or, cette vertu fut graduellement perdue et les écoles devinrent établissements fournissant le diplôme. Par exemple, Louis Laloy, ancien élève de la Schola Cantorum de Paris, fut nommé en 1913 secrétaire général de l'Opéra national de Paris et restait en cette qualité jusqu'en 1940.

Établissements historiques École Niedermeyer (Paris)Cet établissement fut fondé en 1853 par Louis Niedermeyer dans l'optique de former des musiciens en faveur des églises.. Ce participant au Congrès pour la restauration du plain-chant et de la musique de l'ÉgliseIl s'agit du premier congrès qui ait adopté l'interprétation du chant grégorien avec notes non égales. en 1860 connaissait stricto sensu la valeur du chant grégorien : « Par musique d'église, nous entendons tous les chants qui retentissent dans le sanctuaire, musique sacrée, plain-chant, orgue. Pour le plain-chant, nous disons saint Grégoire... ».. Si l'école était capable d'enseigner plusieurs lauréats des prix de Rome tel Maurice Le Boucher, il suffit de citer deux noms afin de confirmer l'influence du chant grégorien sur des œuvres de l'époque : l'école Niedermeyer se distinguait surtout d'un professeur éminent Camille Saint-Saëns et de son brillant élève Gabriel FauréAinsi, l'un de trois Tantum ergo de Fauré, écrit le 8 novembre 1904 en faveur de la messe de mariage d'Élaine Greffulhe qui fut célébrée le 14 novembre (http://data.bnf.fr/13954460/gabriel_faure_tantum_ergo__1904/), avait strictement été composé d'après les accents de ce texte latin, tout comme le chant grégorien..