Les Valseuses est une comédie noire et satirique française écrite et réalisée par Bertrand Blier, sortie en 1974. Il s'agit d'une adaptation de son roman éponyme qui fut un succès éditorial en 1972.

Deuxième long-métrage de fiction réalisé par Bertrand Blier après Si j'étais un espion (1967), cette comédie de mœurs au ton provocateur et subversif raconte l'histoire de Jean-Claude et Pierrot, deux jeunes marginaux qui entraînent Marie-Ange, une shampouineuse, dans leur cavale à travers la France. Le trio principal est incarné par Gérard Depardieu, Patrick Dewaere et Miou-Miou dans leurs premiers rôles importants au cinéma. Les autres personnages notables sont incarnés par Jeanne Moreau, Brigitte Fossey et, dans l'un de ses premiers rôles, Isabelle Huppert.

Le film sort en salles le frappé d'une interdiction aux mineurs et malgré un mauvais accueil des critiques, Les Valseuses remporte cependant l'adhésion du public, avec plus de trois millions de spectateurs en France lors de sa première exploitation en salles. Le triomphe des Valseuses permet à Bertrand Blier ainsi qu'à Gérard Depardieu, Miou-Miou et Patrick Dewaere de se faire connaître auprès du grand public.

Synopsis Dans la France des années 1970, Jean-Claude et Pierrot sont deux voyous qui tuent le temps comme ils peuvent en commettant des larcins. Après avoir harcelé une dame avec un chariot de supermarché et lui avoir volé son sac, ils « empruntent » une DS pour faire un tour, puis la replacent à l'endroit même où ils l'avaient dérobée. Le propriétaire, patron d'un salon de coiffure, les surprend à leur retour et les menace avec un revolver en attendant l'arrivée de la police. Jean-Claude et Pierrot parviennent à s'enfuir, mais ce dernier est blessé à l'entrejambe par un coup de feu. Dans leur fuite, ils emmènent Marie-Ange, l'employée et maîtresse du patron du salon de coiffure et se réfugient chez Carnot, un garagiste crapuleux. N'ayant pas d'argent pour changer de voiture, Jean-Claude lui propose de l'échanger contre la DS et Marie-Ange qui accepte sans broncher.

Après que l'entrejambe de Pierrot a été soigné et que Jean-Claude en a profité pour faire les poches au chirurgien, les deux amis retournent chez Carnot qui se plaint de Marie-Ange, frigide. Pierrot décide de se venger du coiffeur en lui rendant sa DS en ayant pris soin de lui scier la roue. Après avoir déposé Marie-Ange et la voiture, les deux compères partent en balade et finissent par embarquer dans un train. Là, Jean-Claude propose à une femme qui accepte à contrecœur contre rémunération de donner le sein à Pierrot. Les deux amis échappent à nouveau à la police en prenant un train pour une station balnéaire où ils squattent une maison inoccupée. Pierrot est néanmoins irritable car il n'arrive plus à bander depuis son accident et Jean-Claude en profite pour le violer.

S'ennuyant de plus en plus dans la ville déserte et n'ayant plus d'argent, ils finissent par retourner chez Marie-Ange qui les accueille mais Pierrot déchante en apprenant que le coiffeur a revendu sa DS. Sur ce, Pierrot puis Jean-Claude lui font l'amour sans arriver à la faire jouir. Elle les aide alors à faire la caisse du magasin de coiffure mais éclate de colère en comprenant que les deux hommes se fichent d'elle et finit ligotée à une chaise. Dans leur quête de trouver une vieille femme qui les satisferaient sexuellement, Jean-Claude propose qu'ils se rendent dans une prison pour femmes. Ils trouvent leur réconfort dans les bras de Jeanne Pirolle qui vient d'être libérée après 10 ans d'emprisonnement et accepte de coucher avec eux sans savoir qu'elle est dépressive. Après une nuit d'ébats dans un hôtel, Jeanne se suicide et les deux hommes fuient par peur d'être accusés de meurtre. Ils retournent chez Marie-Ange qui les accueille à nouveau.

Voulant savoir davantage qui était Jeanne, Jean-Claude et Pierrot décident de prendre sous leur aile Jacques, son fils, qui vient lui aussi de sortir de prison et l'accueillent dans une petite maison qu'ils occupent avec Marie-Ange. Contre toute attente, c'est avec lui qu'elle décroche un orgasme ce qui les rend furieux. Jacques leur propose de braquer des retraités qu'il connaît mais l'affaire est un prétexte pour tuer un homme et Jean-Claude et Pierrot s'enfuient avec l'aide de Marie-Ange. Les trois compagnons changent plusieurs fois de voiture pour brouiller les pistes mais Pierrot voit que lui et Jean-Claude sont accusés de meurtre (l'homme était gardien dans la prison d'où sortait Jacques). Marie-Ange refuse de les abandonner et en voulant voler une DS à une famille, les deux hommes comprennent que la fille du couple, Jacqueline, est l'adolescente dont ils ont reniflé le maillot de bain dans la maison qu'ils squattaient. En pleine rébellion contre l'autorité parentale, Jacqueline part avec eux puis est laissée sur une route heureuse d'avoir découvert l'amour.

À nouveau seuls, les trois amis empruntent un tunnel sans savoir où il débouchera.

Fiche technique thumb|right|200px|Bertrand Blier (ici à la Mostra de Venise en 1993). Titre : Les Valseuses Réalisation : Bertrand Blier, assisté de Gérard Zingg Scénario et dialogues : Bertrand Blier et Philippe Dumarçay, d'après le roman du même nom de Bertrand Blier Musique : Stéphane Grappelli

Décors : Jean-Jacques Caziot et Françoise Hardy Costumes : Michèle Cerf Photographie : Bruno Nuytten Son : Dominique Dalmasso Montage : Kenout Peltier Générique : Stan Producteur : Paul Claudon Sociétés de production : C.A.P.A.C., Uranus Productions France et S.N. Prodis Sociétés de distribution : S.N. Prodis (distributeur d'origine)Affiche originale sur mauvais-genres.com (consulté le 25 juillet 2020), AMLF (distributeur ressortie)Deuxième version de l'affiche sur media.senscritique.com (consulté le 25 juillet 2020)., Studiocanal (distributeur vidéo, depuis 2008).

Pays d’origine : Langue originale : français Format : couleur (Eastmancolor) — 35 mm — 1,66:1 — son monophonique Genre : comédie noire et satirique Durée : 117 minutes Dates de sortie..: France : Classification CNC. : tous publicsLors de sa sortie en salles en 1974, le film a été interdit aux moins de 18 ans, avant d'être réévalué pour devenir interdit aux moins de 13 ans (équivalent de l'interdit aux moins de 12 ans avant la modification de palier de classification des films par le CNC en 1990) dans les années 1980 lors des ressorties en salles, comme le montre l'affiche de la ressortie en salles par le distributeur AMLF. Depuis janvier 1991, le film a vu sa classification de nouveau modifiée par le CNC pour être jugé : tous publics. Pour sa diffusion télévisée, le film obtient la mention « déconseillé aux moins de 12 ans », Art et essai (visa d'exploitation délivré le ) Film classé R aux États-Unis pour le ton sexuel prononcé, un peu de violence et les scènes de nudité Affiche : René Ferracci (France)

Distribution

Production Genèse et développement thumb|right|160px|Gérard Depardieu (1976). Au début des années 1970, Bertrand Blier peine à percer au cinéma. Ancien assistant-réalisateur de Georges Lautner, il réalise un documentaire remarqué Hitler, connais pas (1963), suivi de son premier film de fiction en tant que réalisateur, Si j'étais un espion, dans lequel joue son père Bernard, également acteur récurrent du cinéma de Lautner. Toutefois, le film est un véritable échec en salles à sa sortie en 1967 (plus de ) Bertrand Blier - Box-office France sur JP Box-office. Consulté le 26 août 2010.. Ce n'est qu'en 1970 qu'il retrouve le chemin du grand écran en écrivant le scénario de Laisse aller... c'est une valse pour Lautner.. Selon Lautner, avec lequel il se marrait, Blier a un et qu'il disait des . Blier lui fait lire le début de ce qui va donner son roman, Les Valseuses. Lautner se propose , mais Blier veut le garder pour lui et part s'isoler à la montagne à Saint-Gervais pour écrire son roman, s'amusant plus à écrire cinquante pages qu'en ayant travaillé cinq années au cinéma.

En pleine écriture de son projet, Blier entend dire que des scénaristes de Paris ont été appelés par Henri-Georges Clouzot pour écrire ce qui devrait être son dernier film. Blier se rend chez Clouzot et lui raconte son histoire. Néanmoins, le réalisateur du Salaire de la peur se montre sceptique, rétorquant que . Peu après cette rencontre, Blier se remet au travail et en parle autour de lui. C'est alors que le représentant de Paramount France prend une option sur les droits, ce qui permet à l'auteur d'aller au bout de son projet. Alors qu'il avait imaginé une histoire à la Série noire et refusant de faire un roman autobiographique, Bertrand Blier prend une autre direction avec son histoire, mais conserve l'idée des deux jeunes voyous. Le roman Les Valseuses sort en 1972 chez Robert Laffont et devient un succès en librairie.. Une semaine après la publication du livre, Blier signe un contrat pour l'adapter au cinéma, avec l'aide de Philippe Dumarçay.

Choix des interprètes thumb|left|upright=0.7|Patrick Dewaere, en 1975. Pour le choix du trio d'acteurs interprétant les rôles principaux, Bertrand Blier veut un casting idéal et souhaite s'entourer d'acteurs inconnus. Il repère Miou-Miou sur le tournage de Quelques messieurs trop tranquilles et la trouve parfaite pour incarner Marie-Ange. Le casting de Jean-Claude et Pierrot s'avère toutefois plus difficile, puisque Blier veut un duo « à la Laurel et Hardy » avec un grand et un petit. Pour le rôle de Jean-Claude, Blier veut un . C'est alors que Gérard Depardieu, dont la carrière cinématographique est constituée de seconds rôles, vient de lire le roman et tente de s'imposer auprès de son auteur. Mais Blier trouve que l'acteur ne correspond pas à la vision qu'il a du personnage en raison de son côté « brute ». Néanmoins, Depardieu fait tout pour le convaincre en venant le voir tous les jours au bureau du producteur et le persuader de lui donner le rôle.. Bien que le producteur tente de l'en dissuader, Blier finit par choisir Depardieu. Pour le rôle de Pierrot, Blier fait passer des auditions aux comédiens du Café de la Gare, parmi lesquels Coluche et Patrick Dewaere. Appréciant beaucoup Dewaere, Blier lui fait passer des essais concluants, mais cherche d'autres interprètes, car il trouve l'acteur aussi costaud que Depardieu. La production lui souffle les noms de Francis Huster et Jacques Weber, mais le metteur en scène se tourne vers Coluche, avec lequel il filme une séquence au lit avec Depardieu et Miou-Miou. Mais peu convaincu par la prestation de Coluche, Blier retourne vers Dewaere et l'engage, persuadé de son talent et de son charisme pour le rôle. C'est même Dewaere qui trouve l'argument pour souligner la différence de taille entre Depardieu et lui, en disant au réalisateur, qui accepte l'idée, qu'il va se mettre derrière l'épaule de Depardieu afin d'. Avant le début du tournage, Dewaere et Miou-Miou prennent la précaution de prévenir Blier du fait qu'ils sont en couple.

Le personnage de Jeanne Pirolle, l'un des rôles secondaires essentiels est confié à Jeanne Moreau, dont la présence au casting permet de rassurer les investisseurs qui ont débloqué l'argent manquant pour monter le film. Au départ, Moreau refuse de jouer dans le film après la lecture du roman, avant d'accepter après avoir lu le scénario. Brigitte Fossey tient le rôle secondaire mais marquant d'une jeune mère dans le train lors d'une scène célèbre du long-métrage.. Trouvant le scénario , elle n'a pas à le faire.. Mais, son agent, ayant reçu le script des mains de la jeune actrice, tente vainement de la dissuader de tourner le film, tandis que son père ne lui pardonnera pas d'y avoir joué. De son personnage, Fossey affirme avoir , disant trouver , car ce genre de filles . Pour cela, elle construit son histoire, , l'imagine et déclare que pour son personnage, .