The True Believer : Thoughts on the Nature of Mass Movements (Le Vrai Croyant : Réflexions sur la nature des mouvements de masse) est un livre de l'écrivain américain Eric Hoffer en 1951, dans lequel il traite de la psychologie sociale, des causes psychologiques du fanatisme, plus précisément.

Hoffer analyse et tente d'expliquer les motivations des différents types de personnalités qui donnent lieu à des mouvements de masse ; le pourquoi et le comment des éléments déclenchant des mouvements de masse, leurs progrès et leur fin ; et leurs similitudes, que ces mouvements soient religieux, politiques, radicaux ou réactionnaires. Il soutient que, même lorsque leurs objectifs ou valeurs diffèrent, les mouvements de masse sont interchangeables, qu'il arrive souvent aux adhérents de passer d'un mouvement à un autre, et que les motivations animant les mouvements de masse sont interchangeables. Ainsi, les mouvements religieux, nationalistes et sociaux, qu'ils soient radicaux ou réactionnaires, ont tendance à attirer le même type de partisans, de se comporter de la même manière et d'utiliser la même tactique et les mêmes outils rhétoriques. À titre d'exemples, il fait souvent référence au communisme, au fascisme, au national-socialisme, au christianisme, au protestantisme et à l'islam.

Le premier et le plus connu des livres de Hoffer, The True Believer a été publié en entre 1951 et 2002.

Résumé

Partie 1. L'Appel aux mouvements de masse Hoffer déclare que les mouvements de masse commencent avec un très large , de mécontentement des gens qui placent leur locus de contrôle au-delà de leur pouvoir et qui n'ont plus aucune confiance dans la culture ou traditions existantes. Ayant le sentiment que leur vie sont , croyant qu'il n'y a pas d'espoir pour l'avancement ou la satisfaction en tant qu'individu, les vrais croyants cherchent Hoffer, 1951, p. 12. Ainsi, ces personnes sont mûres pour participer à un mouvement qui offre la possibilité de l'inclusion de leur existence dans un grand collectif. Les dirigeants sont essentiels à la croissance d'un mouvement de masse, comme indiqué ci-dessous, mais pour que le chef puisse avoir un quelconque succès, les graines du mouvement de masse doit déjà avoir été semé dans le cœur des gens.

Alors que les mouvements de masse sont généralement un mélange d'idées nationalistes, politiques et religieuses, Hoffer fait valoir qu'ils ont deux points communs : , et perçoivent la conversion de nouveaux partisans comme une somme nulle ; et Hoffer, 1951, p. 17. En guise d'exemples pour illustrer la nature interchangeable des mouvements de masse, Hoffer cites comment il y a presque , Saül, un adversaire fanatique du christianisme, devenu Paul, un apologiste fanatique et promoteur du christianisme. Il donne un autre exemple qui s'est produit en Allemagne pendant les années 1920 et les années 1930, lorsque communistes et fascistes étaient présentés comme d'implacables ennemis, alors qu'ils entraient en compétition pour le même type de colère, celle des marginalisés ; que ce soient les nazis d'Adolf Hitler et Ernst Röhm, ou le communiste, Karl Radek, tous se vantaient de leurs prouesses dans la conversion de leurs rivaux.

Partie 2. Les convertis potentiels Les sont la source la plus probable de convertis aux mouvements de masse, car ils se souviennent de leurs anciennes richesses avec ressentiment et jette la faute de leur malheur sur le dos des autres. Les exemples incluent les expulsions massives de locataires relativement prospères pendant la Première Révolution anglaise dans les ou les classes moyennes et ouvrières en Allemagne qui soutinrent avec passion Hitler dans les années , après avoir subi des années de difficultés économiques. En revanche, les , sur le bord de la famine, sont peu enclins à devenir de vrais croyants car leur lutte quotidienne pour leur existence éclipse toute autre préoccupationHoffer, 1951, p. 26-27.

Les minorités raciales et religieuses, en particulier celle qui sont partiellement assimilés à la culture dominante, se trouvent également dans les mouvements de masse. Ceux qui ont des modes de vie traditionalistes ont tendance à être le satisfaits, mais ceux qui sont partiellement assimilés se sentent aliénés par à la fois leurs ancêtre et la culture dominante : .

Un autre type de personne dont Hoffer appose le terme de (inadapté) peut aussi être entraîné dans les mouvements de masse. Les exemples incluent les (), les handicapés physiques ou ceux qui sont perpétuellement malades, ceux qui n'ont aucun talent, les criminels ou les (). Dans tous les cas, Hoffer fait valoir que ces gens ressentent leur vie comme vide de sens et inutileHoffer, 1951, p. 46-55.

Hoffer fait valoir que si le nombre de mouvements de masse est resté relativement faible en Amérique à cette époque, c'était attribuable à une culture qui estompe les frontières traditionnellement rigides entre les groupes nationalistes, raciaux et religieux et offrent plus de possibilités pour un accomplissement personnel.

Partie 3. - L'Action unifiée et l'auto-sacrifice Dans les mouvements de masse, les objectifs ou opinions individuels sont sans importance. Au contraire, dans les mouvements de masse : Les mouvements de masse ont plusieurs moyens pour y parvenir.

Les mouvements de masse demandent un ()Hoffer, 1951, p. 117. On s'identifie au mieux en tant que , qu'elle soit religieuse, politique, révolutionnaire, ou nationalisteHoffer, 1951, p. 62. Chaque partie importante de la personnalité et de la vie du vrai croyant doit venir, en définitive, de son identification à l'ensemble de la communauté ; et même seul, le vrai croyant ne doit jamais se sentir isolé et sans surveillance. Hoffer identifie cette sensibilité collective comme la réapparition d'un commun aux cultures modernesHoffer, 1951, p. 63. Les mouvements de masse utilisent également une distribution des rôles et la mise en scène pour permettre à l'individu de se sentir dépassé et impressionné par son appartenance à la tribu, comme en témoignent les parades, défilés et discours cérémoniaux titanesques des nazis et le cinéma spectaculaire de Leni Riefenstahl.

Alors que les mouvements de masse idéalisent le passé et glorifient l'avenir, le monde présent est dénigré : Ainsi, en considérant le monde moderne comme vil et sans valeur, les mouvements de masse inspirent un perpétuel combat contre le présent. Les mouvements de masse font activement la promotion de l'utilisation des doctrines qui élèvent la foi sur la raison, et s'en servent en tant qu'Hoffer, 1951, p. 79. La doctrine du mouvement de masse ne doit être remise en question sous aucun prétexte. Les exemples comprennent les soldats japonais restants, qui ont refusé de croire que la Seconde Guerre mondiale était terminée ou les ardents défenseurs de l'Union soviétique, qui ont rejeté les preuves accablantes des atrocités bolcheviques.

Pour diffuser et renforcer leur doctrine, les mouvements de masse ont recours à la persuasion, à la coercition et au prosélytisme. La persuasion est préférable, mais n'est efficace qu'avec ceux qui ont déjà de la sympathie pour le mouvement de masse. En outre, la persuasion doit être suffisamment palpitante pour exciter l'auditeur, mais suffisamment vague pour permettre ()Hoffer, 1951, p. 106). Hoffer cite le propagandiste nazi Joseph Goebbels : . L'envie de faire du prosélytisme ne vient pas d'une croyance profondément ancrée dans la vérité de la doctrine, mais d'une envie du fanatique de Hoffer, 1951, p. 110.

Les mouvements de masse n'avaient pas besoin d'un dieu pour être couronnés de succès, mais ils doivent croire en l'existence d'un diable. La haine unifie les vrais croyants, et auquel est attribué des pouvoirs presque surnaturels du malHoffer, 1951, p. 93. Ainsi, Hitler décrit les Juifs comme des étrangers, des intrus, et l'éphémère judéité, présumée souillure de l'âme allemande, a été aussi vigoureusement condamnée que les Juifs de chair et de sang. La haine du vrai croyant est en fait une haine et dégoût de soi déguisée, en témoigne la condamnation du capitalisme par les socialistes, tandis qu'en Russie, les bolsheviks ont connu des monopolisations bien plus intensives de l'économie que toute autre nation dans l'histoire. Sans un démon à haïr, les mouvements de masse échouent bien souvent (par exemple, Tchang Kaï-chek a effectivement conduit des millions de Chinois lors de l'occupation japonaise dans les et les , mais il a rapidement perdu leur faveur, une fois que les Japonais furent défaits).

Le fanatisme est encouragé dans les mouvements de masse. Hoffer fait valoir que : et a recours à des actions intransigeantes et au sacrifice de sa personne pour donner un sens à sa vie.

La partie 4. Le Commencement et la fin Hoffer identifie trois principaux types de personnalité des dirigeants des mouvements de masse : des , des , et des (). Nul ne relève exclusivement d'une même catégorie, et leurs qualités prédominantes peuvent changer au cours du temps.

Les mouvements de masse commencent avec ou , tels que les membres du clergé, les journalistes, les universitaires et les étudiants qui condamnent l'ordre social établi (comme Gandhi, Trotsky, Mahomet, et Lénine). Les hommes de paroles se sentent injustement exclus ou se sentent moqués et opprimés par les pouvoirs existants dans la société, et ils critiquent ou dénigrent sans relâche les institutions. Ils s'expriment invariablement au nom des roturiers défavorisés, l'homme de paroles est en fait motivé par un profond grief personnel. L'homme de paroles tente sans relâche de et crée une qui est ensuite alimentée par The True Believer, 1951, p. 140. Un petit groupe de fidèles se développe progressivement autour de l'homme de paroles, conduisant à l'étape suivante du mouvement de masse.

Finalement, le fanatique prend à l'homme de paroles la direction du mouvement de masse. Alors que l' trouve de la satisfaction dans sa littérature, sa philosophie ou son art, se sentent non reconnus ou étouffés et virent donc dans un extrémisme contre l'ordre social. Bien que l'homme de paroles et le fanatique partagent un mécontentement envers le monde, le fanatique se distingue par sa hargne et son envie de détruire. Le fanatique ne se sent accompli que dans une perpétuelle lutte pour le pouvoir et le changement. Les exemples incluent Jean-Paul Marat, Maximilien de Robespierre, Benito Mussolini et Adolf Hitler.

Le livre explore également le comportement des mouvements de masse une fois qu'ils sont établis comme des institutions sociales (ou qu'ils ont quitté la ). Avec l'effondrement d'un cadre communal, les gens ne peuvent plus se défaire de leurs constants sentiments d'insécurité et d'incertitude par l'appartenance à un ensemble compact. Si l'individu isolé manque d'opportunités de promotion personnelle, de possibilités de développer leurs talents ou de possibilités d'action, il va chercher des produits de substitution. Ces succédanés seront la fierté plutôt que la confiance en soi, l'adhésion à un ensemble collectif comme un mouvement de masse, une certitude absolue à la place de la compréhension. Les prendront aux fanatiques la direction du mouvement, marquant la fin de la et conduisant le mouvement de masse à l'écart de la tendance à l'autodestruction du fanatique.