L'année 1956 est une année bissextile qui commence un dimanche. C'est la de notre ère, la du , la du et la de la décennie 1950-1959.

En bref Première partie : Les origines de la construction européenne remontent à l'après-guerre, marquées par le désir de prévenir de nouveaux conflits. En 1951, la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) a été créée, rassemblant six pays fondateurs : la France, l'Allemagne, l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg.

Deuxième partie : Les étapes de l'élargissement de l'Union européenne entre 1957 et 1986 sont caractérisées par des traités successifs. En 1957, le Traité de Rome a établi la Communauté économique européenne (CEE), puis en 1973, le Royaume-Uni, le Danemark et l'Irlande ont rejoint l'UE. Les années suivantes ont vu les adhésions de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne, renforçant l'union économique et politique jusqu'en 1986. 14 - : début de la « déstalinisation » lors du congrès du Parti communiste de l’Union soviétique. : indépendance du Maroc. : indépendance de la Tunisie. 28- : émeutes de Poznań. 18 - : rencontre à Brioni de Nasser, Nehru, Soekarno et Tito, principaux leaders du mouvement des pays non alignés. - : insurrection de Budapest. - : crise de Suez. Poursuite de la guerre d’Algérie.

Relations internationales : signature convention relative au contrat de transport international de marchandise par route. : création à Vienne de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dont le but est de surveiller les activités nucléaires des États. Institution du Club de Paris pour traiter les dettes dues à des créanciers gouvernementaux, à l’occasion de la première restructuration de la dette de l’Argentine. En accord avec le FMI, il rééchelonne le remboursement des pays endettés sur une longue période, après l’adoption de mesures de stabilisation économiques.

Événements Afrique

: indépendance du Soudan, octroyée par le Royaume-Uni. Il est admis à l’ONU le . : victoire du Rassemblement démocratique africain (RDA) aux législatives. Il remporte 7 sièges sur 8 en AOF et 2 sièges sur 4 en Afrique-Équatoriale française (AEF). Félix Houphouët-Boigny, président du RDA, entre dans le gouvernement Guy Mollet le . 14- : congrès constitutif de la Confédération générale des travailleurs africains (CGTA) à Saint-Louis. Elle rompt définitivement avec la CGT le . vignette|Plaque de bronze représentant la rencontre entre Akenzua II, oba du Bénin, et la reine Élisabeth II, lors de sa visite au Nigeria en 1956, musée ethnographique de Stockholm. - : visite de la reine Élisabeth II du Royaume-Uni au Nigeria. - : congrès de la confédération générale du travail autonome (CGTA) à Dakar ; Sékou Touré en devient le président. : Pierre Messmer devient haut commissaire de la République au Cameroun (fin le ) dans un climat de révolte contre les autorités françaises (1956-1960). : lors d’une conférence syndicale panafricaine réunie à Bangui, la CGT et des Cheminots de l’AOF appellent à la création d’un syndicat autonome unifié. : vote de la Loi-cadre Defferre par le Parlement français sur l’autonomie en Afrique noire française. Elle dote les colonies de l’AOF et de l’AEF d’une large autonomie, avec une assemblée élue au suffrage universel, présidée par le gouverneur, mais dont le vice-président pourra être un autochtone. : des intellectuels congolais publient le « Manifeste de conscience africaine ». Ils exigent l’émancipation totale des Noirs. Une véritable bombe politique. Parution le , en réaction du Manifeste de l’ABAKO, qui affirme son opposition à la colonisation et sa volonté de préserver l’autonomie des Kongo comme des différents groupes ethniques. Des partis politiques noirs apparaissent au Congo belge en vue des élections municipales qui doivent avoir lieu à Léopoldville le . Ils sont issus pour la plupart d’associations ethniques formées quand les partis politiques étaient interdits. 8- : congrès de Ouagadougou. Division de la CFTC et création de la CATC (Confédération africaine des travailleurs croyants), qui envisage de créer un syndicat unique pour toute l’AOF. vignette|12- : élections en Côte-de-l’Or. 12- : le Convention People’s Party remporte les élections en Côte-de-l’Or. : fondation du PAIGC, parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, par Amílcar Cabral. 23- : massacres de Meknès au Maroc, où les Marocains s'attaquent aux colons encore présents sur place. : Modibo Keïta est élu maire de Bamako. : date officielle de la fondation à Luanda du MPLA, Mouvement populaire de libération de l’Angola, par Mário de Andrade et Agostinho Neto. : après un référendum tenu le sous la supervision de l’ONU, le Togoland est intégré à la Côte-de-l’Or (Ghana en 1957). 18 - : attentats de l’UPC au Cameroun. 96 morts. : la République d’Afrique du Sud se retire de l’UNESCO en se plaignant que certaines publications de l’Organisation interfèrent dans les problèmes raciaux du pays.

Afrique du Nord : les généraux Guillaume et Zeller démissionnent pour protester contre la lenteur de l’envoi de renforts en Algérie. : Guy Mollet se rend en Algérie. Il est conspué par des pieds-noirs et reçoit des jets d’objets divers, dont semble-t-il des tomates. Guy Mollet cède devant la manifestation des Algérois. Il n’y aura pas de gouverneur général, mais un ministre résident en Algérie. Georges Catroux, réputé favorable aux musulmans, est remplacé par Robert Lacoste le . : création officielle des harkas (« troupes mobiles ») par l’armée française en Algérie. : indépendance du Maroc. , Algérie : Guy Mollet pose pour préalable à la négociation la pacification et l’organisation d’élections. L’Assemblée nationale vote des pouvoirs spéciaux à son gouvernement. : indépendance de la Tunisie par le protocole franco-tunisien qui abolit le traité du Bardo de 1881. Lamine Pacha Bey prend le titre de Lamine mais doit céder la place à la république un an plus tard le . : élection de l’assemblée constituante tunisienne. Bourguiba en est élu le président par acclamations. : l’Espagne rétrocède le Maroc espagnol au Maroc. Le sort de Tanger est réglé en octobre. : le gouvernement français décide le rappel de réservistes, puis d'un contingent supplémentaire de le . L’ensemble des troupes françaises en Algérie passe à en juillet. vignette|Passation de pouvoirs entre Tahar Ben Ammar et Habib Bourguiba. : après sa victoire aux élections législatives, Habib Bourguiba devient le chef du gouvernement en Tunisie. : ralliement au FLN de Ferhat Abbas et Ahmed Francis, dirigeants nationalistes modérés, et de Tewfik el-Madani, représentant des oulémas. Tous trois se rendent au Caire. , Algérie : des étudiants européens et des organisations patriotiques manifestent contre le nouveau ministre résident Robert Lacoste, jugé trop libéral à la suite d’une décision gouvernementale permettant l’accession à la fonction publique des musulmans (décret du ). : massacre de Beni Oudjehane ; 79 personnes sont massacrées par des soldats du BCP dans la presqu’île de Collo, en Algérie. : dix-sept soldats rappelés du RIC sont tués par l’ALN dans l’embuscade de Palestro, quatre autres sont faits prisonniers, 44 personnes sont tuées dans l’opération de ratissage consécutive. 23 mai : l’armée française exécute sommairement 75 villageois à Ait Soula, Tazrouts et Agouni, dans la vallée de la Soummam en Algérie. De nombreuses femmes subissent par ailleurs des violences sexuelles. 26- : des milliers de suspects sont arrêtés dans la Casbah d’Alger par et policiers. : découverte de pétrole à Hassi Messaoud en Algérie par SN REPAL (Elf Aquitaine). : première exécution de membres du FLN dans la cour de la prison de Barberousse à Alger, Ahmed Zabana et Abdelkader Ferradj, condamnés à mort. : le Maroc est admis à l’ONU. : la Tunisie est admise à l’ONU. : en réaction aux attentats commis par le FLN, des « contre-terroristes » de l’ORAF placent une bombe rue de Thèbes, dans la casbah d’Alger, qui fait quinze morts et une quarantaine de blessés. : promulgation du code du statut personnel en Tunisie : droit de vote des femmes, abolition de la polygamie et de la répudiation, consentement mutuel au mariage, droit égal au divorce. Il entre en vigueur le . vignette|État-major de la wilaya 4 de l'ALN, 1956-1957 - : un congrès secret du FLN dans la vallée de la Soummam, en Kabylie, est organisé, principalement par Abane Ramdane, qui structure l’Armée de libération nationale (ALN) et forme un Conseil national de la révolution (CNRA) de 34 membres y est élu pour diriger la politique du FLN qui doit être appliqué par un Comité de coordination et d’exécution (CCE) de cinq membres ; l’Armée de libération nationale est unifiée sous la direction de Krim Belkacem. : attentats du FLN au Milk Bar (Zohra Drif) et à La Cafétéria, à Alger, qui font quatre morts et 54 blessés. : échec de l’opération Oiseau bleu ; une section de la du BCA tombe dans une embuscade tendue au douar Iflissen par un groupe de la « Force K », un « contre-maquis » kabyle armé par les services de renseignement français contre le FLN. Deux hommes sont tués et six sont blessés. En répression, le village d’Iguer n’Salem, abandonné par ses habitants, est incendié. Du 9 au , dix mille hommes mènent une opération de grande envergure en Kabylie (opération « Djenad »). 8- : la conférence de Fédala abroge le régime international de Tanger. : capture par la marine française au large de Nemours du cargo égyptien Athos, chargé d’armes destinées à l’ALN. : le sultan du Maroc Mohammed ben Youssef reçoit Ahmed Ben Bella et quatre autres dirigeants du FLN. Aussitôt, les négociations franco-marocaines sont suspendues par le gouvernement français (Alain Savary). : l’avion qui transportait de Rabat à Tunis Ahmed Ben Bella et les autres dirigeants du FLN est contraint de se poser à Alger où les cinq hommes sont arrêtés. Le président du Conseil Guy Mollet couvre cette initiative due aux autorités militaires d’Alger. La Tunisie et le Maroc rappellent leurs ambassadeurs à Paris. Alain Savary, alors secrétaire d’État aux Affaires tunisiennes et marocaines, démissionne le . : massacre de colons français dans la région de Meknès au Maroc, en représailles à l’arrestation des dirigeants du FLN. : le général Raoul Salan dirige les opérations militaires en Algérie. : les Conseils généraux d’Algérie et les municipalités régies comme les communes métropolitaines sont dissous. : des « ratonnades » se produisent à l’issue de l’enterrement d’Amédée Froger, président de la Fédération des maires de l’Algérie, assassiné par le FLN.

Amérique

vignette|La chanson Be-Bop-A-Lula monte à la place de Billboard Hot 100 americain. Le chanteur de ce classique du Rock 'n' roll est Gene Vincent : Juscelino Kubitschek de Oliveira, président de la République brésilienne (fin en 1961). Décidé à promouvoir « 50 ans de progrès en cinq ans », Kubitschek parvient à mobiliser les Brésiliens autour de la modernisation du pays, symbolisé par la construction en quatre ans d’une nouvelle et futuriste capitale, Brasilia sur les plans de l’architecte Oscar Niemeyer. Le développementisme fait progresser l’industrie de 10 % par an, au prix d’un endettement public considérable. : au Honduras, la promulgation de la loi de défense du régime démocratique permet l’interdiction du parti communiste. : incident aux arènes de Santamaría en Colombie ; les agents du régime de Gustavo Rojas Pinilla provoquent un massacre lors d’une course de taureaux pendant laquelle les spectateurs avaient omis d’acclamer le dictateur (8 morts et 112 blessés). Pendant l’année 1956, les violences politiques font en Colombie , Argentine : échec d’un soulèvement insurrectionnel dirigé par le général Juan José Valle avec pour objectif de rétablir le gouvernement légal de Juan Perón. Les militaires créent une commission pour la défense de la démocratie, chargée d’épurer le paysage partisan de ses scories péronistes.